les tâches pour reconstruire... Rencontre nationale des 31/08 et 01/09

, par  Jean-Pierre Merlo , popularité : 4%

Je ne pense pas pouvoir participer à cette rencontre à cause des dates.

Je voudrais faire part de quelques remarques.

Tout d’abord je ne pense pas que nous devions à tout prix revenir aux symboles du passé pour parler de révolution aujourd’hui. Nous avons à comprendre et à apprendre de ce qui s’est passé depuis 1917 mais nous n’avons pas besoin d’icônes pour celà. En particulier croire que d’afficher partout la faucille et le marteau redorera le blason du communisme est erroné. Ce dont on a besoin c’est de propositions concrêtes tenant compte de ce que nous avons appris du passé et tournées vers l’avenir.

La direction du PCF doit reconnaitre clairement que la stratégie poursuivie pour les dernières présidentielles était erronée. Si Sarkozy a gagné c’est parce qu’il n’avait en face de lui que des propositions inapplicables aussi bien à court qu’à moyen terme par un pseudo camp antilibéral où chacun s’amusait à jouer perso. Et c’est au niveau de propositions offensives que la bataille peut se jouer. Y compris au niveau des institutions où il faut se battre résolument contre le scrutin présidentiel antidémocratique, et pas en le cachant à la fin d’un alinéa à la 65ème page d’un programme écrit en petit (pour plaire à quelques partenaires antilibéraux ou trotskystes ?).

Tout d’abord il nous faut recoller au monde du travail. La séparation entre le monde syndical et le PCF est gravissime. Si dans le passé nous avons eu tort de trop influencer la CGT, aujourd’hui par réaction une barrière est érigée entre le militant syndical et le militant politique parfois au sein de la même personne. Celà contribue à nous couper durablement des salariés. Le PCF n’est plus représentatif des salariés et encore moins des ouvriers. Sans faire preuve d’ouvriérisme on peut se demander ce qu’est devenu le "parti de la classe ouvrière". D’ailleurs à lire nombre d’experts y compris ceux intervenants dans l’Huma on peut se demander si la classe ouvrière existe encore. Combien de cadres du parti sont ouvriers d’origine ?

Une analyse historique sérieuse du communisme depuis 1917 est nécessaire.
Nous avons à inclure la démocratie dans nos critères révolutionnaires (un peu comme le recommandait Rosa Luxembourg à Lénine en 1918). Construire le socialisme et le communisme en marchant avec le peuple c’est ce que disent vouloir faire plusieurs pays d’Amérique latine.

Nous avons aussi à ne pas confondre socialisme et communisme. Le socialisme est toujours une société marchande où l’Etat a un rôle et où l’on ne peut pas tout nationaliser. Le capitalisme mondialisé d’aujourd’hui est bien différent de celui du début du 20 ème siècle, la spéculation financière y est devenue gigantesque et porteuse de désordres à commencer pour les marchés financiers eux mêmes. On doit aussi différencier notre discours sur l’actionnariat : ne pas confondre petits et gros actionnaires. Les petits y voyant une épargne ou une solidarité pour les mutualistes et les gros un moyen d’asseoir leur puissance financière et de spéculer.
En France et en Europe aujourd’hui nous avons à définir ce qui doit être absolument être du domaine public : éducation, formation et recherche, santé, production et distribution de l’énergie et de l’eau, transports, administrations, police et armée. Les droits au logement, à la formation , au travail et aux loisirs doivent être garantis à tous et pas seulement avec des mots. Nous avons à reconnaitre la place du secteur privé et ne pas apparaitre comme les ennemis de l’industrie, des PME, des artisans, des paysans ou des professions libérales.
Sur le développement industriel s’il faut combattre résolument les gaspillages d’énergie, la pollution et l’appel à la surcosommation évitons de partir dans de grandes batailles perdues d’avance contre le progrès technologique, le nucléaire ou les OGM pour plaire à quelques partenaires du moment.

Il faut en finir avec l’hypocrisie dans les relations internationales. Le capitalisme occidental saigne les autres pays et se lamente sur la misère du monde et y envoie quelques ONG dévouées pour panser les plaies qu’il a créées. Les gouvernements occidentaux, russe et chinois qui les imitent ont un discours contre les guerres et exportent des armes en masse : plusieurs % du PNB de ces pays proviennent du commerce des armes.

Enfin bien sûr nous avons à redonner vie à la formation des militants en organisant des écoles à tous les niveaux. Ne plus s’interdire de parler de philosophie, de marxisme, d’histoire et d’économie entre militants comme celà semble devenu à la mode. Redonner vie aussi au travail théorique que l’on ne saurait dévoluer à quelques experts universitaires ou chroniqueurs.

Voilà quelques unes des pistes que nous avons à aborder dans la clarté.

Jean-Pierre

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