Rencontre de Marseille

A force de questions complexes…

Intervention de Marie-Christine Burricand
Juin 2008

Intervention de Marie-Christine BURICAND à la rencontre de Marseille du 7 juin.

De nombreux communistes restent sur leur faim au vu du rendu du travail des ateliers.

Trois remarques préalables :

  • Nous ne pouvons pas renvoyer sans cesse sur les autres nos propres responsabilités.
  • A force d’agiter la complexité, nous finissons par nourrir l’idée que la révolution c’est vraiment trop compliqué !
  • Quel est le statut de l’intervention de ce matin de Patrice Cohen-Seat qui revient sur l’abandon du mot communiste alors que les communistes ont majoritairement exprimé l’avis inverse à l’assemblée extraordinaire de décembre ?

Le leimotiv « la gauche n’a pas de projet  », finit par devenir contre-productif et ne permet pas aux citoyens de comprendre vraiment ce qui se passe. La gauche n’a pas de projet parce qu’elle s’est installée dans l’alternance et est plus préoccupée de la place dans les institutions que du changement révolutionnaire. Ainsi, le PS propose l’adaptation au capitalisme, le PC n’a pas le courage de porter les ruptures nécessaires et les batailles qui en résultent, la LCR tente d’occuper le terrain de la radicalité ainsi laissé libre.

A toujours renvoyer à la gauche, nous n’en finissons pas d’apparaitre comme une force d’appoint et les gens nous le rendent bien. Cf l’écart entre nos résultats locaux et nationaux.

Enfin, nous continuons à faire l’impasse sur les conditions de la prise de pouvoir dans un pays capitaliste développé que nous réduisons aux élections, en laissant de côté la question des luttes sociales et la nécessité d’un parti révolutionnaire ancré sur le terrain capable de mener la bataille idéologique, l’action, de porter la solidarité, un parti qui permette au peuple d’être « armé  » face au capital.

Au delà des déclarations de principe, que répondons-nous à ceux qui nous demandent ce que nous ferions si nous étions aux manettes ?

Quelques exemples :

  • Est ce que nous déciderions l’appropriation collective de moyens de production, lesquels, dans quelles conditions et à quels rythmes ?
  • Est ce que nous refuserions d’appliquer les directives européennes ?
  • Est ce que nous déciderions la réquisition ds logements spéculatifs libres et le blocages des loyers à 10% du salaire ?
  • Est ce que nous passerions des accords avec le Vénézuela pour l’achat de son pétrole ?

Vos réactions

  • jef 14 juin 2008 11:05

    L’exposé est pertinent. Le cœur du problème demande certainement à être discuté. Le capitalisme dispose d’armes diversifiées : TF1, Monsanto, la guerre nucléaire. L’arme principale du capitalisme est surtout sa religion : le culte du veau d’or. Le communisme peut permettre au peuple de s’armer. Depuis l’avénement de la bourgeoisie, la nature du problème reste identique : interdire l’existence de toute classe dominante constituée d’exploiteurs, d’affameurs. Le processus de négation du capitalisme est à enclencher de manière pratique, irréversible.