Face au terrorisme, unir notre peuple ! Enregistrer au format PDF

Novembre 2020

L’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire à Conflans-Sainte-Honorine, par un jeune islamiste radicalisé, pour avoir montrer en classe, dans le cadre de son cours sur le droit d’expression, des caricatures de Charlie Hebdo, est révoltant pour plusieurs raisons.

D’abord humaine, nous ne pouvons concevoir, encore moins comprendre, qu’un être humain soit décapité en pleine rue. Cet acte barbare perpétré par un jeune homme, choque profondément et d’autant plus qu’il s’agit la d’un attentat terroriste perpétré au nom d’une religion sur un professeur qui n’avait fait que son travail.

Ensuite parce qu’il entend remettre en cause à la fois l’école et l’enseignement dans notre pays, le droit à la caricature, la liberté d’expression.

Enfin il cherche à affaiblir, combattre la Laïcité, un des piliers de la république, de notre société et du vivre ensemble.

Cela fait maintenant de nombreuses années que le terrorisme islamique sème la mort dans de nombreux pays. Les premières victimes et les plus nombreuses sont les musulmans eux même, tant en nombre de tués que de conséquences sur la stigmatisation de leur religion.

Les Frères Musulmans, les Salafistes, financés notamment par les pays du golfe et en premier lieu l’Arabie Saoudite mènent depuis de nombreuses années un vrai travail souterrain en France pour dans un premier temps imposer leur lecture de l’Islam auprès des musulmans eux-mêmes, pour mieux ensuite imposer un islam politique dans notre société, pesant sur la vie de tous dans un grand nombre de quartiers et de villes et sur les institutions qu’elles soient locales, nationales, comme l’école, le contenu de l’enseignement.

Quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty, il y a eu l’attaque terroriste à Nice dans une église. Mais nous savons bien qu’il ne s’agit pas de la liberté d’expression ni du blasphème ! L’attentat de Vienne en Autriche début novembre, celui du 24 octobre à Kaboul tuant 24 étudiants sont le fait aussi de terroristes islamistes, et pas de caricatures ni de blasphème en cause !

Il y a des réseaux qui veulent imposer leur vision d’un Islam politique en France et ailleurs prenant prétexte pour cela de tout les événements susceptibles pour eux d’attiser le repli communautariste et religieux.

Ce qui est paru sur les réseaux sociaux, dans le cas de l’assassinat de Samuel Paty, n’en est sans doute que la partie émergée. Mais cela a suffit pour qu’un jeune habitant à plusieurs dizaines de kilomètres de Conflans-Sainte-Honorine fasse le déplacement avec pour objectif de tuer ce professeur.

Il n’y a évidemment aucune excuse possible, mais il y a urgence à comprendre, expliquer comment la radicalisation d’hommes et de femmes est possible jusqu’à commettre de tels actes. Que faire pour que cela ne se renouvelle pas ?

Les villes et quartiers populaires sont un des terreaux de cet islamisme radical. Il a pu plus facilement se développer là ou la jeunesse issue de l’immigration a été concentrée, accumulant les difficultés ; conditions de vie difficiles, accès à l’emploi compliqué voire impossible, école manquant de moyen pour remplir véritablement sa mission, services publics minimums, voire absent, sentiment exacerbé de ne pas avoir sa place dans cette société, ce pays, ni dans celui d’origine.

Pour lutter contre l’islam radical la répression ne peut suffire. Et elle ne doit pas conduire à la stigmatisation de populations qui renforcerait le sentiment de rejet, de mise à l’écart, et donc servirait les intérêts des terroristes. Il faut lutter contre l’islamisme politique terroriste, et utiliser tous les moyens de répression pour couper les réseaux et financements étrangers, mais il faut en même temps affirmer que l’islam a sa place comme toutes les religions dans la laïcité.

Pour assécher le terreau social dont profite les intégristes, il faut répondre aux attentes, aux espérances d’une grande partie de la population en attente de travail, d’un niveau de vie correct, du droit à l’emploi, à une école qui permette à tous de réussir.

Mais ce n’est clairement pas la volonté de ce gouvernement, comme de la droite qui continuent de précariser le travail et les quartiers, de donner la priorité aux premiers de cordées contre ceux qui travaillent. Pire, ils dénoncent l’islamisme mais continuent à faire des affaires avec l’Arabie Saoudite, le Qatar. Notamment en leur vendant des armes. Et ils refusent de donner véritablement à l’école les moyens de ses missions. C’est encore plus criant en cette période de pandémie.

La laïcité doit être expliquée encore et encore. Elle doit être partagée comme ce qui fonde nos règles du vivre ensemble. Elle est un rempart pour empêcher l’emprise d’une confession sur la société. Et elle assure la liberté de croyance, de culte et de pensée.

Ceux qui prônent un islam radical, politique, sont de fait des alliés objectifs de l’extrême droite et des forces réactionnaires qui peuvent ainsi tenter de rendre crédible leur théorie « du grand remplacement ». Et en retour cela leur permet de développer la notion d’islamophobie et de tenter de rassembler ainsi la communauté musulmane sur des bases réactionnaires.

Les terroristes veulent faire croire aux musulmans qu’ils seraient une seule et même communauté, l’ouvrier précaire du bâtiment et l’émir du golfe, la femme de ménage de nuit et le patron de la finance internationale ! Mais c’est aussi ce que font ceux qui utilisent la religion en période électorale pour tenter d’influencer le scrutin avec des messages appelant à « rejeter les mécréants » en votant pour tel candidat, ou bien à faire croire que des lieux de prière seraient fermés si tel candidat est élu. Nous l’avons connu en 2020 !

La réalité c’est que, les musulmans sont des citoyens comme les autres. Ils votent en fonction de ce qu’ils attendent des pouvoirs politiques, localement comme nationalement. Et malheureusement ils s’abstiennent aussi comme une part de plus en grande de la population française.

N’écoutons pas ceux qui veulent diviser la population, qui utilisent la religion pour instrumentaliser les peurs et les haines. Croyants ou non, nous avons en commun la volonté de vivre dans une société qui réponde à nos besoins, à nos aspirations, pour vivre dignement et en paix.

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