LA CANDIDATURE COMMUNISTE A LA PRESIDENTIELLE TOUJOURS DE MISE ?

A QUOI JOUE MARIE-GEORGE BUFFET

Mai 2006

Déclaration du collectif des élus d’opposition au Conseil national du PCF

La plupart des militants délégués au 33e Congrès du PCF sont repartis plus ou moins rassurés sur le fait qu’il y aurait une candidature communiste à l’élection présidentielle.

Or depuis le Congrès, le flou est constamment entretenu par Marie-George Buffet sur cette candidature communiste dont la décision est renvoyée en octobre par la convocation d’une Conférence nationale. En finalité, les communistes ne seront pas consultés sur la stratégie arrêtée et la candidature communiste ou non.

Mais le pire vient de se produire avec le Comité exécutif qui a adopté dans sa majorité, sans consultation du Conseil national, organisme d’élaboration et de décision, un « Appel  » « pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes  » qui engage le PCF aux côtés d’autres signataires, personnalités comme José Bové, Clémentine Autain, Yves Salesse, Christian Picquet (LCR) et des organisations telles Les Alternatifs, Convergence citoyenne, Gauche républicaine, Mars…

Cet appel, qui oublie les grandes questions sociales, emploi, pouvoir d’achat, délocalisations, services publics…, annonce la volonté de créer les conditions d’une campagne commune aux élections présidentielles et législatives avec des candidats communs ainsi que la création d’un collectif national d’initiative pour lever les derniers obstacles entre les différents partenaires et concrétiser cette campagne.

Si ce collectif devait se mettre en place, c’est lui qui déciderait du contenu de la campagne, du programme. Les communistes seraient dessaisis de leur propre initiatives politiques. Sans consultation, la direction nationale engage l’ensemble du Parti sur une stratégie qui ne se cantonne pas à l’élection présidentielle et qui confirme, à terme, la liquidation du PCF. Patrice Cohen-Seat, dans un article à  L’Humanité, vend la mèche en déclarant : « il faudra des candidatures unitaires pour la présidentielle et pour les législatives, pour 2007, pour 2008 (municipales et cantonales) et pour la suite.  »

Si tel était le cas, le PCF, déjà en perte d’autonomie ces dernières années, se retrouverait intégré, voire absorbé, par la construction d’un nouveau mouvement comme le réclament les refondateurs. Aussi n’est-il pas étonnant que l’Appel unitaire, dont le PCF n’est pas à l’origine, se limite à la dénonciation du libéralisme sans jamais condamner le système capitaliste et poser la question de la transformation de la société.

Même si quelques petites phrases le laissent entendre, loin de se démarquer du PS, cette stratégie est un marchepied pour son candidat qui aura besoin, au second tour, des suffrages du NON de gauche à la Constitution européenne.

Le Comité exécutif du Parti doit s’expliquer. Comment a-t-il pu valider un « Appel  » dont certains signataires, et pas des moindres, dénoncent la candidature de Marie- George Buffet comme « ne nous paraissant pas de nature à favoriser l’élargissement du rassemblement, mais pouvant au contraire constituer un frein à la dynamique unitaire  », ainsi qu’il est écrit dans le compte rendu de l’assemblée générale d’Alternative citoyenne ?

La direction avait le devoir de faire la transparence sur les propos de l’assemblée générale d’Alternative citoyenne. Elle ne l’a pas fait. Pire, c’est sur cette base de contestation d’une candidature communiste qu’elle a signé un appel commun de nature à tromper tout le monde.

Depuis la consultation des communistes avant le 33e Congrès, en février et l’amputation injustifiée de la liste alternative au congrès, on ne compte plus, ces derniers temps, les entorses aux règles démocratiques du PCF. Il n’y a pas qu’à  Matignon qu’on ignore le peuple !

 [1]

Paris, le 19 mai 2006.

André Gerin (69), Jean-Claude Danglot (62), Jean-Jacques Karman (93), Emmanuel Dang Tran (75), Caroline Andréani (93), Cathy Apourceau (62), Stéphane Auriol (45), Paul Barbazange (34), Frédéric Bernabé (70), Bruno Bonin (79), Marie-Christine Burricand (69), Francis Combes (93), Léandre Curzi (75), Jacques Damiani (94), Fabienne Debeauvais (80), Oliver Del Rizzo (25), Catherine Deschamps ( 80), Claude Fainzaing (75), Jonathan Henon (80), Jean Jamelot (75), Jean- Claude Kordé (67), Patricia Latour (93), Henri Martin (93), Jean-Pierre Meyer (83), Jean Miaille (69), Nati Oliva (67), Michèle Picard (69), Alain de Poilly (94), Brigitte Quilles (34), Jean-Louis Rolland (17), Laurent Santoire(93), Christian Serve (69), Emile Torner (75), Serge Truscello(69), Kathy Turcan (83)

[1(Curieusement, Patrick Braouzec, Pierre Zarka, Roger Martelli, membres du Conseil national, se distinguent du PCF en signant l’appel à titre personnel.)

Vos réactions

  • Jihad Wachill 25 mai 2006 21:56

    Je partage les critiques exprimée sur le fond, mais aussi, et à§a me paraît au moins aussi grave, sur le caractère antidémocratique de cette signature.

    Et la souveraineté des adhérents là -dedans ?

    Mais je ne peux que m’étonner de l’attitude schizophrène de deux des signataires de ce texte, que j’ai l’occasion de croiser (militer avec serait beaucoup dire…) à Amiens (80). Que dire en effet de militants qui ont un discours d’opposants à la mutation virulent nationalement (au Conseil national du PCF même, où elle a été élue sur la liste oppositionnelle, pour Fabienne Debeauvais) et qui n’ont aucune réticence à aller distribuer le matériel national qui appelle au « rassemblement antilibéral » sans contenu social qui est dénoncé dans ce texte ? Opposition de salon ou relent de légitimisme stalinien ?

    La situation à Amiens est confuse (voir le site http://pcfamiens.monsite.wanadoo.fr pour mieux comprendre), certes, mais je n’en reste pas moins songeur. La cohérence ne semble malheureusement pas être le fort de certains camarades…

    • A QUOI JOUENT LES « OPPOSANTS » A MARIE-GEORGES BUFFET 16 juin 2006 13:24, par Emmanuel Lyasse

      A propos de cohérence, ce que j’ai, pour ma part, du mal à comprendre, c’est que des gens qui ont affirmé haut et fort leur opposition à MG Buffet et à tout ce qu’elle représentait de nocif soient si scandalisés par la possibilité (d’ailleurs improbable) qu’elle ne soit pas candidate à l’élection présidentielle, au point de la supplier de bien vouloir l’être.

      Personnellement, je me fiche totalement qu’elle soit candidate ou pas puisque de toute faà§on il est hors de question que je vote pour elle.

      Emmanuel Lyasse