Que faire en 2007 ?

la candidature unique masque les vrais défis : résister et construire !
Mai 2006

Entre la victoire du CPE et les défaites sur les retraites ou la SECU, entre la victoire du NON au référendum et la guerre idéologique de Sarkozy, entre le déferlement médiatique sur les présidentiables et les méandres de l’affaire Clearstream, comment être porteur des colères et des espoirs de millions de Franà§ais, du monde du travail et des quartiers populaires ?

On nous répète qu’il faut une candidature antilibérale unique aux présidentielles pour empêcher le syndrome de 2002. Mais que faut-il espérer de cette élection, si ce doit être autre chose que les échecs de 1981 ou 1997 ? Dire pour 2007, « tout sauf la droite  », c’est accepter de recommencer, et chaque fois que la droite remplace une gauche qui n’a pas répondu aux espoirs du monde du travail, elle franchit un pas de plus dans la violence sociale, la remise en cause de la république, du droit du travail, de la solidarité.

Ce qui compte d’abord, c’est de donner plus de forces aux luttes qui sont et seront nécessaires après 2007, quelquesoit le résultat ! Et c’est ce qui peut bousculer les prévisions et ouvrir une réelle rupture politique, en mettant en difficulté la bipolarisation. De ce point de vue, une candidature unique serait une aide si elle correspondait a un réel mouvement populaire portant un programme de rupture. Au contraire, si elle n’est qu’un accord de répartition des places entre appareils, elle est vouée à l’échec. Alors que la mise en cause de la domination des partis dit « présidentiables  » tout comme le renforcement d’objectifs politiques anticapitalistes peut s’exprimer autour de plusieurs candidatures !

Et quelle est la réalité politique de notre pays, et des forces qui se disent « antilibérales  ». Déjà , ce terme, que reprend Bayrou et que ne renie pas Chirac, sème la confusion. Oui ou non, faut-il adapter le capitalisme ou faut-il le combattre, serait-ce graduellement ? La précarité, le racisme, le désespoir aussi, pèse profondément sur les capacités de rassemblement, et 2/3 des Franà§ais considèrent que la droite et la gauche ont les mêmes politiques économiques. Entre le NON au référendum et le rassemblement majoritaire sur un projet de société, il y a une grande différence !

C’est pourquoi l’essentiel est bien la force d’objectifs politiques portés majoritairement par le peuple. Vouloir faire croire qu’on peut construire cela par artifice, par en haut est un leurre !

Et pendant que le PCF, la LCR, le mouvement alternatif et des collectifs divers négocient une candidature commune, perdant leur temps à discuter de places et de budgets, et alors que les luttes pourtant nombreuses restent isolées et sans perspective de généralisation, la guerre idéologique de la droite et du réformisme tente d’imposer le renoncement face à la concurrence et à la violence, après que le gouvernement a stoppé le début de rencontre entre étudiants et salariés contre le CPE en cédant sur un (et un seul) des articles de loi. Le couple Sarko/Sego surfe sur les sondages, les sans-papiers sont expulsés et les restructurations se poursuivent pendant qu’on nous amuse avec les « affaires  » qui masquent la profondeur de la crise du capitalisme.

Cette situation pousse au vote utile en faveur du PS, a la recherche d’un « sauveur  » et laisse toute sa place au populisme et au risque FN. Elle est le contraire de ce que nous voulons !

Il n’y aura pas de surprise en 2007 et après si le monde du travail et les quartiers populaires ne trouvent pas une expression politique propre, comme l’ont été Morales ou Chavez pour leur pays ! Ils ne sont pas surgis par hasard, mais comme porteur d’un mouvement populaire avant et après l’élection. Celui qui a déjoué le coup d’état de la CIA au Vénézuela et qui exigeait la nationalisation des ressources en Bolivie !

Sans un programme anticapitaliste pour mobiliser les quartiers populaires, la jeunesse et les salariés, clairement porteur de la force du NON et des luttes, s’inscrivant sans équivoque dans la remise en cause des institutions existantes et du régime présidentiel, les élections présidentielles seront ce que nous ne voulons pas. Et la candidature unique si elle se faisait n’aurait qu’un seul résultat concret, accélérer l’effacement du PCF de la vie politique. C’est bien sûr l’objectif de la LCR et d’autres forces dites « alternatives  », mais ce serait un nouvel affaiblissement pour le monde du travail.

C’est pourquoi nous proposons 10 objectifs anticapitalistes pour la mobilisation populaire, avant et après 2007, que nous demandons aux forces politiques de se prononcer clairement sur de tels objectifs, et que nous persistons à demander au PCF de présenter un candidat porteur naturel d’un tel programme.

Vos réactions

  • voyage à un épicentre de l’escroquerie 6 juin 2006 12:24, par un autre pcf isère est possible

    Et la candidature unique, si elle se faisait n’aurait qu’un seul résultat concret, accélérer l’effacement du PCF de la vie politique. C’est bien sûr l’objectif de la LCR et d’autres forces dites « alternatives  », mais ce serait un nouvel affaiblissement pour le monde du travail.

    De fait, la réalité des négociations antilibérales n’a qu’un sens. Tenter de trouver enfin l’unité des alternatifs en construisant la division des communistes !

    Je fais partie d’une section qui a voté massivement pour les textes de la direction (choix de la base commune et 33e congrès).

    Particularité de cette section : avoir trouvé début 2005 une majorité en son sein très diverse (j’en suis) pour reconstruire les cellules et le travail des militants de base, un vrai parti, quoi.

    Résultat : les liquidateurs du Parti sont presque tous (sauf un) partis de l’exécutif de la section lors de la conférence de section de mars 2006.

    Dès mars avril 2005, ils avaient mis en place un comité du Non auquel ils participaient sans en rendre compte à l’exécutif de section.

    Juin 2005, l’appellation comité du 29 mai prend la place au comité pour le NON : les « camarades » continuent leur activité fractionnelle.

    Mars 2006 : conférence de section très « animée ». Pourtant, 2 communistes (dont moi) seulement votent contre le texte de la direction.

    Mars 2006 toujours : conférence fédérale - le secrétaire sortant, membre de l’exécutif national « flingue » au début de son exposé introductif le comportement d’un camarade qui a contribué à l’« animation » de la conférence de section sans même l’avoir écouté ni lui ni le secrétaire de section :

    il se trouve que celui-ci est candidat potentiel aux législatives avec de bonnes chances de l’emporter.

    D’un seul coup, il devient le « bâton merdeux » voué à la vindicte des communistes présents à la conférence départementale.

    NB : Les « liquidateurs » gardent leurs places au niveau fédéral et national malgré l’avis négatif de leur section.

    29 mai 2006 : alors que la section rassemble pour l’anniversaire de la victoire contre le TCE tous ceux qui ont soutenu les candidats communistes depuis une bonne quinzaine d’années (180 personnes environ), les liquidateurs créent en douce un comité d’union populaire pour un rassemblement antilibéral et des candidatures communes lors d’un rassemblement départemental des comités du 29 mai.

    L’exécutif de section apprend par le dauphiné libéré qu’un autre CUP tente de se créer au sein d’une grosse entreprise présente sur le territoire de la section.

    Qui trouve t-on dans le comité d’union populaire ex comité du 29 mai ?

    LE trostzkiste de service de la LCR

    LE militant d’ATTAC membre de Sud

    LE militant socialiste du NON à la limite de la « dissidence »

    Bien sûr, il faut traiter avec eux « à égalité ».

    On fait quoi des 200 adhérents (maintenant presque tous cotisants) du parti ? Mystère … ou peut-être « AU BOULOT… !! »

    à suivre….

    PS : AUTRE VISION LAMENTABLE DES STRATEGIES DES LIQUIDATEURS : le soir du 02 juin lors du forum décentralisé de la gauche sur le thème Développement durable et énergie - s’il y a des camarades intéressés, je peux donner mon avis (quand on lit l’article de l’Huma qui rend compte, on voit déjà que cela n’a pas été terrible.)

  • altercommunistes 4 juin 2006 11:07

    Les déclarations tonitruantes de Ségolène soulignent avec force l’enjeu du vote des quartiers populaires et du monde du travail.

    Et pendant que les négociations-pressions continuent pour trouver une candidature unique solution miracle permettant de sauver la gauche antilibérale en 2007, la bataille idéologique bat son plein pour enfermer le vote populaire dans le vote utile Sego-Sarko. Bien sûr, cette bataille aura ses limites, mais les voies de garage habituellles de l’abstention ou du vote FN seront encore là pour éloigner les réticents…

    Et si les « candidats potentiels » antilibéraux dénoncent avec justesse la dérive sécuritaire dangereuse de la réponde policière ou militaire, peuvent-ils proposer une perspective politique qui réponde a une véritable situation d’ugence ?

    Car l’importance de l’économie parrallèle dans les quartiers et ses conséquences multiples, entre autre sur les rapports sociaux de violence, de clans et de nécessité du silence est une réalité ! Elle favorise de manière contradictoire une demande très forte d’intervention de police, de protection des espaces et des personnes, et la méfiance devant les institutions, y compris la police.

    En novembre par exemple, cette dualité entre une demande d’intervention policière pour stopper les incendies et la dénonciation du gouvernement et des brutalités policières apparaissait avec force.

    Bien sûr, il y a des luttes, des occasions de solidarité dans l’action contre les expulsions de logement ou de sans papiers, contre la fermeture d’une classe, mais ceux qui militent dans les quartiers savent que ces luttes sont faibles et ne construisent que peu de « communauté de luttes », peu de « conscience de classe » face a la force des communautés d’origine ou de religion.

    Et tant que personne n’affirme avec force une réponse forte a cette réalité de la violence sociale dans la concurrence de tous contre tous, dans cette réponse prémafieuse que le capitalisme construit dans la misère et la précarité, dans cette dualité du sous-développement au cœur des pays développés, aucune bonne intention, aucune discours moralisateur ou culpabilisant ne résistera au couple infernal segosi-sarkolene.

    C’est réellement une rupture, une révolution qui est nécessaire aux quartiers populaires, au monde du travail, ce n’est pas seulement une meilleure régulation sociale de cette société, ce n’est pas un « autre » capitalisme, mais bien des mesures radicales affirmant les droits de tous contre les droits de la rente, annoncant la création de centaines de milliers d’emplois dans l’éducation, la protection de la jeunesse, la santé et la culture, la mise sous contrôle citoyen des outils de l’état, notamment des forces de police, le détournement massif des énormes moyens économiques accumulés par le capital au service de la réponse aux besoins sociaux, l’indépendance par rapport aux institutions de domination impérialistes, union européenne compris, pour reconstruire une réelle république souveraine et solidaire des peuples en lutte du monde entier.

    Un tel programme peut ouvrir un espace de construction d’une « communauté de lutte », d’une « conscience de classe », malgré la réalité des violences et des divisions !

    Mais un tel programme et la candidature aidant à le construire ne peut porter qu’un nom : communiste ! De fait, la réalité des négociations antilibérales n’a qu’un sens. Tenter de trouver enfin l’unité des alternatifs en construisant la division des communistes !