10 mai 1981, les communistes ont tiré les leçons de l’échec !

9 mai

Le vote des communistes ces 7,8 et 9 mai est un évènement. Les communistes ont confirmé la proposition de la conférence nationale d’une candidature communiste pour l’élection présidentielle de 2022. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus, mais la tendance est claire. Il y aura un candidat communiste pour la première fois depuis au moins 15 ans, et même 20 ans si on se rappelle que Marie-Georges Buffet en 2007 se présentait comme candidate des collectifs anti-libéraux même si le processus de désignation n’avait pas abouti.

C’est un évènement qui survient la veille du 10 mai, au moment où le parti socialiste célèbre la victoire de François Mitterrand au Creusot avec tous les premiers ministres socialistes successifs, François Hollande et Anne Hidalgo, officieusement déclarée candidate en 2022, et la veille d’une conférence de Jean-Luc Mélenchon intitulée « 1981, la révolution suspendue »…

Que les socialistes tentent encore de se rassurer en se rappelant 1981, c’est presque touchant, notamment quand on entend François Hollande avouer avoir perdu même la clef de la possibilité de reconstruire la gauche…

Il faut aussi remercier Jean-Luc Mélenchon pour la franchise de son titre de conférence, 1981 : la révolution suspendue .

  • On apprend ainsi que 1981 était une révolution ! Il ne doit pas connaitre l’excellente chanson « the revolution will not be televised », car on ne peut faire moins révolutionnaire que ce 10 mai 1981 festif où un peuple « de gauche » a remis les clés du pouvoir à un président qui allait se couler dans cette 5e république qu’il dénonçait comme un coup d’état permanent peu de temps avant.
  • On apprend aussi que 1981 a été « suspendu »… Le monde du travail en a pourtant bien pris plein la figure en terme de privatisation, destruction de service public, d’aggravation des inégalités et d’adaptation à la mondialisation européenne et capitaliste au profit des plus riches. C’est d’ailleurs ce qui l’a conduit en tirant ce lourd bilan de 1981 à prendre ses distances avec la gauche. Si Jean-Luc Mélenchon a pu faire espoir et illusion en 2017, les abstentionnistes populaires ont bien compris que l’internationale avait raison « il n’est pas de sauveur suprême »… même si pour l’instant, les producteurs ne savent pas comment s’organiser pour « se sauver nous-mêmes »

Les communistes sont en pleine « mutation », mais pas dans le sens engagé par Robert Hue il y a maintenant 30 ans, au contraire, en cherchant à faire vivre un « parti communiste du XXIe siècle » et la bataille de 2022 sera l’occasion de lui donner des forces, un peu, beaucoup, passionnément selon la mobilisation populaire pour rompre enfin avec cette gauche dominée par la famille socialiste.

Habemus candidatum (fumée rouge sur Colonel Fabien)