Avec un président qui n’entend rien, un parlement qui ne décide rien, la situation politique entraîne une instabilité et une incertitude dont souffrent et s’inquiètent beaucoup d’habitants, particulièrement dans les quartiers populaires. Cette situation renforce l’extrême-droite et pousse au rapprochement des droites de plus en plus visible. La victoire du RN en France n’est plus une hypothèse à dénoncer, c’est un risque sérieux à combattre. Cela devrait inciter au rassemblement large des forces de gauches et progressistes. C’est ce que nous proposons depuis des mois.
Pourtant, Idir Boumertit a officialisé sa candidature pour l’élection municipale de 2026 contre Michèle Picard. Il suit la stratégie nationale de La France Insoumise qui se présente dans presque toutes les villes dirigées par la gauche.
Ce choix national et local de la FI hypothèque l’avenir. Il affaiblit le rassemblement des vénissians quand il faudrait se serrer les coudes. Sur notre ville, comme dans d’autres, la FI, partenaire de la majorité pour l’élaboration et à la réalisation de nos projets, n’a jamais manifesté aucun désaccord. Son choix national et local pour ces élections affaiblit notre capacité à résister à la dérive à droite. Nous appelons les Vénissians à déjouer le piège de la division et à se rassembler pour une ville toujours plus utile, fraternelle et solidaire, résistante aux politiques gouvernementales réactionnaires et injustes.
Cette décision symbolisée par le slogan "Faire Mieux", appliquée quelque soit la gestion municipale, face à des maires communistes, comme socialistes, centristes ou de droite, est un terrible mensonge.
La rupture, c’est dans la politique nationale qu’il faut la gagner, et cela ne peut pas se faire avec une gauche affaiblie. Par contre, quand nous avons des points d’appui locaux face aux crises, il faut les défendre et les renforcer.
Mais ce slogan « Faire mieux » repris par Idir Boumertit fait référence au livre de J.L Mélenchon intitulé « Faites mieux ». Il utilise les élections locales comme un temps de campagne pour de prochaines élections nationales sans se soucier du risque de bascule à droite, notamment à la métropole de Lyon, avec la candidature de Jean-Michel Aulas.
Pourquoi ne dit-il pas qu’il veut « Faire mieux » dans son mandat de député ? Depuis son élection, en 2020, il est resté silencieux sur un grand nombre de sujets, de crises. Nous n’avons pas connaissance d’initiative locale pour la réforme des retraites, sur les conséquences des budgets présentés par les différents gouvernement, ou encore sur la loi immigration de ce début d’année.
Là où il serait urgent de « Faire Mieux » c’est pour faire vivre ce rassemblement des législatives de 2022 puis 2024 pour lequel nous avons retiré la candidature de Michèle Picard. Mais quand nous avons proposé depuis, à plusieurs reprises, une rencontre à LFI, nous n’avons jamais eu de réponse.
Oui, il faut « Faire mieux » dans la bataille contre la droite et l’extrême droite. C’est urgent. Mais comme beaucoup d’autres députés FI, il préfère batailler dans les villes de gauche que d’aller organiser la résistance à Saint-Priest, ou contribuer à empêcher la victoire de la droite ou de l’extrême droite dans des villes comme Corbas.
Nous avons proposé à la FI, comme à nos autres partenaires, une rencontre dès le printemps, puis au mois de juin. Il a fallu insister pour avoir un contact téléphonique de LFI en juillet, puis insister de nouveau dès septembre pour les rencontrer, et entendre qu’ils attendaient la décision nationale.
Cette annonce dans la presse et par un tract distribué sur un marché, sans avoir pris la peine de nous informer est un manque total de courage et d’honnêteté politique. S’ils prétendent diriger une ville avec ce même courage, ça promet !
Comme Mélenchon avait affirmé il y a quelques années « La république c’est moi » la FI veut imposer par tout les moyens « La gauche c’est nous ». Quitte à l’affaiblir, quitte à faire basculer des villes à droite. A Vénissieux depuis de nombreuses années nous faisons vivre le rassemblement des forces de gauche et progressistes au service des habitants. Nous avons fait reculer la droite et l’extrême droite, nous avons combattu la « macronisation » d’une partie de la gauche.
Avec sa majorité municipale, avec les habitants, Michèle Picard a travaillé, travaille et travaillera au développement de la ville, à la poursuite de projets qui répondent aux attentes des habitants dans les domaines du social, de l’environnement, de l’enfance, de l’éducation, de la santé, du logement, de la culture, du sport, de la sécurité…
Elle continuera à se battre pour obtenir de la Métropole, la Région, l’État, les moyens humains, comme financiers, pour réaliser les projets, faire vivre et renforcer les services publics sur la ville. Elle sait qu’il faudra demain faire mieux d’abord pour unir les habitants, faire reculer les divisions, les concurrences, ne pas céder à l’économie de guerre d’un pouvoir qui veut "voir mourir nos enfants". Elle propose justement d’unir, de résister et d’agir face aux crises sociales, économiques et politiques qui aggravent partout les inégalités, les injustices.
Les communistes sont déterminés à permettre le plus large rassemblement avec tous les Vénissians. Il est encore temps de laisser de coté les slogans nationaux et de travailler tous ensemble dans le seul intérêt de Vénissieux.
Serge Truscello, secrétaire de section PCF Vénissieux, 27 novembre 2025
