Mobilisons-nous contre le racisme et les violences policières

manifestation samedi 16 juin à 14h place bellecour
12 juin

Nous connaissons bien à Vénissieux le rôle indispensable de la police nationale pour la tranquillité de nos quartiers, la sécurité de nos enfants. Nous connaissons aussi les difficultés des relations entre la police et beaucoup de jeunes, notamment issus de l’immigration. Les manifestations contre les violences policières confirment l’urgence de reconstruire un lien démocratique et citoyen entre les habitants et la police.

Nous savons qu’il y a dans la police des forces ouvertement racistes, des partisans de la violence contre les pauvres et les travailleurs, les immigrés et les syndicalistes.

Nous savons que ceux qui perturbent les manifestations en affirmant que « personne n’aime la police » poursuivent les mêmes objectifs que ceux qui, dans la police, font croire que tous les habitants des quartiers populaires sont du coté des trafiquants.

Oui, quand des policiers interviennent dans nos quartiers, ils font face à des provocations, des jets de pierre, des pièges violents parfois, mais l’immense majorité des habitants demandent ces interventions et veulent qu’elles soient plus efficaces pour faire reculer les trafics, les points de deals, les occupations agressives de l’espace public.

En fait, tous ceux qui choisissent la violence veulent nous diviser, opposer les générations, les origines, les quartiers. La violence de la rue et des mafias qui organisent des guets-apens contre la police, la violence de policiers qui jouent aux cow-boys. Et malheureusement, les médias font plus souvent la place à cette violence et aux provocateurs de tout bord qu’aux efforts citoyens pour construire une responsabilité collective et démocratique sur l’ordre public.

Mais nous ne tombons pas dans leur piège. Nous ne cherchons pas les coupables chez ceux qui d’un coté comme de l’autre, sont dans la galère, comme le montre admirablement le film « les misérables ». Ce sont les gouvernements qui définissent la politique d’emploi de la police, les consignes, les moyens, les méthodes, les armes ! Ce sont les sbires de Macron, comme ceux du tristement célèbre SAC de Charles Pasqua, que les gouvernements protègent

C’est pourquoi il faut condamner les violences policières qui sont injustes, illégitimes, et qui n’apportent aucune tranquillité ou sécurité aux habitants, au contraire ! Tout le monde sait que la consigne est claire, un policier ne poursuit pas un rodéo de moto au risque de provoquer un accident. C’est la même logique qui devrait s’appliquer à toutes les interventions de police. Le vrai résultat du travail de police est la constitution d’un dossier qui permet une décision de justice adaptée et efficace. Ce travail n’a besoin ni de cow-boys ni de têtes brûlées, mais de policiers formés, suffisamment nombreux, protégés et équipés pour la tranquillité publique. C’est pourquoi nous refusons le développement des polices privées, tout comme l’armement des polices municipales.

Nous sommes avec les manifestants qui protestent contre cette police à l’américaine que trop de dirigeants politiques et de police veulent en France, une police de la force aveugle, une police de la violence.

Nous voulons une police démocratique, une police de la sécurité publique, une police au service des citoyens, une police au service d’une vraie justice, dont l’objectif n’est pas de remplir des prisons écoles du crime, mais d’organiser des sanctions adaptées à la reconnaissance des victimes, et permettant une véritable réinsertion sociale contre la récidive.

Déclaration de Fabein Roussel, secrétaire national du PCF

Après la mort de George Floyd, une vague d’indignation contre les violences policières racistes s’est levée dans de nombreux pays. Des centaines de milliers de jeunes font entendre leur voix contre l’omniprésence du racisme, des discriminations, des contrôles au faciès, et contre l’impunité de policiers dont les violences sont chaque jour filmées et documentées.

La France ne reste pas à l’écart de ce mouvement mondial.

L’arbitraire policier et les comportements discriminatoires ne sont pas une nouveauté. Mais le pouvoir de M. Macron et de son ministre M. Castaner ayant choisi d’instrumentaliser les forces de l’ordre pour affirmer une autorité de plus en plus contestée, on a vu se multiplier les brutalités policières et les actes racistes dans des manifestations ou et des quartiers populaires.

Même si cette violence n’est pas le fait de la majorité des policiers, cette attitude liberticide, qui éloigne de plus en plus l’institution policière des principes de la République, n’est plus acceptée dans notre pays.

Les mobilisations en cours sont également un cri contre l’injustice sociale, qui enclave nos quartiers populaires et se traduit par des inégalités grandissantes. Les discriminations font système.

À la nécessité d’interdire le plaquage ventral, de promouvoir le traçage des contrôles d’identité et d’instaurer une autorité de contrôle de la police indépendante, s’ajoute celle de lutter contre la relégation sociale des quartiers populaires et pour un renforcement des services publics.

La justice sociale et l’égalité des droits sont la condition du vivre-ensemble !

Le PCF appelle nos concitoyens à participer en masse aux rassemblements prévus les prochains jours contre le racisme et les violences policières, notamment ce mardi 9 juin à 18h place de la République, en hommage à George Floyd, qui sera inhumé ce jour.

visuel_GeorgeFloyd