A propos de classe ouvrière

Résignation ? Non, Révolution !

Février 2008

Par un surtitre 2 couleurs sur toute la largeur de sa une, l’Humanité de mercredi 16 janvier annonce un « grand entretien » pour « Comprendre le capitalisme du XXIe siècle », puis, sur 2 pages, sous le titre « L’âge de la société de service », nous rappelle que la vie économique a beaucoup changé depuis Marx. Conséquence des évolutions techniques et technologiques, la population active se composant à plus de 70 % de travailleurs des services, « la classe ouvrière a perdu son rôle historique », et il faut donc un nouveau projet de société. Voilà , en quelques mots, ce qu’il faudrait comprendre du capitalisme aujourd’hui. http://www.humanite.fr/2008-01-16_Tribune-libre_L-age-de-la-societe-de-service Je n’ai pas été le seul lecteur à comprendre que je devais me résigner, et accepter au moins temporairement le capitalisme comme la fin de l’Histoire.

Au risque de choquer, j’ose dire que cette affirmation, on ne peut plus démobilisatrice pour les luttes immédiates (mais c’est peut-être son but), me paraît relever d’une conception ouvriériste de la classe ouvrière. Le texte étant parsemé d’allusions à Marx et au marxisme, mais sans jamais oser en affronter la moindre citation, le retour à la lecture de textes de Marx et Engels me semble indispensable, surtout pour ceux qui croient qu’ils ont autre chose à faire que lire ces vieilles barbes.

Il me semble en effet, qu’à se laisser aveugler par les apparences de « la société de consommation », de « la société de service » (en oubliant que bon nombre ne font plus, déjà , que servir, pour un temps, ce qui n’est plus produit en France, avant de rejoindre les exclus de la consommation et du service dont le nombre ne cesse de croître), on passe à côté de l’essentiel : nous vivons la dictature terroriste du capital financier en expansion. Curieusement (?), ce n’est pas ce terrorisme là , qui détruit les moyens d’existence de millions de personnes, pourvoyeur de misère et affameur, réduisant les dépenses de santé et supprimant des médicament utiles estimés insuffisamment rentables financièrement, assassinant, semant la guerre, la mort et la désolation, polluant et empoisonnant la planète, capable d’accepter sans sourciller la mort prévisible de 1 milliard d’humains comme conséquence des changements climatiques dont il est responsable, etc., ce n’est pas ce terrorisme là , les moyens d’y résister et d’y mettre fin, qui sont le souci principal de nombre de faiseurs d’opinion.

A la différence de ceux qui ont une conception ouvriériste de la classe ouvrière, Marx et Engels ne la réduisent pas à la partie du prolétariat qui a le statut d’ouvrier. Pour eux, en opposition à la bourgeoisie capitaliste, il y a l’ensemble du salariat, le prolétariat, en tant que classe en soi. Et il y a le prolétariat révolutionnaire, la classe ouvrière, en tant que classe pour soi. Au fil des ans, cette distinction est de plus en plus nette dans les préfaces du Manifeste du parti communiste, comme s’ils sentaient le danger d’une dérive ouvriériste.

Aujourd’hui comme en 1848, on produit pour des capitalistes, ce que décident des capitalistes, à l’endroit voulu par des capitalistes, au moment voulu par des capitalistes, de plus en plus aux conditions voulues par des capitalistes, pour que ces capitalistes accroissent toujours plus leur capital. Aujourd’hui, comme en 1848, il n’y a toujours que 2 classes principales, dont l’une, pour survivre, est obligée de vendre sa force de travail à l’autre qui en vit : le prolétariat et la bourgeoisie. Mais, la différence essentielle avec 1848, c’est moins les nouvelles technologies que l’élargissement du prolétariat à la presque totalité des activités humaines, l’écrasement des couches intermédiaires, et le rabougrissement numérique de la bourgeoisie, cette classe parasite qui vit de l’exploitation du travail salarié.

Aujourd’hui, alors que 92 % de la population active est salariée, pro-lé-ta-ri-sée, et (à part une minorité de laquais du capital) subit de plein fouet la dictature terroriste du capital financier en expansion, la seule question qui se pose, c’est de rendre à ce prolétariat la maîtrise des richesses dont il est le seul créateur, donc la maîtrise du capital, c’est-à -dire d’exproprier le capital pour en permettre l’appropriation sociale : c’est la condition sans laquelle il ne peut être mis fin à l’écrasement des salariés. Aujourd’hui comme hier, le problème est de tout faire pour permettre au prolétariat d’accéder à la conscience de classe, de passer du statut de classe en soi à celui de classe pour soi, au statut de « classe ouvrière », pour se libérer et libérer l’humanité du joug du capitalisme. Et à§a ne se fera pas en coupant en 4 les cheveux des exploités, mais en leur montrant qu’ils sont ensemble les victimes d’une poignée d’exploiteurs qui se sont arrogés le droit de vie et de mort, en leur montrant que l’histoire témoigne que s’ils ne sont pas encore tous écrasés au même degré par l’exploitation, personne n’y échappera : déjà , la génération actuelle vit moins bien que celles qui l’ont précédée.

D’aucuns objecteront peut-être que Marx fait sa démonstration de la plus-value avec des objets manufacturés, pas avec des produits de l’esprit, impalpables ; qu’à son époque, l’informatique n’existait pas. Énumérant les bouleversements que la bourgeoisie capitaliste fait subir à la formation économique et sociale, dans « Le manifeste du parti communiste », Marx et Engels écrivent : « Et ce qui est vrai de la production matérielle ne l’est pas moins des productions de l’esprit. » Sauf erreur de ma part, comme Galilée et son « Et pourtant elle tourne », Ricardo avait eu l’intuition de la plus-value, mais n’avait su en expliquer le processus d’accaparement privé. C’est ce que fait Marx. Mais il le fait en prenant la peine de préciser, dès le début : « La valeur d’usage des marchandises une fois mise de côté, il ne leur reste plus qu’une qualité, celle d’être des produits du travail. (…) Il ne reste donc plus que le caractère commun de ces travaux ; ils sont tous ramenés au même travail humain, à une dépense de force humaine de travail sans égard à la forme particulière sous laquelle cette force a été dépensée. » (K. Marx, « Le capital », Livre premier, Le développement de la production capitaliste, 1e section : la marchandise et la monnaie.) « … sans égard à la forme particulière sous laquelle cette force a été dépensée. » Enfin, s’agissant de « l’impalpable », Marx et Engels, eux, ont une conception moniste du monde qu’il ne séparent pas entre esprit d’un côté et matière de l’autre. Ce que les capitalistes ont bien compris, même si certains ont une conception dualiste du monde : ils ont réussi à faire de « l’impalpable » une marchandise qui s’échange sur le marché contre du fric palpable… pour réaliser et s’approprier la plus-value contenue dans cet « impalpable »…

« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c’est de le transformer. » (K. Marx et F. Engels, L’idéologie allemande, Thèse XI sur Feuerbach). A l’instar de Marx et Engels qui, dans la préface à l’édition allemande de 1872 du Manifeste du parti communiste, alors que la Commune vient d’être noyée dans le sang, que le syndicat n’a pas d’existence légale, attirent l’attention sur « les progrès immenses de la grande industrie dans les vingt-cinq dernières années et les progrès parallèles qu’a accomplis, dans son organisation en parti, la classe ouvrière », ceux qui souhaitent que le prolétariat révolutionnaire du 21e siècle transforme le monde, sans se laisser aveugler par l’élection de Sarkozy, apprécient la signification de classe du vote Non de 54,7 % du peuple de France le 29 mai 2005, le jugement négatif que portent sur le capitalisme 61 % des Franà§ais (sondage Louis Harris - Libération publié le 4-11-05), l’irruption de la jeunesse obligeant au retrait du CPE alors que les syndicats avaient renoncé à l’action contre le CNE.

Cette conscience de ce qu’est le capitalisme et son Europe, ce n’est pas à ceux qui veulent à tout prix substituer le clivage gauche-droite à la contradiction fondamentale capital-travail qu’ils la doivent, mais essentiellement à leur pratique quotidienne du capitalisme. Et si une part d’entre d’eux peut encore se laisser abuser et participer à l’élection de Sarkozy, c’est notamment parce que le PCF, mon parti depuis 1963, ne leur propose aucune perspective… Sous la direction d’une ancienne ministre de la « gauche plurielle » (celle qui a privatisé plus qu’aucun gouvernement de droite) élue au 31e Congrès (2001) pour doter le PCF d’un projet communiste qui n’existe toujours pas, le PCF a soutenu à la présidentielle un programme ne touchant pas à la propriété du capital, et propose le rachat des actions d’EADS par l’État ; autrement dit, de faire payer aux salariés par l’impôt, ce capital qui n’est que le produit de leur travail dont ils ont été spoliés par la bourgeoisie ! Comment le prolétariat révolutionnaire pourrait-il se retrouver dans un tel programme ? Un autre ministre de la « gauche plurielle », celui qui expliquait que l’ouverture du capital d’Air France n’était pas la privatisation, vient alors proposer que le PCF supprime l’adjectif « communiste » de son nom. Bien que plus de 70 % des sections du PCF refusent cette proposition, les 8 et 9 décembre, la ministre de la « gauche plurielle » qui dirige le PCF, agitant le risque d’explosion du parti, obtient l’autorisation de poursuivre jusqu’à la fin 2008 la liquidation de ce qui fut un parti révolutionnaire. C’est alors qu’en cohérence, l’Humanité, qui n’est plus l’organe central du PCF, de moins en moins le journal de Jaurès et de plus en plus celui de Lagardère, sous la direction d’un ami de celui qui prit appui sur un besoin réel d’évolution du parti pour le faire muter à un contenu social démocrate, vient affirmer que « comprendre le capitalisme du 21e siècle », c’est se résigner à attendre l’émergence d’un nouveau projet de société… Peut-on faire mieux pour désespérer le prolétariat révolutionnaire ? C’est vrai que pour ces dirigeants là , l’adjectif communiste est de trop ! Mais serait-il nécessaire de semer la désespérance si le prolétariat acceptait le sort qui lui est promis sans menacer de mettre fin à la domination de la bourgeoisie ?

Il est temps, grand temps, que se tiennent des Assises du communisme, ouvertes à ce prolétariat qui fait face aux attaques du capital, se bat et cherche son unité malgré tous les empêcheurs de « Tous ensemble » et ceux qui tiennent à négocier un nouveau recul social ; ouvertes à cette jeunesse, prolétariat de demain, qui avec le CPE voulait faire sauter toute la loi dite « d’égalité des chances », avant que les « On a gagné » viennent mettre un terme au mouvement. Oui, il est temps que se tiennent des Assises du communisme ouvertes, pour élaborer une perspective de sortie du capitalisme maintenant, et doter le prolétariat révolutionnaire d’un parti communiste digne du 21e siècle.

Parce qu’il serait illusoire d’attendre l’organisation d’Assises du communisme ouvertes de ceux qui, dans les faits, utilisent le prolétariat comme une masse de manœuvre, une armée de fantassins dans leur marche vers un pouvoir qu’ils exerceraient à la place du prolétariat, ce n’est qu’à la base, entre militants révolutionnaires sans exclusive, que peuvent se créer les conditions de leur tenue. C’est le sens de l’initiative à laquelle je participe avec d’autres communistes organisés et inorganisés : « Pour des Assises du communisme, des communistes s’adressent aux communistes. » Comme le chante l’Internationale : « Il n’est pas de sauveur suprême…, producteurs sauvons-nous nous mêmes…, nous ne sommes rien soyons tout… »

Jean-Franà§ois Autier, ajusteur mécanicien retraité, adhérent du PCF depuis le 3-1-1963, jean-francois.autier chez wanadoo.fr

Vos réactions

  • « A propos de classe ouvrière » (suite) 3 février 2008 23:25, par altercommunistes

    Bonjour chères et chers camarades,

    Mon coup de gueule, provoqué par un papier de l’Huma du 16-1, m’a valu un abondant courrier auquel je n’ai pas les moyens de faire face. Les réactions qui me sont parvenues peuvent se classer en quelques grandes catégories :

    • ceux qui lisent Marx dans le texte original, en anglais et en allemand, et qui montrent comment la traduction en franà§ais a pu alimenter une conception étroite de la classe ouvrière ;
    • ceux qui, intéressés, invitent à poursuivre la réflexion ;
    • ceux que mon coup de gueule soulage, même si certain(e)s font état de divergences sur tel aspect particulier ;
    • enfin, ceux qui ont compris autre chose que ce que je souhaitais exprimer, et qui sont la preuve que je n’ai pas été aussi limpide que je pouvais le souhaiter.

    En remerciant toutes celles et ceux qui ont pris temps de me faire connaître leur point de vue, et en m’excusant de n’avoir pas les moyens de donner une suite personnalisée à chacun, je vais essayer d’être plus clair.

    1. Pour qu’il puisse y avoir communication, il faut d’abord une compréhension commune des mots. Quand l’Huma publie un article de 2 pages parsemé d’allusions à Marx et au marxisme, utilisant la locution « rôle historique de la classe ouvrière », notion marxiste s’il en est, il me semble qu’on est fondé à penser qu’on a affaire à un texte utilisant le concept marxiste de classe ouvrière.

    Or ce n’est pas le cas. Ce que l’Huma oppose à la classe ouvrière de Marx, c’est la catégorie sociale ouvrier, celle de l’Insee, c’est-à -dire une conception ouvriériste de la classe ouvrière.

    On peut le regretter, mais la lecture ouvriériste du marxisme eut son heure de gloire dans le PCF (et ailleurs). Elle m’a marqué comme elle a marqué d’autres communistes. Apparemment, elle a laissé des traces.

    2. Il n’est peut-être pas inutile de revenir sur ce qu’est une classe pour les marxistes : un vaste groupe d’humains qui se détermine en fonction de la faà§on dont ils obtiennent leurs moyens de subsistance : perà§oivent-ils un salaire ou un profit, une rente ; pour cela, doivent-ils ou non travailler ; enfin, sont-ils propriétaires des moyens de production ou de leur seule force de travail.

    3. Marx et Engels utilisent plus souvent le mot « prolétariat » que la locution « classe ouvrière ». Dans le texte même du « Manifeste du parti communiste » (exclusion faite des notes et des préfaces), prolétariat est utilisé 58 fois et classe ouvrière 12 fois. S’agissant des classes, ils écrivent : « Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’époque de la bourgeoisie, est d’avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en deux vastes camps ennemis, en deux grandes classes diamétralement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat. » (K. Marx et F. Engels, Manifeste du parti communiste, 1848)

    4. Qu’est-ce que le prolétariat ?

    « Le prolétariat est la classe de la société qui tire sa subsistance exclusivement de la vente de son travail, et non de l’intérêt d’un capital quelconque, dont les conditions d’existence et l’existence même dépendent de la demande de travail, par conséquent de la succession des périodes de crise et de prospérité industrielle, des oscillations d’une concurrence sans frein. Le prolétariat, ou la classe des ouvriers, est, en un mot, la classe laborieuse de l’époque actuelle. » (F. Engels, Principes du communisme, 1847).

    Un an avant la rédaction du Manifeste du parti communiste, le signe égal est mis entre prolétariat et classe ouvrière. Comment avons-nous fait pour l’ignorer si longtemps ?

    5. A qui Marx et Engels donnent-ils un rôle historique ?

    « Cette organisation du prolétariat en classe, et donc en parti politique, est sans cesse détruite de nouveau par la concurrence que se font les ouvriers entre eux. Mais elle renaît toujours, et toujours plus forte, plus ferme, plus puissante. Elle profite des dissensions intestines de la bourgeoisie pour l’obliger à reconnaître, sous forme de loi, certains intérêts de la classe ouvrière : par exemple le bill de dix heures en Angleterre. » (Manifeste du parti communiste) Dans ce paragraphe, l’utilisation du mot prolétariat et de la locution classe ouvrière confirme bien le point précédent.

    6. Quel est ce rôle historique ?

    « … la classe exploitée et opprimée (le prolétariat) ne peut plus se libérer de la classe qui l’exploite et l’opprime (la bourgeoisie), sans libérer en même temps et à tout jamais la société entière de l’exploitation, de l’oppression et des luttes de classes ; cette idée maîtresse appartient uniquement et exclusivement à Marx. » (F. Engels, Manifeste du parti communiste, Préface à l’édition allemande de 1883.)

    7. Dans la France d’aujourd’hui, 92 % de la population active est salariée.

    Certes, tous les salariés ne sont pas des prolétaires puisqu’il en est qui ont aussi des revenus boursiers, que tous ne sont pas obligés de travailler, et qu’ils peuvent même posséder tout ou partie de leurs moyens de production. Mais chacun conviendra que l’immense majorité de ces salariés sont de vrais prolétaires.

    Alors que dans notre pays, les prolétaires n’ont jamais été aussi nombreux en tant que classe en soi et les bourgeois capitalistes aussi peu nombreux, que numériquement la situation objective n’a jamais été aussi favorable au prolétariat - classe ouvrière, c’est le moment que choisit l’Huma pour utiliser la diminution du nombre d’ouvriers afin d’écrire que « la classe ouvrière a épuisé son rôle historique »…

    8. Ce qui est épuisé, c’est une conception de la classe ouvrière qui ne doit rien au marxisme, mais à§a l’Huma ne l’écrit pas.

    Ce qui est épuisé, c’est la stratégie d’union de la gauche qui a fait la preuve de sa capacité à gérer loyalement les intérêts du capital et à imposer des sacrifices au prolétariat, que ce soit en réhabilitant le profit, en coulant le Rainbow Warrior, en inventant le forfait hospitalier et la CSG, en cassant les solidarités au nom d’un pseudo développement individuel qui trouve sa pleine expression dans les banlieues d’aujourd’hui, en envoyant l’armée franà§aise en Afghanistan, ou en privatisant plus que la droite, pour ne prendre que quelques exemples.

    Ce qui est épuisé, c’est une conception communiste de la prise du pouvoir et de son exercice à la place du prolétariat.

    Aujourd’hui que le prolétariat est soumis à une pression accrue des capitalistes et de leur représentants politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche, ce qu’écrit l’Huma et qui désarme immédiatement une partie des militants de classe les plus actifs, est l’expression de ces épuisements.

    9. Sérieusement et pour sourire un peu, après la tristesse provoquée par l’Huma.

    Aux « puristes » qui exigent la production d’une valeur d’usage palpable pour entrer dans la catégorie de « classe ouvrière » selon eux, je laisse le soin d’expliquer le processus d’exploitation des cochers de fiacre qui créèrent leur syndicat dès 1898. Comment leur production, immatérielle, pouvait-elle être exploitée ? Faudrait-il chercher dans le crottin ?

    10. Au moment où la participation de dirigeants de gauche au gouvernement Sarkozy prouve qu’il n’y a pas d’avenir dans « l’opposition » gauche-droite, ces « épuisements » invitent à revenir au fondamental : la contradiction capital-travail, le rôle historique du prolétariat, le communisme comme « mouvement réel qui abolit l’état actuel ».

    Ce n’est pas le prolétariat qui est à refonder, c’est un parti communiste qui soit digne du 21e siècle. Et cette refondation ne pourra pas résulter d’un rassemblement de tendances trouvant des arrangements de sommets, et qui a conduit le PCF a devenir ce qu’il est aujourd’hui. Cette refondation ne pourra se faire que dans une démarche ouverte, associant à égalité de droit et de devoir chaque communiste, sans aucune exclusive, qu’il soit organisé ou non, chacun comptant pour un, sans demander de ralliement ; une démarche permettant à chaque communiste de devenir maître de son parti.

    On donnera à cette démarche le nom que l’on voudra, mais parce qu’il faut bien commencer par quelque chose ne serait-ce que pour servir d’anti-modèle, avec d’autres communistes je soutiens l’idée de la tenue d’Assises du communisme en 2008.

    11. Contrairement à ce que peuvent laisser penser deux des réactions qui me sont parvenues, je ne porte aucune appréciation sur le travail des deux économistes interviewés par l’Huma, pour la bonne et simple raison que je n’ai pas encore lu leur ouvrage. Ma critique porte exclusivement sur ce qu’a écrit l’Huma et ses conséquences politiques.

    12. En conclusion de cette contribution à la réflexion, il me semble que celles et ceux qui sont en recherche pour en finir avec le capitalisme ont tout intérêt à lire ou relire le « Manifeste du parti communiste » de Karl Marx et Friedrich Engels (moins de 30 pages) d’une part, et d’autre part, une contribution contemporaine d’Alain Birh à peine plus longue (une cinquantaine de pages) intitulée « Actualiser le communisme ».

    Manifeste du parti communiste : http://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000.htm

    Actualiser le communisme : http://www.plusloin.org/textes/bihr1.htm

    En espérant avoir été plus clair et en souhaitant que le débat se développe entre communistes sans passer par un « centre », j’adresse à toutes et à tous mes fraternelles salutations.

    Jean-Franà§ois Autier, ajusteur mécanicien retraité, adhérent du PCF depuis le 3-1-1963 jean-francois.autier chez wanadoo.fr