Crise Sanitaire, il faut vacciner toute la planète !

Mercredi 8 décembre 2021

Voici bientôt deux ans de crise, c’est toujours un choc de voir grimper la courbe. En France, l’épidémie repart tout comme dans le reste de l’Europe où le monde. Avec plus de 47.000 cas enregistrés en 24 heures mardi dernier, l’Hexagone fait face à l’une de ses plus grosses vagues de coronavirus et cela avant que le variant Omicron plus transmissible ne se répande.

La ville de Vénissieux et ses partenaires ont déployés d’énormes moyens pour combattre cette pandémie.

  • Un centre de vaccination a été installé au sein de la salle Irène Joliot-Curie qui a permis d’administrer plus de 44000 doses de vaccins.
  • Pour aller encore plus loin et être plus proche des habitants l’action “Aller vers le public” a été mis en place et 3438 vaccins ont été administré.
  • Actuellement un nouveau dispositif est mis en place dans des lieux d’accueil ou les Vénissians pourront venir se faire vacciner.

Nous avons atteint en France une couverture vaccinale de 75 %, à Vénissieux 55%, alors que seulement 3% des populations des pays les plus pauvres sont vaccinées. Près d’un an après le déploiement des premiers vaccins anti-Covid, la pandémie ne pouvait que reprendre avec force. L’apparition d’un nouveau variant n’a rien de surprenant dans des pays où le virus circule librement.

Malgré les alertes répétées de la société civile et de la communauté scientifique, le scénario que nous craignions se confirme aujourd’hui. Les mesures nécessaires n’ont pas été prises pour rendre le vaccin accessible au plus grand nombre à l’international. Le maintien des brevets conduit à une pénurie organisée de vaccins, à des prix élevés et à un apartheid vaccinal, avec 75% des injections réalisées dans dix pays et moins de 5% en Afrique.

Cette situation favorise la circulation et donc l’apparition de variant dont l’ensemble des pays pâtissent. Les vaccins contre le Covid doivent être accessible gratuitement pour les populations civiles et leur accès assuré de manière équitable par la communauté internationale pour l’ensemble de la population mondiale.

Face à une épidémie qui nous touche tous, et alors que les variants se multiplient, il est urgent de garantir au plus vite un accès universel aux vaccins. Cent milliards de dollars d’aides publiques ont été accordées au développement des vaccins et traitements. Pourtant ils demeurent la propriété privée de quelques grandes multinationales pharmaceutiques qui dictent leur loi. Les dirigeants doivent s’engager au plus vite en faveur de la mise en commun des droits de propriété intellectuelle et arrêter de défendre ces grands groupes.

Les lenteurs dans la vaccination le démontrent. Aucune entreprise pharmaceutique n’a les capacités de produire suffisamment de vaccins pour tout le monde. La production à plus grande échelle des vaccins n’est possible que par la coopération. Le prix est aussi essentiel. Pfizer tire des revenus mirobolants de ses vaccins, ce qui est totalement indécent alors que la vie de millions de personnes est en jeu. Il est inconcevable de réaliser un profit sur la pandémie et il doit y avoir une liberté d’accès à tous pour pouvoir produire ces vaccins. Aujourd’hui si les brevets étaient levés Sanofi pourrait produire le vaccin Pfizer.

Alors qu’une 3e dose est préconisée en France, une grande majorité de la population des pays en développement n’a pas accès au vaccin. Face à la recrudescence de l’épidémie et la montée du variant Omicron, nous ne pouvons continuer de fermer les yeux sur ces inégalités criantes au nom de préserver les intérêts du privé. Ce qui se passe actuellement est le résultat de l’incapacité de la communauté internationale à vacciner l’ensemble de la planète. C’est le résultat d’un manque de solidarité inacceptable et d’un choix délibéré des pays riches.

Combien de nouvelles vagues, de nouveaux variants, et de reconfinements pour que les dirigeants passent à l’action ? Doit-on attendre l’apparition d’un variant extrêmement létal et virulent ?

Aujourd’hui, la France a un rôle important à jouer, convaincre ses homologues de soutenir la demande des pays en développement de lever les barrières liées à la propriété intellectuelle, obstacle à l’augmentation massive de la production des vaccins.

Ce nouveau variant doit servir de signal d’alarme pour les gouvernements du monde entier. Il n’est plus possible d’entretenir l’idée dangereuse qu’un pays ou un continent peut lutter contre la pandémie sur son territoire sans se préoccuper du reste du monde. Le seul moyen de sortir de cette crise mondiale est de veiller à ce que les vaccins parviennent aux populations des pays pauvres aussi rapidement que possible.

L’adresse originale de cet article est http://gec.venissieux.org/Crise-San...