Le dernier communiste (irakien) entre au paradis

, par  communistes , popularité : 3%

Le 85e anniversaire du Parti communiste libanais, avec notamment cette affiche due au graphiste Emile Muneim (أميل منعم) et un nouveau slogan : « Change avec le rouge ! » (غيّر بالأحمر), offre l’occasion de rappeler que le monde arabe a connu, pendant une bonne partie du XXe siècle, de puissants partis marxistes qui ont, entre autres conséquences, profondément influencé la scène culturelle.

Trois exemples récents permettent de s’en rendre compte à propos d’un pays, l’Irak, où la « menace rouge » n’est sans doute plus à craindre maintenant que la démocratie y a été « exportée » au prix de quelques centaines de milliers de morts (seulement).

Même s’ils sont souvent ignorés à l’étranger, les grands noms de la poésie arabe viennent souvent de ce pays où, « lorsqu’on jette un caillou en l’air, il retombe sur la tête d’un poète » comme le dit un dicton célèbre. Ainsi, c’est en Irak, au milieu du siècle dernier, que trois jeunes gens (deux hommes et une femme) ont permis à la poésie arabe de rompre avec les entraves de la prosodie traditionnelle pour s’engager sur une nouvelle voie, celle du « poème cadencé » (قصيدة التفعلة).

Parmi ces aventuriers, Badr Shakir al-Sayyab (بدر شاكر السياب). Né en 1926 dans une pauvre famille du sud du pays, il passe par l’Ecole normale de Bagdad, devient instituteur et… communiste, ce qui lui vaudra de perdre son poste et de connaître la prison. Dans les dernières années de la monarchie avant la République née du coup d’Etat du 14 juillet 1958 (une date choisie en hommage à la Révolution française !), Sayyab s’écarte progressivement du parti avec lequel il rompt publiquement lors de la publication de La Prostituée aveugle (المومس العمياء) en 1954. Cinq ans plus tard, il revient publiquement sur cette rupture en attaquant, dans un journal de Bagdad, Al-Hurriya, ses anciens camarades avec une extrême violence. A la demande de Yûsuf al-Khâl (يوسف الخال), poète libanais animateur de Shi‘r – une revue où l’on s’occupait de révolution poétique en s’autorisant quelques détours dans la politique –, ces carnets sont édités sous le titre : J’étais un communiste (كنت شيوعيا : le livre a été réédité pour la première fois en 2007, chez Dâr al-Jamal).

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Voir en ligne : sur le site Culture et politique arabes

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