Contrat de relance du logement avec l’État et la Métropole de Lyon.

Conseil municipal du 31 janvier 2022
Vendredi 4 février 2022

Bien évidemment, nous remercions le gouvernement de cette aide aux collectivités… mais nous ne sommes pas dupes. Après le « quoi qu’il en coûte » qui avait sa logique en pleine crise sanitaire bloquant le pays, le plan de relance est d’une autre nature, beaucoup plus électorale !

Et c’est bien sûr le cas de cette aide aux communes qui construisent des logements. Car le logement est le parent pauvre des politiques publiques nationales depuis des années ! Et le logement social en particulier, qui sert de vache à lait pour équilibrer la loi de finances en prélevant sur les pauvres par l’intermédiaire des bailleurs pour compenser les cadeaux fiscaux aux plus riches, comme nous l’évoquions à propos du budget. C’est bien parce-que la politique du gouvernement a produit un coup d’arrêt à la construction, avant même le covid, qu’il tente au dernier moment de pousser les communes à signer des permis de construire, en espérant que cela se voie avant les présidentielles…

Cela dit, je rassure tous ceux qui ont peur des pauvres et du logement social, la mesure du gouvernement concerne toutes les constructions, et à Vénissieux, malheureusement à notre avis, il y a très peu de construction de logements sociaux. Sur les 400 logements qui sont pris en compte dans ce plan de relance, il y en a 40 logements sociaux nouveaux, tous PLS, et la reconstruction des 70 logements démolis de Aulagne avec seulement 13 PLAI, les logements aux loyers les plus bas qui vous font si peur.

Quand aux aides aux collectivités, il faut rappeler que les gouvernements successifs que connaît bien le président Macron ont réduit les dotations aux collectivités, à la hache d’abord avec Hollande, puis à la bombe fiscale avec Macron et la suppression de la taxe d’habitation qui sera bientôt complète et qui fait que les recettes des collectivités dépendent désormais presque totalement des décisions de l’état. Même la métropole, qui était encore largement autonome à sa création, se voit dépendre d’un montant de TVA dont elle ne décide ni le taux, ni bien sûr la part reversée.

Cette bombe fiscale ne profite qu’aux riches. Si la taxe d’habitation paraissait élevée pour nos habitants, en vérité les premiers bénéficiaires de sa suppression sont les 20% les plus riches qui ont les logements les mieux placés et les plus grands et qui payaient le plus.

Au contraire, la TVA est l’impôt le plus injuste. Son taux n’est pas progressif. Un petit salaire qui consomme tout son revenu paie de la TVA sur tout, alors qu’un plus riche qui épargne et investit ne consomme qu’une part de son revenu. Et tout le monde paie la TVA alors qu’une part des plus pauvres étaient exonérés ou dégrevés de taxes locales.

Ces mesures ne font que conforter celles prises pour les entreprises, avec le crédit impôt recherche qui par exemple a permis au groupe SANOFI de toucher 1,5 milliard d’euros en supprimant la moitié de ses effectifs de recherche ! Résultat, 4 Milliards de dividendes à ses actionnaires et pas de vaccin français !

Une étude récente de France Stratégie sur la suppression de l’ISF, confirme que les revenus des 0,1% les plus riches ont explosé, que les dividendes se sont toujours plus concentrés sur un petit nombre de personnes, et que cela n’a eu aucun effet sur l’investissement et la création d’emploi, contrairement aux promesses.

Au passage, certains disent que le revenu de l’ISF était trop petit pour être un enjeu, rappelons qu’avec 5 milliards, c’est beaucoup plus que 2,7 milliards d’euros pour l’agriculture, 3 milliards d’euros pour la culture, 1,6 milliard d’euros pour la jeunesse et la vie associative.

Un dernier commentaire du magazine Challenges parlant pour le « Classement des fortunes de France » d’un cru record en pleine année Covid. Plus on est riche, plus on s’est enrichi. La fortune des 500 premiers milliardaires a crû de 30 %, celle des cinq premiers a grimpé de 45 % !

Bref, les milliards du plan de relance viennent accompagner la fin de ce gouvernement des riches. Mais nous savons bien qu’il faudra passer à la caisse un jour. Toute la question est de savoir qui : ceux qui travaillent ou ceux qui spéculent et touchent des dividendes ?

L’adresse originale de cet article est http://gec.venissieux.org/Contrat-d...