5 décembre, une contre-offensive qui se construit

, par  pamillet , popularité : 19%

Quelle force ! 35 000 manifestants selon la CGT, j’avoue que nous étions nombreux à penser qu’on était près des 50 000... et l’écart avec le chiffre de la police (21 000) semble bien faible, mais peu importe, chacun sentait que c’était plus fort que tout ce que nous avons connu depuis longtemps, sans doute depuis ce mouvement de décembre 1995 qui reste la dernière grande bataille sociale perdue par un pouvoir !

Bien sûr, comme nous le disions dans le dernier Vénissian, la question principale est "que fait-on après le 5 ?".

Dans les transports et l’enseignement, de nombreuses réunions se tiennent pour décider de la poursuite de la grève, des assemblées s’organisent dans beaucoup d’entreprises pour décider de formes d’action. A chacun de favoriser la mobilisation la plus large partout !

D’ailleurs le pouvoir est fébrile. Malgré la violence de la police qui, comme toujours, refuse de séparer les provocateurs des manifestants, et gaze massivement des manifestants pacifiques dont beaucoup sont venus en famille, au total, les manifestation se sont tenues, massives et jusqu’à leur terme. Elles ont duré longtemps étant souvent bloquées par des gazages et provocations, mais l’immense majorité des manifestants sont restés et ont manifestés jusqu’au bout.

Bien évidemment, certains médias tentent de mettre en avant les violences. le diaporama du Progrès est illustratif, plus de la moitié des 76 photos sont consacrées aux heurts et aux forces de police, et il y a plus de photos des "blacks blocs" que des rangs de la CGT, sans aucun rapport avec leur poids dans la manifestation. Et bien entendu, aucune photo du cortège massif des communistes !

Pourtant, comme le 1er mai dernier, les communistes s’étaient organisés au milieu de la manifestation comme la contribution d’une force politique déterminée à la réussite du mouvement populaire. Bien sûr, il y a des communistes un peu partout dans la manifestation, mais en organisant son propre cortège, le parti communiste affirme que la question communiste est plus actuelle que jamais, qu’elle est nécessaire au mouvement populaire pour sortir du spontanéisme, du mouvementisme, comme de l’électoralisme. Non seulement le parti communiste n’est pas moribond, mais il est capable de prendre sa place dans le mouvement social, il diffuse ses idées qui ne sont pas les idées dominantes, ni dans les médias, ni dans les bars, mais qui sont utiles à ceux qui cherchent le chemin des victoires populaires.

A noter que le journal populiste Lyon Mag confirme son positionnement médiatique du choc des photos et du poids des mots, et sa proximité des agitateurs de Lyon. Au début de l’avenue Berthelot, un des petits groupes en noir qui perturbent la manifestation organise une mini-barricade et un feu de poubelles. Ils se prennent en photo en même temps que le journaliste de Lyon Mag, puis se dispersent. Ils se contrefoutent de la manifestation, mais alimentent ses médias "bourgeois" qu’ils font semblant de dénoncer. Bien sûr, la photo est immédiatement à la une du site du journal qui sous-titre "la manifestation, qui se voulait bon enfant, a rapidement dégénéré"...

Cette bataille médiatique sur la violence se substituant aux manifestants n’a cependant pas vraiment fonctionné. Ce qui domine pour tout le monde, c’est la puissance de la manifestation, et c’est aussi la colère populaire contre ce gouvernement. Les sondages le confirment, mais les contacts militants le ressentent au quotidien. Les Français savent bien que derrière les discours de la "défense de notre système de retraite", le gouvernement cherche à baisser le niveau des retraites pour pousser les salariés à travailler plus longtemps, et à se payer des complémentaires privées, pour ceux qui peuvent. Et ceux qui dénoncent le nombre de "régimes spéciaux" ne trouveront rien à redire au nombre d’assurances privées proposant des retraites sous une forme ou une autre.

C’est pourquoi la force du mouvement exprimée le 5 décembre est une première étape. Le gouvernement va chercher comment contourner l’obstacle, diviser, inquiéter certains, en séduire d’autres, tout pour éviter que le mouvement ne se poursuivre jusqu’à devenir incontournable !

Macron et ceux qui l’ont fabriqué ont réussi un coup médiatique en 2017 , mais très vite, les affaires sont arrivés, puis le mouvement des gilets jaunes et ce 5 décembre, le retour de la question sociale... à suivre.

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