l’enjeu : faire respecter la souveraineté des communistes lettre de André GERIN

, par  communistes , popularité : 12%

A sept jours du 34ème congrès, apprécions la situation, ne laissons pas bafouer la souveraineté des communistes. Attention au chausse-trape, aux manœuvres de division, voire de scission.

Pour ces dirigeants qui s’agitent depuis plusieurs semaines et ont participé aux stratégies d’abandon de l’identité communiste depuis le congrès de Martigues, le vote des 29 et 30 octobre leur est inacceptable. Oui, une majorité de communistes défend un PCF autonome comme force politique d’avenir. Qu’à cela ne tienne, ces dirigeants aujourd’hui se dévoilent au grand jour pour déstabiliser et peut-être saboter le 34ème congrès. Après le texte des 20 pour changer de nom, la lettre de Robert Hue qui justifie et veut poursuivre l’abandon d’un PCF révolutionnaire, les refondateurs, depuis Charles Fiterman après 20 ans de contorsion et de pollution, décident de la création d’une nouvelle force politique le 13 décembre 2008 au moment même où le congrès sera réuni. Ces dirigeants n’acceptent pas le verdict majoritaire des communistes, qui serait, selon ces esprits éclairés, trépané par « la matrice bolchevique », ceux-là même qui croient encore à l’illusion de la gauche plurielle.

Jean-Claude Gayssot voudrait faire éclater le PCF en donneur de leçons et réaliser au niveau national ce qu’il a tenté à Béziers où la majorité des communistes l’ont mis en échec. Il dit vouloir participer à la création d’une force politique nouvelle en méprisant totalement la souveraineté des adhérents.

Si tout cela n’est pas du mépris et surtout une entreprise coordonnée pour empêcher les communistes et les militants de décider en toute conscience, ça y ressemble ! C’est peut-être même un mini complot…Au scénario nous pouvons rajouter « l’entreprise Mélenchon », qui créée un deuxième parti socialiste avec l’aide de quelques responsables du PCF, pour tenter de poursuivre l’affaiblissement, la marginalisation du parti.

Ce cocktail explosif appelle de notre part vigilance et beaucoup de sang-froid, en prenant appui sur le vote des deux textes alternatifs et au regard de la gravité du moment, pour rester fidèles à nos engagements : l’union des communistes dans l’action, faire que le 34ème congrès constitue une première étape forte pour un PCF rassemblé et reconstruire l’organisation et l’influence de notre parti.

Le vent a commencé à tourner. Sans complaisance, département par département, nous devons apprécier la situation pour mesurer ce qui a bougé. Dans les conférences départementales qui se sont tenues le week-end dernier, le débat confirme la volonté des communistes de faire vivre et renforcer le PCF et de clarifier "les transformations " nécessaires pour cela. Cela se traduit par l’adoption de plusieurs amendements qui reprennent souvent des thèmes du texte 3, des votes serrés sur la base commune...Tout confirme que quelque chose bouge en profondeur dans le parti, un début de réappropriation du PCF par les communistes. La reconquête est en route avec plus ou moins de réussite en fonction des situations locales ou régionales. Dans un certain nombre de départements, nous avons eu une représentation acceptable dans les comités départementaux, délégations au congrès, propositions au comité national. Partout le débat, la confrontation, qui étaient impossibles depuis plusieurs congrès, ont eu lieu.

Cette situation de grande portée politique, nous pouvons parler de tournant, cette possibilité de redressement doit déterminer notre position, notre volonté de prendre notre place à tous les niveaux de responsabilités. Cela ne veut pas forcément dire de faire le choix d’une liste alternative comme au 33ème congrès.

Beaucoup d’entre nous revendiquent de prendre notre place dans les directions à tous les niveaux mais insistent sur le fait que cela nécessite une représentation équitable ainsi que des modifications du texte qui devront affirmer, sans les ambiguïtés initiales, la nécessité de faire vivre le PCF. Si ces conditions étaient réunies, des camarades n’excluent pas de partir sur la liste commune du congrès. Dans le cas contraire, les mêmes ne rejettent pas l’éventualité d’une liste alternative. En fait, ils pensent plutôt qu’il ne faudrait pas trancher les choses avant le congrès et rejettent toute négociation de sommet préalable qui pourrait donner carte blanche à la direction. En même temps, ils pensent qu’il ne faudrait pas laisser passer l’atout que serait notre présence dans les mêmes directions.

Je souhaite défendre le choix public et transparent de prendre la place qui nous revient à la direction du conseil national, au collège exécutif, au collectif d’animation décidé par la commission, avec la volonté de travailler pour que le Pcf rebondisse et pour donner au peuple de France l’image d’un congrès qui porte l’ambition de reconstruire un PCF offensif, en première ligne dans le combat de classe. Nous pouvons proposer une liste de 40 noms et ainsi voir jusqu’où Marie-George Buffet est prête à reconnaître notre place en terme de responsabilités. J’ai eu une discussion avec elle. Un échange de travail au siège du Pcf a suivi auquel ont participé Marie-Christine Burricand et Caroline Andréani.

Des camarades pensent qu’une liste alternative est nécessaire pour être fidèle au texte alternatif 3. Je vous rappelle que lors du 33ème congrès, j’étais à l’initiative du texte alternatif avec Jean-Jacques Karman et Maxime Gremetz et que sur la demande d’Henri Alleg, nous avons intégré les propositions de Paris 15. J’apprends que Nicolas Marchand est favorable à une liste alternative alors qu’il nous a reproché notre texte comme étant un élément de division.

Aujourd’hui, de deux choses l’une :

- Soit nous allons au bout des discussions pour obtenir une vraie représentation et des responsabilités à tous les niveaux. C’est le point de vue que je veux défendre en fonction du contexte, des échos au plan national.

- Soit nous décidons d’une liste alternative. Pour ma part, je ne le souhaite pas.

Je suis sûr d’une chose, malgré tous les reproches que nous pouvons lui faire, la secrétaire nationale, Marie-George Buffet, doit rester. Si son départ aurait été souhaitable, changer maintenant, c’est ouvrir une brèche sur des questions de personnes alors qu’aucune discussion sérieuse n’a eu lieu sur le choix du premier dirigeant, une personnalité publique porteuse d’une vraie légitimité. Sans cela, nous partirions à l’aventure en nous jetant des noms à la figure et le pire peut-être devant nous. Avec tous les coups tordus qui se préparent dans l’ombre jusqu’à dimanche prochain, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

L’heure est grave. Je tenais à faire ce point. Aujourd’hui, nous devons ensemble partager nos avis pour savoir si l’hypothèse que je défends peut déboucher et si cela nous permettrait de continuer notre bataille au niveau national. Nous devons échanger, discuter et mesurer notre rôle. Nous pouvons représenter l’avenir, l’espoir pour le renouveau du PCF.

Fraternellement.

André GERIN

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