Après « l’Assemblée nationale extraordinaire  »

Déclaration de délégués de sections du PCF

Décembre 2007

Nous étions délégués par nos sections à l’assemblée nationale extraordinaire du PCF des 8 et 9 décembre.

Nous avons constaté que dans sa préparation et son déroulement, les communistes ont massivement rejeté l’hypothèse d’une disparition du Parti communiste franà§ais. Ils ont ainsi désavoué les nombreux dirigeants qui, depuis des mois, expriment publiquement, notamment dans l’Huma, que le parti serait dépassé et devrait être remplacé par autre chose.

L’exigence du maintien du PCF, exprimée dans leurs assemblées de section, s’est reflétée sans ambiguïté pendant l’assemblée « extraordinaire  », malgré une organisation qui a limité l’expression des 1200 délégués « de base  » à une vingtaine d’interventions. Le mandat adopté reprend la « nécessité de faire vivre et de développer le Parti en 2008  ».

Mais la direction n’a pas renoncé à poursuivre le processus de disparition du parti. Elle l’a montré en tentant, en vain, de remettre dans le texte la phrase qui autorisait à "expérimenter" une nouvelle force politique en préparation du congrès de 2008.

Elle continue à esquiver tout bilan de ses responsabilités dans l’affaiblissement du Parti, pour rester aux commandes et continuer les mêmes orientations d’ici le congrès de 2008. L’alignement sur les positions du PS dans la déclaration commune du « comité de liaison de la gauche » l’a illustré dès le 11 décembre.

La discussion de l’assemblée a pourtant commencé à réfuter les arguments de ceux qui veulent en finir avec le PCF et (re)fonder une nouvelle force

Nous serions devenus trop faibles pour rester le PCF !

Le chat se mord la queue ! Là encore, l’argument ne tient pas tant que l’on ne prend pas en compte le bilan de 10 ans de choix stratégiques. Le Parti rassemblait 10% des voix en 1997.

Nous pensons, et nous ne sommes pas les seuls, que l’abandon de l’organisation révolutionnaire, des cellules de quartier, d’entreprise, d’une ligne idéologique conséquente basée sur une analyse marxiste, que l’héritage de 30 ans d’alliances au sommet, privilégiant la représentation dans les institutions sur les luttes, l’union des forces politiques sur le rassemblement populaire sont grandement à l’origine du recul du Parti. Instrumentaliser ce bilan désastreux pour persévérer dans le même sens est irrecevable. Le 1,9% aux présidentielles est le résultat d’une candidature antilibérale qui ne s’est jamais affichée comme candidature du PCF ! L’expérience des collectifs a montré que les négociations d’appareil avec les multiples groupes organisés alternatifs sont un échec.

Il n’existe pas d’autre formation politique « anti-capitaliste  », et loin s’en faut, ayant cette capacité de mobilisation, même diminuée, à représenter un tel repère historique et idéologique de lutte dans notre pays.

Très présents dans cette assemblée, des jeunes qui s’organisent dans le parti, poussent pour retrouver une orientation communiste affirmée, une pratique de luttes et de confrontations, un discours fort et rassembleur qui puisse servir de repères aux luttes, aux militants. C’est porteur d’espoir.

L’histoire du mouvement communiste au XXe siècle serait un « boulet  » ?

Sous prétexte de rompre avec le stalinisme, la direction propose de rejeter 1920 et toute référence à la révolution d’Octobre et aux expériences socialistes qui y sont liées. Elle a interrompu les relations du PCF avec de nombreux partis communistes et refuse d’assister aux rencontres communistes internationales. Elle privilégie comme partenaires des partis "de gauche", en Allemagne, en Grèce ou en Italie, sous l’égide du PGE.

La rupture avec le réformisme, l’existence du PCF, parti de masse et de classe, ont donné un outil politique essentiel au monde du travail dans la lutte des classes et au pays, en 36, dans la Résistance et à la Libération, dans les luttes anticoloniales… Certains dans le Parti se déclarent partisans d’un « Congrès de Tours à l’envers  », et demandent le retour du PCF dans la « vieille maison  ». Nous réaffirmons que le choix de 1920 est toujours le bon ! C’est pour cela que nous devons assumer notre histoire et poursuivre l’analyse critique que le PCF a déjà commencée il y a cinquante ans.

Les salariés qui luttent avec nous ne nous reprochent pas d’être communistes mais de ne pas porter une alternative politique claire à Sarkozy et au PS.

Que faire en 2008 ?

Le texte final du mandat pour le congrès de 2008 est suffisamment flou pour « autoriser tous les possibles  ». Nous restons convaincus que la majeure partie du CN va continuer à travailler à la disparition du PCF. Elle n’a aucune légitimité pour le faire. Comme l’assemblée l’a montré, la grande majorité des communistes entendent le rester, faire vivre le Parti, lui redonner sa raison d’être dans la lutte des classes.

Dans ces conditions, à notre niveau, nous entendons assumer nos responsabilités de militants et responsables du PCF en 2008 et travailler sur quatre objectifs clefs pour faire vivre et renforcer notre parti, pour préparer le congrès de la fin de l’année :

  • l’expression de positions communistes, indépendantes et clairement identifiées dans les luttes et les élections
  • la consolidation et la reconstitution d’organisations de base, cellules et section, notamment à l’entreprise
  • la relance de la théorie révolutionnaire du PCF, de notre critique marxiste du capitalisme couplé avec une relance de la formation politique des militants
  • la remobilisation des camarades isolés et l’adhésion au PCF sur des bases de lutte.

L’assemblée des 8 et 9 décembre a montré qu’il fallait compter avec les communistes. Nous les appelons à agir et se faire entendre pour ne pas se faire voler leur parti, pour garantir l’existence et le renforcement du PCF, dont le monde du travail et le pays ont plus que jamais besoin.

texte rédigé à l’initiative des délégués des sections de Vénissieux, de plusieurs sections de la Haute-Saône, de Paris XV, de Meaux, de deux sections du Tarn, de délégués des sections de Douai, Villeurbanne, Amiens, La Courneuve, Paris XIX, proposé d’ici janvier à la signature de délégués d’autres sections.

Vos réactions

  • Commentaires de CN46400 27 décembre 2007 22:06, par altercommunistes

    Etant désormais persuadé qu’un redressement, idéologique, trés sérieux est la priorité absolue pour stopper la dérive réformiste du Pcf, je propose : - Unir les marxistes sur un texte unique en vue du congrés 2008 - je propose, pour demarrer la réflexion, un projet de manifeste… « Les hommes naissent libres et égaux en droits !  »

    Les communistes et leurs organisations agissent pour assurer à tous et jusqu’à la mort, la jouissance, de ce droit qui est inscrit dans la Constitution.

    Les communistes partagent les analyses de Karl Marx sur les sociétés humaines, sa critique de la société capitaliste, et ses perspectives d’une société sans classes et sans Etat.

    Dans la société humaine actuelle, une immense majorité, les prolétaires, doivent travailler pour vivre, et une infime minorité, les bourgeois, vivent, essentiellement, du travail d’autrui. C’est la société d’exploitation capitaliste. Travailler pour vivre concerne tous ceux qui doivent vendre leur force physique, leur adresse et leur intelligence pour assurer leur survie et celle de leur famille. Ainsi que ceux qui, pour les mêmes raisons, doivent investir tout leur être dans des entreprises qui bien que leur appartenant (Paysans, artisans, commerà§ant, professions libérales), ne tolèrent pas l’oisiveté des dirigeants. Au contraire, le bourgeois, dont le mérite principal est d’être né dans la bourgeoisie, tire l’essentiel des ses revenus de la spéculation sur le produit extrait du travail d’autrui. Partout, et à tous moments, les communistes militent inlassablement pour dépasser cette société de classes antagonistes.

    La confiscation, par la bourgeoisie, de l’essentiel de la valeur des richesses générées par le travail du prolétariat, et des pouvoirs qui vont avec, conduit aux inégalités devenues aujourd’hui plus insupportables, et plus absurdes, que jamais. En fonction de ses seuls intérêts, hors de toute démocratie et forte de sa puissance économique usurpée, la bourgeoisie dicte à l’Etat la conduite à tenir et l’ordre à garantir pour que les rapports de ses trafics deviennent toujours meilleurs.

    Certe, elle, et son système, ont, ici, joué, et jouent encore parfois, ailleurs, un rôle positif dans l’évolution de la société des humains. Mais le capitalisme, dans sa recherche avide, et sans limites, du profit, a favorisé un tel développement des forces productives, que les inégalités qu’il génère et entretient n’en apparaissent que plus désuettes. C’est un régime aveugle qui ne sait pas se réguler autrement que par la crise, le chômage de masse, et la misère des prolétaires. En tout lieu, les communistes agissent pour réduire les conséquences, sur le prolétariat, des aberrations sociales du système capitaliste.

    A tout moment, l’action des communistes vise à déloger la main mise de la bourgeoisie sur l’Etat, et à y faire prévaloir les intérêts des prolétaires. Si l’Etat n’est, jamais, ni neutre, ni impartial, il a subit, depuis 1947 (Statut Thorez), des modifications telles que la bourgeoisie n’en contrôle plus que le sommet, si bien que lorsque le moment sera venu, le prolétariat pourra, en obtenir un service largement comparable à celui dont profite, aujourd’hui, la bourgeoisie .

    A une société guidée par le hasard, l’intuition et le conservatisme social d’une classe minoritaire, les communistes entendent substituer une société rationnellement conduite par une majorité de citoyens qui participent aux débats objectifs entre le possible et le souhaitable, et aux choix qui en découlent. L’histoire prouve que, jamais, les classes privilégiées n’ont, de leur plein gré, abandonné leurs avantages. Pourtant l’émancipation des prolétaires est à ce prix. La société à venir ne tolérera pas les inégalités portant sur autre chose que le travail sous toutes ses formes. Une lutte de classe est donc engagée qui concerne toute la société. Le devoir des communistes est d’y prendre la meilleure des parts, pour construire, dans et par l’union, un rapport de forces le plus favorable possible aux prolétaires. D’autre forces, ou partis, peuvent s’engager dans la lutte, les communistes doivent favoriser leur intégration, sans jamais, eux-mêmes, renoncer à proclamer leur objectif final : le renversement du pouvoir bourgeois ! L’union des prolétaires est le plus délicat, et le plus fondamental des devoirs des communistes. Sans cette union pas de recul du capitalisme ! En France, et en Europe, de nombreux prolétaires se reconnaissent dans les parti sociaux-démocrates. Ces partis, qui, jamais, n’ont tenté de dépasser le capitalisme, ont souvent à leur actif, d’avoir participé à des conquêtes sociales substantielles. Entre les communistes et la bourgeoisie est, depuis toujours, engagé une lutte d’influence auprès de ces partis. Quand les idées bourgeoises prévalent, c’est les intérêts bourgeois qui gagnent, quand les idées communistes avancent, les socialistes se préoccupent mieux des prolétaires. De même que la bourgeoisie, consciente de l’enjeu, décisif pour ses intérêts, ne cesse jamais d’agir pour conserver, par tous les moyens, y compris par la concussion, le parti socialiste dans son giron, les communistes doivent tout faire pour soustraire ce parti et les prolétaires qu’il influence à la pression idéologique réactionnaire.

    Tout faire ne suppose nullement que la nécessité du renversement de la bourgeoisie, objectif final des communistes, s’estompe, ou soit masqué. Dire ce qu’il font et faire ce qu’ils disent est la singularité des communistes !

    Pour les communistes la conquête de l’Etat n’est pas une fin, c’est un moyen, provisoire, d’écarter la pression de la politique bourgeoise sur le prolétariat et de conduire des transformations profondes de ses conditions de vie. Ce n’est que sur cette base qu’ils peuvent participer à un gouvernement. Alors que la minorité bourgeoise qui, en permanence, doit masquer ces buts, peut s’accommoder d’une démocratie tronquée, la majorité prolétarienne qui proclame ses objectifs, doit développer la démocratie la plus large possible. Les communistes proposent donc une république parlementaire bicamérale, basée sur le suffrage universel, direct et proportionnel, pour toute les assemblées levant l’impôt. Avec un président, élu pour sept ans, chef de la diplomatie et des armées, nommant le 1° ministre, révocable à mi mandat.

    Si les communistes ne privilégient aucune patrie, il savent que la nation et le sentiment national peuvent jouer un grand rôle dans la mobilisation du prolétariat. Aussi s’emploient-ils, pour qu’il ne tombe pas dans les mains les plus sales de la bourgeoisie, à ne jamais négliger ce mobile. La Nation n’est jamais aussi grande que lorsque le prolétariat est uni pour ses intérêts.

    Au capitalisme qui se mondialise, correspond la mondialisation du prolétariat. A l’internationalisme prolétarien désintéressé doit succéder la solidarité concrète des prolétaires exploités par les mêmes capitalistes. Pour augmenter, partout, le prix de la force de travail, tous ont intérêt à la convergence internationale des luttes que les communistes stimulent systématiquement.

    Comme toujours, la rapine impérialiste, cette tendance du capitalisme à ne pas payer correctement les richesses prélevées dans les pays pauvres, conduit à de graves déséquilibres et à de dangereuses tensions. La paix est menacée. Les USA, parfois les armes à la main, interviennent partout et relancent, délibérément, une industrie guerrière surdimensionnée. Alors qu’avec la chute de l’URSS, elle croyait avoir atteint le nirvana, la bourgeoisie américaine supporte mal l’émergence de puissances concurrentes neuves et dynamiques comme la Chine ou l’Inde. Elle devient nerveuse et pour mobiliser son peuple, elle a recourt à des procédés, mensonges, intégrisme chrétien, dangereux. Elle cherche à solidariser les bourgeoisies occidentales à son destin. Les communistes alertent sur ses dangers et expriment leur solidarité envers les peuples menacés par l’impérialisme !

    Les communistes ont désormais une histoire. Étudier cette histoire, sous divers angles, c’est, pour les militants, critiquer l’ensemble pour en comprendre aussi bien les échecs que les succès et se préparer, au mieux, pour les batailles à venir. Le stalinisme, qui handicape gravement l’union des prolétaires doit, pour être extirpé, subir une analyse méticuleuse sur tous ses aspects, idéologiques, politiques et économiques. Pour les communistes, l’ascension du prolétariat vers le pouvoir d’Etat ne peut s’accommoder des mêmes moyens que ceux qu’emploie la bourgeoisie pour se cramponner à ces privilèges, si anciens maintenant, qu’elle a fini par croire qu’ils étaient justes, donc éternels. Les communistes savent que la violence est le dernier des moyens à employer et que si la classe descendantes est presque sûre de ne jamais payer politiquement ses forfaits, il n’en est pas ainsi pour la classe montante. Aussi, aucun des ressorts de la démocratie ne doit être ignoré du prolétariat en révolution. C’est le seul moyen de stabiliser, durablement, son pouvoir en laissant à la bourgeoisie la responsabilité de tout recours à la violence.

    La victoire des prolétaires ne sera définitive que lorsque les principaux pays industrialisés, ceux qui produisent la plus grosse part de la plus value mondiale, auront franchi le rubicond de la révolution sociale. Et que les interventions guerrières deviendront, alors, risquées pour la bourgeoisie. Ceci, évidemment, ne veut pas dire qu’il faut attendre. Toute avancée, où que ce soit, est une pierre de plus sur le chemin de la révolution.

    Ce n’est donc pas qu’à Pékin, New Delhi, ou Moscou, que se joue l’avenir d’un nouveau système humain, mais aussi à Paris et dans toute cette « vieille Europe  ». Et c’est aussi parce qu’elle a peur que la bourgeoisie s’emploie, depuis 50 ans, à corseter les peuples dans la CEE où la démocratie n’est qu’une apparence. Alors que la bourgeoisie européenne organise son système pour payer au plus bas le travail, les communistes agissent pour que les alignements sociaux s’opèrent par le haut.

    Croyants ou pas, les communistes respectent également toutes les religions qui n’empiètent pas sur la liberté de conscience des habitants de ce pays. Mais ils combattent le prosélytisme des croyances qui menacent l’intégrité physique ou morale des hommes ou des femmes tout comme celles qui cherchent à instrumentaliser l’Etat en pesant sur le vote des citoyens.

    Pour atteindre leurs objectifs, qui sont publics, les communistes forment un parti qui est un lieu de débats mais pas de palabres interminables. Les décisions, prises à la majorité, sont respectées par tous. Il en est de même pour les statuts qui régissent son fonctionnement. A tous les devoirs qui lui incombe, pour participer pleinement à la vie politique de la Nation, et du Monde, il lui revient de favoriser, par tous les moyens disponibles, l’enrichissement historique, théorique et pratique de tous ses adhérents.

    Son programme peut, suivant les lieux et les circonstances varier, mais obéit, toujours aux préoccupations essentielles suivantes :

    Primauté et progressivité de l’impôt direct ! Abolition, au bénéfice des comités d’entreprise, de l’héritage des moyens de production supérieurs à 1M€ Contrôle et supervision de toutes les activités bancaires ! Egalité de tous devant la santé Gratuité et primauté de l’enseignement public Mise en place d’un système de sécurité professionnelle emploi-formation Collectivisation des réseaux, eau, gaz, électricité, poste, télécommunications, chemin de fer, route et autoroutes. Gestion nationalisée des approvisionnements et des principales productions énergétiques (pétrole, gaz, nucléaire) Obligation de la prise en compte de la dimension écologique dans toutes les activités ! Soutien maximum à la culture et la recherche scientifique ! Droit, inaliénable, de tous, à un logement décent !

    Les communistes ne sont pas hostiles au marché libre des biens et services. Toutefois ils en préconisent le contrôle pour garantir la continuité des approvisionnements, la qualité et l’innocuité des produits, limiter les gaspillages en tous genres et pour réguler la concurrence à tous les stade du commerce. Les logos et colifichets du parti ne suggèrent qu’une idée : l’union des prolétaires