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Missak et Mélinée Manouchian entrent au Panthéon : le triomphe d’une certaine idée de la France (Fabien Roussel)

Jueves 22 de junio de 2023

Au dernier conseil municipal, Michèle Picard a fait référence à l’entrée de notre camarade Manouchian au panthéon, le premier communiste représentant la première force de la résistance au nazisme en France à être ainsi reconnu. Elle répondait à l’insulte d’un zemouriste envers les communistes, insultes malheureusement répandu depuis que l’occident tente de couvrir la renaissance du nazisme un peu partout en laissant croire à cette monstrueuse équivalence entre deux «totalitarismes»… Quand on relie la lettre de Manouchian écrivant la veille de sa mort «je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand»,on comprend à quel point cette insulte est terrible pour des millions de militants communistes dont l’engagement est d’abord celui de la solidarité, de l’humanité et de la paix.

La lettre de Missak Manoukian

« 21 février 1944, Fresnes.

Ma chère Méline, ma petite orpheline bien aimée,

[…] je meurs à deux doigts de la victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand […] Bonheur ! à tous ! J’ai un regret profond de ne pas t’avoir rendue heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et avoir un enfant pour mon honneur et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse […]

Tu apporteras mes souvenirs, si possible, à mes parents en Arménie. Je mourrai avec 23 camarades tout à l’heure avec le courage et la sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine. Aujourd’hui, il y a du soleil. C’est en regardant au soleil et à la belle nature que j’ai tant aimée que je dirai adieu à la vie […]

Manouchian Michel. »

L’affiche rouge qui dénoncait les résitants et est devenu le symbole de leur enracinement dans le peuple français !

DECLARATION DE FABIEN ROUSSEL

C’est avec une très grande émotion que nous avons appris, par l’intermédiaire du Président de la République, que Missak Manouchian allait faire son entrée au Panthéon en février 2024, accompagnée de son épouse, Mélinée.

Cette annonce vient clôturer un combat de longue haleine menée par l’association Unité laïque, la communauté arménienne et plus généralement par l’ensemble des citoyennes et des citoyens soucieux de défendre les valeurs attachées à la résistance. Je pense également à notre camarade Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, qui s’est lui aussi battu de toutes ses forces pour que Missak et Mélinée reposent à jamais dans ce haut lieu de notre histoire républicaine.

Pour le Parti communiste français que j’ai l’honneur de représenter, cette décision signifie beaucoup.

D’abord parce qu’elle va permettre l’entrée au Panthéon de deux militants communistes, rescapés du génocide arménien, membres des FTP-MOI, ce qui constitue une première dans notre histoire. Par cet acte, la République française reconnaît officiellement le rôle important joué par les communistes dans la résistance.

Ensuite, parce Missak et Mélinée Manouchian symbolisent par leurs parcours, leurs idéaux et leur courage une certaine idée de la nation française. Une nation politique composée de citoyens de toutes les origines, réunis par des valeurs républicaines universelles. Une nation ouverte et fraternelle. Une nation aux antipodes de celle des prêcheurs de haine, obsédés par l’origine, la couleur de la peau et la religion des femmes et des hommes qui la fondent.

Avant son exécution, Missak Manouchian écrivit à Mélinée : « je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la liberté sauront honorer notre mémoire dignement ».

Cette phrase, sublime par sa profondeur, exprime ce moment singulier de fusion entre l’internationalisme et le patriotisme. Venus de loin, exilés dans notre pays, Missak Manouchian et tous ses compagnons d’armes sont tombés pour un idéal universel de justice et de paix. Ils défendaient aussi la France des Lumières, la France de la Révolution et de la Commune. La France qui ouvrait la voie des « jours heureux » du Conseil national de la résistance.

Tout au long de l’année, nous rendrons hommage à Missak et Mélinée Manouchian ainsi qu’à leurs camarades exécutés par les nazis. Nous rappellerons le rôle décisif de ces milliers d’étrangers morts pour la France et auxquels nous devrions remettre, de manière systématique, la mention officielle qui y est associée. Nous rappellerons que ces femmes et ces hommes, tombés sous le joug de la barbarie fasciste, étaient des sœurs et des frères d’humanité. Nous rappellerons enfin que Missak et Mélinée Manouchian nous ont laissé une mémoire, mais aussi, des valeurs universelles indispensables à la réalisation du bonheur sur terre.

Vive la Résistance, Vive la République, Vive la France,

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,

Le 18 juin 2023.

Le poème de Aragon chanté par de nombreux chanteurs dont Léo Ferré sous le titre l’affiche rouge…

Strophes pour se souvenir Louis Aragon

Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes Ni l’orgue ni la prièr’ aux agonisants Onze ans déjà que cela passe vit’ onz’ ans Vous vous étiez servis simplement de vos armes La mort n’eblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes Noirs de barbe et de nuits hirsutes menaçants L’affiche qui semblait une tache de sang Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre A la fin février pour vos derniers moments Et c’est alors que l’un de vous dit calmement Bonheur à tous bonheur à ceux qui vont survivre Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir adieu les roses Adieu la vie adieu la lumière et le vent Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent Toi qui va demeurer dans la beauté des choses Quand tout sera fini plus tard en Erivan

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline Que la nature est belle est que le cœur me fend La justice viendra sur nos pas triomphants Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

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