pétition pour le droit syndical en Tunisie

extraits

En mai 2011, dans un élan unanime de solidarité internationale avec le peuple qui avait fait la révolution de jasmin, le G8 avait promis 70 milliards de dollars aux pays de la rive sud de la Méditerranée. Ils les attendent toujours. De leur côté, Sonia Jebali, Monia Dridi et Rim Sboui demandent leur réintégration dans leur usine. Elles luttent pour leur travail, leur dignité, leur liberté – donnant leurs noms et leurs visages au mot d’ordre de la révolution tunisienne, et aux centaines de milliers de leurs compatriotes dont les attentes ont été déçues. Car loin du soutien de façade affiché par les grandes puissances et les multinationales à la révolution de jasmin, les chiffres parlent : en Tunisie, 50 sociétés à participation française ont fermé en 2011 et 2012, comme 54 groupes italiens, 14 allemands, etc. «  Quand on travaille en baissant la tête, ils sont contents, résume Mme Jebali. Quand on la relève, ils dégagent.  »

Loin des déclarations de principe dont le peuple tunisien ne veut plus, nous, élu(e)s, syndicalistes, intellectuel(le)s, membres de la société civile des deux rives de la Méditerranée, demandons solennellement à Latécoère de retirer les poursuites en justice qu’elle a engagées contre Mmes Jebali, Dridi, Sboui et leurs camarades. Nous exigeons leur réintégration immédiate sur le site de Fouchana, pour qu’elles puissent exercer librement leurs droits syndicaux. Nous appelons l’État français à prendre ses responsabilités : actionnaire d’EADS, il doit signifier à la direction d’Airbus que la liberté syndicale qu’elle a écrasée est un droit constitutionnel. Loin des projecteurs médiatiques, des débats politiciens, les ouvrières licenciées de Latelec nous rappellent que la révolution tunisienne fut d’abord un soulèvement social, démocratique et pacifique. La répression qu’elles subissent est la répression de toutes les aspirations légitimes du peuple tunisien à travailler dignement, dans le respect de sa liberté. Leur combat est le nôtre.

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