Autour de l’Amérique Latine : Entre mémoires et expérience

AVEC LES ASSOCIATIONS PALENQUE, FAL 69, TEJE, YO SOY 132
Octobre 2013

Nous pensons utile de faire connaitre cette rencontre sur l’Amérique Latine organisée à Lyon par plusieurs associations Lyonnaises. Au programme entre autres, un débat avec notre camarade Jean Ortiz, dont nous publions souvent les analyses et témoignages sur cette Amérique Latine qui ouvre l’espoir aux peuples du monde.

Salle de la Ficelle, 65 bd des Canuts

Lyon 69004

Métro C Station Hénon

- 16h00-17h00 : Débat - conférence “Mémoires, résistances et processus sociaux en Amérique latine†, avec Jean Ortiz, enseignant-chercheur, maître de Conférences à l’Université de Pau et journaliste de l’Humanité. Il travaille sur la République espagnole, l’anti-franquisme, les maquis et sur le vingtième siècle latino-américain (les révolutions cubaine, vénézuélienne, bolivienne…).

17h- 8h00 : Lecture de poèmes (extraits) autour des femmes contre la guerre, par Maria Isabel Canon. Comédienne colombienne installée en France ayant joué avec diverses compagnies de théâtre en Colombie. Elle a travaillé comme comédienne et réalisatrice de programmes de radio et elle a été la voix pour divers documentaires et publicité.

En France, en 2010, elle fait le conservatoire de théâtre à Béziers. En 2009-2010, elle a réalisé son master 2 en théâtre à l’université de Montpellier. Elle est co-fondatrice de la compagnie Vendaval Théâtre en 2012 à Lyon.

- 18h00-19h00 : Invitation à la construction d’un rêve de résistance à travers la trova et la nouvelle chanson latino-américaine, avec Pablo Ossandà³n Valdés, musicien, compositeur, concertiste en guitare classique.

D’origine chilienne, Pablo habite en France depuis 2009. Sa musique a été interprétée à l’Hôtel de ville et au Musée des Beaux-Arts de Lyon, au Festival de cinéma animation d’Annecy, entre autres.

Il débute sa formation en guitare classique et poursuit dans la composition de musique classique, notamment dans la chanson et la musique appliquée aux arts visuels : cinéma, danse, théâtre. Tout ceci a faà§onné son identité et son œuvre, qui considère l’art comme “réparation de la vie†.

- 19h00 - 20h00 : Moment convivial et gourmand autour de plats typiques comme les empanadas, arepas, et autres mets d’Amérique latine… et de la bière artisanale.

- 20h00 - 22h30 : Spectacles de musique et de danse

Groupe de danse Palenque

Des danseurs et danseuses d’origines variées et membres de l’Association Palenque, vous feront découvrir la diversité culturelle de la danse traditionnelle latino-américaine. Ils vous emporteront en Colombie, en Equateur, au Venezuela, au Chili, et d’autres pays encore à travers la danse folklorique latino-américaine, etc. des danses pleines de couleurs et d’émotions, transmises depuis des siècles de génération en génération et toujours présentes dans le quotidien de l’Amérique latine.

Samba Pros Vizinhos

Groupe de musique samba réunissant des passionnés du Brésil. Ils reprennent en cœur les airs d’Adoniran Barbosa, de Fundo do Quintal ou encore de Joao Nogueira, jusqu’à l’éreintement !

  • Leo - Cavaquinho, voix
  • Johan - Pandeiro, voix
  • Rémi - Guitare, voix
  • Farid - Tan Tan
  • Louis - Percussions

Groupe Yawar Masi En partant de la Colombie et en allant jusqu’au Chili, tout en nous promenant par les Andes, Yawar Masi nous fera nous souvenir ou découvrir la chanson folklorique d’Amérique latine. Yawar Masi vient du queshua et de l’aymara (langues des peuples des Andes) qui veut dire “frères de sang†. Du son cubano au sikuris, de la saya à la musique populaire, voyageons avec eux en Amérique latine ! De gauche à droite : Esteban – Quena, zampona, accompagnements de percussion et chœurs Cristian – Charango, cuatro et deuxièmes cordes et chœurs Percy – Quena, zampona, accompagnements de percussion et chœurs Roberto – Guitare et triple, chœurs Juan Carlos – Percussions et premier chant

- 22h30 - 02h00 : Pour finir la soirée en beauté, nous vous proposons un cocktail musical latino qui fera bouger tout le monde : salsa, bachata, electro-cumbia, electro-tango, merengue, cumbia, reggaeton, lambada y mucho mà¡s !

LA FETE DES MORTS : AUTEL MEXICAIN

Tout comme en France on fête la Toussaint, en Amérique latine on célèbre la Fête des morts. Nous avons donc pensé à représenter la fête traditionnelle la plus importante du Mexique, l’une des plus pittoresques d’Amérique latine, qui célèbre la venue des âmes des défunts sur terre le 1 et le 2 novembre.

Les “ofrendas†(Autel mexicain)

Dans chaque foyer on installe un autel, superbement décoré avec des objets ayant appartenu aux défunts. On y dépose aussi les fameuses têtes de mort en sucre, le traditionnel “pain de los muertos†, des fruits ou des plats particulièrement appréciés par le défunt.

Au cimetière, les familles et les amis nettoient les sépultures et les décorent avec des bougies et des fleurs. Des pique-niques ont lieu sur les dalles de marbre chaud ou à l’ombre des sépultures. Des mariachis et des bandes de musique jouent les airs préférés des défunts. C’est une véritable ambiance de fête de par la joie de recevoir nos êtres chers de l’au-delà .

“Autour de l’Amérique latine†s’adresse à tous : familles, jeunes, étudiants, travailleurs, intéressés par la culture, les traditions, le passé et l’actualité de ce vaste et cher continent qu’est l’AMERICA LATINA ! Nous vous attendons nombreux !

PALENQUE, FAL 69, TEJE, YO SOY 132

Vos réactions

  • pam 6 novembre 2013 10:29

    le message plein d’amitiés et de sourires de Jean Ortiz après le grand succès de cette rencontre autour de l’Amérique Latine…

    Le lapin, le bouchon et la révolution.

    Nouveau départ. Destination Lyon, huit heures de western ferroviaire pour une Part de dieu, une part seulement. Le ciel déprime et l’âme s’alourdit. A l’extérieur de la « voiture six », c’est le week-end des chrysanthèmes. Dans le wagon, des cris mais peu de thèmes. Une jeune femme très maquillée veut crêper le chignon d’ une vieille acariâtre qui occupe deux places parce que « d’habitude ce train est vide ». Madame a une notion du vide toute relative. Trois agents de la Pif-Paf font irruption dans le compartiment avec délicatesse et voix cinématographique : « Police ! Contrôle d’identité ! ». Camarades «  »sans papiers« , évitez le train entre Pau et Lourdes !! Je mets du temps à m’exécuter, maudissant Guéant, Hortefeux, Valls, et tous les chasseurs de pauvres.. Mais le pandore »n’a pas d’opinion". Il croit que je me fous de sa poire-fruit que je déteste-parce que je cherche ma carte d’identité entre culottes propres et chaussettes. La situation se tend…Ce fonctionnaire est interdit d’humour par sa hiérarchie.

    A Lourdes, le train se remplit de pèlerins et rines. La grotte fait toujours bonne recette marchande, même si la vierge, après moult inondations, va finir par devenir marine. Voyager en train, pour qui sait le voir, s’avère désormais plus « pittoresque » qu’une expédition à Potosi. L’exotisme est dans la travée d’en face. La semaine dernière, la loco rendit les armes à tonton Georges, en gare de Sète. Au retour, un « désespéré » trop lucide se suicida sur la voie. « Accident de personne » signale le contrôleur. Ouf, nous allons pouvoir repartir. En bon franà§ais : « personne n’a eu d’accident ». Que nenni ! Le (ou la) poète maudit nous bloque plus de trois heures et les « voyageurs » protestent, qui pour sa « correspondance (ils ne disent plus »changement"), qui pour son match à 20 heures…La beaufitude devient vraiment pandémique.

    En ce week-end de rites funéraires, je suis à Lyon pour parler des « révolutions » en Amérique du sud. Une initiative conjointe des associations « Fal, Palenque, Teje, Yo soy 132 ». Un certain José, internationaliste en diable, doit m’accueillir. D’entrée, il me pose trois lapins. A la gare Lyon Part Dieu, il s’égare. Arrivé chez lui, je dois coexister avec deux lapins « béliers-angoras » en liberté. « Béliers », parce qu’ils ont le front de donner sans cesse des coups de front. L’un a perdu l’âme lapine et joue comme le chien qu’il n’est pas avec un gros ballon de l’OL. C’est Vladimir. Joseph, lui, tourne autour de mes souliers comme une toupie velue et inquiétante. De quoi lui souhaiter la myxomatose !

    Le lendemain à midi, repas dans un « bouchon », « typique » et sans embouteillage. Ici comme ailleurs, tout est « typique ». La clientèle : bourges et petibourges. On dit que jadis les cabarets qui servaient à boire clouaient sur leur porte les emblèmes de Bacchus, dont la « bouche », un bouquet de paille. Bouche bouchon, le bouchon bouche. Nous partons sans le faire sauter, mais l’estomac ravi, après avoir trinqué à la santé du président équatorien Correa, en visite en France, et dont on murmure, d’après notre G3, qu’il se reposerait pas très loin d’ici.

    La salle qui accueille la « journée de solidarité avec l’Amérique latine » s’appelle « La Ficelle », un peu grosse au pays des canuts ; tout est fait ici pour effacer l’histoire et la mémoire de ces insurrections sociales des ouvriers de la soie, réprimées dans le sang. Dans les premiers jours de décembre 1831, descendus de la Croix Rousse, ils se rendent maîtres de la ville, mais faute de programme et de soutien organisé, ils doivent plier devant la reprise en main par soldats et gardes nationaux. On dit à Lyon qu’il y a deux collines : l’une où l’on prie, Fourvière, en attendant le bout du tunnel, et l’autre où l’on travaille et lutte : Croix Rousse, et sa montée en « S » multiples.« Nous en tissons pour vous gens de l’Eglise et nous pauvres canuts, n’avons pas de chemise ». Sans « s ».

    A « La Ficelle », de jeunes Mexicaines ont édifié un autel domestique pour célébrer « la fête des morts ». Des masques, des « calaveras » (têtes de morts), côtoient des fleurs aux 1500 femmes assassinées à Tijuana, aux zapatistes. Des « offrandes collectives » pour parler avec les morts, partager avec eux les choses de la vie, mais aussi pour « dénoncer » toutes les injustices, bien vivantes au Mexique. Le pays résiste à la privatisation déguisée de sa compagnie pétrolière, Pemex, un Etat dans l’Etat. Le pétrole fut dans les années 1930 nationalisé par le président nationaliste de gauche, Lazaro Cardenas.

    Près de 500 personnes se pressent à « La Ficelle ». Le grand gourou de cette célébration solidaire, c’est Gustavo le Colombien. L’homme, lunettes et bonne bouille, est très apprécié parmi les dizaines d’exilés chiliens, colombiens, argentins, uruguayens… qui irriguent, fécondent, la vie culturelle, sociale, lyonnaise. Certains portent encore les blessures, les traumas (héréditaires) des réfugiés politiques, ou sont « fils de ».

    La conférence-débat a été « riche, tonique », me disent-ils. Mon égo surdimensionné envisage désormais une carrière politique ! La révolution vaut bien que l’on mouille la chemise. Un « cours de rééducation politique » plaisante Michel le coquin, enseignant et militant. « Il fait suite à la victoire des cent voix », ajoute-il. Je n’y comprends rien. Je salue les luttes des « sans droits », des « sans voix », des « sans choix », des « sans proies », des « sans toi ». Quiproquo. Il s’agit des cent communistes qui ont voté à 52,9% pour une liste Front de gauche aux prochaines municipales. Quelques élus cocos en restent sans voix et menacent de ne pas respecter le vote majoritaire. Rendez nous le centralisme démocratique ! Vont-ils oser profaner les urnes un jour de Toussaint ? Pierre le syndicaliste, plus coquan que coquin, trouve cela cocasse. Les chansons de Victor Jara, Toto la Monposina, Silvio Rodriguez, Ali Primera, me hérissent les boucles.

    Les lapins de José, eux, continuent de donner des coups de front. La soirée latino offre une orgie d’ « empanadas », d’ « arepas », de petits bonheurs, de grandes saveurs…De jeunes amateurs dansent avec grâce un « sanjuanito », puis une « cumbia » « de là -bas », donc d’ici. Les militants et tantes internationalistes sont devenus cuisiniers pour un soir. « Las empanadas, guisadas, jamas seran defraudadas ! ». Et la révolution ? Elle commence là où des hommes et des femmes se retrouvent pour retisser des liens, pour être, et être ensemble.

    Jean Ortiz