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Un congrès pour l’avenir et l’unité du parti communiste

Rapport de Marie-Christine Burricand
Jeudi 21 mai 2026

Pour nous, c’est un congrès qui se passe dans une situation particulière, puisque aux dernières élections municipales, on a été battu sur la ville qu’on ne dirige plus. C’est une situation que nous n’avons jamais connue, une situation difficile collectivement et individuellement, voire douloureuse. Mais c’est une situation où nous avons été battus, mais pas défaits, avec 25 voix d’écarts seulement. Le parti n’est pas dans la nostalgie, il est plutôt au travail et à l’offensive.

Nous avons déposé un recours qui a de fortes chances juridiquement d’aboutir. Nous pourrions donc être confrontés à une élection municipale dans les mois qui viennent, donc nous nous préparons. Cela va évidemment tenir une place dans la discussion de la conférence de section, pas seulement la bataille électorale mais les raisons de la situation.

Nous allons réfléchir à comment reconquérir une confiance et un engagement plus large des habitants. Ce sera un moment de débat dans la conférence de section, un moment pour regarder l’avenir.

On aura aussi les camarades de Saint-Fons, de Feyzin. A Feyzin, les camarades ont été confrontés à la difficulté d’arriver à faire une liste, du fait de la division de la gauche. A Saint-Fons, les camarades ont vécu la perte de la ville, en n’ayant même pas pu concourir, parce que les bulletins de Christian Duchesne ont été invalidés le jour du vote. Ils se trouvent confrontés à une bataille très dure avec Adil Mebarki. A Vénissieux comme à Saint Fons, ces nouveaux maires FI ne veulent pas d’un débat politique, ils préfèrent les coups tordus.

Nous discuterons aussi de notre fonctionnement. Nous avons commencé à travailler sur des cellules depuis deux ans. Nous ferons le bilan de ce début de reconstruction, comment on peut renforcer ? Nous élirons la direction de section. Comment gagner des forces nouvelles, plus de jeunes qui prennent leur place là-dedans ? D’autant qu’on a eu dans la bataille des municipales des jeunes qui se sont engagés, qui ont été militants, qui ont pris des responsabilités. Vous direz ce que vous en pensez, discutons en dans la conférence de section.

Evidemment, cette discussion n’est pas coupée de l’état du parti aujourd’hui en France, et de l’état de la France et du monde. Nous avons notre propre responsabilité que nous examinerons. Mais c’est évidemment difficile de gérer une ville de plus de 60 000 habitants, dans un pays où le parti est sous le radar des 5%, a 7 députés seulement, cela pèse. Dans la métropole et dans le Rhône, il restait cinq villes à direction communiste jusqu’en 2014, nous restions la seule. Ce n’était pas une situation facile.

Et nous ne pouvons ignorer la crise de la gauche.Tout cela arrive dans le cadre d’une division de la gauche majeure, instrumentalisée par la France insoumise et par un certain nombre de gens qui viennent du PS, qui s’étaient macronisés, Il y a eu à Vénissieux alliance entre la France insoumise et la branche macronisée du PS. Nous avons aussi été confrontés à la crise politique et l’éloignement de la décision politique des citoyens qui s’est illustrée dans le rejet de la Métropole. L’abstention est élevée sur la métropole et la majorité métropolitaine et notamment son président qui avait voulu présidentialiser la campagne contre notre avis ont été battu sèchement par la droite, particulièrement dans l’est lyonnais, dans des villes populaires, habitées par des salariés.

La faiblesse de la gauche doit être analysée par le congrès. En 2022 comme en 2023, la gauche n’a pas réussi à gagner les élections, même en expliquant qu’il fallait battre le Rassemblement National. Et on a aussi à examiner ce qui s’est passé dans toute cette période, parce qu’on avait eu un accord qui était très coûteux pour nous. Il a donné la circonscription à la France insoumise, dont le candidat était Idir Boumertit, un adjoint de la majorité de Michèle Picard. Et cet accord s’est reproduit en 2024. Il faut savoir que le Parti communiste a reperdu des députés en 2024, et qu’il en a notamment reperdu dans les zones où cela vote beaucoup Rassemblement national. La crise politique est profonde.

En 2024, la gauche dit qu’elle a gagné, mais elle n’a pas gagné. Elle n’a pas gagné parce qu’elle n’est pas majoritaire à l’Assemblée nationale, quoi qu’on dise, et donc elle n’arrivera à faire céder ni Macron ni les gouvernements successifs de droite qui vont venir.

En même temps, la situation internationale est bouleversée, avec une montée des périls inquiétante, la guerre. En Ukraine cela dure depuis 2022. La guerre au Proche-Orient est devenue un génocide à Gaza, une chasse aux palestiniens en Cisjordanie. le Liban paie un prix lourd. Ce refus de répondre à la juste revendication des palestiniens de disposer d’une terre et d’une nation contribue au sentiment d’injustice pour toute une partie de la population, à l’affrontement entre les pays du Sud et les pays du Nord. Et puis aujourd’hui, c’est l’affrontement avec l’Iran, extrêmement dangereux ; en même temps, les États-Unis n’arrivent pas à faire céder l’Iran, qui pourtant n’a pas encore la bombe atomique.

Le premier sujet du Congrès, et notamment de la base commune, c’est de caractériser ce contexte international qui est nouveau, ce bouleversement qui montre les difficultés du capitalisme et de l’impérialisme américain,qui cherchent une issue pour eux dans la guerre, une stratégie suicidaire pour l’humanité. Il y a plusieurs pays, pas tous socialistes ou progressistes qui aspirent, avec leur peuple, à avoir leur propre développement. C’est insupportable pour l’impérialisme. La Chine prend une place nouvelle, Trump est obligé d’aller discuter avec les Chinois. Il n’a pas bien le choix !

Ce contexte national et international sera sans doute un des moments forts du Congrès. Vous connaissez le slogan, « Sortons de l’OTAN ». Aujourd’hui, non seulement il faut en sortir, mais il faut dissoudre cette alliance et chercher d’autres coopérations, d’autres liens d’amitié, de travail, etc, Nous sommes à un tournant. Nous avons su très bien mener dans les années 80 la lutte pour la Paix. Travaillons à cette bataille, la guerre coûte cher à tous les pays et peuples.Ce sont les peuples qui payent cette guerre, du point de vue de l’austérité, de la remise en cause des acquis sociaux, des acquis des travailleurs, etc.

La France se trouve dans une situation très difficile, dans la mesure où des pans entiers de notre industrie, de notre savoir-faire, de nos technologies, ont été sacrifiés sur l’autel du profit pour l’essentiel financiarisé. Nous avons un pays à reconstruire, c’est une première question à débattre. La deuxième, c’est la crise sociale et la crise politique profonde. La misère qui grandit, les inégalités n’ont pas cessé de s’approfondir. Entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres. c’est toujours un plus grand écart. Sans réponse collective, c’est le chacun pour soi.

Nous avons rencontré très peu de gens qui critiquaient le bilan global de la ville, du point de vue des services publics. des services à l’enfance, des services aux personnes âgées, des équipements, les transports… En même temps, il y a des gens qui disent « moi, j’ai tel problème, j’ai tel autre problème, et vous ne l’avez pas résolu. Le mien de problème. ». Cet individualisme monte. Et je donne mon avis maintenant qu’on a un peu de recul. J’ai le sentiment que le vote qui a conduit à la victoire de cette liste est un vote d’opportunité, pour ne pas dire un vote opportuniste. Il y avait sans doute des gens qui avaient envie de changer et des gens qui avaient envie de nous dégager. Mais je crois qu’il y a des des gens qui se sont dit « Ouais, finalement, si ça change un petit peu, peut-être qu’on pourra gagner un petit peu. ». Il y avait la possibilité de le faire sans que ça soit à la droite. Pourquoi on ne le ferait pas ? Mais les opportunités, elles fondent parfois assez vite.

En tout cas, nous sentons bien cette crise sociale, et là-dedans, nous avons besoin d’unir. Il faut aider à dépasser tout ce qui divise, et notamment les questions d’origine, les questions de religion, les questions de racisme, Il faut unir dans monde du travail mais aussi dans la ville et de ce point de vue là il y a peut-être une bataille qu’on doit un peu plus mener qu’on l’a fait pendant les élections où nous ne voulions pas mettre la gauche à feu et à sang en se disant il ne faut pas insulter l’avenir.

C’est insupportable quand Mélechon dit que que ce n’est pas la peine d’aller chercher les ouvriers blancs parce qu’ils votent RN et qu’il prend ainsi les quartiers d’immigration en otage. De ce point de vue-là, je pense que la tribune de Roussel, « La France n’a qu’un seul peuple », revient sur ces questions de fond. Faisons la connaître. Nous avons bien fait, de commencer à aborder ces questions dans nos tracts. Parce qu’on ne peut pas se laisser aller à cette espèce de division de la population qui ne conduira pas à la victoire de la gauche, mais profite au RN et empêche de se poser les vraies questions qui sont celles du changement de société.

La transformation révolutionnaire de la société vient fort dans la base commune, dans d’autres textes aussi. Au 38e congrès, nous opérons une réorientation du Parti communiste, suite au texte Le Manifeste qui va rassembler plus de communistes, et c’est sur ce texte-là que va se faire le 38e congrès. Ce congrès décide d’affirmer l’existence du Parti communiste, de présenter des candidats à toutes les élections, et de relancer le projet communiste. Le 39e continue de développer cette ligne, en travaillant sur deux choses, la nécessité de reconstruire le parti communiste et le projet. Nous avons beaucoup travaillé les questions programmatiques au 39e congrès. Nous avons sorti le Plan climat qui posait aussi la question de la réindustrialisation, du nucléaire pour décarboner, en allant sur la réindustrialisation du pays en même temps. Parce que pour arrêter le réchauffement climatique, il faut une énergie décarbonée. Nous avions commencé à aborder la réindustrialisation du pays, et notamment les questions de la sidérurgie, de la question du médicament. C’était le 38e et 39e congrès.

Une question est beaucoup venue dans les débats dans cette période, c’est de mieux caractériser le processus de transformation de la société. Si vous vous rappelez bien, jusqu’aux années 90, on parle de socialisme. À partir des années 90, on commence à parler de communisme déjà là, et on ne parle plus de socialisme. Sauf que 30 ans après, le communisme, il n’est pas là. Comment dire ? Non seulement il n’est pas « déjà là », mais la place des acquis communistes dans la société française, comme la sécurité sociale, par exemple, se trouvent remis en cause. La question est posée dans au moins trois textes de congrès, et particulièrement dans la base commune.

Comment caractériser ce moment de construction de la sortie du capitalisme, ce moment où le capitalisme est toujours là, où on se bat, etc. La base commune considère que le terme qui correspond le mieux, c’est le terme du socialisme. On a beaucoup développé l’humain d’abord, le projet de gauche. Il est peut-être temps de développer le projet original du socialisme, d’affronter le capitalisme et de créer les conditions d’une transformation révolutionnaire de la société. Qui possède les moyens de production, les gère, décide, quel rôle de l’État. Ce dernier point suscite beaucoup de discussions, parce qu’on ne veut pas de l’étatisme, mais on ne pense pas non plus qu’il faut laisser les ouvriers seuls régler le problème du rapport de force dans les usines, dans le pays, si le capitalisme continue d’avoir les manettes et les pouvoirs de décision. Ce sont des questions importantes posées dans le Congrès.

Une autre question vient, dans la suite du 39e congrès, mais peut-être avec une exigence supérieure, c’est celle de l’organisation du parti. Pendant quasiment 20 ans, l’organisation du parti n’était pas centrale. Nous avons passé beaucoup de temps à chercher comment on pouvait être dans des rassemblements, dans des mouvements, etc. Il y a même des camarades à un moment pour qui, militer c’est devenu participer à des réunions de tous les partis où on rencontre d’autres militants. Mais en fait quand on fait ça, on ne va pas voir les gens, le peuple, les gens, les travailleurs, etc.

Enfin, nous déciderons de notre positionnement à la présidentielle. La base commune propose d’avoir un candidat à l’élection présidentielle, et de décider ensemble du contenu et du sens de cette candidature en lien avec le socialisme.

Ce qui la différencie des autres textes, c’est qu’elle est commune, c’est-à-dire qu’elle est écrite par une délégation du Conseil national, où il y a une diversité de membres du Conseil national. Donc évidemment, cette base commune, elle est le résultat de gens qui discutent et qui écrivent, et qui au départ partent parfois d’un avis différent. C’est plus facile d’écrire ce qu’on pense seul, que d’écrire ce qu’on pense avec d’autres. Mais elle est commune et a été adoptée par le Conseil National et peut être très facilement amendée. Cette base me paraît être le meilleur outil de travail. Ensuite il y a des camarades qui ont choisi de poser des tests alternatifs, trois, dont « communistes à l’offensive » en opposition avec « communistes de conquêtes » et l’orientation du 38e congrès. Il y a deux autres textes, « Stratégie communiste ». et « Résister et construire ». Je pense que ce qui est écrit dans ces textes pouvaient se traiter par des motions et par des amendements à la base commune.

C’est pourquoi, beaucoup d’entre nous ont participé une contribution qui s’appelle « Face aux guerres impérialistes et à la crise systémique du capitalisme, à l’offensive pour poursuivre la reconstruction du PCF » signée par plus de 350 camarades. L’unité du parti et de de ceux qui avaient fait le manifeste est essentielle, la base commune doit permettre de rassembler. Le vote sur les textes aura lieu les 5, 6, 7 juin. Ensuite, les 12-13 juin, ce sera la conférence de section à Paul Langevin. Le 19-20, ce sera la conférence fédérale où on aura 13 délégués, voire 14. Enfin, les 3, 4, 5 juillet ce sera le congrès à Lille. Il faut quand même être attentif à toutes ces dates, notamment la conférence de section.

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