Un marx et ça repart... près de 100 personnes avec Boquet et Gerin à vénissieux

, par  pamillet , popularité : 3%

Alain Boquet.. un dirigeant communiste discret au CV pourtant impressionnant :
- responsable des cadres au bureau politique au moment du passage de Marchais à Hue,
- maire réélu avec 70% dans une ville prise à la droite,
- responsable du groupe communiste à l’assemblée,
- ancien secrétaire fédéral de la puissante fédération du Nord...
- ...

Après des années d’hésitation et une longue gestation, il vient de publier un livre qui peut être le support d’une embellie pour les communistes, le début d’une histoire de reconstruction du parti communiste

Il était accueilli à Vénissieux par André Gerin qui l’avait invité pour venir présenter son livre. Les deux députés qui se côtoient depuis longtemps sur les bancs de l’assemblée se connaissent bien...

Ils étaient accompagnés à la tribune par Serge Truscello, secrétaire de section PCF de Vénissieux et délégué syndical de l’usine Bosch, Marie-christine Burricand, conseillère générale du canton de Vénissieux sud, et Michèle Picard, maire de Vénissieux et député suppléante.

André dira en introduction combien ce livre était attendu, et combien, comme beaucoup d’autres, il avait souhaité depuis longtemps qu’Alain Boquet s’exprime. Alain commencera son introduction en soulignant que son livre arrivait sans doute au bon moment, en dehors des périodes électorales ou de congrès, et qu’il était porteur de sa manière d’être un dirigeant communiste, tentant de faire vivre sa "famille", pourtant très éclatée... Visiblement, son expérience de responsable des députés communistes l’a marqué.. confirmant ce qu’on savait plus ou moins... sur de nombreux projets de lois, notamment sous le gouvernement de gauche plurielle, les députés communistes étaient divisés, parfois sur des positions diamétralement opposées !

Il présentera son livre qui réunit trois parties, une histoire du parti communiste à travers sa trajectoire personnelle, une interview sur la situation politique et son origine, enfin des témoignages recueillis de personnalités diverses... Son livre retrace ainsi sous différentes formes trois questions clefs qu’il a présenté avec simplicité..
- le marxisme est indispensable pour décrypter le monde d’aujourdh’ui et si nous avons été pendant 20 ans sous le choc de l’écroulement de l’URSS, la crise du capitalisme nous montre combien le point de vue communiste est nécessaire et actuel...
- pour celà, il faut une organisation, un parti communiste !
- enfin, il faut pour les communistes trancher un vieux débat entre union au sommet et rassemblement populaire.

C’est sur ce dernier point que l’apport d’Alain Boquet est sans doute le plus original et utile aux communistes, surtout pour tout ceux qui partagent ses deux premières affirmations !

Car la question de l’union est posée depuis toujours au parti communiste, et les deux grandes expériences historiques "réussies" pour les communistes peuvent être vues comme deux réponses stratégiques différentes. Le Front populaire qui était d’abord un mouvement social mais qui est souvent présenté comme une forme d’union de la gauche. Et la référence à 36 a été un élément clef de l’analyse que le PCF a fait du retour du général de Gaulle en 58, le présentant comme un fascisme contre lequel il fallait choisir l’union pour retrouver une forme de front populaire... Sauf que cette union posée comme un préalable au rassemblement allait être une union de sommet, qui allait conduire les dirigeants communistes à proposer un inconnu, François Miterrand comme candidat unique aux présidentielles, car.... il n’était pas socialiste !

Et après des années de bataille pour le programme commune, cette stratégie s’est révélé une stratégie de sommet, qui a installé des ministres communistes pris au piège d’un capitalisme en pleine forme, sans un mouvement populaire suffisament autonome et organisé pour bousculer l’ordre établi... Et tout communiste sait que l’ordre établi ne peut pas se bousculer d’en haut !

Or, l’expérience de la résistance montre une autre stratégie possible, qui a été historiquement le moteur de la plus grande transformation sociale et politique de la France depuis la révolution française... Car avec un parti interdit, des dirigeants chassé, une organisation défaite, des militants communistes ont choisis partout la résistance, rassemblant sans aucune exclusive, sans visée électorale, sans étiquettes, des gens de droite et de gauche, des chrétiens, des protestants, des juifs, des athées... tout ceux qui voulaient entrer en résistance ! Et ce rassemblement populaire construit d’en bas, est devenu un rassemblement majoritaire, si fort qu’il a joué un rôle essentiel dans la libération nationale, qu’il s’est imposé à tous, y compris aux USA, et qu’il permis la mise en œuvre large du programme du conseil national de la résistance...

Ce que la droite défait aujourd’hui, ce sont les acquis de ce mouvement populaire construit par les communistes dans la résistance..

Et Boquet conclura en constatant qu’aujourd’hui, nous sommes dans une guerre mondiale plus meurtrière que les précédentes à l’échelle de la planète, ce qui veut dire que la question la plus importante pour les communistes, c’est celle de la résistance, et du rassemblement sans exclusive contre les drames de ce capitalisme du désastre, comme le dira Gerin.

Impossible de retracer la multitude d’anecdotes ou de bons mots de ce député jovial et populaire... à chacun d’aller lire le livre pour découvrir les coulisses de la nomination de Robert Hue par Marchais (après avoir misé sur Fiterman, puis Gayssot, il fallait tenter de ramener des élus qui avait tendance à s’éloigner...)... " 20 ans après, qui est où, et où est qui...?"...

L’introduction était passionnante, et personne n’a vu le temps passer, mais à vrai dire, le temps a manqué car la discussion n’a fait que commencer...

De premières questions ont permis à Alain Boquet de préciser son point de vue sur 1958, les élus, la possibilité de rassembler les communistes... et de confirmer avec son sens aigu des formules qu’il avait effectivement répondu qu’il pouvait être candidat aux présidentielles si les communistes le lui proposait. Il précise malignement qu’il l’a fait pour rappeler à ceux qui pensent qu’une candidature communiste est désormais dépassée que la question serait posée ("tatie, je suis là")

Bref, un livre à faire connaitre, et surtout, à utiliser dans la discussion pour l’avenir du parti communiste

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