Hausse du prix de l’électricité

Le gouvernement fait le choix de tuer EDF

Communiqué de la FNME CGT
Vendredi 14 janvier 2022

La décision du gouvernement ce 13 janvier sur l’électricité, officiellement pour freiner la hausse du prix, est un scandale ! Non seulement, elle ne va pas freiner la hausse, qui sera seulement décalée dans le temps et qu’il faudra payer ensuite, mais elle fait le choix de tuer EDF et le service public de l’électricité.

Depuis la privatisation et la mise en concurrence, le gouvernement, l’union européenne et les grands groupes capitalistes ont un problème. Ils ne peuvent produire de manière décarbonée une électricité disponible pour répondre aux besoins. Dès que le prix du gaz augmente, ils se retrouvent avec une électricité beaucoup plus chère, invendable sur le marché français tant que le service public existe encore !

Depuis des années, le gouvernement oblige donc EDF à vendre une part de son électricité nucléaire à ses concurrents à « prix d’amis ». Et ce 13 janvier, le gouvernement a fait un nouveau cadeau aux distributeurs privés d’électricité qui font face à la hausse des prix du marché. Il leur donne 20 milliards de Kwh d’électricité EDF toujours à prix d’amis, électricité qu’ils vont nous revendre avec une très forte marge !

Avec cette mesure, c’est EDF qui finance directement les marges de TOTAL Energie ! Un scandale. TOTAL est déjà dans un record de profit avec les prix du pétrole au plus haut, et c’est le service public qui paie le cadeau décidé par le gouvernement d’une électricité qu’il pourra revendre aussi avec des prix qui s’envolent !

Pourtant, depuis des mois, tout a montré l’incapacité du marché à répondre aux besoins des usagers. On a vu des acteurs comme Leclerc, Cdiscount et d’autres arrêter carrément leur activité et dire à leurs clients de retourner chez EDF. Les prix s’envolent sous pression du marché allemand dominé par le charbon et le gaz..

Mais jusqu’à quand les français vont-ils accepter la casse de leur entreprise nationale de l’électricité ?


Communiqué de presse de la CGT
CGT EDF Titre

Le gouvernement fait le choix de tuer EDF !

Ce jeudi 13 janvier, à la télévision, la Ministre de l’Ecologie et de la Transition écologique faisait l’apologie du libéralisme dans cette phrase incroyable : « Nous allons demander à EDF d’augmenter le volume d’électricité bon marché qu’ils vendent à leurs concurrents ». Confirmé par un communiqué qui ne prend pas la peine de citer EDF, le ministère de Madame POMPILI a annoncé que le volume de l’ARENh (Part de production nucléaire réservée aux fournisseurs concurrents) est relevé à 120TWh pour quelques euros de plus. C’est une nouvelle étape de la spoliation d’EDF au profit de la concurrence puisque désormais c’est 40% de la production nucléaire d’électricité qui doit être bradée - en solde permanente - à la concurrence ! Les salariés d’EDF apprécieront de travailler et produire 40% de l’électricité pour contribuer aux dividendes de leurs concurrents et implicitement tuer leur propre entreprise tout comme le service public de l’électricité.

Cette mesure insensée et illusoire pour maitriser sur le long terme la flambée des prix structurelle - le marché n’ayant pas incité « la concurrence » à construire massivement les moyens de production - va amputer les comptes d’EDF de près de 8Md€. En effet, alors que les positions d’EDF sur les marchés sont fermées, on va obliger l’opérateur de service public à aller acheter à des prix stratosphériques (à plus de 300€/MWh) une marchandise qu’il revendra à 46,2€. D’ailleurs en a-t-il le droit ?

Cette parade catastrophique renforce l’existence du marché qui est pourtant la cause de l’explosion des factures imposée aux usagers !

Dans le même temps, le gouvernement demande également à l’électricien de racheter GE Steam pour gommer la boulette de l’actuel Président de la République, alors Ministre de l’Economie du gouvernement précédent, qui avait bradé un savoir-faire industriel français unique perdant ainsi l’indépendance énergétique nucléaire.

D’un outil opérationnel public au service de l’intérêt général pour appliquer les politiques énergétiques et mener une politique industrielle, EDF est maintenant un outil financier pour corriger les effets néfastes du système capitaliste devenu fou et jouant avec ce bien de première nécessité contre les citoyens.

L’électricité demande une planification des investissements sur le long terme car nos outils de production vieillissent. Des fermetures politiques sont imposées (Fessenheim, Gardanne, Lucy, Cordemais, … ) sans que les remplacements ou reconversions soient engagés sereinement avec continuité et effets de palier nécessaires à la maitrise économique, technique et de maintenance. Aujourd’hui le parc de production français n’a plus aucune marge, nous vivons d’importations.

Pourtant, tout découle d’un calcul du tarif règlementé « par empilement » imaginé par la CRE qui a participé à la mise en place de l’ARENh. Ce calcul aboutit à une augmentation en février 2022 de plus de 35%. L’abaissement des taxes demandé depuis des années par la FNME-CGT y suffirait à peine et pourtant cet abaissement a été réduit à un strict minimum, la TVA n’étant pas remise en cause.

La FNME-CGT considère que la CRE qui est composée majoritairement de membres aux parcours « très privés » (principalement réalisés chez les fournisseurs alternatifs) est dangereuse car elle est devenue la meilleure représentante de la Direction Générale de la Concurrence de l’Union Européenne. Bruxelles refuse d’admettre que le marché est un échec, voir un danger, et que l’augmentation inéluctable des prix met à mal les objectifs de la nécessaire transition énergétique pour tous mais aussi des innovations indispensables à cette transition (production d’hydrogène par exemple).

Que ce soit pour les citoyens ou pour les industriels, ce système de fonctionne pas.

La FNME-CGT

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