Recomposition politique ?

Avril 2007

En novembre dernier, a eu lieu une élection municipale partielle à Istres, plus grosse ville des Bouches-du-Rhône dirigée par le PS. Passons sur l’historique peu glorieux qui a abouti à cette élection… Ce qui est étonnant, c’est que personne n’ait mis l’accent sur les connexions politiques qui ont accompagné cet évènement. Et pourtant elles pourraient bien préfigurer les futures recompositions des forces politiques franà§aises.

Tout d’abord, faisons le tour des listes en présence : une liste PS officielle imposée par la fédération, une liste “union de la gauche†dirigée par des membres dissidents du PS auxquels s’étaient joints des membres du PCF (notamment les 2 élus sortants) et de la LCR, une liste “antilibérale†initiée par le PCF et soutenue par la très « refondatrice » fédération des Bouches-du-Rhône, une liste UMP et une liste UDF. Il reste à souligner que les maires PCF d’Arles et de Martigues, plus soucieux de leur place, soutenaient la liste officielle du PS, cédant aux menaces de la direction de ce parti. Après une participation de 63,3 %, la liste officielle du PS ne faisait que 36 % des voix, gagnant cependant le droit d’affronter la liste “union de la gauche†sortie en tête du scrutin avec 40 %. La liste “antilibérale†atteignait péniblement les 6 % et, pour le second tour, campait dans une posture “gauchisante†en refusant une fusion possible des listes et en ne donnant aucune consigne de vote à ses électeurs. Ces 6 % sont difficilement comparables à d’autres élections, car la circonscription faisait partie en 2002 des accords avec le PS pour qu’il n’y ait qu’un candidat, en l’occurrence Michel Vaxès, actuel député du PCF. Il est toutefois possible de citer les cantonales de 2001 où le candidat PCF avait capitalisé un peu plus de 8 % des voix sur une moitié de la ville.

Autre information de taille, alors que la liste UMP s’était maintenue, la liste UDF appelait à  voter pour la liste officielle du PS. Le second tour voyait la liste « union de la gauche » l’emporter avec près de 45 % des voix dont vraisemblablement celles de la liste « antilibérale » des dirigeants du PCF malgré l’absence de consigne de vote.

Les leà§ons de ce scrutin se situent à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il ne faut pas négliger que plus l’influence des idées communistes ira en s’éteignant, plus l’UDF jouera le rôle du rapprochement avec le PS, lui constituant une nouvelle possibilité d’aller au pouvoir que ne peuvent plus lui assurer les forces communistes en l’état actuel des choses. Deuxièmement, ce scrutin nous montre qu’avec des listes « antilibérales », le PCF perd non seulement ses idées, mais qu’il ne fait pas plus recette. En tous cas ces élections ont montré en grandeur nature, que l’unité du PCF est pour le moment largement illusoire, écartelée entre ceux qui voudraient le voir se transformer en « parti de la gauche antilibérale » et les Huistes qui sont prêts à tout pour obtenir un strapontin du PS… Pascal Brula