Retour sur les élections à Hénin-Beaumont vu du côté PCF

, par  communistes , popularité : 9%

La mobilisation des communistes de toute la Fédération du PCF du Pas-de-Calais avec ceux de la ville a contribué de façon importante à barrer la route au Front national en faisant élire au deuxième tour la liste du divers gauche Daniel Duquenne contre l’héritière Le Pen. Dans une ville où l’influence du Parti, mesurée à l’aune des résultats électoraux, s’est élevée à 8,82% aux récentes européennes (11,04% en 2004).

Comme les dirigeants de la Fédération ne manquent pas de le relever, l’avertissement demeure entier dans une cité durement frappée par la « crise » économique quasi permanente depuis trois décennies et par une crise politique aigüe liée à la faillite et aux malversations supposées de la municipalité de l’ancien maire PS Dalongeville, aujourd’hui en prison.

Aux européennes, l’abstention a atteint 65% du corps électoral, 39% seulement au 1er tour des municipales. Ici, dans l’ancien bassin minier, encore plus qu’ailleurs, développer cette perspective nationale de résistance et d’alternative politique, dans la clarté, que doit porter le PCF est essentiel.

Beaucoup d’observateurs en France, notamment de camarades dont l’attention s’est trouvée attirée par ce scrutin partiel particulier, se sont étonnés de la présence des candidats communistes sur la liste « gauche plurielle, PS-PC-MRC + Modem ».

A y regarder de plus près, ce choix est même doublement déroutant. D’abord, pourquoi accepter l’alliance avec le Modem, dès le 1er tour en plus ? Comme alternative de gauche au FN, on ne saurait donner un plus mauvais signe. Ensuite, la liste était conduite par Pierre Ferrari, ancien colistier et adjoint PS jusqu’en 2008 du maire aujourd’hui incarcéré. Pour montrer une rupture avec la situation antérieure pourrie, on ne pouvait faire pire.

Ce choix s’est soldé par l’élimination de toute représentation du PCF au Conseil municipal. La liste Ferrari est en effet arrivée troisième, derrière celle du FN et celle de Duquenne, ancien PS lui-même, mais qui s’était élevé bien plus tôt contre la gestion pourrie de Dalongeville jusqu’à se présenter contre lui en 2008. Duquenne a refusé la fusion des listes.

La lecture du blog de David Noël, chef de file des candidats PCF et jeune secrétaire de la section d’Hénin-Beaumont, loin de justifier la situation pour des communistes « normalement formés », ne peut que les sidérer sur la conception retenue du combat politique.

Sur l’alliance avec le Modem, on peut lire :

« 99% des militants qui s’engagent en politique sont des gens honnêtes… S’engager, agir, c’est la même démarche intellectuelle qui amène un citoyen à s’investir au Parti communiste, au MoDem, dans un syndicat, dans une association caritative ou dans sa paroisse ».

Sic !

Sur la présence et le maintien tardif comme adjoints du maire Dalongeville qualifié pourtant de « crapule », non seulement de Ferrari mais aussi de David Noël, ce dernier s’explique ainsi que son soutien à la liste de Dalongeville en 2008.

Ce n’est pas à nous de juger des réalités locales mais les explications de David Noël nous laissent pantois :

« Ce n’est pas nous qui avons fait réélire Dalongeville en mars 2008, c’est son clientélisme, et il aurait sans doute été réélu sans nous.
En 2008, partir dans une quadrangulaire sur la liste du Club des 5, c’était offrir la mairie soit au FN, soit à Dalongeville et son clan. Partir en triangulaire avec l’AR, c’était prendre le même risque, alors oui, nous avons fait de l’entrisme.
Regardez ce que font les trotskistes en 1934. Face au danger fasciste, à la demande de Trotsky lui même, ils ne deviennent pas socialistes, mais ils entrent à la SFIO, s’y constituent ouvertement en fraction, grossissent en attirant à eux de nouveaux sympathisants et quittent le parti socialiste en 1937-38 au moment où ils sont exclus pour fonder un parti trotskiste indépendant, mais le passage à la SFIO leur a permis de tripler leurs effectifs.

C’est, toute proportion gardée, la stratégie menée en 2008 par le MJS et le PCF pour couper Dalongeville d’une partie de ses réseaux et pouvoir le battre, ce que nous voulions faire en lien avec l’Alliance Républicaine. Faire de l’entrisme, ce n’est pas capituler et cautionner ! Je ne suis pas trotskiste, mais sur le coup, nous avons adopté une stratégie entriste. L’entrisme, ça se définit par deux choses : vous vous constituez ouvertement en fraction (sans jamais dire que vous préparez votre sortie, évidemment !), vous cherchez à attirer à vous les adhérents de l’organisation dans laquelle vous entrez et vous avez prévu, dès le départ, que vous seriez exclu et qu’il faudrait sortir.

Rendez-vous à l’évidence, nous n’avons pas été dalongevilliens, nous avons fait de l’entrisme pour mieux combattre Dalongeville et nos nombreuses déclarations critiques sont là pour le prouver ! Que nous reprochez-vous ? De ne pas avoir dit expressément à la presse que nous faisions de l’entrisme ? Mais ça ne se dit pas, sinon, on vous empêche d’agir !
Nous accuser de complicité, c’est comme accuser Trotsky en 1934 quand il conseille aux trotskystes de créer une tendance bolchevik-léniniste au sein de la SFIO d’être devenu réformiste !
Je laisse travailler la nouvelle équipe et ne vous inquiétez pas, je réagirai quand il le faudra. Mais je ne laisserai personne dire que j’ai été un complice de Dalongeville, parce que c’est malhonnête et mensonger.
Quant à la question des connivences AR/FN, je vois qu’encore une fois, vous bottez en touche et que personne de l’AR ne veut reconnaître que c’était une faute politique, mais c’est devenu une habitude ».

Ce n’est pas dans les écoles du Parti que l’on apprenait, en partant de ses aspirations à combattre le capitalisme et ses valets, à faire de la politique comme cela !
Au 34ème congrès, David Noël était l’un des 1ers signataires du texte alternatif mystérieux piloté par le groupe « La Riposte » d’obédience trotskyste et de pratique entriste revendiquée.
On notera que la socialiste, ex rocardienne, qui se présente aujourd’hui comme l’aile gauche du PS, Marie-Noëlle Lienemann, parachutée de l’Essonne dans le Pas-de-Calais il y a quelques années, s’est bien gardée de se fourrer dans le guêpier de 2009 après avoir été 2nde de liste de Dalongeville en 2008. Dans les jeux politiciens, elle a davantage d’expérience !

Le scrutin partiel d’Hénin-Beaumont a une valeur d’avertissement national aussi pour le PCF, et une valeur d’avertissement local !

Voir en ligne : lu sur le site vivelecpf

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