Un repreneur italien « sérieux » pour Bosch ?

Toute la presse en parle et la CFDT de l’usine en fait grand bruit... un industriel italien serait intéressé par la reprise de l’usine de Vénissieux... Donc, avec l’aide du groupe Bosch, les emplois seraient encore sauvés... Marc Soubitez, le responsable CFDT qui annonce une liste droite-gauche-écolos aux prochaines municipales de Vénissieux se présente déja en sauveur... Mais sa précipitation cache mal qu’il préfère la lutte des places au dur combat que le capitalisme impose aux travailleurs, la lutte des classes...

Pour les places, il est prêt à tout, y compris à s’allier avec la droite, mais pour la lutte des classes, il a choisi son camp, celui des patrons de Bosch, qui peuvent dormir tranquille et se désengager d’un site industriel majeur de la ville, alors qu’ils sont un des plus gros investisseurs industriels en Europe...

Comme indiqué dans un article précédent, si le groupe Bosch aux énormes moyens ne peut pas faire vivre ce site, et déclare des pertes de 2 milliards dans son activité photovoltaique, comment un repreneur, nécessairement de plus petite taille, pourrait faire mieux ?

Et c’est ce que l’histoire va encore nous montrer... Car ce repreneur italien serait le holding industriel napolitain Pufin Power [1], déjà présent à Saint-Etienne, où il a acheté l’ex site de Flextronics... (un groupe privé qui possède d’énormes usines en Chine où il combat avec détermination les grèves massives des travailleurs chinois pour des augmentations de salaire..)

Sauf qu’une rapide recherche sur cette entreprise confirme les craintes de ceux qui voient venir une nouvelle affaire "Kem’One", ce site industriel lâché par le groupe Arkema, racheté par un financier qui vide les caisses avant de fermer l’usine... Le patron de ce groupe Pufin Power a déjà été condamné en Italie à 5 ans pour... faillite frauduleuse !

Les travailleurs de Bosch doivent regarder la réalité en face. L’urgence, c’est d’exiger que le groupe Bosch assume ses responsabilités sur ce site, le moyen le plus fort, c’est que l’état intervienne pour créer les conditions d’une filière industrielle française du photovoltaïque, non pas en faisant payer aux salariés les surtarifs ou les remises fiscales motivant les investisseurs, mais avec un plan public, un investissement public, et s’il le faut la nationalisation des acteurs clés de cette filière. Si le groupe Bosch acceptait alors de revoir sa stratégie et d’assumer ses responsabilités, il pourrait faire partie de ce plan, mais s’il veut "dégager", et bien, qu’il dégage, mais l’usine reste à nous !

[1tout un symbole le siège du groupe est ... à Maastricht !

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