Manifestations populaires contre un 5e mandat de Bouteflika Déclarations des communistes algériens

, par  communistes , popularité : 8%

Au mépris des immenses marches populaires de protestations contre le 5e mandat de Bouteflika, marches qui ont rassemblé vendredi 1er mars des centaines de milliers de citoyens dans la capitale et dans des dizaines d’autres villes, le pouvoir vient d’annoncer que le chef de l’Etat impotent et muet a décidé de se représenter à l’élection présidentielle du 18 avril.

Ceux qui parlent en son nom et avec son assentiment demandent de le réélire pour lui permettre d’organiser une transition pacifique dans l’année qui suivra. Une conférence nationale confectionnera une nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum.

En réalité c’est une ruse grossière pour gagner du temps afin de conclure un nouvel arrangement avec les différentes fractions de la bourgeoisie. Se réconcilier avec celles qui se brouillées avec lui dans le partage du gâteau et mettre en place un nouveau système qui lancera dans l’union des privilégiés anciens et nouveaux en alliance avec l’impérialisme et ses multinationales, l’offensive sociale contre les travailleurs, la paysannerie pauvre, la jeunesse populaire, tel est l’objectif de ce plan de diversion et de division.

RN
05.03.19

8 mars 2019 journée internationale de luttes des femmes contre les inégalités, l’exploitation, l’oppression, le despotisme et les guerres

Ce 8 mars 2019 restera gravé dans l’histoire des luttes politiques et économiques les plus marquantes de l’Algérie.

Il coïncide avec les gigantesques manifestations populaires contre le 5e mandat de Bouteflika. Le chef de l’Etat diminué depuis 2014 est moribond, incapable de se mouvoir, de s’exprimer, de se montrer. Mais il est utilisé avec son consentement pour perpétuer les intérêts d’une infime minorité qui s’est enrichie par le vol, le pillage des richesses du pays et la sueur de la classe ouvrière et des travailleurs. La jeunesse, hommes et femmes en très grand nombre clament depuis des jours le rejet de l’équipe dirigeante, exige qu’elle dégage et qu’elle laisse au peuple le droit de choisir et d’élire démocratiquement celui qui doit gouverner le pays.

Aujourd’hui, sur tout le territoire du pays, des millions d’hommes et de femmes vont pour le troisième vendredi arpenter les boulevards, occuper les places pour obtenir l’annulation de la mascarade de la candidature de Bouteflika à l’élection présidentielle du 18 avril, obtenir la chute des brigands qui tiennent les richesses de l’Algérie dans leurs griffes.

Les femmes vont s’imposer par leur présence comme elles l’ont toujours fait aux moments les plus décisifs de l’histoire durant la guerre de libération, durant les journées mémorables du 11 décembre 1960, au cours de l’été 1962 sous le cri de « sabaa snine barakat » pour séparer les anciens frères d’armes lancés dans une guerre fratricide pour le pouvoir, durant les grands débats du printemps 1976 pour contrer les forces de la régression, dans les années 1980 quand le régime de Chadli avait imposé son « code de l’infamie », aux moments les plus dangereux lorsque dans les années 1990 les tenants de l’ordre théocratique avaient tenté de prendre le pouvoir par les armes, et ces dernières années dans toutes les actions de protestation contre l’arbitraire d’un pouvoir au service de grands nababs enrichis à la faveur du tournant en grand vers le capitalisme.

L’euphorie est s’emparée de larges catégories sociales pour faire échouer le « mandat » de la honte et renvoyer chez eux ceux qui avaient cru que le peuple et surtout sa jeunesse se laisseraient faire une fois de plus après toutes les mascarades des élections passées. Cette euphorie ne doit à aucun moment conduire les femmes travailleuses, les ouvrières, les épouses et les mères des travailleurs à faire confiance dans l’agitation des femmes de la bourgeoisie, quelles soient avec ou contre les gouvernants actuels haïs, à se laisser berner pour porter au pouvoir une nouvelle équipe, des visages nouveaux, qui perpétueront les inégalité sociales actuelles sous la revendication de « réformes » soi-disant indispensable à la prospérité de l’Algérie.

Travailleuses, ouvrières, enseignantes, infirmières et médecins, intellectuelles dévouées aux intérêts des classes sociales marginalisées sont devant un enjeu crucial en ce 8 mars : marcher la main dans main pour défendre à la fois leurs aspirations de classes et couches sociales vivant de leur travail manuel et intellectuel, créer les conditions de l’instauration d’une société sans exploiteurs, dirigée par celles et ceux qui produisent les richesses, faire régner la paix en Algérie et dans le monde dans l’union et le combat avec toutes les autres femmes de la planète souffrant sous le joug des classes possédantes, de l’impérialisme, de ses ingérences violentes.

Les enjeux actuels ne peuvent être réduits seulement à l’objectif de dégager les despotes et corrompus qui ont mis à sac le pays pour les remplacer par d’autres. Il s’agit en ces jours historiques de se battre de façon organisée, sur une base de classe, pour se faire entendre en tant qu’exploitées asservies et réduites à une vie végétative, pour que les fruits de leur participation aux luttes actuelles ne soient pas confisqués par des politiciens « neufs » au service des exploiteurs et maîtres dans l’art de duper les travailleurs et les travailleuses par des promesses mensongères.

AR
08 mars 2019

Voir en ligne : sur Alger Républicain

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