De Marseille à Lyon et Paris, un 1er mai combatif !

2 mai

Les coups médiatiques se sont multipliés pour tenter d’effacer la seule chose importante de ce 1er mai, le retour de la combativité sociale après un an de confinements, une combativité avec la jeunesse fortement présente avec principalement la CGT.

Les médias ont bien sûr mis en scène les provocateurs faussement anarchistes qui attaquent la police comme les têtes de cortèges syndicaux pour casser la manifestation, et les tentatives politiciennes de récupération se sont multipliées…

Mais pour que ce printemps social prenne de la force, il faut lui ouvrir une perspective politique de combat pour un vrai changement de société, et le sortir de l’idéalisme électoral qui organise la délégation de pouvoir. C’est le débat qui anime les communistes qui décident de leur stratégie présidentielle le 9 mai prochain, jour symbole de la victoire contre le fascisme… et aussi anniversaire de la fausse victoire de 1981 qui mettait au pouvoir la gauche qui allait trahir les monde populaire…

C’est ce que résume bien l’article ci-dessous de Danielle Bleitrach, notre camarade marseillaise…

A propos du PCF, que les choses soient claires

Le premier point sur lequel un large accord est possible entre communistes d’obédiences différentes est que nous sommes dans une phase historique de grands bouleversements. Quand est-ce qe celle-ci a débuté ?Probablement avec les guerres mondiales, le partage impérialiste du monde, stade suprême du capitalisme et nous sommes malgré la contrerévolution des années soixante et dix à quatrevingt dix entrés dans une accélération de l’histoire. Comme j’ai tenté de l’exprimer dans mes mémoires,face à cette contre-révolution il y a eu pour beaucoup de partis fourvoyés dans l’eurocommunisme une incapacité stratégique. La situation de décomposition du PCF et de tout ce qui l’entourait en matière de syndicat et association est le fruit de cette incapacité stratégique,mais la nouveauté est la satellisation, une certaine permanence dans la décomposition. Autre fait, la débâcle de la social démocratie et son passage au soutien à l’atlantisme, sa rupture avec le monde ouvrier et populaire, le désaveu grandissant. Tout cela a produit une abstention massive, une droitisation de la vie politique de plus en plus marquée par les forces conservatrices. Nous sommes un peu si l’on veut faire une analogie historique toujours périlleuse, à la conférence de Zimmerland là où surgit la rupture des bolcheviques face à la faillite de la IIe internationale. Cette situation d’où est né le Congrès de Tours. Mais il n’y a pas eu de vraie rupture à Tours, il a fallu le virage de Maurice Thorez.

Dans un moment où s’ouvrent des possibles mais dans lequel les périls sont grands. Nous avons besoin d’un parti communiste non pas par esprit de boutique mais parce que c’est le seul moyen de s’opposer à la guerre, à la fascisation que le capitalisme, l’impérialisme en crise porte en lui comme la nuée porte l’orage selon une phrase célèbre. C’est une course de vitesse qui est engagée, dans d’autres pays ils sont en train de construire cette alternative, en France et en Europe, nous en sommes loin.

Le point de désaccord est circonscrit, clair et net. Je le rappelle.

Je ne crois pas qu’un renouveau quelconque puisse venir d’un groupuscule dont la seule action parait désormais inspirée par la haine du PCF … Dans la situation actuelle, il y a eu une rupture totalement insuffisante du PCF au 38 e congrès et il faut partir de là.

Quand on agit de telle sorte que l’on renforce soit Melenchon , soit les liquidateurs, soit les deux et que l’on fait porter tous ses coups sur la tentative du 38 e congrès, on a dépassé les limites de l’analyse politique et on risque de très mal finir. je ne citerai personne parce que je continue à croire à la possibilité de combats fraternels au-delà des divergences politique, mais quand je pense que l’on prend un mauvais chemin je le dis en toute fraternité.

Aucun groupuscule n’est aujourd’hui en état de remplacer le PCF et la destruction dont la plupart de ces groupuscules font leur unique ligne ne masque pas leur incapacité réelle à l’action de masse, qu’il privilégient pourtant sur tout parti. Au point qu’ils n’osent même pas voir en eux-mêmes l’embryon du dit parti. Ce qui est un effort de lucidité méritoire, mais dont ils devraient tirer le conséquences en bons “léninistes”… Je n’ai pas vu un seul de leur membre venir nous aider à Marseille dans ce combat qui devrait tout dépasser : celui de la défense du peuple cubain. Ils ne sont pas venus et n’ont rien fait par ailleurs.

En ce qui me concerne je ne suis plus membre du PCF je n’ai donc pas à intervenir sur les votes des militants de ce parti, parce que je récuse les méthodes qui ont justement consisté sous marie georges Buffet à faire intervenir de l’extérieur des comités bidons qui tenaient dans une cabine téléphonique pour peser sur les votes.

Je trouve pathétique l’appel de Melenchon ce premier mai sur le vote des adhérents qu’il n’a cessé de mépriser. Le spectacle de désunion qu’il a donné à cette occasion, avec les verts, le PS. Les médias ont utilisé sa proclamation et celle de Marine Le pen pour tenter d’occulter la belle manifestation et sa combativité, la résumer à une cuisine politicienne. Ce n’est pas tout à fait de sa faute, mais il ne saurait en être totalement exonéré. Aller parler présidentielle et sa candidature dans cette journée des travailleurs prouve à quel point il est en rupture, le faire à Lille dans les terres du nord montre à quel point il est de nulle part, pas plus défenseur de Marseille que de quoi que ce soit d’autre. Ça le regarde lui et ses militants, mais ce sont des moeurs qui manquent de respect face aux militants communistes et plus encore par rapport à ces travailleurs qui défilaient. Je le dis d’autant plus que je crois avoir toujours respecté ces électeurs, ces militants et même Melenchon dont j’ai souvent dit qu’il n’avait jamais caché ses origines et qui parfois a montré talent et courage. Simplement c’est un social démocrate comme les autres et on ne peut pas attendre de lui un combat de communiste. Franchement vous y avez cru, certains y croient encore, alors c’est tout au sens de n’importe quoi plutôt qu’un candidat communiste ?

Fabien Roussel a parfaitement raison de dire que le véritable problème de la gauche n’est pas sa division mais sa faiblesse et cela rend les agitations de tribun sur une estrade du premier mai totalement hors de propos, comme l’attitude de ceux qui se soustraient à cette urgence : renforcer la gauche en lui redonnant colonne vertébrale, ancrage de classe et à partir de là souveraineté.

C’est pourquoi ceux qui se battent avec Fabien Roussel pour redresser le PCF méritent le respect. Pour le moment ces avancées se font dans le brouillard mais avec deux axes forts, le retour vers la classe ouvrière, les travailleurs, les couches populaires et une conception de la souveraineté nationale.

Que l’on soit en désaccord avec telle ou telle formulation , ou que l’on regrette les dramatiques insuffisances du secteur international, l’incapacité de ce secteur à mesurer les changements qui interviennent dans le monde et conditionnent la situation des travailleurs français est un fait. Comme l’est la débâcle théorique, l’absence de formation,l’état d’une presse que l’on ne peut plus dire communiste. Il faut agir pour corriger ces insuffisances, pour alerter comme il ne faut pas renoncer à rassembler les communistes dans et hors parti. Mais la haine gratuite, le désir de détruire ne tient pas lieu d’analyse ni d’action.

Les critiques qui s’exercent aujourd’hui par exemple contre les formulations de Fabien Roussel tant sur sa connaissance réelle de l’économie soviétique que sur les mécanismes monétaires comme instrument de la domination impérialiste ne sont pas cohérentes. Elles rassemblent les positions de ceux qui refusent de voir le rôle de la Chine, du multilatéralisme, et même les tentatives de Cuba dans ces domaines et les positions de ceux qui voient les évolutions géostratégiques mais en restent à une sorte d’anarchosyndicalisme, le tout n’étant unifié que dans une manière de s’opposer au PCF et à la direction de la CGT, une manière d’être systématiquement contre qui ne va nulle part. Alors que tout cela mérite un dialogue qui de toute façon est déjà à l’œuvre. J’espère que ce blog y contribue. Par la réflexion théorique entamée mais aussi par les actions entamées ensemble, je pense en particulier à la défense de Cuba qui nous rassemble tous et qui doit aller largement au-delà des rangs des communistes.

Vous dénoncez à juste raison la possible fascisation de l’UE, un souci que je partage mais pas le but que vous poursuivez et qui ressemble étrangement à celui qui nous invite à nous effacer nous communistes derrière une candidature social démocrate qui de fait nous a conduit là où nous en sommes.. Vous criez au fascisme de la même manière que ceux qui sont prêts tels Gribouille à se jeter dans l’étang pour éviter de se mouiller, vous seriez chaque groupuscule incapable de s’unir à l’autre, faisant la peau en priorité au candidat du PCF capable de vous ranger derrière non seulement Melenchon, mais une Clémentine Autain qui suit toutes les consignes de la CIA, et vous seriez vous les communistes aptes à remplacer le parti des soixante quinze mille fusillés, pourquoi pas l’armée rouge et Staline lui même ? Tout ça n’est pas sérieux.

Personnellement, je le répète je n’ai pas de consigne de vote à donner aux militants du PCF ou de toute autre organisation dont je ne suis pas adhérente, mais je ne dois pas cacher l’espoir qui est le mien et celui de ce blog de voir le choix de la conférence nationale de ce parti confirmé et amplifié.

Une des interventions dans laquelle je me suis le plus reconnue est celle de Pierre Thorez dans la pravda. (La Pravda : entretien avec Pierre Thore )

Il est clair qu’à la présidentielle je m’abstiendrai s’il ‘y a pas de candidat communiste du PCF et je souhaite pouvoir voter pour fabien Roussel. Mais cela ne dépend pas de moi mais des membres de ce parti qui ont dans les mains l’avenir d’un parti communiste, dont celui de la gauche et au-delà celui de mon pays la France dans un internationalisme reconquis.

Chacun sait que ce choix n’est inspiré par aucune stratégie personnelle, je n’attends rien sur ce plan là de ce parti et de ses dirigeants, ceux de hier comme ceux d’aujourd’hui et ceux qui inventent de ma part une position inspirée par la passion semblent oublier à quel point ce qui m’a toujours gouverné au-delà d’expression et d’un style mordant, passionné, une analyse stratégique qui tente de voir les lignes forces d’un avenir qui est déjà à l’œuvre. celui qui, pour peu que l’on se donne la peine de l’analyser, de le comprendre témoigne chaque jour davantage de la supériorité du socialisme sur le capitalisme, ces foires d’empoigne entre communistes sont pure folie..

Danielle Bleitrach

Voir en ligne : lu sur le blog histoire et société