Compte rendu des communistes vénissians au 40e congrès du PCF à Lille
La fédération du Rhône était représentée au 40ᵉ Congrès du Parti communiste français par une délégation de 12 personnes mandatée par les communistes du département du Rhône.
- Benoît ROUX - Secrétaire Départemental du Rhône,
- Marie-Christine BURRICAND (Commission des Textes), Eliana SILVA RIFO, Véronique FORESTIER, Nacer KHAMLA et Zorha MONGHEAL - Section Vénissieux
- René DUFFOUR - Section Bron
- Margaux THOMAS et Zoé VARENNE-BURI - Section Villeurbanne
- Daniel SEGURA et Tito BOURNAZEL - Section Lyon
- Benoît LEVEQUE - Section Oullins
Pendant quatre jours, les délégués ont participé aux travaux du congrès, aux débats politiques, aux commissions d’amendements ainsi qu’aux différents votes qui ont permis de définir les orientations du Parti pour les années à venir.
Débat général
Le débat général a permis à de nombreuses fédérations de partager leurs analyses de la situation politique et leurs propositions. Deux demandes d’intervention avaient été déposées au nom de la section de Vénissieux par la Fédération du Rhône. L’une préparée par Zorha Mongheal, sur la question de l’éducation prioritaire dans les lycées, en particulier celle du déclassement des établissements REP REP+, qui constitue un sujet de préoccupation majeur et l’autre sur les conséquences des accords nationaux au niveau local par Nacer Khamla.
Malgré cette préparation, nous n’avons malheureusement pas obtenu de temps de parole durant cette première séquence de débat général. Les demandes d’intervention étaient très nombreuses. Durant le débat général, ce sont principalement des secrétaires départementaux et/ou membres du CN qui ont pris la parole.
Un internationalisme réaffirmé
Les questions internationales ont occupé une place importante tout au long du congrès. Une séquence exceptionnelle pour parler de solidarité, d’internationalisme et de paix.
De nombreuses interventions ont exprimé la solidarité du Parti avec le peuple palestinien, réaffirmant l’exigence d’un cessez-le-feu durable, de la reconnaissance de l’État de Palestine et du respect du droit international avec la fin du génocide. La participation à la campagne « un million d’oliviers pour la paix en Palestine » ainsi que la campagne de BDS pour le boycott des produits israéliens a été actée.
Plusieurs délégations étrangères et responsables politiques invités sont également intervenus pour témoigner de la solidarité entre les peuples.
Avec Qassem Awad - de l’Alliance internationale pour les droits du peuple palestinien, Fadwa Khader - Membre du Comité Central du Parti du peuple Palestinien, Reem Hazan - Responsable internationale du Parti Communiste Israélien et Navid Shomali – Représentant du Parti Tudeh d’Iran.
La situation du blocus à Cuba a également fait l’objet de plusieurs prises de parole dénonçant les conséquences du blocus économique imposé par les États-Unis et réaffirmant l’attachement du Parti à la coopération internationale et à la souveraineté des peuples.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel s’est exprimé en message vidéo. Il a rappelé l’urgence de mettre fin au blocus criminel imposé à Cuba par les États-Unis. L’ambassadeur de Cuba en France Otto Vaillant Frías, dont le mandat d’ambassadeur prend fin était présent et s’est exprimé avec un message émouvant, rappelant la résistance du peuple cubain.
Notre camarade André Chassaigne a appelé à poursuivre une mobilisation massive. Hasta la victoria siempre ! Ces échanges ont rappelé que la lutte pour la paix demeure un axe essentiel de l’engagement des communistes.
L’emploi et l’industrie au cœur des débats
La défense de l’emploi et la réindustrialisation ont constitué l’un des fils conducteurs du congrès. La présence de salariés d’ArcelorMittal mené par Gaëtan Lecocq, venus témoigner de leur lutte pour préserver leurs emplois et leur outil de production, a marqué les travaux. Leur intervention a rappelé l’urgence d’une véritable politique industrielle au service de l’emploi, de la souveraineté nationale et de la transition écologique. Les congressistes ont réaffirmé le soutien du Parti aux salariés en lutte et la volonté de faire de la reconquête industrielle une priorité politique.
Un texte largement amandé et adopté
Une grande partie du congrès a été consacrée au travail d’amendement de la base commune. La commission des textes a examiné les nombreuses propositions déposées par les fédérations (plus de 5800 amendements) afin d’améliorer, préciser ou compléter le texte.
Les travaux de la commission des textes ont permis de regrouper les amendements portant sur des orientations similaires, afin de favoriser leur cohérence et de faciliter les débats. Si certaines propositions n’ont pas été retenues, d’autres ont été retravaillées avant d’être soumises au vote des délégués. Nous tenons à remercier l’ensemble de la commission des textes pour la qualité de son travail, et tout particulièrement Marie-Christine Burricand pour son engagement, sa disponibilité et son investissement tout au long de cette importante séquence du congrès.
Beaucoup d’amendements votés lors de notre Congrès départemental ont été pris dans la partie 2 et 3. Notamment sur les sujets de l’organisation du Parti, le féminisme, la formation et l’organisation au sein de notre Parti, la Palestine, etc… Un paragraphe sur le bilan a été ajouté. La délégation du Rhône a participé activement à ces travaux en déposant plusieurs amendements et en défendant les positions élaborées collectivement lors de la préparation du congrès sur les sujets de l’UE, de l’extrême droite, etc.
Notre camarade Nacer Khamla est intervenu pour défendre un amendement portant sur la stratégie d’alliances. Son intervention a rappelé que les expériences récentes, notamment lors des élections de 2022 et 2024, montrent les limites de stratégies qui conduisent le Parti communiste à s’effacer derrière d’autres forces politiques de la NUPES /NFP dont la conséquence et la perte en visibilité auprès des électeurs.
En s’appuyant notamment sur l’expérience des élections municipales de Vénissieux, il a plaidé pour des rassemblements construits sur des contenus politiques clairs, dans lesquels les communistes conservent toute leur autonomie d’analyse, d’organisation et d’intervention auprès des habitants. Cette contribution a nourri les échanges sur les conditions d’un rassemblement populaire efficace sans dilution de l’identité communiste. L’amendement a été largement soutenu à 84,5 %.
Ce texte largement amandé avant le congrès et pendant le congrès réaffirme la volonté du parti communiste de renforcer son implantation dans les entreprises, les quartiers populaires et les territoires en portant des propositions de rupture avec les politiques libérales et capitalistes. Il affirme la volonté d’aller vers une société communiste en passant par le socialisme. Nous étions à deux doigts d’adopter un amendement demandant la réintroduction de la faucille et du marteau dans le logo !!
La jeunesse pleinement associée aux travaux
Le congrès a réservé une séquence spécifique au Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF).
Les jeunes communistes ont porté les préoccupations de leur génération : accès à l’emploi, à la formation, au logement, défense des services publics, lutte contre les discriminations et urgence climatique. Ils ont également appelé au renforcement des liens entre le Parti et son organisation de jeunesse afin de poursuivre le renouvellement militant.
Renforcement du Parti
Les délégués ont ensuite examiné le rapport financier présenté par la direction sortante. Celui-ci a dressé un état des lieux des finances du Parti, des efforts accomplis pour assurer son équilibre et des défis à relever afin de développer encore les moyens de l’activité militante. Au-delà des chiffres, les débats ont souligné que le développement des adhésions, de la formation des militants, du financement militant et du renforcement de l’organisation restent des priorités pour les prochaines années.
Une nouvelle direction nationale
Le congrès a reconduit Fabien Roussel dans ses fonctions de secrétaire national avec une large majorité. À cette occasion, il a confirmé sa disponibilité pour porter les couleurs du Parti communiste français lors de l’élection présidentielle de 2027, sous réserve de la décision des communistes qui se fera en septembre 2026.
Les délégués ont ensuite procédé au vote de la nouvelle direction nationale ainsi qu’à l’élection du Conseil national. Le nouveau Conseil national est composé de 162 membres.
La fédération du Rhône y sera représentée par cinq camarades :
- Michèle Picard (Vénissieux) ;
- Aurélien Scandolara (Vénissieux) ;
- Stéphanie Vella (Bron) ;
- Benoît Roux (Lyon) ;
- Jonathan Juillard (Vaulx-en-Velin). Cette représentation témoigne de la place reconnue à notre fédération dans la vie nationale du Parti et permettra de porter les réalités, les expériences et les propositions des communistes du Rhône au sein de la direction nationale.
Poursuivre le travail engagé
Au terme de ces quatre jours de travaux, le congrès a réaffirmé plusieurs priorités : renforcer l’organisation du Parti, développer les adhésions, soutenir les luttes sociales, poursuivre l’implantation dans les entreprises et les quartiers populaires et préparer les prochaines échéances électorales autour d’un projet communiste ambitieux.
Pour la délégation du Rhône, ce congrès a également été l’occasion de faire entendre les préoccupations de notre fédération, de contribuer aux travaux collectifs et de poursuivre les échanges avec les autres délégations.
Les débats ont montré la richesse de la vie démocratique du Parti, tout en confirmant la nécessité de poursuivre la réflexion sur les stratégies de rassemblement, le renforcement de l’organisation communiste et la reconquête de son influence populaire à Vénissieux. L’ensemble des délégués du Rhône présents à ce congrès souhaitent poursuivre ces échanges et travailler ensemble afin de développer la cohésion entre les sections.
Intervention de Nacer Khamla dans le débat d’un amendement sur le role des communsites dans les décisions d’accord aux élections législatives
Camarades,
La perte de Vénissieux en 2026 est un choc pour notre Parti. Ce n’est pas seulement la défaite d’une équipe municipale, c’est la perte d’un symbole de l’histoire communiste, construit par des génér6ations de militants, d’élus et d’habitants engagés.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’expliquer cet échec par le contexte national ou l’usure du pouvoir. Nous devons avoir le courage de regarder en face nos propres choix.
Les accords conclus dans le cadre du rassemblement NUPES et les arbitrages décidés au niveau national ont été vécus, à Vénissieux et plus largement dans le Rhône comme une remise en cause de notre ancrage local. En privilégiant une logique d’accords nationaux plutôt qu’une analyse des réalités du terrain, notre Parti a donné le sentiment de sacrifier ses bastions historiques.
L’union est indispensable. Mais elle ne peut pas signifier l’effacement du Parti communiste. Une union qui conduit à affaiblir le PCF jusqu’à lui faire perdre ses villes historiques n’est pas une stratégie gagnante. L’union doit renforcer chacune de ses composantes, pas en faire disparaître une.
Nous devons tirer une leçon claire de cette défaite : les décisions concernant les élections locales ne peuvent pas être imposées d’en haut. Elles doivent être élaborées avec les communistes des territoires, qui connaissent leurs villes, leurs habitants et les rapports de force réels.
Le Parti communiste ne retrouvera sa force qu’en assumant pleinement son identité, son autonomie de décision et son lien avec le monde du travail, les quartiers populaires et les services publics. Nous devons cesser de croire que notre avenir passe par notre effacement. Notre avenir passe par un Parti communiste fort, respecté, capable de construire des rassemblements sans renoncer à ce qu’il est.
La perte de Vénissieux doit être un avertissement. Si nous ne tirons pas les enseignements de ce qui s’est passé, d’autres bastions suivront. Nous devons changer de méthode, faire confiance à nos militants, respecter nos fédérations et défendre partout l’existence d’un Parti communiste fort, visible et utile au peuple







