Points de vues lettre d’un communiste....

, par  jack freychet , popularité : 5%

J’ai quitté le parti et rendu mon mandat électif fin 1998 alors que l’activité de la cellule, à part quelques frémissements à la veille d’élections (pas toutes), se limitait à la remise des timbres.

J’ai adressé le texte ci-dessous à Marie George Buffet, Patrick Le Hyaric et à la première secrétaire du 91, début février 2004, j’ai reçu un accusé de réception de Marie George Buffet le 23-2-04, depuis rien, mais peut être ne méritait-il pas plus.

A part le fait que Sarkosy ait, lors des dernières présidentielles, récupéré, et pour cause, l’électorat de droite qui s’était porté sur le FN tout le reste, hélas, demeure, à mon sens, valide.

L’ Huma n’est plus ce quelle était. Malgré le culte du petit père des peuples et l’apologie du système soviétique perverti dès la disparition de Lénine par ce que nous dénommons ici opportuniste, suiveur, profiteur, prêts à tous et n’importe quoi pour préserver leur pouvoir, elle avait une autre tenue, ouvrait des perspectives à même de nourrir les luttes pour l’emploi, le pouvoir d’achat, le progrès économique et par conséquent social... et, non seulement protestataires. Elle avait aussi une autre page sportive.

Mais revenons à l’huma du jeudi 15 janvier 2004 qui titre page une « LE FN RESTE UN DANGER PUBLIC » et poursuit « deux ans après le 21 avril, avec l’aggravation des coups portés par la dérive libérale de la politique gouvernementale les ingrédients sur lesquels prospère l’extrême droite demeurent. Plus que jamais il y a urgence à riposter. » Que le danger soit grand est une évidence, sauf pour les naïfs, qu’il en soit de même pour ce qui concerne l’urgence est non moins indéniable mais, comment en sommes nous arrivés à ce point qui pourrait être de non-retour ? sinon par la faute par tous ceux qui ont surfé sur le chômage et le mal vivre pour s’approprier le pouvoir, qui ont complaisamment tendu les micros à Le Pen pour tenter d’affaiblir la droite dite classique plutôt que de s’en prendre à la racine du mal.

Certes ainsi que l’écrit Patrick Le Hyaric dans son éditorial du même jour la gauche n’est pas la droite mais d’alternance en alternance depuis plus de 20 ans la gauche a remplacé la droite au pouvoir (et réciproquement) sans porter atteinte à la sacro -sainte loi du profit le plus grand dans le laps de temps le plus court. Plus encore, la libre circulation des capitaux et des produits manufacturés étendue sous son égide, sous couvert de construction européenne et de mondialisation, ont exacerbé la concurrence entre les peuples avec les conséquences que l’on sait sur l’emploi, les salaires les conditions de travail, l’augmentation de la pollution maritime, aérienne, terrestre par la multiplication des échanges. A qui devons- nous d’être entrés dans une dérive sécuritaire, antichambre de l’état policier ? Sinon pour une bonne part au laisser- faire de la gauche plurielle...incapable par ailleurs d’apporter (dans les faits) une réponse globale.

Où en serait le chômage si la définition n’en n’avait pas été modifiée il y a quelques années ? Les contrats jeunes, comme, prévu n’ont duré, autre hypocrisie, que l’espace d’un petit mandat La précarité s’est étendue, à ce rythme il n’y aura bientôt que des intermittents, après Hoover parti en Ecosse puis je ne sais ou, les délocalisations se poursuivent, et pour cause. L’Huma rapportait après le vote parlementaire sur l’élargissement de l’Europe, je résume : Les communistes se sont abstenus, dix pays supplémentaires vont bénéficier des « bienfaits » de l’ultra libéralisme... et plus loin l’entreprise Untel vient de fermer ses portes pour être réimplantée à l’Est... La conclusion induite me parait évidente mais beaucoup m’objecteront une lecture partiale. Les salaires sont tirés vers le bas, il faut aujourd’hui, pour une famille de deux enfants, deux salaires médians pour s’en sortir honorablement ; depuis plus de vingt cinq ans (j’y étais) les conditions de travail sont remises en cause, la déprime suit. En matière de santé le plan JUPPE, qui a survécu à une majorité de gauche poursuit ses ravages. En 2000, avant les présidentielles nous avons dû prendre une sur complémentaire santé sans que pour autant tous les dépassements autorisés ou tolérés soient couverts, demain ce sera pire encore. Quant aux retraites il convient de rappeler qu’il y eut, pour le moins, un accord tacite entre le MEDEF, le gouvernement Jospin et la CFDT afin de reporter le règlement du dossier au lendemain des élections présidentielle et législatives.

L’ECOLE, disait le plan Langevin Wallon, doit avoir la triple mission de former l’homme, le travailleur, le citoyen et réduire les inégalités socioculturelles d’origine. Cinquante ans plus tard elle les reproduit encore aussi fidèlement sans que cela émeuve beaucoup car elle répond pour l’essentiel ainsi que le déclarait récemment un universitaire lyonnais aux besoins des enfants qui trouvent aux pieds de leur berceau la panoplie du parfait petit écolier et, dont les parents font et défont les majorités successives. Parmi les autres, pour la plupart, c’est l’incompréhension, un parcours semé d’embûches l’échec et la voie vers l’exclusion, la révolte au mieux la précarité.

A mon sens droite et gauche (plurielle) n’ont proposé à ce jour comme thérapie que l’équivalent d’un cautère sur une jambe de bois alors qu’il aurait fallu, des moyens supplémentaires sans doute mais aussi une approche différente du problème : A la source en sensibilisant les familles, pas seulement celles des grands ensembles, car ce ne sont pas forcément les difficultés de la vie quotidienne qui obèrent les capacités de réflexions mais aussi le ronron et surtout l’absence de perspective. En maternelle, qui n’est pourtant, loin s’en faut, le maillon le plus faible du système poursuivre par la détection et la prise en charge des handicaps, le primaire étant là pour asseoir les comportements et donner les moyens d’accéder à l’enseignement secondaire après il est déjà trop tard ou du moins bien plus difficile avec des pré-ados souvent révoltés et en quête d’identité.

Les moyens supplémentaires indispensables doivent se conjuguer, à partir d’un diagnostic plus réaliste, avec la formation des maîtres, un réexamen des méthodes pédagogiques et des programmes ; ce n’est pas seulement affaire de spécialistes vrais ou supposés mais aussi de ceux qui sont le plus concernés par la refonte du système et sont en règle générale priés d’attendre que les augures aient parlé.
Partir des besoins humain, car c’est de cela dont il s’agit, dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, ils sont par essence infinis, éternellement renouvelables, constituant ainsi un formidable moteur de croissance à condition de ne pas en rester, promettant la lune, aux effets de manche préélectoraux pour inciter ensuite à la solidarité des pauvres, tresser des couronnes de lauriers aux nouvelles dames patronnesses qui n’ont de raison d’être que les détresses qui se multiplient.

Allons nous enfin retrouver la voie du progrès ? Rien n’est moins sur. La droite imperturbable poursuit la casse des acquis sociaux, le PS reprend les mêmes antiennes, répète qu’il sait mieux répartir les miettes (je décode), en omettant que, pour l’essentiel, la reprise dont il se targue avec la gauche plurielle, était d’une part due à un sursaut plus général et d’autre part à la baisse de l’Euro par rapport au dollar, les emplois jeunes prévus pour cinq ans et le RTT à l’effet limité : quelques dizaines de milliers d’emplois crées, combien exactement, nul ne sait, avec des restrictions sur les salaires, la dégradations des conditions de travail alors que, mathématiquement, une réduction de 10% de la durée de travail aurait dû en générer près de 2 000 000.

Après l’envolée de la répression anti-syndicale au début de l’ère Mitterrandienne principalement à l’encontre des militants CGT le bilan est maigre.

L’extrême gauche elle, proteste : c’est au moins ça. A chaque manif Laguiller fait le trottoir. Le parti communiste malgré quelques propositions intéressantes semble plus préoccupé par la conquête d’une partie de l’électorat social démocrate que par la construction d’une alternative et la réouverture d’une perspective de moyen et long terme. Les uns et les autres, droite et Ecolos compris, nous bassinent avec l’Europe et la mondialisation dont le couple est présenté tel un messie sauveur suprême alors qu’il n’est que la réponse du capital à la baisse tendancielle du taux de profit. Je n’ai rien contre l’Europe, j’y suis né et j’y mourrai aussi mais plus on en parle plus les difficultés s’amoncèlent : Que lui doivent les trente glorieuses, Concorde, Ariane, le TGV, Air bus ? Que lui devra le projet ITER mis sous haute surveillance par les USA ? Que peut-on attendre des Blair, Aznar, Berlusconi, Schröder et tutti quanti ? De la social démocratie ? Rien de positif, sinon comme toujours, le meilleur compromis possible en faveur des tenants du capital et, à la veille des élections régionales, on peut l’écrire, une nouvelle décentralisation des charges, au grand dam des contribuables territoriaux, dénommée pudiquement transfert de compétences avec encore moins d’état pour laisser le renard libéral encore plus libre dans le poulailler libre ainsi que le disait Georges Marchais. Quel avenir peut avoir l’Europe alors que déjà toutes les décisions stratégiques sont prises au niveau mondial sous l’égide des Etats unis ? Nous restons toujours aussi dépendants du dollar. Que nous apporte l’euro alors qu’il faudrait une monnaie commune mondiale ?

Inexorablement le centre de gravité de l’économie mondiale se déplace vers l’Est, la Tchéquie n’est déjà plus compétitive. La Chine et l’Inde, leurs voisins aussi, accumulent les capitaux peaufinent leur savoir- faire ; à ne pas changer la règle la règle du jeu le vieux monde n’occupera, sous peu que des strapontins sur les échiquiers politiques et économiques mondiaux. Sans aucun doute on pourrait m’objecter l’alter mondialisation, à cela je rétorquerai qu’il est nécessaire de s’y investir mais la lucidité commande de ne pas trop en attendre des miracles pour demain. Elle sera d’une très lente construction, faite d’avancées, de reculs, d’impasses, de renoncements passagers pour l’heure nous subissons.

La mondialisation créée de nouveaux riches ailleurs, oubli la majorité parmi les peuples dédaigne l’Afrique dont elle pille les richesses naturelles ; elle a commencé il y a quelques millions d’années avec la sortie des premiers hominidés du territoire des Afars elle s’est poursuivie tout au long de leur lente pérégrination pour aboutir à homo sapiens qui, lentement, s’est une première fois approprié la planète. D’autres colonisations ont suivi. Il aura fallu quarante millénaires pour en arriver là. Prétendre que tout pourrait être résolu en quelques décennies ne peut convaincre que les tenants de la fin de l’histoire, les nombrilistes (ils sont nombreux) de même que ceux qui entrevoyaient l’avènement du paradis soviétique vers le milieu des années quatre vingt du siècle dernier..

La multiplicité des approches tant européenne qu’alter mondialiste, les divergences d’intérêts, de priorités, tout montre qu’il est vain d’espérer sur les court et moyen termes autre chose que « le déshabiller pierre pour habiller Paul » sur une plus grande échelle et, pendant ce temps là... les Le Pen en herbe auront du grain à moudre, les parti de gauche s’échineront à tenter démontrer qu’ils apportent les meilleures réponses aux affirmations fallacieuses de l’extrême droite ce qui ne convaincra ni les « Boulogne » en cours de dé localisation ni les habitants des cités qui eux sont en quête de résultats tangibles.

Il ne faut pas s’étonner de la résurgence des nationalismes, ne disait-on pas il y a quelques années un peu d’internationalisme éloigne de son pays, élargit les horizons trop y ramène.

La droite fait son travail, son extrême le fera aussi, la gauche plurielle a failli le reste est en panne de réalisme. De deux choses l’une, ou la France est encore un pays riche ou elle est engagée dans une spirale de déclin sous le poids de contraintes environnementales qui ont été acceptées par les équipes gouvernementales successives. Dans le premier cas il faut partager sauf que dans un pays aux frontières ouvertes à la libre concurrence toute taxation supplémentaire des profits fussent-ils super induit fatalement fuites de capitaux et délocalisations encore plus rapides ce qui nous ramène illico au second terme de l’alternative tout en nous rappelant que l’Europe à très large majorité social-démocrate n’a pas jugé utile de s’en prendre aux paradis fiscaux in situ et à sa périphérie immédiate c’est pourtant moins loin que les îles Caïmans chères à ENRON et PARMALAT ou il faudrait également les ramener à la raison. Le capital doit redevenir ce qu’il n’aurait jamais du cesser d’être c’est à dire un intermédiaire d’échanges.

Dans ces conditions faut-il se soumettre ou périr comme on nous y incite ou disposons-nous d’une réelle marge de manœuvre ? Vrai question qui ne semble intéresser que peu de monde.

Prétendre réduire les inégalités sociales, mieux répondre aux besoins humains tout en laissant la bride sur le cou du capital est une duperie qui ne peut leurrer que ceux qui y trouvent encore leur compte mais leur nombre se réduit. Pour ma part, à de rares exceptions près j’ai, depuis toujours, observés la discipline républicaine, vote communiste au premier tour, candidat de gauche le mieux placé au second, j’ai même accordé mon suffrage à Robert Hue qui, quelques semaines avant les présidentielles n’était pas hostile à l’ouverture du capital de EDF au privé, non par enthousiasme pour ses propositions (celles du parti aussi) mais pour éviter que la dégringolade prévisible, point besoin de sondage pour cela, ne soit ne soit encore plus rude. Ca n’a pas suffit. A l’occasion des régionales J’accorderai ma voix à la liste conduite par Marie George Buffet ensuite, sans infléchissement d’orientation, il est vraisemblable qu’en matière électorale l’abstention voire le vote blanc sera pour moi la meilleure protestation, retraité, je me satisferai, chaque fois qu’il m’en sera donné l’occasion, de participer aux manifestations pour l’emploi, le pouvoir d’achat, la défense des services publics, la paix. et, pour paraphraser VH : « S’il n’en reste qu’un, je serai celui là » mais ça ne servirais plus à grand chose. J’avais écrit lors du dernier raz de marée qui avait porté la gauche plurielle au pouvoir avec 35 députés communistes : « Attention faute de répondre aux attentes le balancier électoral nous fera revenir la droite encore plus forte ». A s’engluer dans le social libéralisme le PCF a payé la note, il ne pouvait pas en être autrement ; Il lui reste à regagner un électorat en proposant rapidement, même si elles sont à débattre des réponses crédibles aux problèmes auxquels nous sommes confrontés avec plus ou moins de force, selon la place que nous occupons sur l’échiquier social et la conscience que nous avons ou non d’appartenir à une classe exploitée. Il y a dans ce pays comme l’a dit fort justement Marie George Buffet lors du conseil national des 16 et 17 décembre 2003 : « une immense attente de réponses claires, audacieuses .... » que trouvons nous en face, des déclarations d’intention, le souci de faire mieux, autrement, la nécessité de débattre, de faire des forums en bas après les avoir faits en haut mais pas de projet pas de perspective pas de mesures concrètes ce qui est logique car on ne peut traiter un problème sans qu’y soient inclus l’ensemble des paramètres permettant de l’appréhender, en fait tout sur la forme, rien sur le fonds si ce n’est la référence au dépassement du capitalisme qui n’est pour l’instant qu’une utopie car il n’y a rien pour le remplacer..

Si j’en crois l’Huma du 23 janvier (2004), page 8, PCF et PS auraient décidé d’engager « un travail de fond sur les grands thèmes politiques, les projets de la droite, le capitalisme mondialisé... » comme si nous ne subissions pas déjà, tout en précisant que sur ce dossier les deux formations avait des approches différentes, a ce rythme nous auront une alternative à gauche pour la saint-glinglin.

Par contre dompter le capital pour le canaliser en fonction des besoins vitaux est une nécessité impérieuse et cela seuls des progressistes convaincus peuvent s’y atteler et faire une révolution non moins nécessaire que celle que fait chaque jour la planète sur elle- même, chaque aube qui se lève ressemble à la précédente et, pourtant sans elle nous ne serions pas là. Dans cette hypothèse la seule question qui mérite d’être posée serait pour savoir si c’est possible dans l’environnement international actuel. Tout en percevant les contraintes, les limites aussi, d’une telle démarche Je répondrai oui sans hésitation : Cuba n’obtient-elle pas, malgré les sarcasmes de Régine Deforges, l’embargo, l’absence de ressources naturelles, un PIB nettement moindre des résultats remarquables en matière de santé et d’éducation. A moins que les Etats Unis et leurs alliés nous réservent le sort de l’Irak pour avoir porté atteinte à la poule aux œufs d’or ce que l’opinion publique internationale ne peut permettre.

Il faut aujourd’hui de l’audace, encore de l’audace, bousculer les tabous, résister aux chantages, pour être en position de prendre les nouvelles bastilles, clamer à la face du monde un nouvel « LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE » tout en jetant les fondements d’ une (de) société (s) plus évoluée(s) encore ne faudrait-il pas limiter sa perception du monde aux descriptions qu’en font les passéistes qui veulent faire accroire, en nous incitant à contempler notre nombril, que nous les occidentaux avons atteint le nirvana, notre devenir serait en fait derrière nous. Ca fonctionne sommes toute très bien et traverse tous les milieux.

Ainsi Saddam Hussein est un dictateur criminel (ce n’est pas un saint) alors qu’il fut le bras arme de l’occident, manipulé par les Etats unis, pétrole oblige, qui lui imputent aujourd’hui les victimes de leurs propres bombardements, ses armes de destruction massives ont fait flop, elles avaient été détruites après la première guerre du Golf, quant à ses crimes ils devront être évalues par des travaux d’historiens comme les 70 à 80 millions de décès imputés au stalinisme. Il en restera toujours de trop mais ce n’est pas une raison pour en rajouter, d’oublier l’Indochine, l’Algérie, les 120 000 décès journaliers dans le monde par suite de malnutrition alors que la planète dispose dès à présent des moyens pour y remédier.... Les gouvernements fantoches mis en place par les Etats-Unis, la destruction des centres de sante et des coopératives au Nicaragua, le maccarthysme, un peu partout l’assassinat des opposants politiques même si on ne peut soustraire des crimes commis au nom d’un communisme virtuel ceux commis sous couvert d’une liberté illusoire.
A la veille de la seconde guerre du golf (cf. Le Monde) malgré l’embargo, les accusations de détournement, l’Irak avait effacé une bonne partie des conséquences de la première ; C’était un pays laïque, doté d’un code de la famille ou la femme avait une place reconnue, ce qui explique vraisemblablement nombre de luttes intestines. Qu’en est-il aujourd’hui, qu’en sera-t-il demain ? La femme commençait également a s’émanciper en Afghanistan avant l’arrivée des talibans, depuis le tchador est redevenu incontournable... Merci à Bush père et fils, élus par 15% (en fait ça doit être 30 %) de l’électorat des Etats-Unis, ainsi qu’à leurs séides ; ils méritent d’être jugés tout autant que Saddam, ainsi que quelques autres qui coulent des jours heureux dans des républiques bananières ou non. Ne voir que la paille dans l’œil du voisin est un symptôme de cécité, pour le moins le naïf désir de s’apparenter à une classe sociale si décadente soit- elle en se coulant sous les vents dominants.

Plutôt que de se vouloir donneurs de leçons, restons humbles, les concepts de Liberté, Fraternité, Egalité, Démocratie, Solidarité... maniés par la droite et la social démocratie peuvent prendre autant de significations qu’on peut leur accoler d’adjectifs. Pour ceux qui l’auraient oublié ou ne le sauraient pas encore les Démocraties occidentales bourgeoises, la nôtre aussi, sont toujours de structures asservissantes et les démocraties populaires n’ont pas été émancipatrices, parenthèses de quelques décennies elles sont riches d’enseignements, d’erreurs à ne pas renouveler pour peu qu’on ne jette pas la baignoire avec l’eau du bain et Marx avec qui, s’il n’a pas dépeint la voie royale pour aller vers le socialisme reste néanmoins une référence pour nombre d’économistes. La nécessaire démocratie participative n’est pas non plus la panacée car elle s’adresse à ceux qui ont le temps, les connaissances et les moyens pour cela, nous ne sommes pas tous internautes, elle a conduit, par insatisfaction et dépit, les délégataires au repli jusqu’à l’abstention ; elle nécessite en outre l’aptitude individuelle au compromis, à défaut, on tourne en rond, de plus, il faut, de temps à autre, si les circonstances l’exigent, savoir trancher le nœud gordien. La démocratie participative est aussi faite de groupes de pression plus ou moins organisés, à dominante de droite du centre ou de gauche prétendument apolitiques, qui défendent souvent des intérêts particuliers, parfois égoïstes, à l’arrivée seul un « politique », encarté ou non est à même de faire la synthèse.

Quant au grand soir tant vilipendé, s’il ne se décrète pas il ne peut non plus être interdit. Une mobilisation populaire de masse peut, comme au Vénézuèla, jouer un rôle déterminant.

Malgré ses déconfitures successives, le PCF reste incontournable pour qui veut aller de l’avant à la condition toutefois d’affiner son analyse, de préciser ses intentions : gauche plurielle ravalée (à qui peut-on faire admettre que des Fabius, Strauss Khan et consorts accepteront de toucher aux fondamentaux d’un système qui les nourrit) ou rassemblement populaire progressiste à même de promouvoir des alternatives de même nature en adéquation avec les problèmes auxquels nous nous trouvons confrontés.

A défaut il sera dépassé sur sa gauche, il l’est déjà mais ce n’est pas trop tard, comme chaque fois qu’un parti révolutionnaire se laisse griser dans les allées du pouvoir, sans pour autant que les bonnes réponses aux vraies questions surgissent spontanément sinon elles auraient déjà été portées à notre connaissance par Arlette et le sympathique petit facteur. Il y a dans l’existence des choix cruciaux à faire. A rester trop longtemps au milieu du gué on finit par se noyer. Que ceux qui souhaitent y rester ou retourner le fassent, que les autres avancent sans plus tergiverser. Ils retrouveront à leurs côtés au-delà de la mouvance communiste ceux et celles qui s’interrogent sur le « comment faire autre chose, autrement et sont décidés à s’approprier les moyens nécessaires pour y parvenir » cela représente, outre les convaincus avec les abstentionnistes et les protestataires au moins 20% des suffrages, de quoi peser sur la vie politique française. Il faut former de nouveaux militants, réactiver ceux qui ont baissé les bras faute d’argumentaire convaincant ; l’un d’entre eux ne me déclarait-il pas tout récemment « le changement n’est pas pour l’immédiat mais nous travaillons pour les générations futures » ; Ce qui n’est somme toute pas très encourageant... Il y a, c’est une certitude des forums, des débats organisés par le PCF mais, dans mon proche environnement j’ai beau comme sœur Anne scruter les quatre points cardinaux, je vois rien venir si ce n’est un appel à s’inscrire en vue de participer le dimanche 1° février (2004) à une rencontre pour une autre EUROPE place Fabien : Centralisme quant tu nous tiens ! Mais si l’opinion se gagne sur le terrain encore faut-il ne pas négliger les médias dont il est commun de dire qu’ils censurent les propositions du PCF à cela il est aisé de rétorquer, l’audimat étant roi, que seul un discours accrocheur peut être écouté avant d’être entendu. Pour l’heure les initiatives du PCF ne rencontrent pas d’écho car elles ne sont pas jugées crédibles d’une part, d’autre part parce que sa direction n’a pas su, en faisant son deuil de l’URSS (est-il terminé d’ailleurs) séparer le bon grain de l’ivraie, enfin ce parti est en train de perdre ses racines tout comme sa mémoire. Nombre des dérives actuelles du capitalisme avaient été annoncées et dénoncées depuis belle lurette, pourtant tout semble à recréer, du passé vous semblez faire table rase. Si c’est une mutation (sens génétique) elle sera rejetée par l’espèce comme étant non bénéfique dans le cas contraire il faudrait repartir de la soupe primitive puis réapprendre que sans le groupe l’individu n’est rien.

Si ce n’est un aveuglement certain vis à vis le l’union soviétique, encore dans ce domaine faut-il relativiser, ne pas oublier par exemple, que le pacte germano- soviétique fut postérieur au lâche soulagement de Munich, on ne peut apprécier le second sans en référer au premier, les communistes français n’ont pas à rougir de leur passé, les sympathisants non plus, dans tous les cas, sans parler de la droite, moins que la social démocratie quels que soient les oripeaux dont elle s’est affublée. Ils furent partis prenantes de toutes les luttes pour l’amélioration des conditions de travail, du pouvoir d’achat, de la protection sociale, l’émancipation des peuples, ils prirent une part prépondérante dans la résistance intérieure lors de la seconde guerre mondiale de même que dans l’élaboration du programme progressiste du Conseil National de la résistance... ne pas le rappeler est une hérésie.

Les faits sont têtus, il faut rendre à César ce qui lui appartient et non rapporter des éléments tronqués comme dans l’huma du 2 février, page 6 « FO s’est construite en occupant le terrain de la négociation des conventions collectives pendant les trente glorieuses... dans une période ou négocier avec le patronat permettait d’arracher des améliorations pour les salariés » que sont les luttes devenues qui avaient crée le rapport de force ! Autant que je m’en souvienne, le plus souvent les dirigeants FO (comme ceux de la CFDT aujourd’hui) quittaient le train en marche pour signer le compromis le moins défavorable pour les représentants du capital ce qui n’est pas la même chose. Libre à d’autres de penser le contraire.

Issu d’un milieu ou le communisme se vivait sur le tas, l’insertion professionnelle m’a fait connaître le syndicalisme et confirmé que l’union était la force des faibles, j’ai rejoint le mouvement associatif, copropriétaires, parents d’élèves... pour percevoir progressivement les limites des actions contestataires et revendicatives et ressentir la nécessité de contribuer à l’élaboration collective de solutions transformatrices de cette société d’exploitation qui quoi qu’on en dise tendait déjà vers ses limites et règne par défaut. Sympathisant de toujours j’ai adhéré au parti au début des années 70 et commencé par le BA, ba... du militant, distribution de tracts, vente de l’huma, trésorier, secrétaire de cellule, souvent les deux à la fois, membre du comité de section, élu...

J’ai lu beaucoup, pour mieux comprendre ce qui m’environnait, le programme du parti, vite remplacé par le programme commun qui aurait du être remisé jusqu’à la victoire, ce n’est pas en coupant son vin que l’on conserve l’arôme originel, nous l’avons bu jusqu’à la lie jusqu’à tentative de mise au pas des militants syndicaux après l’élection Mitterrandienne et les lois Auroux qui devaient faire le bonheur des travailleurs. Ensuite, le centralisme démocratique a fonctionné de haut en bas, non par volonté délibérée, mais par habitude, et ce fut l’éparpillement des voix l’avènement des tendances, la fondation Hue pour mieux étudier le capitalisme mondialisé, une foison de sondages pour connaître l’état de l’opinion : de l’argent dépensé alors qu’il suffit d’aller au coin de la rue pour prendre le vent. Des congrès qui n’apporteront pas d’avancée significative. A y regarder de près le bilan de la gauche plurielle, c’est le socialisme à 50%, collectivisations des pertes, privatisation des profits, ça se dénomme aussi capitalisme.
Voici tel qu’en moi-même je jauge l’action, globalement négative, au sein de cette gauche dont il se réclame toujours, du parti que j’ai quitté, en désespoir de cause, fin 98 tout en restant communiste de cœur et de raison mais béni-oui-oui, NON-NON.

C’est évidemment avec une très grande attention que j’ai pris connaissance de l’article consacré à Paul Boccara dans huma du 5 février (2004). De son triangle institutionnel « qui articule objectifs sociaux, moyens financiers et pouvoirs, jusqu’à l’échelle européenne » je retiens le premier terme, mais l’Europe est à la botte du capital pour longtemps. En France à défaut d’une inversion du rapport de force sur le terrain et d’une législation adaptée c’est une utopie.

Ce n’est pas la première fois que Paul Boccara avance de telles propositions, elles n’ont pas touché le parti en profondeur alors, l’opinion... Prendre ses distances avec l’Europe est une nécessité, ce qui ne revient pas à écrire qu’il faut y renoncer, pour conserver nos acquis, les améliorer, harmoniser vers le haut là ou c’est possible, rechercher des synergies tous azimuts, engager la bataille des idées, ne pas attendre, comme certains, une croissance venue seulement de l’extérieur, recentrer l’économie nationale vers la création de richesses supplémentaires afin d’être à même de mieux satisfaire les besoins internes. Ce qui est rentable socialement ne l’est pas autant pour le capital : C’est là qu’il convient de s’octroyer les moyens nécessaires..
Tout en sachant que la politique de la chaise vide n’est pas la meilleure l’heure de « débat » du 5 février sur TF1, en était-ce un ? m’a également laissé sur ma faim, en préambule trente minutes consacrées à l’affaire Juppé qui ne restera jamais qu’un détail de l’histoire une fois les passions retombées. Laissons la justice faire son travail jusqu’au bout dans le cadre de la loi que la droite peut à tout instant modifier, elle dispose de la majorité requise mais, de grâce, évitons de ratiociner sur un Etat de droits ou les plus fondamentaux d’entre eux sont bafoués, comme l’accès a l’emploi, à un revenu décent, et égal pour les femmes, au logement, et d’autres comme la santé remis en cause.

J’ai bien noté les appels au vote sanction contre la droite prélude à l’alternance, nous avons l’habitude. De quelques déclarations d’intentions fort louables j’ai retenu qu’un million d’emplois supplémentaires permettraient d’éponger le déficit de la sécurité sociale, j’ajoute, à la condition toutefois que ce soit par un prélèvement sur les profits et non sur les revenus salariaux ponctionnés par la fiscalité directe ou indirecte et, que des entreprises réalisant des bénéfices n’en étaient pas moins tentées par la délocalisation mais c’est conforme à la règle du jeu (j’ai déjà abordé ce sujet précédemment). Rien sur la démocratie locale et territoriale : regroupement des communes au nom de la loi Chevènement (il y a beaucoup à développer sur le sujet), projet de suppression des départements prôné par le président de l’UDF, avec comme corollaires l’éloignement des citoyens des centres décisionnels, les transferts de compétences de l’état (rien à voir avec le dépérissement annoncé) vers Bruxelles et des régions solidaires entre-elles comme les communes, les pauvres aussi en fait la dilution des responsabilités pour la préservation des profits privés : C’est une cohérence qui n’est pas la mienne.

De mes parcours associatif, syndical, politique, si j’ai appris à relativiser les apparentes certitudes, il me reste néanmoins des repères auxquels je suis attaché, comme je ne suis pas maso, ce qui fait mal, je n’apprécie pas et, avec le recul de l’âge je doute fortement des capacités de la social-démocratie à évoluer dans le bon sens ce que mon père m’avait déjà dit en son temps.

Après cette longue diatribe, je veux brièvement conclure par deux sujets d’actualité brûlante laïcité et voile. La liberté des uns commençant ou finit celles des autres je suis disposé à tolérer quiconque adoptera la même démarche mais ne supporte pas plus les cloches à minuit que le muezzin à l’aube et ne souhaite pas avoir à refaire ce que nos aïeux ont déjà fait.

Comme les droits de l’homme et par conséquent de la femme la laïcité est l’un des fondements de la république, elle est indissociable de la démocratie ; une république religieuse, islamique si l’on veut, ne peut être que ségrégative au mieux condescendante. Assurer la pérennité de la laïcité faire reculer l’obscurantisme et disparaître des actes de barbarie tels que l’excision est d’un combat permanent. Il convient d’être intransigeant sur le principe ; à ce titre montrer ce que fut la genèse du sentiment religieux préalablement à l’enseignement de l’histoire des religions peut y contribuer.

Personnellement dès lors que le port du voile, et autres signes distinctifs, est d’initiative « personnelle » et non pas imposé, encore que la limite soit difficile à cerner, ne sommes nous pas, avant tout, le produit de notre environnement, je ne formulerais pas d’objection et laisserais agir le temps, après tout ma bisaïeule ne portait-elle pas une coiffe mais la saga familiale ne rapporte pas qu’elle fut lapidée pour l’avoir enlevé ou, à l’occasion, soulevé son long cotillon, par contre ces tenues vestimentaires ne peuvent être que prohibées pour un certain nombre d’ activités en particulier à l’école, au collège pour les travaux pratiques, le sport, à l’usine... Il convient aussi d’éviter chaque foi que la bienséance l’exige l’exhibitionnisme provocateur, travers très largement partagés par d’autres courants d’expression. Mais le sujet n’est pas épuisé... Il me vient en outre à l’esprit une question : Autoriser chez nous est-il de nature à servir le combat émancipateur des femmes afghanes, iraniennes, saoudiennes ou autres, de toutes ces jeunes filles, qui en France ont du fuir leurs familles pour éviter le déracinement et le mariage forcé... Je n’en suis pas convaincu j’ai même tendance à penser le contraire...Reculer c’est laisser le champ libre : c’est ce qui se produit depuis vingt cinq ans. »

J.freychet@wanadoo.fr

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