Visio-conférence du 11 décembre 2020 à 18h

Pourquoi cette rencontre ce soir sur la politique et les quartiers populaires ?

Introduction de Marie-Christine Burricand et compte-rendu vidéo
Décembre 2020

Intervention le 11 décembre de Marie-Christine Burricand sur le thème de la politique et des quartiers populaires

Pourquoi cette rencontre ce soir sur la politique et les quartiers populaires ?

La réponse tient au 38éme congrès quand les communistes ont analysé ainsi la situation « « Affaiblis dans notre organisation et notre activité sur les lieux de travail et les quartiers populaires, nous sommes en difficulté pour travailler à unir le salariat dans sa diversité et faire progresser sa conscience de classe, pour nourrir le mouvement populaire de nos idées. » et décidé d’affronter la reconstruction nécessaire de leur organisation et la transformation révolutionnaire , je cite encore : « il nous faut un parti dont le rôle est d’identifier au cœur du combat de classe les leviers et les obstacles pour ouvrir des perspectives de changement, un parti révolutionnaire, un parti qui se fixe comme objectif la maîtrise des enjeux, des rapports de force par le plus grand nombre pour faire avancer des idées et des orientations communistes capables de faire reculer les idées dominantes… Cela implique une organisation de proximité qui fait de la politique partout, des quartiers aux entreprises, une organisation qui développe dans la société, dans les mouvements populaires, le travail d’analyse et d’élaboration politique, théorique, les échanges nécessaires, une organisation qui travaille en direction de toutes les couches sociales en proposant des axes programmatiques et en développant l’éducation populaire. Montrons que notre objectif est de permettre à chacun de prendre en main son avenir, de maîtriser le processus révolutionnaire. »

En trois mots : Nous voulons travailler à l’unité du salariat contre le capital dans l’entreprise et dans la cité, nous ne ferons pas la révolution en laissant de côté les citoyens qui sont les plus exploités et privés de droits essentiels, d’abord celui de vivre dignement, et nous partageons cette citation célèbre de Lénine « La cuisinière doit pouvoir diriger les affaires de l’état ».

Les derniers mois sont venus renforcer notre détermination .Les élections municipales ont confirmé l’ampleur de la crise démocratique, le divorce entre les habitants de ces quartiers et les institutions avec des taux d’abstention toujours croissants, parfois au-delà de 70 % qui n’épargnent pas le PCF. Cette abstention est un poison pour la démocratie, elle autorise les pires aventures, celles de ceux qui achètent les votes, promettent ce qu’ils n’ont pas, transforment un geste d’engagement politique en un geste de soumission au plus riche, au plus fort au meilleur chef ou patron , tuant le débat d’idées. Le socle social d’un fascisme renouvelé n’est pas que chez Marine Le Pen, il est aussi dans cet abaissement de la vie politique .

Enfin, si jamais nous l’avions oublié, les habitants des quartiers populaires paient le prix fort à la crise sanitaire, économique et sociale. Ils sont les plus touchés par la précarité, l’alternance travail/minima sociaux et ils sont en même temps les premiers de cordée , ceux qui font tourner le pays mais aussi les premiers exploités. Ouvriers du bâtiment, ouvriers d’usines, employés de la grande distribution, livreurs, caissiers, magasiniers, personnels de l’aide à domicile, des EHPADS et de la santé, employés des sociétés de sécurité, ils sont au cœur des besoins, de l’exploitation et des profits.

Ce gouvernement veut leur faire payer la note et lorsque Véran parle de solidarité, c’est encore le porte monnaie du peuple qu’il vise, je le cite « La démagogie, ce serait considérer que la pauvreté serait l’affaire du Gouvernement ou d’une politique. La pauvreté est l’affaire de tous. » La leçon est bien apprise, faisons payer les plus nombreux, les plus pauvres et surtout ne touchons ni aux riches, ni aux possédants, ni au système qui engraisse si bien quelques uns.

Quelques chiffres résument la situation : 42,2 % des habitants de ces quartiers vivent en dessous du seuil de pauvreté ,contre 14,3 % sur le reste du territoire national. 29,3 % des lycéens s’y orientent en filière générale au lycée, pour 39,7 % dans toute la France. 25 % des habitants de ces quartiers disent se sentir en insécurité, au lieu de 13 % à l’échelle nationale. Le taux de chômage est de 24,7 %, au lieu de 9,2 % pour toute la France. Et bien sur la situation s’aggrave puisque dans les derniers mois, un français sur trois a subi une perte de revenu ;29 % n’ont pas les moyens de consommer tous les jours des fruits et légumes. 300 000 personnes sont sans abri. 44 % des parents pensent que leur enfant a pris du retard à l’école pendant le confinement et 25 % des ouvriers qu’ils auront beaucoup de mal à le rattraper. Et le gouvernement s’apprête à supprimer les REP au profit des contrats entre établissement et rectorat, méthode dont on sait toute la perversité.

Nous parlons souvent de pauvreté lorsqu’on aborde ces quartiers. N’ayons pas de complexe sur ce terme. Après la défaite de la Commune, Jean Baptiste Clément chantait dans la semaine sanglante« Et gare à la revanche quand tous les pauvre s’y mettront » et nous partageons Victor hugo tonnant en 1849 : « je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse »

Et c’est bien ainsi que nous portons la solidarité, la solidarité de ceux qui paient le prix du profit et qui doivent s’unir pour faire émerger une autre politique et un autre système . Il faut sortir de l’idée qu’on ne pourrait pas faire de politique dans les quartiers populaires. Tous ceux qui y militent peuvent témoigner de la richesse des discussions . Et si le quotidien est très présent il est aussi un chemin vers la réflexion politique. N ‘oublions pas par exemple que près d’un habitant sur deux dans ces quartiers est issu de l’immigration ce qui donne inévitablement un regard sur le monde.

Et la distance prise avec le politique révèle en creux la lucidité devant les promesses jamais tenues et les mauvais coups : Hollande et la finance, Sarkozy supprimant la police de proximité, Valls profitant des attentats de la république pour interdire dans les opérations de l’ANRU la reconstruction de logements sociaux là où au regard de la loi mais pas des besoins il y aurait assez. Et lorsqu’ils nous disent, on ne vous en veut pas, on sait ce que vous faîtes, mais là on n’en peut plus des difficultés, nous n’irons pas voter, ne faut-il pas leur dire la vérité : oui il faut changer ce système capitaliste agonisant qui déclare la guerre aux peuples , promet l’abondance mais organise la pénurie, démantèle nos droits, nos services publics, et veut nous diviser pour mieux régner.

Ne faut il pas les appeler à agir tout de suite ensemble pour infliger de premières défaites- je vous renvoie à la pétition du parti-oui nous pouvons déclarer « Guerre à la pauvreté » et appeler à s’organiser pour conquérir les pouvoirs qui permettront au peuple d’imposer sa loi :

  • Des services publics forts et démocratiques, le contrôle des secteurs stratégiques de l’économie (finance, monnaie, énergie) donc des nationalisations et des droits nouveaux pour les salariés
  • La protection des ressources naturelles soustraites au capital
  • La hausse des salaires et des revenus du travail Une nouvelle ère de la démocratie donnant des droits nouveaux au peuple 
  • Une politique internationale basée sur la coopération et non sur le pillages des nations .

Nous devons être le parti changement de société . C’est un projet construit et décliné concrètement qui donne au PCF sa raison d’exister, celle d’en finir avec le capitalisme pour une société nouvelle qu’il nous faudra qualifier. C’est cet espoir d’un avenir possible qui redonne son sens à l’engagement politique.

Compte-rendu vidéo de la visio-conférence.

Les vidéos sont disponibles sur la chaine youtube de la section PCF Vénissieux

Les vidéos des introductions à la conférence sont présentées ci-dessous. Les autres vidéos du débat, des conclusions et des témoignages préparés seront publiés dans d’autres articles

Introduction de Marie-christine Burricand, PCF Vénissieux, responsable nationale du PCF aux quartiers populaires

Introduction de Said Belguedoum, sociologue communiste

Introduction de Ozer Ozturun, secrétaire de section PCF Villejuif

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