Conseil départemental du Rhône

pour retrouver les conditions du débat interne

lettre au comité départemental du Rhône
Juin 2011

PCF Vénissieux 48 rue Eugène Maréchal 69200 Vénissieux

A l’attention des membres du CD

Chers camarades,

Nous ne participerons pas au Comité départemental qui se tiendra le mardi 28 juin à la Fédération. La raison en est simple : les conditions d’un débat serein ne sont pas réunies alors que nous nous interrogeons sur les intentions de l’exécutif départemental et de sa secrétaire quant à l’avenir du parti dans le département.

Les conditions du vote pour le candidat à la présidentielle ont été marquées par une pression très forte de l’exécutif pour Jean-Luc Mélenchon, notamment avec la lettre inacceptable parce que non signée de manière identifiable du « Â Collectif d’animation du Rhône  » à tous les communistes.

Malgré cela André Chassaigne est arrivé en tête dans le département. Loin de prendre en compte ce que signifie ce résultat, la direction départementale s’empresse de le discréditer en jetant le doute sur les votes qui sont transmis à la commission des recours sans réels motifs avancés.

Venons en à la conférence de presse d’André Gerin du 20 juin. Nous nous sommes exprimés à ce sujet dans le communiqué de presse ci-joint. Nous voulons le débat et la confrontation et nous sommes décidés à l’organiser pour notre part. Mais quand Danièle Lebail déclare sur TLM qu’André Gerin n’a plus rien à voir avec le PCF, nous disons qu’il s’agit d’autre chose, d’une volonté délibérée de créer les conditions d’une rupture avec toute une partie des communistes du département qui ont pour défaut de ne pas être en accord avec la ligne nationale. Et nous pensons que ce n’est pas un hasard que cela se produise justement après le vote majoritaire pour André Chassaigne dans la fédération, que passer sous silence le discours de Parisot auquel André Gerin répond est une manipulation pour masquer le fond qui concerne en fait les négociations avec le PG sur les législatives.

Nous interrogeons Danièle Lebail : est-elle prête à casser des pans entiers du PCF pour que la ligne nationale soit mise en œuvre sans limite dans le département, ou est-elle prête à travailler avec tous les communistes notamment dans la bataille à venir qui doit permettre de surmonter la divergence forte sur la stratégie aux élections présidentielles et de conserver un député communiste dans le département ?

Nous espérons évidemment que cette dernière solution, celle de la raison, l’emportera et nous sommes disponibles pour travailler dans ce sens.

Dans les semaines qui viennent, nous prendrons d’ailleurs toute notre place dans la bataille communiste au travers du débat du 8 juillet à Vénissieux sur l’ évolution des Minguettes depuis 30 ans, une manifestation dans la ville fin septembre pour l’emploi, le pouvoir d’achat et le droit au logement précédant le Grand rendez vous de la ville, un débat à plusieurs voix pour construire un point de vue communiste sur l’immigration courant Octobre, les rencontres internationalistes début novembre et bien sur notre bataille contre les saisies et expulsions.

Les communistes de Vénissieux auront l’occasion d’échanger sur leur position en 2012 lors de leur matinée d’étude ce samedi 2 Juillet.

Ils examineront la question des candidatures à la législative avec l’objectif d’une proposition de candidat(e) et suppléant(e) qui sera débattue avec les autres sections et soumise à la souveraineté des communistes.

Fraternellement ,

Marie-Christine Burricand, Blandine Chagnard, Edith Chagnard, André Gerin, Andrée Loscos, Franà§ois Marquès, Pierre-Alain Millet, Yolande Peytavin, Alain Picard, Michèle Picard, Babette Roussin, Henri Thivillier, Serge Truscello, Jean Zunino

Communiqué de la section de Vénissieux du 23 Juin 2011

« Â Une polémique s’est développée autour des propos d’André Gerin dans sa conférence de presse du 20 juin. André Gerin serait parait-il devenu un affreux raciste, un ami du Front national.

Marie-France Vieux-Marcaud, Présidente de l’Association des élus communistes et républicains, ose dire « Â Monsieur Gerin, vous nous faites honte  ».

Nous avons lu attentivement la déclaration d’André Gerin et nous comprenons qu’elle suscite débats et confrontations.

Mais nous n’y avons pas vu de propos racistes. Plusieurs questions sont évoquées : Union Européenne, candidature à la présidentielle, abandon des classes populaires, montée des communautarismes, position politique du PCF et de la gauche sur l’immigration.

Quelques dirigeants du PCF se saisissent de ce dernier point pour jeter l’anathème sur le seul député communiste du Rhône en refusant toute réelle confrontation d’idées.

Quand Laurence Parisot, patronne du MEDEF, demande le maintien de l’immigration légale que faut-il comprendre ? Est-elle devenue humaniste et solidaire ou veut-elle continuer à surexploiter la main-d’œuvre et les cerveaux venus d’ailleurs ?

Le PCF a t-il toujours l’ambition de changer le monde ? Si oui, il faut développer des coopérations véritables avec les pays en voie de développement qui sont aujourd’hui pillés par le capital. Aujourd’hui, trop de peuples n’ont d’autres alternatives que de partir pour fuir la misère ou la guerre.

Des camarades pensent qu’internationalisme doit rimer avec ouverture totale des frontières. C’est une autre opinion. Le débat est nécessaire mais la réponse n’a rien d’une évidence et le racisme ne passe par aucune de ces positions. Mais est-ce bien l’immigration qui est l’enjeu de cette polémique ? Il est évident qu’André Gerin, opposant à la ligne de la direction, est devenu l’homme à abattre.

Les beaux esprits de la fédération du Rhône n’étaient pas aux rendez-vous quand avec André Gerin, nous menions la bataille contre la double peine, pas facile à faire comprendre à la population.

Nous les avons attendus quand il a fallu demander le respect du droit international pour les prisonniers de Guantanamo et sortir de ce cauchemar des jeunes des banlieues lyonnaises.

Durant ses 24 années de mandat de maire à Vénissieux, nous avons partagé avec André Gerin la bataille pour que les habitants de la ville, quels que soient leurs origines, leur milieu social, aient droit à une vie digne.

Nous avons participé, à son initiative, à l‘un des premiers parrainages en nombre d’enfants sans papiers.

L’insistance du Parti de gauche est-elle si forte sur la 14éme circonscription qu’il faille à tout prix sortir André Gerin pour le remplacer par un candidat estampillé Front de gauche ? Ce serait pourtant la meilleure manière de laisser la seule circonscription communiste du Rhône au Parti socialiste, voire au Front National, compte tenu du redécoupage de la 14e circonscription.

Si telles étaient les intentions de la direction départementale et nationale, l’immense majorité des communistes de Vénissieux prendrait ses responsabilités.

Si nous n’en sommes pas là , il est temps qu’un débat franc s’ouvre sur toutes ces questions.  »

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Vos réactions

  • mcb 30 juin 2011 17:49

    Nous publions ici la réponse de Danièle Lebail, secrétaire départementale du PCF. Nous la portons à connaissance de tous sans autre commentaire. Dans les jours qui viennent, nous reviendrons sur plusieurs points abordés dans cette lettre.

    "Cher Serge,

    Au vu des différents communiqués ou propos de ce week-end, je pense utile de répondre pour ne pas en rajouter à la polémique.

    Je n’ai jamais dit qu’André Gerin était raciste ou « ami  » du Front National. Je sais ne pas dépasser certaines lignes blanches.

    Par contre, je maintiens qu’André – qui est dans la politique depuis suffisamment longtemps sait le poids des mots prononcés ou écrits et qu’il savait pertinemment que ses propos feraient « le buzz  ».

    Pourquoi, je n’en sais rien et j’ai dit que ce n’était pas à moi de l’analyser, mais qu’en revanche, je me devais de rappeler les valeurs et les combats de notre parti, qui, sur cette question de l’antiracisme et du respect de l’Homme, n’a rien à se reprocher.

    Je ne conteste pas à André, l’idée de vouloir mener le débat sur le Front National, je pense que nous devons le faire, surtout pour « â€¦â€¦ combattre les thèses du FN  ». c’était le sens du débat que je vous ai proposé au Conseil Départemental du 12 mai avec la présence confirmée de Camus.

    Je lui conteste le débat sur l’immigration et les frontières, car sur cette question – je le redis – notre parti a tranché, et c’est tant mieux : oui, l’accueil des migrants chassés de leur terre par la violence, la misère, oui à la régularisation de tous les sans-papiers qui le souhaitent et oui au grand combat internationaliste pour que change ce monde et permettte à chacun-e de vivre où il le souhaite.

    Et je ne pense pas que ce sont nos positions qui ont amené le FN là où il en est, contrairement à ce que soutient André dans son courrier à Pierre LAURENT.

    Je pense que c’est notre difficulté à faire gagner des grands combats sociaux, permettant à chacun de vivre dignement et évitant ainsi la porosité des idées du FN, dans les têtes. Mais bien sûr, c’est mon avis.

    Je lui conteste donc la manière dont il s’y prend pour combattre le FN.

    Tu ne peux pas nier l’évidence des propos qu’il a écrit sur son blog, je les ai relu attentivement et un mot est un mot.

    Tu ne peux pas t’interroger sur les réactions des diverses associations antiracistes, hommes et femmes choqués par ces propos.

    Si ce n’est pas cela qu’il a voulu dire, qu’il le précise.

    Et je vous conteste le fait de transformer « le coupable  » en « victime  » assurée de je ne sais quelle machination électoraliste.

    Je trouve d’ailleurs surprenant que vous traitiez ainsi des hommes et des femmes progressistes, engagés dans le Front de gauche, car, même si vous ne partagez pas la stratégie, il me semble plus proche de nous que bien d’autres.

    Je trouve surprenant que vous laissiez entendre que les directions s’activeraient à faire perdre sa circonscription à André. Je ne renierai jamais les combats, très beaux combats qu’à pu mener André dans sa ville, sa circonscription, comme je ne laisserai pas dire publiquement des propos qui déshonorent le parti et ses militants.

    Pour conclure, oui au débat sur des bases saines, car l’immigration n’est pas le problème, et non aux propos invectivants et insultants.

    Très fraternellement.

    Danielle Lebail, Secrétaire Départementale de la Fédération,

    • pour retrouver les conditions du débat interne 8 juillet 2011 08:11, par pam

      Cette réponse de la secrétaire fédérale semble à la fois rompre avec les insultes des messages précédent « Monsieur Gerin n’a plus rien à voir avec le PCF, il nous fait honte… » et entrer dans le débat entre communistes sur le fonds, comment mener la bataille contre le FN ? quelle position politique sur l’immigration et quelle pratique de luttes avec les immigrés ?

      Plusieurs articles ont été publiés qui montrent que le débat est ancien. Danielle Lebail dit que ce débat a été tranché. Il est intéressant de dire ou et quand ? Car à l’évidence, l’article sur l’histoire de la position communiste sur l’immigration montre que ce n’est pas simple. En tout cas, il faut préciser si la position du PCF pour le droit de chacun de vivre ou il le souhaite est une revendication immédiate ou une visée communiste, et comment ce droit se défend en pratique face au choix du Medef d’organiser l’immigration pour peser contre le développement du Sud et contre les droits du travail au Nord. Que dit Danielle Lebail sur la déclaration de Mme Parisot à la quelle répondait Gerin ?

      En tout cas, puisque le débat est enfin accepté, espérons qu’il va se poursuivre dans le seul objectif qui vaille, faire reculer le FN, unir le monde du travail pour surmonter les divisions qui naissent dans la concurrence capitaliste, faire gagner malgré le redécoupage électoral le député communiste du Rhône…

    • Je reviens sur quelques éléments essentiels de la lettre de la secrétaire fédérale dans le souci de pousser le débat. « Au vu des différents communiqués ou propos de ce week-end, je pense utile de répondre pour ne pas en rajouter à la polémique.  » Ok, alors débattons !

      « Je n’ai jamais dit qu’André Gerin était raciste ou « ami  » du Front National. Je sais ne pas dépasser certaines lignes blanches.  » Quand je regard l’interview de Danièle à la TV, j’ai envie de dire que la ligne blanche n’est peut-être pas dépassée mais bien mordue. Avec la lettre de Marie-France Vieux, on est carrément dans le mur ! Mais, soyons positifs, l’essentiel n’est-il pas que Danièle annonce qu’elle ne franchira pas la ligne blanche, dont acte !

      Je lui conteste le débat sur l’immigration et les frontières, car sur cette question – je le redis – notre parti a tranché, et c’est tant mieux : oui, l’accueil des migrants chassés de leur terre par la violence, la misère, oui à la régularisation de tous les sans-papiers qui le souhaitent et oui au grand combat internationaliste pour que change ce monde et permettre à chacun-e de vivre où il le souhaite.

      Un position peut avoir été tranchée. Cela n’interdit pas le débat sur cette position au regard de l’expérience, de la situation politique, débat qui peut conduire à confirmer et renforcer la position, à l’enrichir voire à la modifier. La position du PCF sur l’immigration a toujours tenu autour de trois idées : le capital ne doit pas être le maître de la vie des hommes, la solidarité avec les exploités de tous les pays s’imposent donc on se bat pour que l’immigré en France conquiert ses droits et prennent sa place dans le combat de classe, le monde doit changer et chacun doit pouvoir vivre dignement dans son pays si c’est son choix, donc il faut en finir avec l’exploitation des pays pauvres, la dette, il faut des coopérations mutuellement avantageuses pour le développement de chaque pays… Cela nous a conduit longtemps à prôner la régulation de l’immigration par les nations dans le souci d’empêcher la marchandisation internationale des hommes par le capital. Souvent, cette position était comprise comme le rejet de l’immigration et paraissait en contradiction avec nos batailles de solidarité avec les populations immigrées. C’est pourquoi, j’étais personnellement d’accord avec l’idée « oui à l’accueil des migrants  », d’autant que je pense qu’aucune frontière, loi, aucun danger n’empêchera un homme-ou une femme- qui n’a comme horizon que la misère de chercher mieux ailleurs. Force est cependant de constater que si on nous entend sur ce premier terme, c’est beaucoup moins vrai sur le second et encore moins sur le troisième ce qui conduit certains à ne retenir de notre position que : « ils sont d’accord pour que tout le monde vienne  », tandis que d’autres considèrent que nous n’en faisons jamais assez sur la solidarité avec les migrants, notamment dans nos communes. Il me semble donc nécessaire de développer toute notre position et d’expliciter ce que nous entendons par accueil. Si nous gouvernions le pays, on peut toujours rêver, comment déclinerions la régularisation de tous les sans papiers, : combien de fonctionnaires embauchés pour l’accueil, à quel rythme, n’exigerions nous pas un minimum de garantie quant à la situation judiciaire dans leur pays des demandeurs, où logerions nous ces personnes car évidemment nous ne voulons pas de bidonvilles et autres squatts.. donc combien de logements sociaux ou foyers d’accueil construits, dans quels territoires, combien de formations, d’emplois, d’enseignants recrutés et de classes ouvertes…je pense que nous gagnerions à poser ces questions dans ces termes et à dépasser les déclarations d’intention.

      Et je ne pense pas que ce sont nos positions qui ont amené le FN là où il en est, contrairement à ce que soutient André dans son courrier à Pierre LAURENT.

      Je pense que c’est notre difficulté à faire gagner des grands combats sociaux, permettant à chacun de vivre dignement et évitant ainsi la porosité des idées du FN, dans les têtes. Mais bien sûr, c’est mon avis. Voilà qui mérite un sacrée discussion. Je pense que c’est le tout qui a conduit à la montée du FN, y compris l’effondrement des pays socialistes, la déception après 1981 et 1997, nos reculs sur la nation, la république et l’Union européenne. Tout cela mériterait des discussions sérieuses, étayées sur des expériences précises. Aujourd’hui, à part des déclarations morales, il n’ ya pas de bataille nationale du PCF pour empêcher des électeurs de céder aux sirènes du FN Je lui conteste donc la manière dont il s’y prend pour combattre le FN. Ok, comment proposes tu de t’y prendre Danièle ? André n’a peut-être pas raison, mais en tous cas il essaie !

      Et je vous conteste le fait de transformer « le coupable  » en « victime  » assurée de je ne sais quelle machination électoraliste. Alors là franchement, coupable, victime, ce n’est plus du débat politique. Quant à la machination électoraliste, nous n’inventons pas quand nous disons que le PG demande à la fédération du Rhône de désigner un autre candidat qu’André Gerin, quand des membres de la direction départementale organise des rencontres publiques avec un membre du PG qui annonce officiellement qu’il se prépare à être candidat contre André Gerin dans la 14ème… le tout sans informer la direction de section..

      Je trouve d’ailleurs surprenant que vous traitiez ainsi des hommes et des femmes progressistes, engagés dans le Front de gauche, car, même si vous ne partagez pas la stratégie, il me semble plus proche de nous que bien d’autres. Là , je ne comprends carrément pas ce que veut dire Danièle. Ce n’est pas le lieu d’aborder la situation personnelle des uns et des autres mais à ma connaissance personne n’a été privée de délégations, de moyens… D’ailleurs, nous ne faisons pas de commentaires sur l’action de ces hommes et femmes, ce sont eux qui en font sur le travail du député, de l’équipe municipale, de la section. N’inversons pas les rôles ! Je fais donc un critique sérieuse à Danièle : elle ne se donne pas les moyens de connaître la réalité de la situation vénissiane puisqu’elle ne prend en compte que ce que disent certains et na pas vérifié leurs dires auprès de la direction de section ou de la ville.