34e congrès du PCF

40 % des communistes dont il faut tenir compte !

première analyse des résultats du vote
Novembre 2008

L’affaiblissement du parti continue avec plus de 20000 cotisants perdus (-26%) et plus de 6000 votants perdus (-16%). La direction nationale est confrontée à l’échec de ses stratégies successives, à moins de dire que ses stratégies ont pour but de dissoudre le PCF pour faire autre chose, comme en Italie…

Un cas très particulier pour les Bouches du Rhône qui ont gagné 712 cotisants (+20%) et 205 votants (+9%) entre 2006 et 2008 ! Aux communistes du 13 d’analyser ces résultats plus en détail.

L’affaiblissement est cependant inégal et devient un véritable effondrement dans la banlieue rouge de la région parisienne. Le 93 et le 94 perdent plus de la moitié de cotisants, avec cependant une perte plus faible de votants. C’est le parti de masse qui disparait au profit du parti des élites et des spécialistes. Des militants de ces départements le subissent, et tentent de résister, d’autres s’en accommodent, certains pensent que ce "parti de masse" était un leurre. Mais le fait est que c’est le peuple qui est éjecté de son organisation !

C’est aussi le cas dans la Haute-vienne (-133% de cotisants et -20% de votants), la Haute marne (-166% de cotisants et -2% de votants !) et le Doubs (-156% de cotisants et + 39% de votants). Il faudrait une analyse plus poussée des situations locales précises

On mesure aussi l’impact de l’exclusion de Maxime Gremetz décidé par la direction avec presque un communiste sur deux perdu dans la somme. Il est vrai que c’étaient des voix d’opposition !

Des cas particuliers qui doivent traduire une différence de décompte avec la Loire ou la Charente maritime qui gagne en cotisants mais perdent en voix…

L’orientation du conseil national sortant est en recul en voix dans 92 départements, alors que l’opposition se réclamant du marxisme progresse en voix dans 78 départements ! Les deux textes ont une divergence forte sur la souveraineté nationale et la conception de l’internationalisme, mais pour le vote du congrès, ils représentent sans équivoque un rejet en commun de l’orientation depuis la mutation.

Cette opposition progresse ainsi en % dans 87 départements, dont 71 de plus de 10% des exprimés et de manière encore plus significative, de plus de 20% des exprimés dans 32 départements.

Elle devient majoritaire dans 14 départements (+10) et dépasse 1/3 des voix dans 58 départements (+51).

De fait, la « base commune  » votée par 88 dirigeants du conseil national ne permet pas le rassemblement large des communistes. Elle recule malgré le poids historique de la position de la direction dans le parti, malgré la bataille idéologique menée par tous les courants de cette direction pour gagner les communistes à l’idée du "changement".

Pour l’anecdote, on peut noter la publication le lendemain du vote dans l’humanité de la table ronde sur le parti avec Marie-Christine Burricand, publication reportée au fil des jours pour urgence de l’actualité…. Le vote des communistes n’en faisant visiblement par partie pour la direction de l’humanité !

La progression du nombre de communistes qui choisissent dans ces conditions de dire NON est plus que significative. La parole des communistes peut se libérer rapidement dans les semaines qui viennent, bousculant les conventions, les méfiances, laissant de coté le consensus mou d’appareil.

Poursuivre le congrès sans en tenir compte, c’est institutionnaliser la cassure entre communistes, rejeter la volonté de milliers de communistes de maintenir le PCF sur une base marxiste… Le congrès ne peut donc se dérouler comme la direction le souhaite

Parmi les votants pour la base commune, beaucoup ont voté pour les parties du texte qui font malgré tout référence au maintien du PCF, à des formulations influencées par le marxisme…

L’unité des communistes peut se reconstruire au 34e congrès sur une autre base que celle proposée par le conseil national !

Pour renverser la tendance à l’affaiblissement, retourner dans le 93 et le 94 comme dans toute la France dans les quartiers populaires et les entreprises, il faut une autre orientation politique, une autre direction.

Marie-Georges Buffet peut encore décider de bousculer les choses pour être à la hauteur de la crise que la capitalisme va faire payer dans sa sauvagerie naturelle au monde du travail Il faut d’urgence un collectif unitaire de préparation du congrès, dépasser les logiques de clans, de courants et créer les conditions d’un congrès qui décoiffe pour faire vivre le PCF !

cette analyse est basée sur les résultats de la direction nationale complétés par

  • les 50 votes de PARIS XVe refusée pour « cotisations inférieures à 5€ »
  • les votes du Rhône validés par la commission de transparence

manque encore deux départements (cantal et deux-sèvres)

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Vos réactions

  • erreur sur l’analyse du résultat de la Somme… 3 novembre 2008 13:52, par Jihad WACHILL

    Un désaccord sur l’interprétation du résultat de la Somme : le résultat du dernier Congrès avait au contraire été une démonstration de force anti-gremetz, dans le contexte très particulier du licenciement de son ancienne équipe de collaborateurs.

    Les voix qui ont disparu ne sont donc pas celles des partisans de Maxime (qui n’avaient déjà pas été prises en compte la dernière fois sous prétexte de cotisations pas à jour…), sauf à la marge dans le Vimeu. Elles correspondent plus à un affaiblissement militant du PCF.

    Ainsi, à Amiens (cas le plus spectaculaire), on passe de près de 500 votants (avec quasiment rien pour le texte de Maxime à l’époque…) à 150 votants. Cet état de fait n’est donc absolument pas imputable au fait que Maxime et ses partisans se soient mis en marge du Parti.

    Par ailleurs, il n’y a jamais eu “exclusion†officiellement : c’est Maxime qui a créé sa propre organisation, “Communistes en Somme†, se mettant dans les faits en dehors du Parti.