Après les européennes, relever le défi de l’abstention populaire, relever le défi de la gauche ! Conférence de presse de la section PCF Vénissieux

, par  Serge Truscello , popularité : 12%

Ces élections européennes qui à priori ne passionnaient personne il y a quelques mois, et pour lesquelles une abstention élevée était annoncée, ont fini par attirer plus d’électeurs que prévu. Au niveau national plus 8 %.

Ce n’est pas tant l’enjeu d’une transformation de l’UE qui a prévalu que les situations nationales et évidement la question du climat.

Cela a été clair dans la campagne électorale en France avec l’engagement de Macron sur le thème Moi ou le Rassemblement National martelé à longueur de temps sur toutes les radios, télévisions, dans tous les journaux. Thème, qui avec celui du climat, a relégué les questions sociales, de l’emploi, les questions de l’évasion fiscale, celles des choix faits par la BCE, la commission européenne, ou encore celles concernant la paix au second rang, voire plus loin.

Cette fausse alternative, a renforcé la participation, mais n’a pas empêché la RN d’arriver en tête. Comme le résultat réalisé par EELV, porté par les mobilisations sur le climat et les discours catastrophiques sur l’avenir de la planète, n’empêchera sans doute pas les lobbys industriels, économiques, de continuer à imposer leur volonté au parlement européen.

Il est à noter qu’après avoir siphonné l’électorat PS, En Marche a cette fois bénéficié d’un report important des voix de la droite traditionnelle pour maintenir son score de la présidentielle (moins 2%).

Après le Grand Débat, après son rendu lors d’une conférence de presse, dont on retient surtout qu’il n’y aura aucune inflexion dans la poursuite de sa politique. Avec ces élections, Macron pense sans doute avoir bouclé la parenthèse du fort mouvement de contestation lancé par les gilets jaunes.

Sauf que les questions demeurent et que la politique libérale menée par Macron n’a pas vocation à y répondre. Donc le risque de voir comme en Italie, en Hongrie, aux USA ou encore en Autriche l’extrême-droite arriver au pouvoir est plus que jamais réel. La REM, Macron, comme d’autres avant eux jouent un jeu dangereux qui pourrait bien se retourner contre eux avec des conséquences encore plus graves pour la population.

Le résultat de la gauche dans sa globalité, montre la difficulté à faire vivre une autre alternative que celle entre un capitalisme libéral et l’extrême-droite.

Dans ce contexte nous ne saurions nous satisfaire du résultat réalisé par la liste initiée par le PCF et menée par Ian Brossat. Malgré une campagne active, une présence relevée par un grand nombre de commentateurs politiques, la barre des 3 %, premier objectif fixé par Ian Brossat, n’a pu être réalisée. Comme il l’a dit le soir de l’élection, la marche était trop haute pour la franchir du premier coup.

Absent, en tant que PCF, des élection nationales depuis 12ans, il faudra encore du temps pour qu’il retrouve électoralement la place, le poids qu’il occupe en France.
Notre effacement dans les collectifs anti libéraux, dans le Front de Gauche, derrière Mélenchon pour les 2 dernières présidentielles, ont fait de celui-ci, de la FI, le vote de ceux qui espèrent une alternative progressiste aux politiques libérales et d’austérités.

Depuis de nombreuses années le PCF a travaillé, œuvré, au rassemblement populaire, à rassembler les forces progressistes, souvent en s’effaçant. L’expérience montre que sans un PCF fort, audible, l’alternative est difficile.
Dans ce contexte, les résultats de Vénissieux sont à observer avec attention, car ils confirment la résistance de notre ville dans cette crise politique. Si pour le parti communiste, le résultat n’est pas satisfaisant, il montre aussi que Vénissieux résiste à la droitisation générale de la France.

Beaucoup de ceux qui faisaient l’électorat communiste ont pris l’habitude de voter Mélenchon, et il faudra du temps pour patiemment reconstruire la visibilité et la lisibilité du parti communiste. Cela dit, le total communistes et insoumis progressent de plus de 3 points par rapport à la liste du Front de Gauche de 2014.
Avec 22%, l’extrême-droite perd un peu plus qu’au niveau national par rapport à 2014. Évidemment, ce niveau est inquiétant, mais les Vénissians se rappellent du choc du FN à 29% aux municipales, et savent aussi que le FN avait perdu 11 points entre 2014 et les municipales suivantes en 2015.

Avec le renfort de Macron, la droite ne gagne que 4 points sur 2014, alors que malheureusement, une part significative des électeurs socialistes ont suivi Macron sur son ancrage à droite, sans doute devant l’argument répété de la peur du RN.

Le député Yves Blein prend ses désirs pour des réalités. LREM a pourtant perdu 5 points sur le score de Macron aux présidentielles, c’est donc à Vénissieux un mauvais résultat par rapport à la moyenne nationale. Et LREM perd même la moitié de son score des législatives ! Certes, il fait progresser de 1 point le total droite et centre droit par rapport aux municipales de 2014, mais c’est peu significatif, dans un contexte de grande incertitude sur les mouvements électoraux... d’autant que la confusion entretenue par Yves Blein entre PS et LREM ne peut résister longtemps à une campagne électorale !

Ce que les opposants politiques qui croient leur heure arrivée ne regarde pas bien, c’est la réalité du rapport de forces local en faveur de la majorité municipale. Certains l’espèrent bien sûr divisée, mais au total, elle fait à ces européennes, malgré son émiettement, 10 points de plus que le total droite et centre-droit !

Il est à noter que dans la presse M. Blein dit que le RN arrivé en tête sur Vénissieux n’a aucune chance de prendre la ville, et que dans ces conditions il pourrait être partant pour 2020. Nous en concluons que la volonté de M. Blein n’est donc pas de battre le RN, ce que la majorité municipale réalise déjà, mais bien de battre la gauche sur la ville. Même s’il laisse planer une certaine confusion entre le PS et LREM, c’est bien en représentant de la droite libérale, « macroniste », qu’il réfléchit à se présenter.

La consultation menée en début d’année par la municipalité sur les attentes de la population a mis en avant l’attachement fort des habitants à leur commune, à ses prérogatives.

Ce niveau de représentation politique, que les différentes réformes territoriales ont affaibli et que certain voudraient voir disparaître, est donc important.
Nous voulons construire le rassemblement populaire, le rassemblement des habitants et des forces progressistes. Nous voulons avec eux relever le défi de continuer à faire vivre sur la ville et au-delà, une gauche qui n’est pas celle des promesse sociales oubliées, mais une gauche qui assume ses choix, qui les fait vivre avec la population.

En 2020, nous relèverons le défi d’un large rassemblement des Vénissians pour un nouveau projet de ville avec le souci de poursuivre un développement équilibré de celle-ci, tout en répondant aux urgences et aux priorités exprimées par les Vénissians.

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