UN PARTI - COMMUNISTE - PAS COMME LES AUTRES EST NECESSAIRE par Laurent Gonon

, par  communistes , popularité : 9%

Nous avons montré, dans notre
précédent article, comment la
souveraineté des communistes de
la 11e circonscription du Rhône avait été
bafouée lors des législatives du printemps,
pour imposer l’effacement du parti
communiste dans le scrutin, au seul profit du
parti socialiste. Plus que jamais dans la
situation présente s’impose le débat sur la
nécessaire existence d’un véritable parti
communiste, fonctionnant démocratiquement,
indépendamment des alliances
électorales de circonstance.

Nous avons besoin de faire la clarté sur ce
qui fait notre spécificité : la défense des
intérêts de classe des exploités, contre
leurs exploiteurs
. Et pour cela il faut
mobiliser pour un changement de société, la
suppression de l’exploitation de l’homme par
l’homme ; plus que jamais d’actualité avec la
mondialisation capitaliste. C’est la raison
première qui conduisit à la rupture de Tours,
en 1920, avec la Social-démocratie qui avait
sombré dans l’Union sacrée de 1914.
Depuis, certains, pour mieux appuyer leurs
desseins, prétendent que la rupture s’est faite
sur les “21 conditions”. Je n’ignore pas
qu’elles furent versées au débat, mais elles
ne furent pas la cause unique de la rupture
révolutionnaire. Je possède les dernières
lettres de mon grand père, tué le 15 mai
1915 dans les tranchées de N.-D. de Lorette
(62). Il ne parle pas des 21 conditions de
Lénine, il n’en était pas encore question,
mais il aspire - admirateur de Jaurès et de la
Commune de Paris - à une organisation
ouvrière qui combatte les coffres-forts et les
marchands de canons. Cependant, pour des
changements politiques fondamentaux, il ne
suffit pas d’avoir de bonnes idées, pas
comme les autres, mais de les faire partager
par les couches populaires, dont elles
représentent les intérêts.

Le récent rapport de l’INHES, sur les
relations entre la police et la population en
Seine-Saint-Denis, note fort à propos que
l’une des racines du conflit est à chercher
dans “ l’affaiblissement du Parti communiste
, dont le 93 fut un bastion, “ et son
réseau associatif actif ”
… De nombreux
sociologues ont déjà relevé ce parallélisme.
Les militants communistes dans les quartiers
constituent pour la population un moyen
permanent de contestation, de proposition et
d’organisation de résistance collective. On
l’a vu encore récemment dans le quartier des
Vernes à Givors, où, à l’initiative de la
cellule communiste, nous avons exigé, et
obtenu, avec la population (500 signatures
recueillies en dix jours), la réinstallation
d’une boite aux lettres. Si nous avons encore
un bureau de poste dans le quartier, nous le
devons sans doute à cette capacité
mobilisatrice.

Il faut insister sur cette question de
l’organisation communiste
, qui semble
évacuée une fois de plus des débats. Depuis
plusieurs congrès, le Parti communiste a
décidé de réduire son implantation de base.
Les “ réseaux ? ” se sont substitués aux
“cellules ”, qui avaient fait leur entrée dans
le Larousse depuis longtemps, solidement
implantées dans les entreprises, les quartiers
et villages (l’un des acquis du congrès de
Tours, distinguant ce parti de la socialdémocratie).
Elles participaient à la
circulation sanguine du parti révolutionnaire,
constituaient le coeur de la capacité de
mobilisation et de résistance politique de la
population laborieuse. On a liquidé le
centralisme démocratique, les cellules
“faisaient trop prison”, les sections “trop
organisation militaire”
. En réalité, on n’a
plus ni organisation, ni même souvent de
démocratie, comme on vient de le voir pour
les élections à Givors. Les adhérents doivent
se battre pour obtenir leur carte - il n’y en a
désormais plus d’annuelle - et leurs timbres
de cotisations. Comme si nous en avions
trop ! Alors que les autres tentent de recruter
à tour de bras, à 20 euros la carte.

Il est indispensable que les adhérents
retrouvent leur souveraineté
, avec des
organisations de base implantées dans les
entreprises, grands magasins, bureaux et
administrations, dans les quartiers et
villages, organisées dans l’action pour la
défense des intérêts des salariés et des
populations de leur environnement et pour la
promotion d’une société nouvelle, libérée de
l’exploitation.

La forme parti, loin d’être dépassée, comme
le suggèrent certains, doit s’imposer comme
système démocratique d’organisation de
l’action de masse pour des changements
politiques dans ce pays. Si les travailleurs
devaient en être privés, ce serait pour le plus
grand profit de leurs exploiteurs. Le culte de
la spontanéité a suffisamment porté
préjudice au mouvement ouvrier et
démocratique pour que l’on s’en défie
aujourd’hui. Les communistes ne peuvent
laisser le champ libre aux interprétations
laissant place aux déviances initiées en leur
nom et à leur préjudice.

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