Reprendre la carte du Parti…

Août 2008

Depuis plus de trente ans, congrès après congrès, l’approfondissement de la dérive opportuniste a poussé près de 80 % des adhérents à quitter le PCF. La plupart ont voulu ainsi marquer leur désaccord avec la ligne suivie et se sont mis en position d’attente. D’autres, écartés de leurs responsabilités ou poussés vers la sortie, militent aujourd’hui dans des groupes organisés dans l’espoir de faire renaître un vrai parti communiste.

Cette hémorragie d’éléments révolutionnaires a facilité et accéléré le processus de renoncement par les directions successives et a mis en grande difficulté les camarades fidèles au marxisme restés au PCF. Les dégâts causés par la « mutation  », et la division de ses opposants à l’intérieur même du Parti ont été tels que le redressement de celui-ci avait fini par apparaître comme très aléatoire à beaucoup d’entre nous. Le pessimisme parmi les militants les plus conscients ne cessait de gagner du terrain.

Mais il semble qu’une évolution positive dans le rapport des forces s’est développée au cours de la dernière période et a mis en difficulté les directions liquidatrices à tous les nivaux. Une opposition grandissante s’est affirmée progressivement dans les cellules encore actives, dans les sections, dans les fédérations, et jusqu’au Conseil national. Elle s’explique par :

  • La suite ininterrompue d’échecs électoraux de plus en plus graves aboutissant au 1,93 % des dernières présidentielles.
  • Les participations à des gouvernements socialistes dont on sait les bilans désastreux pour les travailleurs Franà§ais et pour la paix en Europe et ailleurs. - Les appels à Â« l’union de toute la gauche  » avec un PS qui soutient, quand au fond, les principales mesures antisociales du gouvernement ultra réactionnaire de Sarkozy et qui dispute à la droite la direction de l’Europe du capital si dure pour tous les peuples de la région.
  • Les expériences « mutantes  » désastreuses des partis communistes d’Italie, d’Espagne et d’ailleurs.
  • La réaffirmation de la nécessité du socialisme en Amérique latine et la résistance grandissante au capitalisme partout dans le monde.

Des militants de plus en plus nombreux ont commencé à douter de la justesse de la stratégie suivie par leurs directions. Les critiques se sont multipliées dans et hors du Parti au point que beaucoup de communistes pensent que le 34e Congrès, annoncé comme devant procéder à coup sûr à l’enterrement définitif du PCF, n’est plus joué d’avance. Une lutte acharnée se déroule à tous les niveaux entre les partisans et les adversaires de sa liquidation.

Les anciens adhérents du Parti, peuvent apporter une contribution décisive à cette lutte en reprenant leur carte afin d’intervenir à nouveau, aux cotés de leurs camarades, dans les débats internes et faire que le 34e Congrès soit celui de la défaite des opportunistes et marque le début du redressement d’un Parti qui fut et reste toujours le leur. Rien ne les oblige à se dédire, à abandonner leurs réserves ou à dissoudre les organisations qu’ils ont créées, tant qu’ils n’auront pas la certitude d’un PCF retrouvé.

L’opportunisme a fait et continue de faire beaucoup de mal, mais ne peut-on pas dire que le sectarisme, qui est plus ou moins en chacun de nous, est aujourd’hui son meilleur allié car il est source de division et s’oppose de fait, non seulement à l’union des communistes, mais aussi aux actions communes indispensables pour en finir avec « la mutation  » et ses partisans.

Quant au 34e Congrès, et quoi qu’en disent certains, la victoire des liquidateurs ne ferait qu’étendre, aggraver et enraciner encore plus la division actuelle des communistes, situation qui est hautement préjudiciable à la cause de tous les travailleurs. La perspective d’un vrai Parti, uni, fort, et influent, en serait reculée pour longtemps.

Je pense qu’il y a urgence. Moins de quatre mois nous séparent du Congrès. La fête de l’Humanité peut être l’occasion et le lieu appropriés pour appeler tous les communistes à participer de plein droit à la lutte en cours pour faire revivre à nouveau le glorieux PCF qui a beaucoup apporté au peuple Franà§ais dans le passé et dont il a tant besoin aujourd’hui.

J. Molina

Vos réactions

  • Socialisme 3 octobre 2008 09:43

    Etant membre du PCF, je me pose des questions sur le Prcf. Le Prcf pose bien l’avenir du communisme en France et de la riposte à adopter face à la droite sarkozyste dure et à la gauche social-démocrate molle, mais la direction sortante PCF ne fait rien de tel et cherche à trouver un point d’appui vers qui, vers le PS social-libéral !

    La direction sortante nous mène vers le mur (union de la gauche, gauche plurielle) pour nous faire chanter le même refrain que l’on connait déjà  ! les communistes doivent AGIR dès maintenant pour ne pas reconduire ceux qui nous ont emmenés en ECHEC SUR TOUTE LA LIGNE depuis des lustres !

    Que penser du réseau ANR de Nicolas Marchand qui prefère collaborer avec Buffet juste pour apporter des amendements au texte de la base commune , c’est niet !

    Que penser du texte alternatif de André Gerin avec la section Paris 15e, Gauche communiste…..ou la fédé du Pas de Calais de JC Danglot viens d’abandonner aussitot la collaboration avec ce texte (on comprends bien ce qui s’est passé avec des camarades exclus du parti et autre part en France par des gens qui préfèrent toujours la lutte des PLACES que la lutte des CLASSES !)

    Ce texte peut etre un bon appui, mais hélas je remarque que le Prcf ne fait pas parti de cette opposition sous prétexte que seuls les membres du PCF peuvent en faire partie ! c’est une ERREUR MAJEUR !

    Faut il le rappeler camarades il y a beaucoup PLUS de communistes à l’extérieur que à l’intérieur du PCF ? GROSSE ERREUR COMME TOUJOURS ! Et à quoi servirait franchement camarade Molina de reprendre la carte du Parti alors que tant de camarades ont étés exclus de faà§on inacceptable !? La gauche du parti a toujours existé en son sein, on se souviens de la Coordination communiste, puis de la Coordination des Militants Communistes du PCF, puis de la Fédération Nationale des Associations pour la Renaissance Communiste, et enfin le PRCF ! Cela fait plus de 20 ans que la gauche du parti s’est battu à l’intérieur et sans succès jusqu’à présent ! Il faut vraiment tenir compte de à§a.

    Enfin que faut il penser de « La Riposte », ce groupe nébuleux trotskiste de la 4e internationale qui divise seulement pour faire bonne figure ! c’est niet !

    Le Prcf à la difficulté d’être à la fois au PCF et dehors, c’est le seul qui puisse continuer la renaissance du vrai PCF pour enfin faire une analyse critique et responsable des pays socialistes de l’Est comme l’a toujours refusé les directions réformistes du parti !

    Pour cela le Prcf est prêt à prendre la relève du Parti communiste franà§ais !

    • Reprendre la carte du Parti… 3 octobre 2008 14:06, par Jules Molina

      Cher camarade, Je suis d’accord avec les bases théoriques du Prcf. J’ai depuis longtemps des contacts avec ses dirigeants. Mais il y a aussi d’autres groupes qui sont à peu de choses près sur les mêmes positions comme l’Urcf, « Communiste », le mouvement initié par 15e…Certains autres groupes sont aussi très proches comme « la Gauche communiste », le groupe Gérin ou celui de Gremetz. Mais aucun des nombreux groupes qui s’efforcent de créer un nouveau Parti n’est actuellement en mesure d’absober tous les autres et la division actuelle risque de se perpétuer sans que l’on puisse en prévoir la durée. L’absence d’un vrai Parti communiste, uni, fort, et influent comme l’a été le PCF pendant longtemps fait que le gouvernement et le patronat s’acharnent contre les travailleurs comme jamais dans le passé. Le mouvement des vrais communistes en France, divisé depuis plus de 20 ans, doit absolument trouver le chemin de l’unité le plus tôt possible. Cette unité,à mon avis,ne peut se réaliser qu’au sein du PCF qui a été et reste le Parti dont on a dépossédé tous les vrais communustes J’ai longtemps douté fortement de la possibilité de redresser le PCF mais je constate aujourd’hui qu’il y a uhe chance réelle d’y arriver pour peu que le courant de résistance interne se développe encore et les camarades de l’extérieur peuvent jouer un rôle décisif. Comme je l’ai dit, personne ne leur demande de se dédire, de renoncer à leurs critiques où de dissoudre les organisations qu’ils ont créées tant qu’ils n’auront pas la garantie d’un PCF retrouvé La direction est en difficulté. La contestation se fait maintenant de plus en plus forte à tous les niveaux et jusque au C.N. Il dépend des camarades qui sont hors du Parti de reprendre leurs cartes pour peser de faà§on définitive en faveur du redressement du PCF. Il me semble que c’est la voie la plus courte et la plus sûre pour retrouver un vrai Parti seul capable d’arrêter l’offensive réactionnaire et de la faire reculer.

      • Reprendre la carte du Parti… 4 octobre 2008 09:35, par Socialisme

        « Il dépend des camarades qui sont hors du Parti de reprendre leurs cartes pour peser de faà§on définitive en faveur du redressement du PCF. Il me semble que c’est la voie la plus courte et la plus sûre pour retrouver un vrai Parti seul capable d’arrêter l’offensive réactionnaire et de la faire reculer. »

        oui et bien tu continues à vouloir que les camarades hors du PCF puisse reprendre leurs cartes, c’est vraiment n’importe quoi ! tu te renies toi même ! Mais pour quoi faire ? pour se faire battre par les réformistes, à§a ne sert à rien, à§a fait 20 ans que à§a dure !

      • Reprendre la carte du Parti… 4 octobre 2008 12:04, par Socialisme

        LETTRE OUVERTE URGENTE du PRCF à A. GERIN, M-C. BURRICAND, E. DANGTRAN, J.J. KARMAN, C. ANDREANI, F. COMBE,

        Double à H. Alleg et à H. Martin

        Après le retrait de la Fédé du Pas-de-Calais du collectif de rédaction d’un texte alternatif, la nouvelle main tendue du PRCF pour une démarche communiste de combat.

        Chers camarades,

        Bien que vous n’ayez pas accusé réception de notre dernière lettre et que vous ayez éludé ou décliné nos propositions répétées d’action communes, nous interpellons à nouveau les communistes qui disent vouloir construire un texte alternatif pour unir les communistes opposés à la direction liquidatrice du PCF. Nous prenons à témoin de notre volonté unitaire tous les vrais communistes, membres ou pas du PCF, qui comprennent qu’il faut s’unir SANS EXCLUSIVE pour rendre à la classe ouvrière un parti communiste de combat capable de résister à Sarko-MEDEF, à l’UE du traité de Lisbonne et au pourrissant capitalisme, dont la crise porte en elle de graves menaces contre la paix, la démocratie et les conquêtes sociales.

        Dans sa lettre du 11 septembre, A. Gerin déclare notamment : il ne faut pas « se retrouver dans la situation du 33 ème congrès avec trois textes  ». Nous sommes d’autant plus d’accord qu’aux 29, 30, 31, et 32 èmes congrès, le PRCF (ou la coordination communiste et le CNUC qui l’ont précédé) a fait l’impossible pour qu’il y ait à chaque congrès un texte alternatif unique. Chaque fois nous avons sollicité sans exclusive la Gauche com., André, la Fédé du Pas-de-Calais, les camarades H. Alleg et H. Martin, la section du 15 ème et tous ceux qui voulaient se joindre à nous sur des bases claires.

        A. Gerin ajoute dans sa lettre qu’il faut « élargir les soutiens à de nombreux collectifs situés dans les départements  ». Or le PRCF est organisé dans plus de quarante départements et il a des correspondants dans 67 départements.

        André ajoute dans la même lettre : « nous voulons rassembler les communistes dans leur diversité  » : mais cette diversité serait mutilée si le PRCF, dont les fondateurs furent parmi les premiers au début des années 90 à combattre la social-démocratisation du PCF, continue d’être exclu du rassemblement alors qu’il se bat dès l’origine pour « rassembler une majorité de communistes sur un maximum d’objectifs communs et sur les fondamentaux communistes  » (A.G.).

        Le fait qu’une majorité de membres du PRCF, dont certains ont adhéré au PCF clandestin pour agir contre les nazis, ne soient plus adhérents au PCF (souvent ils ont été ECARTES du PCF auquel ils avaient donné le meilleur d’eux-mêmes), le fait qu’expérience faite, ils ne croient plus à la possibilité du redressement « interne  » de l’organisation qui porte encore le nom de PCF, ne devraient pas faire obstacle au rassemblement envisagé ; d’autant que des membres du PCF, parmi lesquels G. Hage, V. Flament et d’autres, sont encore adhérents PCF : d’ailleurs A. Gerin ne déclare-t-il pas qu’il faut « poursuivre les efforts en direction de tous les communistes qui ont quitté le parti ces dernières années et qui hésitent à revenir  » (et pour cause : qui reviendrait, en chemise et la corde au cou, comme les bourgeois de Calais, dans une fédé qui vous a exclu manu militari, comme cela a été le cas pour nos camarades de Lens ?).

        Dans ces conditions, l’exclusive portée contre le PRCF, qui s’est toujours adressé à tous malgré les différends [1] , qui a accueilli une camarade de la Gauche communiste à la Fête de l’Huma, qui a délégué des camarades aux rencontres de Vénissieux avec un texte de G. Hage, qui a longtemps invité à ses réunions de direction un camarade du 15 ème , est de plus en plus mal comprise par les communistes, membres ou pas du PRCF ; et cette exclusive, par le malaise qu’elle crée, pèse lourdement sur la dynamique unitaire souhaitable. Seuls les dirigeants du PCF peuvent s’en réjouir !

        D’autant que sur le CONTENU de classe du rassemblement, qui pour nous est le principal, il devrait y avoir des possibilités de large entente . Depuis toujours le PRCF propose de s’entendre :

        - sur la défense éclairée de l’histoire communiste nationale et internationale contre l’entreprise européenne (rapport Lindblad) de criminalisation du communisme, qui mène tout droit à l’interdiction des partis communistes ;

        - qu’il faut sans plus de frilosité combattre de front le capitalisme et proposer haut et fort le socialisme , ce que confirme la crise explosive du capitalisme mondialisé.

        - qu’il faut opposer à l’union derrière le PS « euroconstructif  » et sa mensongère « Europe sociale  », une stratégie de rassemblement majoritaire pour SORTIR la France de ce broyeur d’acquis et de souveraineté nationale qu’est l’UE ;

        - qu’il faut un vrai PC de combat, lié en priorité au monde du travail et à la jeunesse, internationaliste, anti-impérialiste, antifasciste et patriote au sens républicain que Robespierre, Varlin ou G. Moquet donnaient à ce mot ;

        - qu’il faut défendre et développer les acquis hérités des ministres communistes de 45-46, les Croizat, Thorez et autres M. Paul, pour revendiquer contre Sarko et l’UMPS une nouvelle République sociale, souveraine et fraternelle .

        Sur tous ces points, on peut trouver un large accord sur un texte commun, car depuis le 29 mai 2005, de nombreux communistes initialement « euro-constructifs  » ont compris qu’il fallait appeler la France à SORTIR de l’U.E., non pour isoler la France, mais pour construire de nouveaux traités progressistes internationaux.

        Nous apprenons en outre que le texte dont E. Dang Tran est chargé s’intitule « reconstruire un Pcf  » ; nous voulons nous aussi, non construire un « autre parti  », ni transformer ex abrupto le PRCF en nouveau parti, mais faire renaître le vrai PCF ; et pour cela, nul ne fera selon nous l’économie de rompre politiquement, et tôt ou tard, organisationnellement, avec les naufrageurs qui dirigent le PCF après l’avoir « muté  ». Du moment qu’on ne nous oblige pas à reconnaître a priori que « le  » PCF (c’est-à -dire l’organisation affiliée officiellement au PGE et dirigée par une ex-ministre de Jospin !) est « redressable du dedans  » du moment qu’il s’agit de reconstruire, quelles que soient les tactiques à utiliser, un PCF dans lequel se fondront tous les communistes dignes de ce nom, y compris le moment venu le PRCF, nous sommes partants ! Car au-delà des tactiques divergentes (lutte exclusivement interne, comme le croient certains d’entre vous, ou comme nous le proposons, lutte interne quand c’est possible, mais aussi et surtout, intervention communiste dans les masses partout et toujours ) notre objectif stratégique est la renaissance du vrai Parti communiste franà§ais, ce qui suppose à la fois de revendiquer contre les gauchistes la continuité avec le PCF de Cachin et Sémard, et la rupture avec le « PCF  » de Hue et Gayssot.

        Enfin, nous apprenons que la Fédé du Pas-de-Calais a claqué la porte des discussions en vue d’un texte alternatif unique. Nous ne sommes pas surpris : certes, cette fédé affiche à l’extérieur du Pas-de-Calais une image d’ « opposante  », héritée de la période où sa majorité fédérale incluait R. Auchedé et la Coordination communiste ; mais les chefs de file actuels siègent de la Fédé 62 siègent à l’exécutif du PCF par l’entremise de Cathy Poly, ce qui les situe dans la majorité et non dans l’opposition. Ces mêmes dirigeants ont lâché la liste d’opposition communiste en plein 33 ème congrès en se présentant sur la liste Buffet. En 2004/2005, un virage à droite a été opéré par la Fédé 62, notamment pour lui permettre de faire liste commune avec Bocquet aux Régionales (et au second tour pour fusionner avec la liste PS !) et pour obtenir de la direction du PCF qu’elle mette l’ex-maire de Calais en position éligible sur la liste Wurtz aux européennes : on a alors « viré  » de diverses manières des SECTIONS ENTIERES (Boulogne, Cambrin, Wingles, Liévin, Lens) qui défendaient des positions trop « rouges  » ; après quoi la Fédé a pu s’aligner sur « l’Europe sociale  » pour des raisons tenant plus à la lutte des places qu’à la lutte des classes. Il suffit de relire l’intervention de l’eurodéputé de Calais au dernier CN pour comprendre que, pour garder son siège ( ???) derrière le grand « Européen  » Wurtz, la Fédé 62 ne voudra jamais rompre avec « l’Europe sociale  »â€¦ Où est le débat d’idées là -dedans ?

        Mai s à quelque chose, malheur est bon . La question de la sortie de l’UE est aujourd’hui stratégique : c’est cet objectif qui ouvre la voie à une nouvelle ligne révolutionnaire fondée sur le triple rejet de Sarko, de l’UMPS et de l’UE maastrichtienne ; c’est elle qui permettra à un futur PC de combat de s’émanciper de la tutelle mortelle du PS ; c’est elle qui permettrait dès aujourd’hui l’unité de combat des travailleurs contre le FOND des politiques euro-capitalistes. Malgré nos différends, si nous nous unissons là -dessus à partir d’un texte clair, n’obligeant pas les communistes à se diviser sur la « redressabilité  » ou pas du PCF, nous pouvons créer une dynamique non seulement chez les communistes, mais chez les travailleurs et les républicains qui n’ont pas oublié le rassemblement progressiste et républicain du 29 mai.

        Quant à la question qui nous divise (redresser le PCF du dedans ou pas), que nul ne force l’autre à se rallier sur ce point que la PRATIQUE aura tôt fait de trancher. Nous sommes des marxistes, donc des matérialistes. Certes tout nous montre qu’il est illusoire de redresser du dedans ce parti dont les dérives ont commencé il y a plus de trente ans (le marxisme-léninisme et l’internationalisme prolétarien furent ôtés des statuts dès 79 !). Mais si l’expérience du prochain congrès prouve le contraire et qu’à cette occasion le PCF met le cap sur la lutte révolutionnaire, nous ne demandons pas mieux que d’être détrompés ! La question sera alors d’exiger que les liquidateurs qui veulent « couper avec la référence communiste  » soient clairement amenés à tirer les conclusions en cessant de paralyser les communistes par leur combat destructeur.

        A l’inverse, si la direction mutante parvient à nouveau à verrouiller le congrès, nous demandons à tous de faire preuve du même réalisme politique que nous : retrouvons-nous après le congrès, tirons le bilan en commun et, pourquoi pas, formons ensemble une Convergence d’action et d’élaboration communiste : étant donné que la crise capitaliste, conjuguée à la « rupture  » sarkozyste, menace de détruire TOUT l’héritage national progressiste à brève échéance, il y a urgence pour les travailleurs à voir les communistes dignes de ce nom s’ORGANISER ensemble pour l’action (personne n’obligeant personne à garder ou à prendre sa carte au PCF !), et cela indépendamment et séparément des dirigeants naufrageurs qui annoncent par la voix de MGB qu’ils songent à une nouvelle participation à un gouvernement PS. Ce n’est pas à nous de décider aujourd’hui quelles formes pourrait prendre le rassemblement communiste après le congrès, il suffirait aujourd’hui que les initiateurs d’un texte alternatif vraiment unitaire s’engagent à réunir les signataires dudit texte après le congrès pour définir ensemble les perspectives .

        Nous vous écrivons, encore une fois, dans un esprit d’ouverture.

        Cela ne nous empêche pas en même temps, car la vie des travailleurs n’est pas suspendue aux péripéties internes du PCF, de faire signer notre texte de combat « Appel aux continuateurs communistes  » ; et surtout, cela ne nous empêche pas d’intervenir tous azimuts auprès des travailleurs, notamment pour la sauvegarde du syndicalisme de classe, pour le rassemblement républicain contre Sarko-Parisot-Barroso, contre l’impérialisme US et l’OTAN, et pour la construction du « tous ensemble  » auquel aspirent les salariés.

        Sans cesser d’agir sur le terrain, nous attendons de vous une réponse positive à notre main tendue.

        Fraternel salut.

        Georges Hage, président d’honneur du PRCF

        Léon Landini, président délégué du PRCF, adhérent au PCF en 1942, Officier FTPF

        Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé, …

        Georges Gastaud, secrétaire du PRCF membre du PCF de 1972 à 2004, a. membre du CF du Pas-de-Calais

        Pierre Pranchère, député communiste honoraire, a. FTP, a. m. du CC du PCF

        Annie Lacroix-Riz, historienne marxiste

        Antoine Manessis, responsable de l’action unitaire du PRCF

        Jacques Coignard, a. secrétaire fédéral du PCF 22

        Daniel Antonini, responsable international du PRCF, a. permanent PCF et FMJD

        Odile Hage, secrétaire de la section de Douai du PCF

        Vincent Flament, directeur d’IC, adhérent du PCF

        [1] Autre chose est la discussion publique des désaccords, qui est de règle entre communistes depuis Lénine. Nous ne sommes pas gênés par les critiques argumentées contre nous et n’en faisons pas un motif de rupture quand il y a des convergences sur des points essentiels.