Laïcité : les femmes au coeur de la tourmente ! Dans le Vénissian d’octobre 2016

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 3%

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Martin Luther King

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Laïcité : les femmes au coeur de la tourmente !

Le burkini a fait le buzz dans les médias cet été.
Au-delà des remous provoqués par cette tenue, au-delà des provocations, la seule vraie question est celle-là : pouvons-nous accepter qu’au nom de croyances religieuses des règles vestimentaires soient imposées aux femmes évoquant une nature et un rôle inférieur dans la société ? La réponse est évidemment non !

Les religions n’ont pas fait de cadeau aux femmes !

Dans l’ancien testament, Eve tend la pomme à Adam et le pousse ainsi hors du paradis. Le Coran dit aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement. Et dans la prière juive du matin, l’homme remercie Dieu de ne pas l’avoir fait femme et la femme de l’avoir faite selon sa volonté !

Il est vrai que ces textes écrits il y a bien longtemps, qui plus est par des hommes, témoignent de leur époque. Et ceux qui les gravent dans le marbre, plus attachés à l’apparence qu’au sens, enferment les femmes dans une prison sans fin.

La laïcité, en affirmant la primauté de la connaissance et des idées pour organiser la société, interdit à la religion d’ériger des croyances en Loi s’imposant à toute la société. C’est une porte qui s’ouvre pour les femmes, même s’il faudra attendre 1944 pour leur accorder le droit de vote, reconnaissance de leur engagement dans la résistance et poids du PCF dans le programme du CNR.

L’entrée massive dans le monde du travail des femmes leur ouvre l’autonomie,
tandis que les progrès scientifiques avec la contraception les libèrent de la contrainte naturelle des grossesses imposées... Tout cela reste fragile quand les salaires baissent, surtout pour elles, et que la santé se marchandise !

Le corps des femmes est toujours un enjeu dans ce combat contre l’obscurantisme et le machisme. Ce n’est pas un hasard si les femmes adoptent les cheveux courts après la guerre de 14/18 qui les a vu prendre la place des hommes dans les usines, les fermes et les commerces.

1936 et les congés payés vont populariser le short et le maillot de bain, camping oblige ! Et c’est dans la foulée de 1968, alors que la pilule se répand et que les femmes rentrent massivement dans le monde du travail que le pantalon se généralise.

C’est pourquoi, il faudrait être fou et surtout folle pour considérer que les règles vestimentaires imposées au nom d’une religion sont anodines.

Différencier de manière figée le sexe par le vêtement, c’est déjà imposer l’idée de règles et de rôles sexués intangibles, d’autant que c’est toujours à la femme que revient le vêtement le plus contraignant au quotidien.

Etablir la règle de la dissimulation de corps pour les femmes, dissimulation des cheveux, du corps, des mains, du visage- c’est la réduire à un objet sexuel puisque pour ne pas l’être, il faut qu’elle cache ce corps coupable de toutes les tentations. Et c’est réduire les hommes à d’affreux salauds qui ne sauraient résister à leurs pulsions ! Une vision des rapports hommes/femmes violente et dégradante !

La religion n’a pas le monopole de cette main-mise sur le corps des femmes. Le capital en est le champion.

Femmes exploitées, conditions de travail infernales, salaires bas... Femmes sur papier glacé, assumant tout sourire une triple journée, grâce aux mérites supposés du surgelé machin, du produit ménager truc... Femmes parfaites ventant les vertus d’un parfum, d’une lingerie... Femmes otages des laboratoires promettant la jeunesse éternelle... Gamines achetées et vendues par des souteneurs internationaux, taxées pour la vie et se prostituant aux portes de nos villes.

Il n’y a donc pas d’un côté les libérées et de l’autre les soumises, mais bien un combat commun à mener, combat pour les femmes mais combat aussi pour une société juste et fraternelle, une société de droits qui intéresse autant les femmes que les hommes ; C’est en cela que le poète avait raison de dire que « la femme est l’avenir de l’homme ».

Menons cette bataille en refusant l’affrontement des civilisations, des histoires et des origines !

Trouvons les mots et les formes pour aller à la rencontre de toutes les femmes et faire grandir l’idée que les affaires de la terre n’appartiennent qu’aux humains.

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