Décès de Maurice Moissonnier :

Le mouvement ouvrier, intellectuel, et le PCF perdent un monument

Juin 2009

Maurice nous a quittés après une maladie qui lui a enlevé sa parole, consciente, lucide et aiguë. C’est une perte immense pour le mouvement ouvrier. Un homme communiste, authentique jusqu’au bout des ongles. Sa stature physique et sa voix donnaient une ampleur d’exception à l’homme de conviction, de la pensée en mouvement, un marxiste non dogmatique qui lui a valu bien des déboires avec son parti.

Je pense au débat qu’il a vécu comme une fracture idéologique et théorique de l’abandon de la dictature du prolétariat en 1976. Avec Serge Rifkiss, je pense à la séance du congrès du Rhône à Givors que je présidais. Maurice était à la fois un historien de grande envergure, professeur agrégé et un communiste fidèle, chaleureux, soucieux d’humanité en toutes circonstances.

Il se consacre à l’histoire du mouvement ouvrier lyonnais. Il est l’auteur d’un best seller de l’édition historique : les Canuts. Il dresse une fresque monumentale de la naissance du mouvement ouvrier en France, tout au long du XIXe siècle. Ce travail, saisissant de vie, retrace les épisodes marquants des combats de classe, les met en perspective avec les événements politiques et décrit, dans un même souffle, les conditions de vie des ouvriers et de leurs familles. Son dernier ouvrage : Le mouvement ouvrier dans la tourmente, 1934-1945.

Maurice Moissonnier participe aux comités de rédaction des Cahiers d’histoire de l’Institut de recherches marxistes et de la Nouvelle critique. Il est membre de l’Institut d’histoire sociale de la CGT avec Georges Seguy et vice-président des Amis de la Commune. Le mouvement ouvrier et intellectuel, le PCF, perdent un monument géant. Il a pris une part importante à la lutte contre le Front National, avec « Â Faire Front  ».

A toi Henriette, à tes enfants, Marie-Claude, Pierre, à tes petits enfants, à toute ta famille, je veux vous dire mon affection, amitié et solidarité dans ce moment douloureux : Maurice est un Homme d’exception.

Vos réactions

  • pascal.brula 1er juillet 2009 11:22

    Je voudrais rajouter ces éléments qui font état de sa biographie :

    Maurice Moissonnier Né le 26 juin 1927 à Roanne (42). Professeur agrégé d’histoire - Retraité

    Thème de recherche Histoire du mouvement ouvrier lyonnais et région Rhône-Alpes.

    Parcours de recherche Après un mémoire de fin d’études sur La Commune à Lyon, Maurice Moissonnier se consacre à l’histoire du mouvement ouvrier lyonnais. Il fera paraître successivement : Les Canuts : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant » (trois éditions successives aux Éditions Sociales/Messidor) ; Joseph Benoit : confessions d’un prolétaire. Il collabore à l’Histoire Sociale du Socialisme (Éditions des lilas) et au Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier (Éditions ouvrières). Il participe au Comité de rédaction des Cahiers d’histoire de l’Institut de recherches marxistes, il est membre de l’Institut d’histoire sociale de la CGT et vice-président des « Amis de la Commune ». Il a été aussi pendant plusieurs années membre du Comité de Rédaction de La Nouvelle Critique (revue éditée par le PCF).

    Bibliographie Il participe à La France ouvrière sous la direction de Claude Willard (Éditions sociales) Tomes 1 et 2, 1993. Son dernier ouvrage (inachevé) Le mouvement ouvrier dans la tourmente (1934-1945) comprend deux tomes parus aux Éditions Aleas (Lyon) : Tome I - le Front populaire ; Tome II - Déclin et mort du Front populaire. Les deux tomes suivants : Guerre et occupation ; Résistance et Libération sont stoppés pour cause de maladie. Maurice Moissonnier a fait de très nombreuses conférences, colloques et articles, a participé à des émissions de radios locales et nationales et réalisé de nombreux enregistrements de militants et de résistants.

    Il serait intéressant de faire rééditer son « best-seller » sur les Canuts, voire de le mettre en ligne. Qui se propose pour le taper ?