Assemblée Nationale des Communistes

le parti communiste bouge encore ! Enregistrer au format PDF

Un spectre hantait La défense ces 8 et 9 Décembre…
Décembre 2007

Et si le parti communiste n’était finalement pas mort ?

Et si les communistes étaient encore nombreux, plus déterminés que d’autres dans la résistance à Sarkozy, moins hésitants que dans les années de déconstruction, plus internationalistes que jamais, retrouvant leur ancrage populaire et dans le monde du travail ?

Certes, les difficultés et les inquiétudes sont nombreuses. Pire, le bureau des pleurs n’est pas encore fermé… Ceux là mêmes qui n’avaient pas voulu d’une candidature PCF aux présidentielles lui imputent totalement le résultat catastrophique de la candidature antilibérale et propose d’en tirer la conclusion qui les motivait déjà avant.. « il faut remplacer le PCF qui n’est plus capable de porter la transformation sociale ». Les dirigeants du PCF se sont succédés à l’assemblée nationale pour expliquer que, certes, les communistes exprimaient leur attachement au PCF [1], mais que il n’était pas POSSIBLE de continuer comme à§a ! avec l’affaiblissement [2] et les défaites électorales [3]

Mais en disant qu’il ne faut pas continuer comme à§a, les dirigeants ne parlent pas d’eux, des choix stratégiques qu’ils ont fait, des compromis perpétuels avec le PS d’un coté, ou avec l’extrême gauche de l’autre…. Non, ce qui ne doit pas continuer comme à§a, c’est le PCF !

Pourtant, si quelques dirigeants disent carrément qu’il ne veulent plus de parti, d’autres qu’il faut une nouvelle force politique, la grande majorité des assemblées de section, des interventions à l’assemblée des 8 et 9 Décembre à La défense expriment sans détour la nécessite d’un parti communiste, et l’atout que représente le PCF bien qu’il faille largement le reconstruire.

C’est la première bonne nouvelle de cette assemblée nationale de militants de section ! Malgré tout le battage médiatique et les interventions répétées dans l’huma des « experts » en nouvelle forces, l’expression des communistes a bousculé le déroulement et les textes qui en sortent !

Marie-George tente d’en tenir compte tout en maintenant ouverte la porte de la dissolution/refondation. Elle considère que le parti doit continuer en se transformant profondément, en sortant du moule productiviste et étatiste de 1920…

Ainsi, ceux qui veulent « une nouvelle force » sont de plus en plus obligés de dire clairement que c’est contre 1920 qu’ils veulent rompre, tout en faisant croire que ce peut être dans la continuité !

  • Sortir du productivisme ? La question a été débattue dans de nombreuses ruches. Ce qui en ressort, c’est qu’on ne peut pas laisser les écologistes imposer la régression contre les besoins sociaux, notamment au Sud, au nom de la défense de la nature ! Il faut parler des immenses besoins de développement du Sud, du développement fantastique des forces productives nécessaires pour donner à chaque être humain sur la planète le droit de manger, se loger, se déplacer dans sa région et ailleurs, de se cultiver, de communiquer, d’une nouvelle ambition pour la science, l’espace… Au moment ou les thèses écologistes sont utilisées par l’impérialisme pour exploiter les terres agricoles du Sud pour résoudre la crise du pétrole du nord, il faut affirmer un point de vue communiste, anticapitaliste de l’enjeu du mode de développement. S’il faut une décroissance radicale des activités parasitaires de la finance, de la publicité, du militarisme, il faut par contre une croissance soutenue de la réponse au besoin sociaux… En reprenant les critiques à la mode dénonà§ant le « productivisme » communiste, Buffet veut rompre avec la critique marxiste des gâchis capitalistes !
  • Sortir de l’étatisme ? Mais est-ce que l’impulsion de la république des soviets était de l’étatisme ? Est-ce que la bataille de l’autogestion dans les années 70 était de l’étatisme ? Est-ce que la bataille pour l’intervention dans la gestion des salariés était de l’étatisme ? Et par contre que veut dire parler de service public sans dire comment on exproprie la bourgeoisie des principaux moyens de production et d’échange, c’est à dire comment on nationalise ? Que veut dire « sortir de l’étatisme » quand on propose de « changer d’orientation » les structures hyper-étatiques du FMI, la banque mondiale, l’union européenne… au lieu de dire clairement que ces institutions supranationales doivent être combattues et remplacées par des outils internationalistes, garantissant la souveraineté nationale ?

Les communistes peuvent comprendre de mieux en mieux que ceux qui leur proposent de rénover leur parti pour rompre avec ce qu’il a été, préparent en fait, comme en Italie, la dissolution, (de fait ou de droit…) du PCF !

Cette assemblée peut les aider à s’organiser en 2008, à se renforcer, à reprendre pied dans certains quartiers et entreprises, à réouvrir des espaces de formation, de confrontation, à tisser de nouvelles relations internationalistes…

Le parti communiste bouge encore… il peut surprendre en 2008 !

[1Certains voulaient réduire cet attachement a un vague sentiment nostalgique, et il a fallu insister pour que le texte évoque finalement un attachement « politique.

[2Pourtant quel autre parti »anticapitaliste" peut-il réunir 35000 adhérents pour débattre de sa stratégie ?

[3mais quel autre parti anticapitaliste peut malgré la déferlante Sarkozy conserver presque 20 députés et gagner des élections cantonales ?

Vos réactions

  • valentonrouge 11 décembre 2007 16:58

    un commentaire personnel sur la conférence du PCF de La Défense.

    la présidence de la réunion avait fait adopter la décision d’une intervention d’1 membre du conseil national pour 4 délégués des sections….le pointage effectué par notre camarade emmanuel de Paris 15 lui-même membre du C.N ne laisse aucun doute sur les pratiques de la direction nationale et MG Buffet ne peut pas dire qu’elle ne reconnaissait pas les membres du C.N qui prenaient la parole en tant que délégués de sections. Il est d’ailleurs probable que d’autres mesures d’urgence aient été prises par la Direction car les urnes destinées à recueillir le vote secret des sections sont demeurées désepérement vides bien que gardées en permanence le dimanche. J’ai constaté de visu qu’une table de 10 camarades devant moi qui votaient oui au texte étaient devenus par la magie comptable : 20 oui. Profitant de la lassitude MG Buffet a elle-même proposé d’une faà§on ironique de compter les votes pour tous les amendements et s’est bien gardée de le faire et à ma grande surprise un amendement de Paul Boccara fut adopté alors que moins d’un quart de la salle avait levé la main, tant mieux pour nous mais étonnant . La secrétaire nationale a enfin laché le morceau et beaucoup en sont tombés sur le c.. de ces camarades qui croyaient voir en elle l’incarnation de cette résistance. Rappelons au passage l’article du Monde nous racontant les malheurs de Marie George fidèle au PCF mais harcelée par les mutants, Tartignolles, Cohen-Seat etc… Tellement harcelée d’ailleurs que ces 2 derniers sont ses plus proches conseils…. Les collectifs anti-libéraux ne sont donc pas une péripétie de notre histoire mais il s’agisssait bien là de la plus forte tentative de dilution du Parti. Je suis de plus en plus convaincu que la direction sortante veut en finir avec le PCF mais je suis tout aussi convaincu que la résistance est extraordinaire malgré les pressions et le déluge mutatif du journal l’Humanité. Ramener notre parti sur les rails de la lutte de classe est possible, cela est notre devoir pour la France, le monde du travail. Un communiste ne renonce pas.

    le journal l’Humanité donne ce résultat singulier : 1500 délégués 1179 votants sur le texte final 1178 votes au total le vote manquant provenant sans doute d’un camarade manchot pas pris en compte. Donc récapitulons : 1500 moins 852 pour le texte il reste donc 648 pas pour.Nuance.

    par valenton rouge