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La stratégie impérialiste du chaos permanent en Afrique

Intervention de Michèle Decaster sur l’Afrique
Samedi 19 novembre 2022

La stratégie impérialiste du chaos permanent en Afrique

L’Afrique est au cœur des enjeux à l’heure où l’économie mondiale capitaliste convoite les richesses naturelles dont le continent regorge. D’où l’installation d’un chaos permanent organisé par l’impérialisme dans les régions dont les richesses font le malheur des populations au lieu de leur profiter.

Le continent africain représente le cinquième des terres émergées. Il recèle 60 types de minerais soit le tiers des réserves mondiales :

  • 60% du coltan
  • 70% du tantale
  • 90% des platinoïdes
  • 46% de diamants
  • 40% de l’or

Ses ressources énergétiques, très variées, sont réparties dans des zones distinctes :

  • Energies fossiles importantes : réserves de pétrole dans le Golfe de Guinée, en Afrique australe et Afrique du nord, également riche en gaz et en charbon.
  • Bassins hydrauliques en Afrique centrale,
  • Gisements d’uranium au Niger et en Namibie,
  • Rayonnement solaire dans les pays sahéliens et capacités géothermiques en Afrique de l’Est

Ses terres arables, 24% du potentiel mondial, produisent 9% de l’agriculture.

Le sous-sol de revêt une importance stratégique pour le développement du continent et le protéger d’une éventuelle pénurie. Mais le contrôle de cette manne dépend des contrats secrets concoctés entre les chefs d’États et des grandes multinationales.

Ils sont à l’origine du sous-développement de la grande majorité de ces pays.

Le chaos que connaît aujourd’hui l’Afrique avec des conflits qui s’enlisent et d’autres qui surgissent à l’occasion d’événements locaux ou régionaux n’est pas fortuit, ni dû, comme c’est couramment attribué, à des « rivalités ethniques ».

Aujourd’hui une quinzaine de pays africains sont touchés par des conflits armés permanents ou des attaques terroristes continues.

Le pillage de l’Afrique ne date pas d’hier.

Du 15e au 18e siècle, ses ressources humaines ont permis l’essor des économies des puissances maritimes de l’ouest européen au travers du commerce triangulaire.

Après le Portugal, c’est l’Espagne, la France, la Grande Bretagne, la Hollande et le Danemark qui ont institué une traite négrière permettant d’alimenter en main d’œuvre servile les plantations sucrières surtout aux Caraïbes.

12 millions d’hommes et de femmes ont été arraché.es à leurs familles et à leurs pays, avec un pic dans la seconde partie du 17e siècle de 76 000 personnes par an.

Réduits en esclavage, ils ont permis l’essor de l’agriculture de rand aux Amériques, à la Réunion et l’île Maurice avec la constitution de grandes fortunes et le développement économique des régions où se situaient les ports européens liés au sinistre commerce.

Au 19e siècle, les besoins de l’industrie, la baisse des revenus de la culture de la canne à sucre, les révoltes qui se multipliaient sur les bateaux et dans les plantations, ont amené les puissances européennes, sous la conduite de l’Angleterre, à abolir l’esclavage et à faire évoluer leur politique coloniale en proposant, en 1815, à leurs partenaires africains, de remplacer la traite d’êtres humains par la nouvelle devise « Industrie et commerce ».

La colonisation a permis que le pillage se poursuive avec l’accaparement des terres, la conception du rapport de l’homme à « la terre-mère », liée à celui qui l’exploite, sans lui appartenir, est aboli.

L’Allemagne, la Belgique et l’Italie ont rejoint le « club » des prédateurs pour exploiter le sol, le sous- sol. Les habitants furent astreints au travail forcé, une variante de l’esclavage. Aboli par la loi en 1946, il resta pratiqué encore durant bien des années.

Les conquêtes coloniales ont été accompagnées de campagnes médiatiques en direction des européens, à qui on affirmait aller apporter la civilisation et la religion à des peuplades à peine sorties de l’état sauvage.

Le racisme s’incrustait dans les esprits, les sociétés et leurs institutions.

Le « joli temps des colonies » prit fin officiellement dans la seconde moitié du 20e siècle

La Conférence de Bandung en 1955 des non-alignés a sonné l’heure d’en finir. Il a cependant fallu 20 ans pour y parvenir en Afrique, où le peuple sahraoui n’a toujours pas pu s’exprimer sur son devenir.

Les anciennes puissances coloniales ont veillé à sauvegarder leurs intérêts.

  • En réprimant les mouvements indépendantistes :1945 dans les Aurès, 1947 à Madagascar, 1953 Sao Tomé, 1955/1962 Cameroun.
  • En éliminant, avant et après l’indépendance, des leaders panafricanistes. (1959 Boganda en Centrafrique & Ruben Um Nyobé au Cameroun, 1961 Patrice Lumumba au Zaïre/RDC, 1963 Sylvanus Olympio au Togo, 1973 Amilcal Cabral Guinée/Cap Vert, 1977 Modibo Keita au Mali, 1987 Thomas Sankara au Burkina Faso. Sans oublier en 1965 Mehdi Ben Barka, l’un des dirigeants du mouvement tiers-mondiste, opposant du roi HassanII du Maroc.
  • En cassant la dynamique politique et institutionnelle entre les mouvements indépendantistes du Rassemblement Démocratique Africain (RDA).avec le retournement d’Houphet Boigny de Côte d’Ivoire opéré en 1951 par Mitterrand, alors Ministre de l’Outre-mer
  • En contrôlant les Etats
    — Economiquement  : signature d’accords « gagnant/perdant », dépendance monétaire…
    — Politiquement : installation de dictatures et/ou renversement de chefs d’Etats
    — Militairement : Les accords secrets, dits « de défense et de coopération », passés avec la plupart de ses anciennes colonies ont permis à la France d’y envoyer la troupe et l’aviation, sous des prétextes divers mais peu variés : « protection des ressortissants français  » « maintien de la stabilité face au risque de chaos  », quand bien même s’agissant de la « stabilité » des pires dictatures.

La France est aussi intervenue hors de son pré carré pour étendre son influence (Zaïre/RDC, Burundi, Rwanda, Sahara occidental, Guinée équatoriale).

En tout 55 opérations militaires (de quelques mois à plusieurs années) dans 24 pays.

Les plus déstabilisés par les conflits armés aujourd’hui sont ceux qui ont « bénéficié » le plus des interventions de l’armée française : Tchad, Centrafrique, Mali, et la RDC.

Macron annonce la fin de Barkhane, mais les 3000 militaires ont été répartis au Niger, au Burkina Faso et au Tchad. Ils s’ajoutent aux bases militaires et aux coopérants placés auprès des « pays amis ».

Les dictats des institutions FMI, Banque Mondiale, OMS ont mis en faillite des Etats qui ne peuvent plus assurer leurs responsabilités régaliennes, dont la sécurité de leurs frontières, d’où la « généreuse » présence militaire française.

Au 21e siècle, la sécurité énergétique est au cœur des enjeux géopolitiques

Les impérialistes européens ont été rejoints sur le continent africain par d’autres puissances pour s’approvisionner et faire affaire sur le grand continent : La Chine, le Canada, la Turquie, le Brésil, l’Australie, la Corée du Sud, le Japon et l’Inde…

Les appétits des multinationales sont confrontés aux velléités de souveraineté de certains Etats, ainsi qu’aux résistances et luttes des populations qui ne supportent plus la misère où elles sont maintenues quand le sol et le sous-sol sont spoliés, que les ressources des pays sont bradées et partent sans générer d’industries de transformation.

L’impérialisme, ne se contente pas de la maîtrise de celui qui est à la tête du pays, il cherche à s’affranchir de la souveraineté du peuple dont l’unité fait la force.

C’est dans ce contexte qu’une stratégie semble se dessiner : la balkanisation de grands Etats d’Afrique.

A commencer par le Soudan. Sous prétexte de mettre fin à la guerre qui opposait dans le sud du pays le mouvement du SPLM au dictateur El Béchir, une solution est sortie du chapeau des USA : l’organisation d’un référendum d’autodétermination en janvier 2011. Ce fut le premier coup de canif dans la charte du l’UA sur l’intangibilité des frontières issues de la colonisation.

Le ¾ des réserves pétrolières du Soudan estimées à 6,7 milliards de barils sont situées au Sud- soudan, chaperonné par les USA. Cette partition n’a rien réglé des conflits qui continuent de ruiner le pays et ses habitants.

La Libye dans le viseur.

Il ne manque pas de dictatures en Afrique, dont certaines sont « fréquentables », mais c’est par la Libye de Kadhafi que l’OTAN est entré dans l’arène africaine en mars 2011 pour « sauver la démocratie et les droits de l’homme ». La présence à l’Est du pays de la plus grande partie des installations pétrolières n’est pas étrangère dans le choix de l’Occident à voler au secours du camp de Benghazi.

Dans son ouvrage Les mensonges de la guerre de l’Occident contre la Libye Jean-Paul Pougala, écrivain d’origine camerounaise, directeur de l’Institut d’études géostratégiques à l’Université de diplomatie de Genève, développe les quatre « vraies raisons de la guerre en Libye » :

  • La volonté des occidentaux d’empêcher une indépendance africaine en matière de réseau satellitaire. « L’histoire démarre en 1992 lorsque 45 pays africains créent la société Rascom pour disposer d’un satellite africain et faire chuter les coûts importants des communications sur le continent dus à un impôt de 500 millions de dollars que l’Europe encaissait par an pour le transit sur les satellites européens.  »
  • 2° : Le chef libyen voulait garantir à l’Afrique son indépendance financière à travers trois projets d’une Fédération africaine qu’il ambitionnait de présider : la création d’une Banque Africaine d’Investissement, d’un Fond Monétaire Africain et d’une Banque Centrale Africaine chargée d’émettre une monnaie africaine, signant la fin du Franc CFA.
  • 3° : La volonté occidentale de stopper la construction de l’Union africaine dont Kadhafi était le maître d’œuvre qui aurait pu glisser vers des États-Unis d’Afrique. Le contre-feu de l’Union Européenne fut la création de l’Union Pour la Méditerranée. Ce fut un échec : Kadhafi refusait de s’engager là où on associait quelques pays africains aux 27 pays de l’Union Européenne, sans en informer l’Union Africaine.
  • Kadhafi a aussi payé pour avoir aidé financièrement et militairement l’ANC à libérer l’Afrique du Sud de l’apartheid, ce pays devenant le moteur du développement africain et de l’entrée du continent dans la cour des grands. En outre il refusait l’installation d’AFRICOM par les USA qui a quadrillé l’Afrique en 5 zones de surveillance.

Les dividendes attendus par les protagonistes de l’opération l’Harmattan résident dans les immenses réserves de pétrole et de gaz libyennes et les réserves minérales encore inexploitées dont d’importantes réserves aurifères dans le Sud du pays. Sans oublier les actifs de fonds souverains de 67 milliards de dollars dispersés dans le monde et gelés par décision de l’ONU.

Pour une partie des Africains du continent et de la diaspora, la guerre contre Kadhafi relevait d’un complot contre l’Afrique. Ainsi résumé par un site africain « Les forces alliées sont en Libye pour la propagation de la liberté ou celle du libéralisme, du capitalisme ou du Nouvel Ordre Mondial ? »

Pourra-t-on évaluer les dégâts humains, civilisationnels, structurels et politiques que l’agression occidentale de la Libye a occasionnés, dans ce pays et dans toute la région ? Les parrains de ce conflit qui s’enlise préparent-ils en Libye une solution à la soudanaise ?

Le Mali également dans le viseur

En son temps le président Amadou Toumani Touré avait refusé l’installation d’une base militaire française à Tessalit. Il a été victime d’un coup d’Etat en mars 2012, quelques semaines avant l’élection présidentielle à laquelle il ne devait même pas participer. Le 5 avril 2012 le MNLA, proclame l’indépendance de l’Azawad. France24 ne craint pas d’annoncer que la région représente « 50% du Mali » et qu’elle est « plus grand que la France ».

Ce mouvement, créé six mois plus tôt, est le résultait de la fusion de quelques tribus Touaregs de l’Est et du Nord-Est du Mali pour créer une rébellion contre le pouvoir central. Il est reçu au quai d’Orsay début 2012 (à peine 3 mois après sa création !). Dans un article de l’Humanité l’écrivain malien Ousmane Diarra démontrait que le MNLA, création artificielle, fut le cheval de Troie pour qu’Aqmi, le Mujao et Ansar Eddine s’accaparent des régions de Gao, Kidal et Tombouctou, et qu’il a été chassé par eux après la conquête. Cette partie du Mali est gangrenée par des groupes terroristes, le trafic d’armes et de drogue.

Depuis août 2012, avec les opération Sabre, Serval puis Barkhane, venues s’ajouter aux bases militaires et aux conseillers placés auprès des « présidents amis », les forces armées françaises sont plus importantes en Afrique que durant la colonisation (hors guerre d’Algérie).

Le 20 mars 2014 J.Y.Le Drian annonçait triomphalement sur Radio Monte-Carlo « La guerre de libération du Mali est finie.  » Et d’ajouter que « l’action des forces françaises a permis au Mali de retrouver sa souveraineté, ses institutions démocratiques, que des élections aient lieu, et qu’il y ait une fierté d’appartenance malienne qui se retrouve. »

Pourtant les groupes djihadistes n’ont cessé d’étendre leur emprise au Sahel. Du Mali au Burkina Faso en passant par le Niger, ils attaquent villes et villages, sèment la mort, détruisent les écoles, symboles d’émancipation pour les jeunes générations.

Les Maliens qui avaient applaudi l’arrivée de la troupe française ont déchanté au vu du résultat de 10 années, il a fallu du temps pour constater que le pyromane n’était pas un bon pompier. Les autorités maliennes ont demandé à la France le retrait de ses soldats du territoire. Redéployées au Niger, elles y sont contestées par une partie de la population.

« La grande muette » fait-elle double jeu ?

Les accusations portées par le gouvernement malien à l’encontre de la France sont graves. Il a demandé par lettre au Président du Conseil de sécurité de l’ONU, puis à la tribune de l’ONU une réunion d’urgence pour faire cesser ce qu’il présente comme «  les actes d’agression  » de la France. Il affirme disposer « de plusieurs éléments de preuve que ces violations flagrantes de l’espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel et pour leur larguer des armes et des munitions ».

Cette affaire d’Etat rappelle les méthodes utilisées il y a 64 ans par les dirigeants Français de l’époque pour torpiller l’indépendance de la Guinée, coupable d’avoir dit « non » à l’aménagement de la servitude ou en 1993 aux missions cachées de l’opération Turquoise au Rwanda, sans oublier les coups d’Etat sous-traités à Bob Denard aux Comores.

Les puissances impérialistes, sous prétexte d’offrir aux Touaregs un pays, oseront-elles accomplir le rêve de De Gaulle d’un Etat sahélien en opérant une partition du Mali, du Niger, voire de l’Algérie si elles arrivent à la déstabiliser ?

Pourquoi pas le Cameroun, artificiellement séparé en 1918 par la Société des nations après la défaite de l’Allemagne, et dont Um Nyobé avait réclamé la réunification à la tribune de l’ONU, avant que la France l’assassine. Le conflit dans la partie anglophone contre le pouvoir central qui opprime tout le pays, pourrait conduire à une scission du pays, d’autant que la succession de Paul Biya préoccupe ses partenaires et mentors. Lui fête 40 ans de dictature et ne désespère pas à 90 ans de prolonger son mandat.

Autre conflit interne dans un grand pays africain soucieux de son indépendance :

L’Ethiopie. Les Tigréens ont dirigé sans partage l’Etat fédéral durant 27 ans en instituant l’ethnicité des régions. Ils sont entrés en rébellion contre le pouvoir central après l’avoir perdu en 2018. La guerre, qui a débuté en novembre 2020 entre les troupes du Front Populaire de Libération du Tigré et l’armée fédérale éthiopienne, a pris une ampleur sans précédent avec des milliers des morts et l’implication des États de la région : Érythrée, Soudan, Égypte et Djibouti.

En juillet 2021, ce conflit s’est étendu à la région Afar, avec l’attaque des troupes tigréennes sur les populations civiles situées sur la route Djibouti et de son port sur la Mer rouge.

Les médias occidentaux ont vite pris fait et cause pour le Tigré, en restant très discrets sur les exactions de ses groupes armés. « Les yeux de Chimène » pour les revendications du Tigré, dont fait preuve l’Occident, portent à craindre de prises de positions dangereuses pour ce grand pays qu’est l’Ethiopie où les différentes ethnies vivaient en bonne intelligence avant les décennies de gouvernance tigréenne.

Autre pays qui pèse politiquement et économiquement en Afrique, et dont les choix de politique internationale n’ont pas les faveurs des Occidentaux :

Le Nigéria, régulièrement attaqué par Boko-Aram, l’un des groupes djihadistes de « l’islam- business » et acteur local de la déstabilisation. Ses attaques ne gênent pas les multinationales extractivistes. On cohabite en bonne intelligence, les Affaires des uns et des autres ne sont pas incompatibles, elles profitent ensemble de la fragilité des Etats de la région et de leur difficulté à assurer la sécurité des territoires.

La paupérisation des populations en Afrique génère l’installation de trafics en tous genres et par conséquent une insécurité supplémentaire. En mer la pêche industrielle détruit les richesses halieutiques. C’est ainsi que les pêcheurs de la Mer rouge ont été conduits à la piraterie qui se propage aujourd’hui dans le Golfe de Guinée.

La carte des ressources naturelles du continent se superpose parfaitement à celle du théâtre des pillages industriels : Tchad, Centrafrique, Mali, Burkina Faso, RDC, Sahara occidental (toujours colonisé dans sa partie utile).

Dans ces pays les droits de l’homme sont journellement bafoués, mais les revenus juteux de leurs matières premières permettent de camoufler les tableaux désastreux.

Les médias qui font en grande partie le débat public, limitent l’info aux évènements et poussées de fièvre sur le continent. Il est temps de décrypter les enjeux économiques au cœur desquels se situe l’Afrique et de les rendre visibles.

Dans les années cinquante et soixante les organisations progressistes ont soutenu les luttes d’indépendance. Aujourd’hui la solidarité internationale prend tout son sens dans les intérêts mutuels des peuples à se libérer du carcan impérialiste.

Il est de notre devoir d’internationalistes de soutenir les démocrates africains qui luttent pour l’émancipation de leurs peuples.

Ils sont poursuivis au nom de la lutte antiterroriste. Ainsi le FRUD, (Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie à Djibouti) vient-t-il d’être déclaré « organisation terroriste » par Ismaël Omar Guelleh qui cherche à s’assurer d’une succession dynastique à son 5e mandat obtenu comme les autres par élection frauduleuse. Le dictateur a demandé l’arrestation par Interpol d’une dizaine de ses dirigeants. Mohamed Kadamy Président du FRUD, qui attendu près d’un an le renouvellement de sa carte de séjour de réfugié politique, est menacé à tout moment d’arrestation comme ses camarades qui résident en Europe et en Amérique du Nord.

C’est pourquoi tant que les enjeux économiques qui se jouent en Afrique ne seront pas mis en regard de la question des migrations forcées (politiques et économiques), le débat se limitera à régler humainement la question immédiate et urgente quand ces survivant.es d’un parcours à hauts risques se heurtent aux murs de la forteresse-Europe, « qui va les accueillir » ? Poser et répondre à la question « Que fuient ces hommes, et ces femmes qui risquent leurs jeunes vies ? », c’est une autre affaire. Un autre monde est possible, il faut le construire ensemble, émancipé des intérêts mercantiles et égoïstes de l’impérialisme.

Michèle Decaster Secrétaire générale de l’AFASPA Journées internationalistes de Vénissieux