Recomposition politique ?

, par  Pascal Brula , popularité : 3%

En novembre dernier, a eu lieu une élection
municipale partielle à Istres, plus grosse ville
des Bouches-du-Rhône dirigée par le PS.
Passons sur l’historique peu glorieux qui a
abouti à cette élection… Ce qui est étonnant,
c’est que personne n’ait mis l’accent sur les
connexions politiques qui ont accompagné cet
évènement. Et pourtant elles pourraient bien
préfigurer les futures recompositions des
forces politiques françaises.

Tout d’abord, faisons le tour des listes en
présence : une liste PS officielle imposée par la
fédération, une liste “union de la gauche”
dirigée par des membres dissidents du PS
auxquels s’étaient joints des membres du PCF
(notamment les 2 élus sortants) et de la LCR,
une liste “antilibérale” initiée par le PCF et
soutenue par la très "refondatrice" fédération
des Bouches-du-Rhône, une liste UMP et une
liste UDF. Il reste à souligner que les maires
PCF d’Arles et de Martigues, plus soucieux de
leur place, soutenaient la liste officielle du PS,
cédant aux menaces de la direction de ce parti.
Après une participation de 63,3 %, la liste
officielle du PS ne faisait que 36 % des voix,
gagnant cependant le droit d’affronter la liste
“union de la gauche” sortie en tête du scrutin
avec 40 %. La liste “antilibérale” atteignait
péniblement les 6 % et, pour le second tour,
campait dans une posture “gauchisante” en
refusant une fusion possible des listes et en ne
donnant aucune consigne de vote à ses
électeurs. Ces 6 % sont difficilement
comparables à d’autres élections, car la
circonscription faisait partie en 2002 des
accords avec le PS pour qu’il n’y ait qu’un
candidat, en l’occurrence Michel Vaxès, actuel
député du PCF. Il est toutefois possible de citer
les cantonales de 2001 où le candidat PCF
avait capitalisé un peu plus de 8 % des voix sur
une moitié de la ville.

Autre information de taille, alors que la liste
UMP s’était maintenue, la liste UDF appelait à
voter pour la liste officielle du PS. Le second
tour voyait la liste "union de la gauche"
l’emporter avec près de 45 % des voix dont
vraisemblablement celles de la liste
"antilibérale" des dirigeants du PCF malgré
l’absence de consigne de vote.

Les leçons de ce scrutin se situent à plusieurs
niveaux. Tout d’abord, il ne faut pas négliger
que plus l’influence des idées communistes ira
en s’éteignant, plus l’UDF jouera le rôle du
rapprochement avec le PS, lui constituant une
nouvelle possibilité d’aller au pouvoir que ne
peuvent plus lui assurer les forces
communistes en l’état actuel des choses.
Deuxièmement, ce scrutin nous montre
qu’avec des listes "antilibérales", le PCF perd
non seulement ses idées, mais qu’il ne fait pas
plus recette. En tous cas ces élections ont
montré en grandeur nature, que l’unité du PCF
est pour le moment largement illusoire,
écartelée entre ceux qui voudraient le voir se
transformer en "parti de la gauche antilibérale"
et les Huistes qui sont prêts à tout pour obtenir
un strapontin du PS…
Pascal Brula

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