Fier(e)s d’être communistes V - LE PCF : UNE FORCE POLITIQUE UTILE AU PAYS

, par  communistes , popularité : 9%

1 - Toute sa raison d’être

Le choix de fonder le Parti communiste français, au congrès de Tours, en 1920, est toujours valable. Au XXIe siècle, la France a plus que jamais besoin d’un parti révolutionnaire.
Ne craignons pas d’aborder la question franchement : certains camarades se demandent si le PCF a toujours sa raison d’être, si son affaiblissement n’est pas fatal, si, après l’effondrement du système des pays de l’Est et devant la dureté de la politique de la droite, il ne devrait pas se fondre dans une grande gauche ou dans un pôle radical de la gauche, voire dans un parti de gauche européen.
Le congrès ne doit pas éluder la question. Pour notre part nous pensons que le PCF a un rôle décisif à jouer dans la société et qu’il ne peut se redresser qu’en jouant pleinement ce rôle. Malgré son affaiblissement, il reste encore aujourd’hui la force politique enracinée dans les quartiers populaires, avec ses militants et ses élus sans lesquels le drame des cités aurait pu être pire.

La question de la force du PCF n’est pas une question partisane ou d’autosatisfaction d’appareil. C’est une question vitale pour la France et son peuple.

Nous affirmons que le choix du congrès de Tours en 1920 demeure un choix fécond pour la France actuelle. Il existe au sein des forces populaires un courant réformiste et un courant révolutionnaire.

Revendiquer pour le courant révolutionnaire un rôle d’avant-garde ce n’est ni proclamer que l’on a raison tout seul, encore moins contre les autres, mais simplement se donner l’objectif magnifique de rassembler sur des politiques de réelles transformations et d’imaginer le futur loin devant, tout en apportant notre pierre, même modeste, à son édification.

2 - Le parti des milieux populaires : un électorat à reconquérir

Faire reculer l’abstention et le vote Front national dans les milieux populaires est un objectif politique majeur. Il est impossible de prétendre changer la société sans la participation des classes populaires. La vocation du PCF, c’est de représenter leurs intérêts et de livrer ce combat. Le PCF doit retrouver des millions d’électeurs.

Le Parti communiste français est le seul parti dont l’ancrage dans les milieux populaires est non seulement réel mais aussi et surtout conforme à sa vocation première. Ce n’est pas le cas des forces politiques : PS, MRC, PRG, LCR, Verts et des groupes qui gravitent autour de la gauche de la gauche.

Représenter les classes populaires, être leur porte-parole, c’est une responsabilité à la fois immense et particulière pour le PCF. Pensons en premier lieu à la jeunesse de France, qu’elle soit issue ou non de l’immigration, qui trop souvent « rouille » au bas des tours, selon le propre mot des jeunes. Les communistes ont un combat essentiel à mener pour aider cette jeunesse à trouver la place sociale, économique, culturelle et politique qui lui a été refusée ces trente dernières années, pour combattre toutes les discriminations négatives et faire en sorte que tous les quartiers de France soient des quartiers de plein droit.
60 ans après l’obtention du droit de vote pour les femmes, la bataille pour l’égalité demeure une bataille primordiale. C’est d’autant plus vrai que la montée des intégrismes conduit à des reculs dramatiques sur la mixité, les rapports hommes/femmes, avec la montée de comportements sexistes, machistes et d’une façon générale la volonté de restaurer un ordre réactionnaire basé sur la domination par la force de l’homme sur la femme. Les communistes combattent pour donner un souffle nouveau au féminisme afin que les femmes soient actrices de leur destin. C’est une composante sans laquelle le combat pour l’émancipation de l’humanité n’a pas de sens. C’est un grand défi pour l’avenir de l’humanité. Les intellectuels et le monde de la création sont ravalés au rang de marchandise. A côté de « stars » montés en épingle pour grossir les bénéfices des radios, télévisions, producteurs, éditeurs et autres grands médias, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes ont les pires peines du monde à trouver un débouché pour leurs activités alors même que les technologies modernes devraient le leur permettre. Ils font partie intégrante du peuple de France et sont en première ligne pour donner un nouveau rayonnement à la culture et à la langue françaises.
Des millions de femmes et d’hommes, salariés ou retraités modestes, étudiants, chômeurs, habitants des cités ne votent plus. Il faut avoir le courage et l’honnêteté de dire qu’il ne peut pas y avoir de politique de gauche en France sans le retour massif de ces millions d’hommes et de femmes sur la scène politique, sans leur engagement massif dans les luttes et dans le vote.

Il faut aussi avoir le courage de regarder la réalité en face. Dans les quartiers populaires, il y a des électeurs de gauche, des électeurs communistes qui ont choisi d’exprimer leur colère devant les renoncements de la gauche en mettant dans l’urne un bulletin Front national.
C’est notre responsabilité de communistes d’aller au-devant de ces électeurs pour leur dire que leur colère est légitime, y compris quand ils l’expriment contre notre parti, mais qu’ils se trompent de cible, tout comme ceux qui ont brûlé la voiture de leur voisin, dans leur quartier.

Plutôt que de se laisser impressionner par le chantage du Parti socialiste qui ne cesse d’agiter le spectre Le Pen à la veille des élections pour dissuader tout autre candidature à gauche, nous devons proclamer que le PCF et ses militants qui se battent au diapason avec les habitants des quartiers populaires sont les mieux placés pour battre le Front national, éviter la réédition du désastre du 21 avril 2002 et faire reculer dans les consciences son idéologie dangereuse et antirépublicaine par un combat sans concession.

Un Parti communiste capable de mobiliser des millions d’électeurs des milieux populaires, capable de retrouver son électorat, voire ses adhérents déçus qui ont voté pour l’extrême gauche, c’est la vraie force pour une gauche durable et solide. C’est le sens que nous donnons à la candidature communiste à l’élection présidentielle.
3 - Une organisation révolutionnaire, militante
La cellule de quartier, de village, d’atelier, de bureau, à l’université doit redevenir le coeur de la vie politique du PCF. C’est là que les militants dans leurs relations humaines quotidiennes peuvent jouer pleinement leur rôle, prendre les initiatives politiques, lutter avec leurs concitoyens, leurs camarades de travail, développer les valeurs et idéaux communistes.

Le Parti communiste français est un parti de femmes et d’hommes militants, engagés sur le terrain, dans les quartiers populaires, les villages, les entreprises, tous les lieux de vie. De très nombreux communistes militent dans le syndicat de classe et de masse qu’est la CGT ou dans des organisations syndicales de luttes que se sont forgés les travailleurs de notre pays. Ils se doivent de défendre, de renforcer ces outils syndicaux essentiels à l’unité des salariés. Ils contribuent ainsi, dans le respect des statuts de leurs organisations, aux combats sociaux, économiques, démocratiques, quotidiens et de long terme.

D’autres encore agissent, s’engagent dans des associations diverses. Ils et elles œuvrent ainsi à des initiatives, à des actions sociales et populaires constitutives de la démocratie, de la solidarité, de l’humanité. Ils et elles contribuent à défendre une qualité, un art de vivre.
Leur rôle consiste à prendre toutes les initiatives utiles pour lutter avec leurs concitoyens contre les innombrables oppressions du quotidien et prendre ensemble leur destin en main. Tous les rassemblements féconds, toutes les solidarités sont à encourager. Tous les coups portés au système comptent. Tous les résultats sont bons à prendre.
L’action côte à côte Français et immigrés n’est pas le moindre des combats révolutionnaires, pour la garantie des droits sociaux, des libertés, le respect de la dignité, pour en finir avec les expulsions arbitraires, les centres de rétention, les cités ghettos, pour assurer le droit au regroupement familial. Français immigrés, même combat ! Le slogan n’a rien perdu de son actualité. La France doit refuser une politique d’immigration à deux vitesses selon que l’on soit européen ou non. Nous devons refuser l’immigration « choisie » aux relents douteux pour avancer vers une politique maîtrisée d’immigration dans le cadre d’accords d’État à État. Dans le domaine du droit d’asile, la France doit retrouver sa générosité et redevenir une terre d’accueil, fidèle à la philosophie de la Révolution française.

Les communistes sont acteurs de la politique communiste. Elle prend corps et se valide dans les situations concrètes, dans la braise de la vie sociale et politique. C’est pourquoi la cellule dans la cité, le village, l’atelier, le bureau est un lieu indispensable d’élaboration politique, le lieu où les idées générales, les grandes décisions, notamment lorsque nous participons à un exécutif, sont confrontées aux réalités de la vie. Forts de nos cellules, n’aurions-nous pas pu voir venir le désastre de 2002 ?

Le congrès doit réfléchir au fonctionnement du PCF bien au-delà d’un simple ravalement de façade des statuts. Le centralisme démocratique a été abandonné au terme d’un débat trop rapidement mené, au début des années 1990. Il ne s’agit pas de revenir sur la liberté - reconnue depuis bien plus longtemps - pour chaque communiste d’avoir et d’exprimer son point de vue en toute indépendance. En revanche on observe que les pratiques de sommet se sont renforcées. La démocratisation réelle du Parti communiste français reste à faire.

Il est de ce point de vue urgent de renoncer aux pratiques « présidentielles » dans l’élection des dirigeants et de revenir à un fonctionnement plus près des militants et plus efficace pour l’action.

Nous devons tout faire pour valoriser, encourager, le militant, l’adhérent dans son engagement et sa responsabilité individuelle afin qu’il soit le décideur de la politique de son parti. Parallèlement, pour être en mesure de mener les combats idéologiques complexes et salutaires auxquels nous sommes confrontés, il faut faire appel à un engagement militant qui participe à la créativité, la réflexion, l’audace politique, pour affermir et enrichir la pensée communiste, la théorie issue des travaux de Marx, Lénine et de nombreux chercheurs.

Le militant, l’adhérent doit recevoir une formation qui lui permette de confronter la culture communiste aux réalités qu’il vit, acquérir une liberté, une autonomie de pensée, « apprendre à penser par soi-même ».

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