Leà§ons politiques des réactions à l’initiative d’André Gerin sur la Burqa

Juillet 2009

L’initiative prise par le député communiste André Gerin qui a conduit à la création d’une mission parlementaire fait réagir fortement dans un débat qui traverse les structures partisanes. Elle est même critiquée par des communistes dont le responsable international du PCF au conseil national.

Ces réactions révèlent mieux que des débats théoriques en quoi les discours « prêt à porter » qu’ils soient issus du réformisme ou du gauchisme sont des pièges pour un point de vue communiste.

Les critiques peuvent être regroupées en quatre points

  • Parler d’un problème de la burqa, ce serait faire de l’islam un problème pour la France, c’est de l’islamophobie… du racisme colonial disent même certains…
  • Stigmatiser les femmes avec Burqa, ce serait ne pas respecter leur liberté, certains faisant le parallèle avec les modes médiatiques imposant… la minijupe.
  • Le discours sur la burqa servirait de voile… aux luttes de classe, en détournant l’attention du peuple de la profondeur de la crise et les communistes ne devraient pas en parler.
  • Cette initiative serait récupérée par la droite et André Gerin servirait, volontairement disent certains, d’émissaire de Sarkozy.

L’islam, le colonialisme et la république…

André Gerin a pris soin dans ses déclarations de ne pas associer la Burqa à l’Islam et au contraire d’appeler les musulmans à se prononcer comme tous sur cette pratique vestimentaire qui n’est en rien un précepte religieux, au contraire du voile islamique. Dounia Bouzar, femme anthropologue du fait religieux et ancienne membre du Conseil Franà§ais du Culte Musulman) confirme que « la burqa n’est pas un signe religieux, mais un uniforme qui symbolise une vision du monde où l’on s’auto-exclut, où l’on exclut les autres. On met une barrière infranchissable entre soi et le reste du monde.[…] Refuser la burqa, c’est respecter l’islam, à condition de ne pas relier les deux !  » et Dalil BOUBAKEUR, recteur de la Mosquée de Paris soutient la démarche des députés franà§ais, demandant, « que la commission soit un moyen de dialoguer avec les responsables de l’islam  »

Or, pour accuser Gerin d’islamophobie, ce sont justement ses détracteurs qui font le raccourci « burqa-islam ». En associant ainsi l’islam avec une pratique qui trouve son origine pré-islamique dans des pays symboles des guerres de Bush, ils révèlent clairement leur choix de se situer dans la « guerre des civilisations » voulues par les intégrismes de tout bord. C’est toute la rhétorique du mouvement des indigènes de la république qui se retrouve dans la globalisation de la question de la burqa en symbole de l’immigration, du racisme, de la colonisation. Au lieu d’unir toutes les victimes du capitalisme, il s’agit pour ce mouvement au nom symbolique d’appuyer sur ce qui divise le peuple pour enfermer les immigrés dans une communauté d’origine ou de religion, et pour cela dénoncer toute lutte capable de rassembler franà§ais et immigrés quelque soient leurs religions.

Le blog « le monde en question » insistant pour associer burqa et religion considère que « puisque le camp laïque n’a pu empêcher le financement public de l’école catholique, ni résister à la casse du service public de l’éducation, sa bataille contre la burqa n’est qu’une chasse au musulman ! Et puisque le féminisme n’a pu empêcher la racisme contre les femmes étrangères en matière d’emploi, de logement ou de droits sociaux, ses discours sur la libération de la femme sonnent creux…  »

Ce discours des indigènes est repris par le courant troskyste du PCF, "la riposte" qui dénonce « la croisade de Gerin » et considère comme un « dérapage nationaliste » la citation du député communiste « Nous sommes fiers d’’être Franà§ais et ce défi de civilisation est de se rappeler que la France qui fait notre fierté, c’est la séparation des pouvoirs, la laïcité, l’égalité entre l’homme et la femme, la liberté d’expression et de création. Au bout du bout c’est le respect des fondamentaux de la République.  »

Ce que cherche à masquer la Riposte, qui comme tout trotskyste, oppose nation et internationalisme, c’est qu’il y a bien une France anticolonialiste et une France colonialiste, une France versaillaise, et une France de la république, une France pétainiste et une France de la libération. Le royaume anglais, le reich allemand et la république franà§aise ont été colonialistes car ces régimes ont été trois formes politiques d’un capitalisme en forte croissance cherchant ses débouchés dans le partage du monde. Sauf que la République Franà§aise a hérité d’un rapport de force marqué par la place du peuple dans la révolution de 1789 qui a durablement structuré une France duale, cette France de la cagoule et de Manouchian, de l’OAS et de Henri Alleg.

Oui, Gerin a raison, un point de vue communiste doit se revendiquer de l’héritage républicain et laique, comme de l’héritage communiste et anticononial. Face aux vendéens de toutes origines, il doit mener le combat républicain et laïc comme le combat féministe qui sont des conditions du rassemblement populaire le plus large, indépendamment de l’origine et la religion.

La burqa sépare, oppose, exclue, contrairement à la république une et indivisible dont on voit dans la succession des réformes actuelles que le capitalisme cherche à se défaire, jusqu’à l’existence des communes, symboles et de la révolution franà§aise de 1789 et de la première révolution ouvrière en 1871, qui est mise en cause dans la réforme Balladur.

Le féminisme et la libération humaine

Pour certains, il faudrait laisser les femmes choisir, y compris de se déplacer en burqa. Et l’interdiction de la burqa serait une atteinte aux libertés.

Il faut d’abord noter que la mission parlementaire n’a pas pour objet l’interdiction de la burqa, mais un état des lieux pour donner des éléments de connaissance sur la réalité des faits, et rassembler des points de vues représentatifs. Mais quelque soient les mesures qui seront proposées, le fonds est bien de choisir entre une conception de la "liberté" comme le seul droit de chacun à vivre comme il le veut et la conception portée par le tryptique "liberté égalité fraternité" qui relie la liberté à l’enjeu de la libération humaine, de l’égalité, notamment entre hommes et femmes, et de la fraternité sans laquelle la liberté n’est que la loi de la jungle !

Car qui est libre, y compris de sa tenue vestimentaire, dans une société d’exploitation et d’aliénation ? L’esclave qui soutenait l’esclavage en considérant que son maitre le protégeait des violences sociales était-il libre ? Faut-il accepter l’excision, l’oppression, l’esclavage et toute aliénation quand ils sont "choisis" par leurs victimes ? Tout syndicaliste sait qu’un salarié qui a renoncé, même volontairement a un de ses droits, peut encore revendiquer ce même droit aux prud’hommes, car on ne peut, même « librement  », renoncer à ses droits ! Ceux qui portent une conception libérale, réactionnaire, de la liberté ne peuvent se revendiquer du communisme !

L’origine anglaise de la Riposte, courant troskyste du PCF, se ressent dans cette conception anglosaxonne d’une liberté formelle, qui réduit le féminisme à une mode sans contenu libérateur. « Les « féministes  » qui défilent, dans les médias, pour exiger l’interdiction du port de ce vêtement, semblent oublier que le leitmotiv de combats dits « féministes  » était que les femmes devaient pouvoir choisir comment vivre leur vie. Elles devaient avoir accès aux moyens de contraception si elles le souhaitaient, faire des enfants si elles le souhaitaient, avorter si elles le souhaitaient. Par exemple, quelle attitude faudrait-il adopter à l’égard d’un homme qui imposerait à sa partenaire le port de tenues « sexy  », de mini-jupes etc., ou qui, au contraire, lui interdirait d’en porter ?  »

Ainsi, avortement, contraception sont réduit au statut de mode vestimentaire, ce qui facilite certes la comparaison avec la burka, mais en en faisant disparaitre totalement l’enjeu principal du combat féministe, celui de la libération des femmes, de la désaliénation des hommes et des femmes, qui est tout sauf une mode mais, au contraire, un combat pour se dégager des oppressions séculaires héritées de sociétés hiérarchisées et communautarisées précapitalistes, comme des oppressions plus "modernes" des médias, du "temps de cerveau socialement disponible" et des corps marchandisés.

Un voile sur les luttes de classes ?

La montée en épingle de « l’affaire de la burqa  » serait une diversion malsaine pour masquer la profondeur de la crise. On peut noter que si l’immigration a effectivement été utilisée au plan politique par les gouvernements Mitterrand, prenant le risque de la montée de Le Pen pour masquer l’abandon de tout programme de gauche au profit de l’alignement sur les réformes « structurelles  », c’est à dire antisociales, du capitalisme, Sarkozy a effectivement recyclé l’électorat de Le Pen, mais en déplaà§ant fortement le « masque  » vers les sans-papiers, les sans-droits, criminalisant la pauvreté et affichant au contraire sa capacité à organiser et intégrer la bourgeoisie immigrée dans une France massivement précarisée où tous les coups sont permis. Une analyse de classe est indispensable pour ne pas prolonger la diversion… Les symboles de la « diversité  » au gouvernement illustrent un effort réel de la droite pour s’organiser dans les milieux populaires. Quand les médias évoquent Villiers le Bel, les professions de ceux qui témoignent « au nom des quartiers  » sont éclairants : chefs d’entreprises, commerà§ants, indépendants, tous les « grands frères  » sont très intégrés socialement ! Les habitants des quartiers ne peuvent pas parler par eux-mêmes ?

Prenons la question concrètement, à partir de ce que tout militant peut vérifier dans la pratique. Qu’est ce qui freine ou accélère l’union du peuple de France, dans sa diversité ? La burqa est-elle un atout ou un frein pour un rassemblement large dans les quartiers populaires ? Poser la question, c’est y répondre. Les groupes qui veulent reproduire des modes de vies de communautés fermées, les organisations intégristes qui diffusent une propagande anti-républicaine et souvent fascisante, seront toujours et partout opposés à tout rassemblement sur un contenu de classe ! Quand des parents d’élèves se rencontrent pour préparer une manifestation contre une fermeture de classes, croyants ou non, voilés ou non, en pantalon ou en djellaba, ils peuvent se parler, se mettre d’accord, s’organiser ! Mais tout le monde voit bien que la burqa marque une volonté forte de s’isoler de tout rassemblement, enferme la femme dans une minorité sociale qui la sépare de sa classe alors que dans les quartiers, ce sont bien souvent les femmes qui organisent la résistance ! Laisser les courants intégristes organiser dans les quartiers populaires des familles qui sont « en dehors  » de toute union possible du peuple, c’est cela, une excellente aubaine pour le gouvernement !

Oui, la bataille idéologique est essentielle et le pouvoir cherche en permanence des masques, des diversions pour freiner la prise de conscience des responsabilités écrasantes de la bourgeoisie, mais répondre par une bataille idéologique déconnectée des conditions concrètes des luttes est une illusion pour un point de vue communiste. Ne pas aborder ce qui freine la solidarité, ce qui gêne le rassemblement, ce qui rend les voisins, les amis, hésitants pour aller au porte à porte, pour motiver et donner confiance, c’est cela une aubaine pour la bourgeoisie ! Bien sûr, la burqa n’est qu’un élément, évidemment pas dominant dans ces conditions du rassemblement, mais il est symbolique dans les réactions qu’il suscite et montre a quel point les questions du quotidien, la propreté, la tranquillité, la solidarité sont des sujets vitaux pour un point de vue communiste, pour l’union du peuple de France.

Une aubaine pour la droite ?

La création de mission d’information parlementaire est un droit accordé par la réforme de 2002 du règlement de l’assemblée nationale, demandé par tous les groupes politiques y compris le groupe qui s’appelait encore groupe communiste et républicain, ce qui faisait dire à Daniel Paul, député du Havre, « Cette proposition de résolution a la particularité d’être cosignée par tous les présidents de groupe […]. Les députés communistes sont d’autant plus sensibles à cette démarche qu’ils n’ont cessé, depuis de nombreuses années, de dénoncer le grave déséquilibre qui existe dans nos institutions entre le législatif et l’exécutif au détriment, en particulier, de l’Assemblée élue au suffrage universel direct.  » Le député communiste relevait un point important pour l’opposition « Le texte prévoit également de réserver la présidence ou la fonction de rapporteur d’une commission d’enquête au groupe qui est à l’origine de sa création  ».

Cette petite avancée du travail législatif ne représentait certes pour le gouvernement qu’une concession bien minime face à la préparation des réformes constitutionnelles qui renforcerait finalement la présidentialisation du régime. Mais c’était bien une concession à l’opposition qui s’est traduite par plusieurs missions toujours présidées par un député de gauche et dont le rapporteur était de la majorité. Dans cet esprit, Michel Vaxès (PCF) a été vice-président de la Mission d’information sur la révision des lois bioéthiques, Maxime Gremetz (PCF) vice-président de la Mission d’information sur les questions mémorielles, Marie-George Buffet (PCF) Vice-présidente de la Mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, sans compter Jacqueline Fraysse, André Chassaigne, ou Jacques Brunhes, secrétaires de différentes missions.

Le fait qu’André Gerin préside la mission dont il a demandé la création n’a donc rien d’original et ne représente aucun soutien au gouvernement. La mission ne fait que publier des documents et remettre un rapport qui sera débattu à l’assemblée. Elle n’a pas l’initiative de la loi ! Sauf à refuser tout travail parlementaire, on ne peut donc reprocher, par principe à un député communiste d’utiliser tous les moyens possibles pour peser sur un débat.

Reste que ce sujet serait selon certains une aubaine pour la droite, une faute dans le combat gauche-droite, qui rendrait service à Sarkozy. Mais peut-on rendre visible au peuple la réalité des forces politiques et leurs rôles, simplement en les classant dans l’opposition politicienne gauche-droite dont l’alternance répétée a démontrée son incapacité à Â« changer la vie  » ? Faut-il refuser tout contact avec la droite et accepter tout dialogue avec la gauche, comme si la gauche gouvernementale n’avait pas été tout autant colonialiste ou capitaliste que la droite ? Faut-il dénoncer toute mesure d’un gouvernement de droite et soutenir toute celle d’un gouvernement de gauche ? Tout les militants savent à quel point les déclarations socialistes qui dénoncent une réforme quand elle est menée par la droite pour la justifier quand ce sont eux qui la dirigent sont démobilisantes ! Qui dans le peuple croit un seul instant que la gauche à une réponse nouvelle au chômage, à la pauvreté, à la violence ? La résistance, tout comme le Front populaire ou les combats anticolonialiste ont montré que ce qui devait guider les communistes, ce n’est pas un combat politicien gauche droite, mais bien un combat de rassemblement populaire, capable d’alliances concrètes avec toutes les composantes non impérialistes du peuple, y compris une part de la bourgeoisie dans le cadre de la recherche d’un rapport de force favorable aux travailleurs.

Il est frappant de lire la Riposte dénonà§ant l’initiative de Gerin reprise par la droite quelques jours après l’élection de Henin-Baumont ou un de ses dirigeants soutenait une liste « gauche-modem  » avec la droite pour faire barrage au FN, après avoir aggravé la confusion politique locale en restant dans l’ombre des soutiens de l’ancien maire PS corrompu ! Décidément, les communistes doivent se dégager de cette conception électoraliste et politicienne de l’action et du rassemblement, parler en vérité avec les forces sociales qui souffrent, affronter ce qui divise franchement pour sortir par le haut des contradictions qui freinent la solidarité, pour construire l’union du peuple de France.

Derrière l’attaque contre André Gerin, l’anticommunisme !

Les anticommunistes ne s’y trompent pas… Au delà de la question de la burqa et des enjeux sur les conditions de l’unité la plus large dans les quartiers populaires et le monde du travail, c’est le député communiste rebelle qui est visé, engagé publiquement contre l’orientation réformiste de la direction du PCF, n’ayant pas hésité à bousculer la recomposition politique gauche-droite en quittant la vice-présidence de l’agglomération lyonnaise, ayant mené sans retenue la bataille pour faire revenir deux jeunes Vénissians de Guantanamo, contre justement cette guerre des civilisations dont ce camp était le symbole. En le présentant comme illégitime comme communiste, il s’agit d’attaquer un des points d’appui de la reconstruction d’un parti communiste, un des symboles du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF  »

Robert Ménard, le dirigeant de Reporter sans Frontière adepte des causes "pro CIA", notamment en Chine et toujours silencieux pour les journalistes tués ou surveillés par la même CIA, ne se trompe pas de camp. « Interdire la Burqa ? C’est de la folie" la France deviendrait-elle islamophobe ?  »

Le blog "le monde en question" en rajoute en comparant l’initiative de Gerin sur la Burqa à Â« l’intervention des « nervis de la CGT » délogeant les travailleurs sans-papiers de la bourse du travail… » , le lien étant « le racisme colonial qui gangrène la société franà§aise. ».. Il suffit pourtant de lire le témoignage de l’anthropologue Emmanuel Terray, animateur du collectif « Uni(e)s contre une immigration jetable  » qui souligne les manipulations qui sont à l’origine de cette occupation prolongée de locaux de la CGT, en même temps que l’importance de l’engagement résolu de la CGT dans le soutien aux luttes de sans-papiers…

La droite Vénissiane ne s’y trompe pas non plus qui saute sur l’occasion en citant le monde sur son blog « le propos [de M. Gerin] est volontairement outrancier, la rhétorique populiste et les glissements, jugés "sécuritaires par ses "camarades", sont fréquents  », pour commenter « pourtant, en tant que maire de Vénissieux, M. Gerin a une pratique plus conciliante. Dés le début des années 1990, il a fait des associations musulmanes des Minguettes ses interlocuteurs privilégiés, y compris les plus raides. Depuis vingt ans […] les salles de prière clandestines se sont multipliées et le radicalisme musulman des salafistes avec.  »

L’objectif de la Riposte est sans équivoque, isoler André Gerin et ce qu’il représente dans le PCF « Il faut faire entendre notre voix pour que tous les travailleurs comprennent que les idées nationalistes d’André Gerin n’engagent que lui. Nous devons clairement nous dissocier de la démarche d’André Gerin et demander à la direction du parti qu’elle fasse de même.  »

Pour ceux qui ne connaissaient pas bien la Riposte, il suffit de comparer leur texte avec celui des courants trotskystes internationaux comme le Word Socialist Web Site qui publie en Franà§ais un article titré « la campagne raciste contre la burqa est une atteinte aux droits démocratiques  ». Cet article en rajoute dans les charges contre le « stalinien  » Gerin.. c’est « un admirateur de Fidel Castro  ». Pour un trotskyste, c’est une condamnation sans appel !

Et leur démarche est déjà entendue par la direction qui a présenté au conseil national une note qui ne dit rien de la démarche du député communiste, tout en dénonà§ant la création d’une mission parlementaire considérant qu’« elle nourrit l’incompréhension de 5 millions de musulmans  »… En une seule phrase, tout est dit : amalgame entre burqa et islam comme entre intégrisme sectaire avec la masse des musulmans… Pour l’auteur, même « les critiques féministes, laïque, ou du refus du salafisme comportent aussi de vrais dangers  » ! C’est le responsable des relations internationales, Jacques Fath qui révèle ainsi sa totale soumission aux idées dominantes. Il reconnaît que « le voile intégral est une atteinte à la liberté des femmes  », mais comme « le lien avec le droit international n’est pas si simple à établir  », il ne faut pas prendre le risque d’être relevé comme une provocation « Prendre de front le voile, c’est alimenter cette fracture, cette tension  ». Et un nouvel amalgame entre burqa et voile ! La direction du PCF a le même courage pour affronter les conditions réelles de la lutte des classes que pour affronter le débat entre communistes. Faisant silence sur la place prise par un député communiste qui dérange le ronron de la gauche bienpensante, mais tentant de propager les arguments de ceux qui l’attaquent… Décidément, il est temps que les communistes affirment leur autonomie pour faire vivre et renforcer le PCF !

Vos réactions

  • ROCH 27 novembre 2009 11:26

    Cher Pam, prendre acte est bien, mais il serait bon de reconnaitre une erreur grave, puisque vous nous prêtez des intentions contraires à tout ce que nous avons publié en argumentant avec des raccourcis faux, nous sommes tout sauf électoraliste au sens prêt à tout pour avoir des élu, tu remarquera que pour des gens prêt à tout pour avoir des élus nous devons vraiment pas être doué vu que nous n’en avons aucun, même au CN, nous n’avons pas négocier des nominations au CN dans les coulisses du congrès !! Pour ce qui est de me « découvrir » trotskyste, c’est plutôt le terme « anglosaxon » que je découvre !!! je ne savais pas que j’étais anglosaxon !!! Pour le trotskisme, si pour toi être marxiste et reconnaître l’apport de trotsky, aussi bien d’un point de vue théorique que pratique pour le socialisme, c’est être trotskiste alors je le suis, mais je suis avant tout marxiste.

    Fraternellement Sylvain ROCH

  • ROCH 27 novembre 2009 08:59

    Cher camarade, les erreurs dans ton article concernant La Riposte sont nombreuses, je veux déjà rapidement en soulever une de taille, sur notre supposé adhésion à la stratégie à hennin beaumont. Premièrement David noel, responsable PCF d’hénin beaumont, ne fait pas parti de La Riposte, il fut signataire de notre texte mais n’est en aucun cas membre de La Riposte. Deuxièmement la stratégie à hénin beaumont a été dénoncé par La Riposte publiquement (voir l’article http://www.lariposte.com/Henin-Beaumont-la-strategie-erronee-du-PCF-1257.html) Sur ce premier point déjà nous montrons ton interprétation erronée et malveillante…

    Fraternellement

    Sylvain ROCH (un anglosaxon trotskyste qui s’ignorait !!!)

    • on prend acte de la position de la riposte, mais qui a été publiée le 15/09… soit bien longtemps après l’article incriminé… Nous avons des désaccords politiques, et nous n’avons ni besoin ni envie de malveillance.

      quand à te découvrir troskyste, je suis content de cette prise de conscience, car on est toujours plus efficace comme militant quand on est plus clair dans sa tête, mais j’ai quand même un doute que ce soit cet article qui ai pu t’éclairer sur ce point… ;-o)

  • J’aimerais revenir sur la critique à l’encontre des trotskystes. Tout d’abord, il me semble qu’il faut s’entendre sur les étiquettes. Effectivement, en ce qui me concerne, je me défini comme marxiste et dans l’héritage historique de Léon Trotsky, héros de la révolution d’Octobre 1917, Chef de l’armée rouge. La Riposte se réclame du trotskysme, comme d’autres groupes ou partis. La Riposte sur nombre de sujets, ne me semblent pas toujours en conformité avec ma lecture de cette héritage. Pour la burqa, je refuse de faire le moindre front unique ou manifestation pour son interdiction tout comme je refuse de défiler avec la clique des réactionnaires ! ..je pense que communistes doivent se mobiliser sur les réels problèmes qui permettent l’existence d’une telle misère : Construction de logements, plein droit de citoyenneté, régularisation immédiate des sans papiers, des milliards pour l’éducation, la médecine, la contraception, front unique contre les licenciements, grève générale, voila l’issue, il n’y en pas d’autres ! Elle est autant crainte par le gouvernement que par les islamistes, encore faudrait il que les communistes prennent réellement le problème en main !!! C’est de cette faà§on que nous vaincrons la réaction religieuse et attireront à nous les immigrés !

    La position de la Riposte me parait complètement erronée et en contradiction avec le trotskysme pour le coup. La mobilisation des prolétaires pour la burqa est impensable, parce que cette tenue signifie l’arrêt de mort du mouvement ouvrier et des femmes !!! Personne ne va défiler pour ses futurs bourreaux..c’est sur le programme de la burqa qu’ont été assassiné des millions de communistes au moyen orient, et les femmes reparties 3 siècles en arrière !! Ce n’est pas au pays de la révolution franà§aise, de la séparation de l’église et de l’état que ce genre de blague arrivera… Les femmes sont effrayées par la burqa, à juste titre !!! on ne peut demander l’application de l’oppression féodale aux femmes qui disposent de droits réels après des années de lutte ! voila le fond de l’affaire…L’Iran en est la meilleure preuve, les manifestants demandent moussaoui au pouvoir parce qu’il veut libéraliser les mœurs et relâcher le port de la burqa…Contrairement à ce que tu crois, les apôtres de l’oppression vestimentaire n’ont aucune tolérance envers les autres, la situation des femmes au moyen orient le prouve ! De plus, personne n’ose imaginer que des filles soient contraintes à porter un tel fardeau avec tous les troubles de la personnalité qu’il occasionne..

    Quand à celles qui portent la burqa, ce ne sont pas seulement des illettrées dénuées de toute intelligence et victimes d’oppressions, ce sont aussi des militantes au service de l’islam, dont le but est de couvrir TOUTES les femmes…..Être femme n’est pas être une cruche…Marine LEPEN sait ce qu’elle dit, elle n’a pas besoin que des gauchistes, lui donne une série d’explication sur l’oppression qu’elle subit en tant que femme, elle assume SES CHOIX POLITIQUES !!!

    La culture, les traditions, les luttes entreprises à l’intérieur d’un pays, et les acquis obtenus sont marqués dans l’inconscient collectif, et personne ne tient à s’en défaire…Les revendications d’être enturbannée des pieds à la tête, de porter des gants et des lunettes de soleil sous prétexte de « pudeur » et de ne pas réveiller la libido des hommes gonflent un peu…Que certains gauchistes (qui peuvent se croire trotskyste)…qui ont platement renoncé à l’internationalisme prolétarien en Afghanistan, Pologne, en URSS, tentent de se racheter une virginité à deux balles en s’imaginant dans la peau de bolcheviks allant apprendre à lire et compter à des femmes vivant dans des traditions ancestrales, me fait plutôt sourire..La femme sous la Burqa en 3 ème année de fac les emmerde, et sait ce qu’elle veut !

    Que André Gérin saisi la balle au bond, sur la question de la Burqa, qui incontestablement progresse dans les banlieues, se pose dans 3 mois, importe peu..Ce n’est pas étonnant, car il s’agit là encore une manœuvre habile pour détourner le prolétariat des vrais problèmes, de légitimer les institutions bourgeoises et l’union sacrée derrière sa propre bourgeoisie…

    Nous avons en face de nous, non pas l’ignorance, mais un programme anti femmes, anti ouvriers, anti communiste, que les agents qui le propagent en soient conscients ou non ! chaque fois que l’on cedera sur une telle revendication, la suivante tombera à son tour..Aux pays bas se pose aujourd’hui publiquement la question de la charia…et la suite ce sera quoi ?

    Donc les vrais communistes, c’est à dire les marxistes, les bolchevik-léninistes ne sont ni avec les fascistes islamistes, ni avec la bourgeoisie ! Les vrais communistes militent pour instaurer la dictature révolutionnaire du prolétariat, l’expropriation de la bourgeoisie, la destruction de ses institutions et de ses forces de coercition.

    Les vrais communistes sont par définition internationaliste et refuse tout alliance avec sa propre bourgeoise comme l’on fait les traites du début du siècle qui se sont rendus complices de la première grande boucherie du 20 ° siècle (première guerre mondiale) !

    Oui, le prolétariat c’est notre classe , le prolétariat sa seule patrie, c’est le monde , un monde à conquérir…

  • pascal.brula 3 août 2009 18:48

    Dans une interview au Progrès de Lyon (le 2 août dernier), la philosophe Elisabeth Badinter, féministe convaincue, "défend les libertés des femmes et reste très attachée au principe de laïcité" :

    « - Le débat sur la burqa se poursuit. La mission d’enquête parlementaire sur ce sujet était-elle nécessaire ? E.B. : Elle était nécessaire et c’est important que son objectif ne soit pas de décider de l’opportunité d’une loi. Le président André Gerin a parfaitement posé le problème : nous devons mesurer l’ampleur des changements survenus dans certaines banlieues ou quartiers. La question qui se pose concerne le statut des femmes, l’intégration, le rejet des valeurs et de notre culture.

    • Qu’est-ce qui explique que les signes religieux radicaux ne se cachent plus ? E.B. : Je conteste que ce soit des signes religieux, me conformant aux propos des responsables musulmans qui considèrent que cela ne relève pas de la religion mais de la tradition. C’est très important dans le débat. Il appartient à la mission parlementaire d’expliquer ce désir d’appartenance radicale. Nous sommes confrontés à un problème difficile : nous ne parlons que de celles qui s’affirment volontairement radicales, celles qui prétendent que c’est leur choix. Jamais, nous n’entendons celles qui n’ont pas le droit à la parole et qui sont contraintes à porter la burqa. Nous postulons avec beaucoup de légèreté, que la majorité des femmes portant la burqa, sont libres et volontaires.
    • Certaines disent être heureuses de porter la burqa… E.B. : La soumission volontaire est un vieux discours. Il y a de multiples raisons possibles. Cela peut être du masochisme provocant. J’y vois aussi un plaisir exhibitionniste : dans cette envie d’attirer les regards, il y a ce double plaisir de l’exhibition et du voyeurisme. On voit mais on ne peut pas être vus : cette relation non réciproque est probablement source d’un grand plaisir. Enfin, il y a aussi une véritable gifle envoyée à la communauté nationale, une satisfaction à rejeter radicalement nos valeurs, notre histoire. C’est l’expression d’une colère contre la France et ses valeurs. Ces femmes ont été convaincues par des imams, des extrémistes ou leurs familles. Elles pensent qu’en agissant ainsi, elles deviennent des élues de Dieu, qu’elles sont plus parfaites que toutes les autres. Cela leur donne un sentiment de supériorité.
    • Quelle solution ? Faut-il interdire la burqa ? C’est trop tôt pour le dire. Une loi peut avoir des effets pervers. Malgré le fait que les responsables religieux aient clairement fait savoir que cela ne relevait pas de la religion, il y a une réaction épidermique de la communauté musulmane qui crie à la stigmatisation. La solution que l’on peut espérer est que les autorités religieuses musulmanes s’occupent de cette question et fassent un travail pédagogique. C’est ce qui serait le plus efficace, le plus apaisant. Vouloir imposer une loi sans qu’il y ait l’adhésion des musulmans est une décision dangereuse.  »