Oui, faire vivre le PCF à partir des cellules

les communistes de Léo Lagrange discutent…
Avril 2010

Ce 30 mars, se tenait la 5e rencontre de quartier organisée par les communistes de Vénissieux. Au cœur des Minguettes, dans le quartier Léo Lagrange, se sont réunis 30 personnes attentives.

C’est Guillaume, un jeune salarié militant, récemment arrivé dans le quartier, qui a introduit la discussion avec une intervention très politique, des mots simples et qui parlent, mais qui disent la dureté des luttes de classes, et l’urgence de s’y tenir debout, d’organiser la résistance.

C’est André, militant historique de l’usine Bosch de Vénissieux, l’infatiguable organisateur du réseau d’alerte contre les expulsions, et qui continue à parcourir les Minguettes pour organiser l’action et les communistes.

30 personnes, dont sans doute la moitié de communistes. C’est à la fois énorme, car 30 personnes qui agissent dans ce quartier, c’est le début de la reconstruction du parti. Mais c’est peu dans ce quartier ou il y a encore plus de 100 adhérents au parti.

Et comme souvent, c’est dans ce quartier populaire, avec des militants qui souffrent de l’affaiblissement du parti, des habitants qui font face à la pauvreté, dont plusieurs ont été confrontés à des expulsions locatives, que la discussion est le plus directement politique, centré sur l’essentiel : comment unir un peuple dans les conditions concrètes de ses difficultés à vivre, des éléments de division qui font qu’un RMIstes peut répondre à un Smicard, « oui mais avec 1000€ t’es riche ! » dans cette fracture sociale si fortement intégrée dans les têtes que certains s’inquiètent du projet de reconstruction du centre commercial de Vénissy, un centre privé pourtant indigne des habitants, totalement délaissé et sale, lieu de tous les trafics et violences. Mais la revendication à la dignité n’est pas si simple, l’exigence d’un service public de qualité, d’investissements urbains modernes, n’est pas si facile quand on sait dans sa vie que de toute faà§ons, rien de bon ne viendra du système.

C’est pourtant dans une ville communiste sur ce type de dossier que se joue la capacité des communistes à tisser le lien entre le peuple, son parti, et la responsabilité de diriger une ville comme un espace de résistance et de solidarité. L’intervention de Michèle Picard, argumentant sur sa bataille contre la grande pauvreté, l’actualité avec les arrêtés contre les expulsions et son passage au tribunal administratif le 12 avril, la situation de Bosch et le budget de la ville, était naturelle, à sa place dans ce quartier. L’élue communiste n’est pas là pour serrer des mains et dire « faites moi confiance », mais au contraire pour appeler à l’intervention, l’action, la convergence des forces de résistance.

Et quand on sait que l’usine Bosch est menacée, une des plus grandes après Renaults Trucks, plus de 650 salariés, dont plusieurs habitent ce quartier, on sait que personne ici ne croit au miracle. Demain sera encore plus dur, et si on dit souvent « il faudrait un nouveau mai 68 », pour l’instant, personne ne sent encore le grand souffle populaire qui pourrait menacer ce système. Les salariés de Bosch s’expriment dans leur entreprise, mais les actionnaires du groupe sont encore bien tranquilles dans leur siège social, bien protégé par l’Union Européenne et le gouvernement Franà§ais. La dernière manifestation sur l’emploi de la CGT à Vénissieux, comme celle sur la pauvreté organisée par les communistes, montre à la fois qu’il y a des forces qui résistent, mais que nous sommes loin du compte !

Et dans cette réunion de quartier qui illustre la possibilité et la nécessité de faire vivre des organisations de proximité du parti, bref, des cellules, on se sent bien ! On se dit « oui, le parti communiste peut vivre, la solution est là , dans le peuple, en lui (re)donnant l’outil dont il a besoin pour être debout »

Bien loin des combines d’appareil et des discussions de salons…

Vos réactions

  • Réponse reà§ue par mail de paul 12 avril 2010 08:13, par paul

    Réponse reà§ue par mail de paul

    Je salue l’humanisme et la capacité de résistance de ceux qui animent et qui participent à ces réunions de quartier. La force motrice c’est la révolte face à l’injustice. Tous les « honnêtes gens  » le ressentent et voudraient s’y opposer : permettre aux petits gens de vivre décemment, dignement. On ne peut être que séduit par cet objectif dans cet américano-occident qui confisque nos valeurs.

    Mais il faut bien comprendre que la réorganisation économico-politique des années 80 a rendu inefficaces les méthodes de lutte et de dialogue social traditionnelles qui prévalaient depuis 1789. L’interconnexion sans loi des échanges commerciaux permet l’importation en surnombre de produits esclavagistes. L’offre excédentaire par rapport aux capacité de consommations implique que certains producteurs ne pourront pas vendre et seront exclus. La présence de travail non payé sue le marché implique que les exclus seront ceux qui respectent les producteurs.

    Comme vous le dites, cette situation est garantie par l’Europe et les gouvernements nationaux.

    Une mobilisation massive n’est menaà§ante pour les affairistes que si un gouvernement alternatif est possible avec un programme opérationnel susceptible de modifier les règles de la concurrence. Tant que la menace consiste à remplacer l’UMP par le PS (ou le contraire) les actionnaires dorment sur leurs deux oreilles. Les abstentionnistes l’ont bien compris.

    Le PCF a vocation à défendre les humbles donc à démanteler les mécanismes d’aliénation.

    Le véritable courage n’est plus d’affronter physiquement dans la rue la violence policière mais d’affronter par un projet législatif la violence économique. C’est d’affirmer que concurrencer des salariés par des esclaves est un reniement de la civilisation. C’est démonter que la remise en cause des échanges sans règles est possible au niveau d’un seul pays et que la France peut s’en donner les moyens et a le courage de le faire.

    Si une expérience, même régionale, était menée à bien (pourquoi pas dans les mois qui viennent avec le soutient de Queyranne), le ton dans les négociations d’entreprise changerait du tout au tout.