Algérie : Les élections présidentielles d’avril 2019 Point de vue des communistes algériens

, par  Khedidja Merabet , popularité : 13%

Depuis plus d’une année deux groupes de la bourgeoisie locale ont commencé à dégainer leurs armes et à s’affronter pour avoir la main mise sur des monopoles entiers de l’économie nationale. L’un est représenté par Rebreb et l’autre par le FCE dont le président et Ali Hadade et les autres organisations patronales.

Le premier, est soutenu par des banques étrangères et quelques groupes industriels Européens. Il ambitionne de faire de l’Algérie et de l’Afrique, comme Rebreb lui-même l’a annoncé, l’atelier de l’Europe. Son projet converge avec la stratégie de l’Union Européenne en perte de vitesse dans les grandes luttes géostratégiques, de concurrencer la chine sur le plan international. Pour ce faire l’Union Européenne doit bénéficier des conditions plus avantageuses, c’est à dire des matières premières, de l’énergie et surtout de la main d’œuvre suffisante et à très bon marché. Les pouvoirs politiques actuels de ce groupe ne lui permettent pas d’offrir ces conditions à l’U.E.

Des conseils lui ont été prodigués, pour s’impliquer plus et de prendre en main le pouvoir politique en Algérie. Ce groupe a commencé à construire ses soutiens dans l’affrontement, au sujet de la trituration des graines oléagineuses pour la production de l’huile, entre SEVITAL, et, un des mentors de l’autre groupe et très proche du président de la république, Kouninef. Celui-ci, étant déjà entrain de réaliser une usine dans le domaine, s’est servie des institutions étatiques pour bloquer SEVITAL qui a acheté des équipements pour réaliser une usine identique. Cette implication des institutions de l’état dans cette affaire est présentée au public, par SEVITAL, comme une hogra afin de légitimer les manifestations publiques qu’il engager avec des forces politiques et des organisations dites citoyennes. Avec les forces politiques, dont certaines lui sont traditionnellement acquises, SEVITAL a monté un mouvement populaire pour défendre ses intérêts. Ainsi plusieurs marches ont été organisées à Bedjaia, Tizi-Ouzou, Oran pour dénoncer le comportement des institutions publiques et la politique économique du pouvoir.

Au même temps les chaines de télévisions publiques et privées ont commencé à associer, dans leurs émissions consacrées aux problèmes économiques et politiques, de nouveaux spécialistes qui critiquent les mesures prises par le pouvoir en proposant des alternatives qui font miroiter des améliorations dans fonctionnement de l’économie et du système politique. Les plus en vue d’entre eux (Ferhat Ait Ali , Lalmas et d’autres), se retrouvent, aujourd’hui, dans l’équipe qui dirige la campagne électorale du général en retraite Ali Ghediri candidat à l’élection présidentielle et qui bénéficie des soutiens de Rebreb. Ceci suppose que cette candidature a fait l’objet d’une longue préparation depuis bien longtemps et avant les premières interventions publiques du général. Elle a bénéficié de plusieurs points de vue au niveau national et des officines étrangères impliquées dans les projets défendus par Rebreb. Tout s’est fait dans un secret total au point même d’écarté les forces politiques qui ont traditionnellement soutenu le patron de SEVITAL et qui ont dirigé les manifestations populaires. Celles-ci se sentent d’ailleurs flouées et voient de mauvais œil cette candidature, le patron du RCD le déclare publiquement, la lettre de Said Sadi en dit long sur l’amertume qu’elle a provoquée.

Le deuxième groupe représente les forces qui détiennent actuellement le pouvoir politique. Il est constitué d’un magma de groupes d’intérêts représentés par plusieurs partis politiques dont les 4 plus importants d’entre eux constituent l’alliance présidentielle -FLN, RND,TAJ, MPA-, les enfants de chouhada, les enfants de moudjahidines, les organisations estudiantine, les organisations patronales, l’UGTA, l’UNFA etc.. Le seul lien qui les rassemble est la participation au partage de la manne pétrolière. Bouteflika en tant que président de la république est chargé, par ceux qui l’ont installé à ce poste, de créer les conditions qui permettent de réaliser ce partage sans créer de mécontentements au niveau de ceux qui émargent directement comme au niveau des larges masses populaires.

Ainsi toutes les mesures politiques, économique et sociales, prises par ce pouvoir devaient respecter les deals qui découlent de ce partage et pas que, car, il ne faut pas oublier les parts des forces étrangères qui appuient les différents clans qui composent ce groupe.

Tant que, la manne pétrolière pouvait subvenir amplement aux désirata des différents intérêts, les choses allaient bien pour les ceux qui en profitaient directement. D’ailleurs même les broutilles cédées aux masses populaires soit par une augmentation des salaires, aides aux logements, anseg etc… ont été conçues de manières à ce que les bénéfices reviennent aux importateurs
de produits de consommation, voitures, alimentation générale, électroménager, etc..

Les parts du partage investies dans la production industrielles touchent des secteurs qui ne nécessitent pas une main-d’œuvre qualifiée ni même destinés à la transformation des produits du terroir. elles ont servies à créer des petites usines de transformation des produits importés pour la fabrication du vinaigre, javel, savons liquides, le lait et ses dérivés, les produits d’emballage et des services tel que le transport, boite de communication et de pub, transit douanier, port sec, restauration et autres.

Une fois que la manne pétrolière s’est rétrécie par la chute des prix des hydrocarbures, le pouvoir s’est trouvé dans l’obligation des prendre des mesures d’austérité d’envergure dont les répercussions ont commencé par remettre en cause les intérêts des sociétés étrangères qui exportaient leur produits en Algérie. Les pays de l’UE, la Turquie, les Emirats Arabes Unis et d’autres pays ont exprimé par fois de manières assez dures leurs désaccords en exerçant des pressions sur le pouvoir afin qu’il corrige ses décisions. C’est qui a été fait en trouvant de faut compromis qui imposent soit disant les sociétés étrangères à investir en Algérie dans la production des produits qu’elles exportent. Ce qui a permis aux ex importateurs de se lancer dans le montage, à partir des pièces importées en CKD, de plusieurs produits dont une dizaine de marques de véhicule, de téléphones portables, de l’électroménager, sans bien sure diminuer la facture en devises. Les conséquences sur le pouvoir d’achat et le niveau de vie des masses populaires ne fait que s’aggraver. Une fissure commence alors à se dessiner entre le pouvoir et les masses populaires, elle s’est exprimée par des manifestations de mécontentement de bénéficiaires de l’ANSEJ, de l’ANEM, des toutes les manifestations qui se sont exprimées contre le chômage, les passes droits dans les répartitions des logements, dans les recrutements etc..
Le pouvoir se trouve doublement fragilisé, sur le plan intérieur, il a perdu l’appui des masses, sa base sociale s’est rétrécie des suites des luttes qui se sont produits en son sein. Sur le plan extérieur ses projets ne correspondent pas aux visions géostratégiques des forces extérieures qui cherchent à influences les orientations de l’Algérie conformément à leurs intérêts.

L’impact des partis politiques, dits de l’opposition toute obédience confondue dont une majorité profite aussi de la manne pétrolière, sur le comportement des masses populaires a atteint ses limites. Ces partis ne présentent aucun programme alternatif à celui du pouvoir. Même les partis islamistes ont perdu beaucoup de leur influence sur les citoyens et sont loin de représenter une alternative au pouvoir. Ils restent toutefois un instrument de pression aux mains des puissances étrangères.
Tous ces partis ne peuvent pas également, en raison des envergures des potentiels économiques et industrielles qui sont en deçà de l’offre de CEVITAL et des exigences des aspirations de l’UE.

Tout laisse penser que ce sont toutes ces raisons qui ont motivé le choix d’Ali Ghediri par la fraction du pouvoir qui soutient REBRAB.

Ali Ghediri qui a joué la carte du modeste citoyen en se mélangeant aux manifestants qui l’ont sommé de quitter leurs rangs.

Les conséquences de ce choix sur la vie des masses populaires et des travailleurs en particulier ne sont pas différentes de celles que connaissent ceux du Bengladesh, de l’Indonésie, du Cambodge et d’autres peuples qui sont à la merci sociétés multinationales. Les travailleurs de SEVITAL connaissent déjà un bout.
C’est aussi le cas où le 5ième mandat passerait. Ceux qui sont actuellement au pouvoir prévoient d’approfondir les reformes économiques dans le sens de réduire d’avantage les libertés syndicales, de durcir la législation du travail au détriment des travailleurs, d’augmenter les prix de l’électricité de l’eau des carburant et de réduire si ce n’est carrément remettre en cause les transferts sociaux.

Ce sont les raisons pour lesquelles qu’il ne faut rien attendre de ces élections résidentielles.

La seule alternative, capable d’apporter des changements au profit des largement masses populaires et des travailleurs en particuliers, est la création d’un parti politique chargé de mettre en application un programme élaboré sur des bases scientifiques qui vise l’édification d’une société nouvelle qui abolit l’exploitation de l’homme de par l’homme et garantit la justice sociale.

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