Oui, le socialisme est l’avenir du monde ! Pour les 100 ans d’octobre, des militants passionnés se réapproprient leur histoire !

, par  pamillet , popularité : 41%
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C’est toujours un pari d’organiser ces rencontres internationalistes, en tentant depuis une section locale du parti communiste, d’établir des relations avec de grands partis communistes du monde, alors même que la direction du PCF les ignore...

Mais les 120 militants rassemblés à Vénissieux ce 25 novembre ont vécu un moment exceptionnel, d’une grande richesse humaine et politique. Une conférence internationale multilingues avec traducteurs n’est habituelle pour presque personne dans la salle. Il faut un réel effort d’écoute dans cette journée dense avec plus de 4 heures d’intervention de nos invités et 2 heures de débat. Il faut remercier la qualité des traducteurs, Marianne Dunlop qui assurait une traduction simultanée du russe, Peggy Cantave-Fuyet, notre camarade franco-chinoise qui accompagnait la délégation du PCC et Lu Gao, traductrice de la délégation, qui assuraient la traduction chinoise.

La salle des 8eme rencontres internationalistes de Vénissieux (matin)

Mais cet effort d’écoute liée à la traduction permettait à chacun de prendre connaissance de ce que tous les médias occidentaux cachent, et malheureusement que notre journal l’Humanité ne contribue pas à faire découvrir. Les communistes des trois grandes révolutions qui ont marqué le XXème siècle sont fiers de leur histoire et déterminés à faire progresser le socialisme.

La situation est évidemment totalement différente entre la Russie de la restauration capitaliste, plus brutale sans doute que le furent les restaurations Françaises de 1815 et 1830, la petite ile révolutionnaire de Cuba soumise au blocus de son surpuissant voisin et devant réinventer sans cesse un socialisme à faible ressources naturelles, mais si riche de l’engagement d’un peuple admirable, et l’immense Chine qui après avoir sorti un milliard d’humains de la grande pauvreté, construit à un rythme incroyable une "société de moyenne aisance" dans son "socialisme de marché".

Les invités des rencontres et la délégation à Moscou
Autour de Michèle Picard (maire de Vénissieux)
Les intervenants : Youping CU et Zizi Li (PCC), Tatiana Desiatova (KPRF), Danielle Bleitrach (sociologue, PCF), Hervé Poly (PCF Pas de Calais)
Les traducteurs : Marianne Dunlop, Peggy Tantave Fuyet, Lu Gao (PCC)
La délégation à Moscou : Gérard Labalette, Jean Zunino, Martine Dejardin, Nacer Khamla, Pierre-Alain Millet, Serge Truscello, Carole Duperray, Aurélien Scandolara

Cet événement a eu droit pour la première fois à un article significatif du journal Le Progrès. Le journaliste nous a demandé, « mais alors quel est votre modèle de société ? ». La réponse est simple, « nous n’avons pas de modèle, le socialisme pour la France n’a encore jamais été expérimenté, et il sera aussi différent du socialisme russe que le socialisme chinois ou cubain », mais nous savons qu’il en sera aussi une nouvelle avancée tenant compte des expériences, ancré dans l’histoire de France, mais ancré aussi dans l’histoire mondiale des révolutions, et faisant progresser le monde entier vers cette fin nécessaire d’un capitalisme violent et chaotique incapable de répondre aux besoins des peuples, vers la nécessité vitale d’une autre société, une société de coopération contre la concurrence, de l’intérêt général contre les rentiers et spéculateurs, de la créativité et la culture contre les violences et les aliénations.

C’était tout l’intérêt de l’introduction de Sylvain Tessier, du journal Germinal, qui montrait avec un grand effort pédagogique, que la révolution russe, loin d’un coup momentané, était à la fois le résultat d’un long processus révolutionnaire en Russie et le début d’une nouvelle histoire en Russie mais aussi dans le monde.

Les bolcheviques ont toujours considéré la révolution Française comme l’exemple qui les avait précédé. La délégation des communistes de Vénissieux à Moscou a été surprise de voir la Marseillaise chantée de la tribune à la foule comme un chant révolutionnaire sur la place Karl Marx, mais nous savons bien que ceux qui diabolisent la révolution russe en dénonce très vite la révolution Française qui en serait la matrice.

Comme le dira Danielle Bleitrach, tout comme Robespierre a poussé jusqu’au bout la révolution Française, rendant irréversible la fin du féodalisme, la révolution d’octobre a poussé jusqu’au bout la révolution russe, rendant irréversible la fin du capitalisme. Il peut y avoir des restaurations, des échecs et des drames, mais l’histoire est en marche, et le capitalisme n’a pas d’avenir. N’oublions pas qu’il a fallu un siècle, deux empires et deux restaurations pour imposer finalement la république Française avec la 3ème république... et que si le féodalisme a disparu partout, il y a encore des rois ou reines dans la moitié de l’Europe.

La tribune des rencontres internationalistes, conclusion de Danielle Bleitrach

C’est ce que Tatiana Desiatova, représentante du parti communiste russe, nous a décrit, ces incroyables succès du socialisme soviétique qui faisaient que dans son enfance et sa jeunesse, elle vivait dans une société qui donnait le droit concret à tous à un logement, un emploi, une éducation, une santé gratuite et de haut niveau, qui multipliait les succès technologiques, culturels et sociaux, en faisant vivre dans la paix et la fraternité des dizaines de peuples de religions et d’histoire différentes... Les russes de sa génération peuvent comparer le socialisme et le capitalisme. Vu des besoins de l’immense majorité du peuple, il n’y a pas photo ! La restauration capitaliste a permis de recréer une bourgeoisie violente et arrogante qui n’existait pas dans le socialisme comme elle a créé des millions de pauvres, de laisser pour compte réduit à la mendicité et à la débrouille... Les communistes russes s’interrogent évidemment sur les raisons de la destruction du socialisme soviétique. Ils considèrent que c’est un processus long dans l’affrontement avec le capitalisme occidental et le piège qu’il a tendu à l’URSS, lui imposant la course aux armements et notamment la guerre des étoiles, tout en tentant de développer dans ses peuples le "désir" d’un mode de vie occidental qui était économiquement impossible compte tenu du niveau de développement soviétique.

Mais si la restauration capitaliste est terrible, il ne faut pas oublier que les communistes restent une force importante en Russie, qu’ils dénoncent une triche électorale sans laquelle ils seraient le premier parti du pays, qu’ils dirigent la plus grande ville de l’Est, Novossibirsk, et aussi... que le socialisme continue en Chine et à Cuba, et se cherche en Amérique Latine malgré les milices fascisantes, au Vietnam, au Népal, dans certains états d’Inde...

Les cubains sont en pleine discussion des suites du dernier congrès du parti communiste, dans un contexte marqué par les difficultés liées aux réductions économiques avec le Venezuela, aux terribles ouragans qu’ils ont connus. Ils réaffirment le choix du socialisme et de la propriété publique des moyens de productions et d’échanges, tout en cherchant leur voie dans l’ouverture économique aux échanges mondiaux et aux initiatives individuelles...

Mais c’est bien sûr le socialisme chinois qui nous interpelle tellement il marque le monde moderne de ses succès ! Certains nous disent que la Chine serait un pays capitaliste, qui plus est impérialiste, comme les autres... Quelle surprise alors d’entendre nos camarades chinois évoquer la place du marxisme en Chine, leur conception d’un développement "harmonieux" d’abord au service du peuple, et les résultats concrets pour plus d’un milliard de chinois ! Si le capitalisme était naturellement la hausse des salaires, l’amélioration des conditions de vie et de travail, le droit au logement, aux soins, aux vacances... on le saurait ! Les salaires des ouvriers chinois augmentent de manière continue et rapide, plus de 5% par an... A ce rythme, dans quelques années, ils seront supérieurs à beaucoup de salariés Français pauvres !

Et comment qualifier d’impérialiste cette presque première puissance mondiale qui n’a pas un soldat en dehors de ses frontières, qui coopère partout dans la négociation avec les états locaux, sans jamais interférer avec leur vie politique interne [1] ?

Le socialisme de marché chinois est très différent de ce qu’était le socialisme soviétique. Il a fait le choix de s’insérer dans la mondialisation capitaliste et de permettre le développement capitaliste, mais l’état reste dirigé par le parti communiste, ce qui conduit les médias occidentaux à dénoncer un dictateur chinois, nos camarades chinois insistent sur le fait que la majorité de l’économie reste publique avec le contrôle global du système bancaire...

La rencontre a permis de nombreux échanges sur la situation des travailleurs en Chine, leur lutte, leur revendications et des questions clés pour tous les communistes ressurgissent. Quelles luttes de classes sous le socialisme ? Quelle "dictature du prolétariat" ?...

Nous publierons rapidement les enregistrements vidéos et progressivement les textes des interventions, mais nous sommes aussi à la disposition de tous les communistes qui veulent organiser un débat dans leur section.

L’économiste capitaliste Francis Fukuyama avait cru pouvoir annoncer la fin de l’histoire après la destruction de l’URSS. 20 ans après, son livre pourrait faire sourire tellement il démontre l’incapacité du discours dominant de penser le monde tel qu’il est. La seule fin de l’histoire, de la préhistoire de l’humanité dit Marx, c’est la fin du capitalisme !

Vive le parti communiste !
Vive le socialisme !
Hasta la victoria siempre !

L’exposition des affiches du PCF
Des affiches historiques du PCF des années 30 aux années 60 sur le thème de la révolution d’Octobre. Merci à Frédérick Génevée et aux archives de la Seine-Saint-Denis qui ont fournis les images et autorisé l’exposition.

[1ce qu’on peut critiquer parfois tant nous connaissons le niveau de corruption de certains états !

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