A Lyon, la politique par le vide

, par  Pascal Brula , popularité : 6%

Après avoir repris ma carte lors du 33ème congrès et essayé de la renouveler plusieurs fois sans avoir de réponse, j’ai finalement pu voter. Passons sur le fait qu’ayant envoyé mes cotisations auparavant sur les conseils de camarades, il a fallu que j’insiste le jour du scrutin, pour me faire inscrire sur les listes. Mais visiblement, les adhérents n’intéressent pas la direction de la section de Lyon, en tous cas ceux qui ne cautionnent pas leur politique de démission. J’étais également porteur du pouvoir de vote d’une camarade qui m’avait donné un chèque pour ses cotisations : refusé (elle est signataire du texte alternatif). Elle n’est même plus portée dans les effectifs du parti dont elle a été rayée autoritairement : au motif que "l’on ne fait plus d’adhésions CDD". Il se trouve que j’avais aussi passé quelques coups de fils à des camarades de mon secteur ayant des difficultés pour se déplacer. Une vétéran m’ayant affirmé que son vote avait été envoyé par courrier, j’ai voulu vérifier s’il avait été comptabilisé. En réponse, on m’a dit que cette camarade ne payait plus ses cotisations depuis deux ans ; j’ai su aussi que personne n’était allé la voir (il faut dire qu’elle est très mécontente de la politique de la direction). Autre contact, autre déception : jointe au téléphone, une autre camarade m’apprend que dégoûtée par la politique de la direction, elle a refusé de payer ses cotisations et ne veut plus de sa carte depuis cette année. Et je ne parle pas de tous ceux qui l’ont quitté depuis le dernier congrès. J’en ai comptabilisé 5 dans mon entourage proche parmi ceux qui avaient mené la bataille avec moi contre le réformisme et la liquidation du PCF.

Le fait majeur du scrutin à Lyon reste donc ce chiffre incroyable : il n’y a plus que 247 "cotisants" au PCF sur la ville de Lyon, une ville de 450 000 habitants ! Il n’y en avait déjà plus que 319 deux ans auparavant pour le 33ème congrès : cela fait 72 de moins (- 23%). Apparemment, c’est donc bien la politique du pourrissement de la situation qui est adoptée par les dirigeants lyonnais. L’AG extraordinaire de décembre les a obligé à maintenir le nom du PCF ; qu’à cela ne tienne, ils en feront une coquille vide, vide de sens, vide de lutte. Cela ne leur pose aucun problème ! Leur stratégie est celle des élus, quel qu’en soit le prix à payer, même un arrangement avec ses idées. En conséquence, le suivisme municipal derrière le PS a été maintenu, allant même jusqu’à accepter de figurer sur les listes de Collomb au côté des transfuges du Modem, parti qui dirige le conseil général avec l’UMP et qui privatise à tour de bras. La suite du scrutin interne a-t-elle encore de l’importance ? Sur ces 247 "cotisants", ont été comptés 151 votants (228 il y a deux ans). Je passe sur les enveloppes de dernière minute sorties miraculeusement d’un bureau par une prestidigitatrice de Corbas, ce qui en dit long sur le contenu des votes en faveur du texte de la direction (les "votants" – malgré eux ? – n’avaient pas payé de cotisation, mais le scrutateur a vite ravalé ses paroles devant ma présence et accepté les deux bulletins). Les résultats sont les suivants :
- Cotisants : 247
- Votants : 151
- Blancs et nuls : 15
- Texte direction : 113
- Texte des trotskystes : 5
- Texte alternatif : 18

Pascal Brula
Le 2 novembre 2008

Annonces

Sites favoris Tous les sites

21 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves

Navigation