Travailler Plus pour... que les riches gagnent plus ! relire salaires, prix et profits de Karl Marx...

, par  pamillet , popularité : 7%

Travaillez plus ?

Travaillez plus pour gagnez plus ! L’ordre est donné par le président de la république et le gouvernement l’applique avec zèle, proposant de payer les RTT et revenir à 39h là ou les entreprises le pourront, de faire travailler plus longtemps les vieux, d’imposer des « activités » au rmistes, aux chomeurs, de donner les ados en apprentissage aux entreprises... Travaillez plus, travaillez plus... comme si depuis des années, il n’y avait pas des millions de « privés de travail », et des milliers de temps partiel qui sont en quelque sorte des « travaillez moins ! ».

Mais qui va gagner plus ? Ceux qui travaillent plus ?

A l’expérience, ce sont toujours les plus riches qui gagnent plus !
Depuis 30 ans que les gouvernements successifs réforment le code du travail, des millions de salariés travaillent de plus en plus, de plus en plus vite, de plus en plus durement. Ceux qui ont pu bénéficier des 35h l’ont souvent payé d’une plus grande flexibilité, de la réduction des salaires comparés à la hausse des prix des achats courants, notamment après le passage à l’Euro.

Les inégalités se sont renforcés devenant une véritable ségrégation sociale avec des couches aisées grande gagnantes, dévoilant voitures et logements de luxes, domestiques renommés « services à la personne », imposant leurs modes de vie et de consommation comme la « modernité », dont Sarkozy représente l’idéal, invité sur le yatch de son ami milliardaire, s’accordant une augmentation de 140%, ou dont la critique se résume aux forums alternatifs des bobos de grande villes...

Depuis 30 ans, ceux qui gagnent le plus ne sont pas ceux qui travaillent le plus !
Au contraire, les plus riches profitent des lois successives qui favorisent les investisseurs, les spéculateurs... tous ceux que les premières mesures de Sarkozy ont chouchoutés avec des milliards de cadeaux fiscaux.

A l’expérience il ne suffit pas de vouloir travailler pour trouver du travail !
Travailler plus, mais où ? Une entreprise ne crée pas d’emplois si elle n’en a pas besoin, ne fait pas d’heures supplémentaires si elle n’a pas de travail ! Même si le salaire est très bas, même si l’état prend en charge les cotisations sociales, ou même subventionne les salaires, les patrons ne créent d’emploi que quand la charge de travail le rend INDISPENSABLE ! Par contre, ils sont champions pour SUPPRIMER des emplois ET bénéficier des systèmes gouvernementaux de réductions du coût du travail... préretraite, chomage technique, précarité, RMA...

Le pire est que le capitalisme n’a plus besoin d’investir dans le développement de la société. Débarrassé de la concurrence que représentait l’URSS et les pays de l’est, il se détourne des besoins sociaux pour faire de l’argent facile dans les dépenses militaires, les besoins de luxe d’une bourgeoisie arrogante ou la marchandisation de toutes les pratiques sociales et culturelles, en laissant un quart monde de grande pauvreté devenir la norme dans les quartiers populaires occidentaux, paupérisant une part toujours plus grande des couches moyennes comme le montre le million de familles américaines jetées à la rue par la crise des sub-primes.

Mais peut-on vraiment gagner plus en travaillant plus sans se faire avoir ?

Travailler plus ? pourquoi pas, si cela permet réellement de gagner plus ! Mais qui décide des salaires et comment ? Est-ce que les entreprises augmentent les salaires quand elles le peuvent ou quand elles y sont obligés ? Un ancien dirigeant allemand est resté célèbre pour son théorème « les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain » ? Mais le constat est exactement l’inverse. Depuis, les profits ont repris 10% de la richesse produite aux salaires (180 Milliards € par an), et pourtant les investissements n’augmentent pas et le chomage continue à gangrener la société ! Le capitalisme investit des milliards pour faire travailler en Chine, en Inde ou dans les pays de l’Est, mais a quelles conditions est-il prêt à investir en France ? A quel salaire ?

L’analyse de Karl Marx sur les revendications du salaire

Il y a plus d’un siècle, des dirigeants syndicalistes anglais appelaient les ouvriers à ne pas se battre pour les salaires car les augmentations seraient de toute façon reprises par l’inflation. Marx écrit alors un texte pour montrer que le seul effet d’une augmentation massive des salaires, c’est au contraire un rééquilibrage entre salaires et profits et un déplacement des investissements vers des secteurs utiles aux besoins sociaux. Pourquoi ? Parce que la « valeur d’échange » d’une marchandise n’est pas déterminée fondamentalement par le marché mais par le coût de la production ! Et le travail étant dans le système capitaliste une marchandise, le coût du travail, donc le salaire, n’est pas déterminé par le marché du travail, mais par le coût de la reconstitution de la force de travail. Autrement dit, il ne suffit pas de faire venir des milliers d’immigrés pour les payer moins cher si ces immigrés se mettent à vivre dans les mêmes conditions que les autres salariés, allant dans les mêmes écoles, hopitaux ou grandes surfaces ! Car alors, leur salaire vont augmenter ! En fait le salaire est toujours la traduction du rapport de forces entre capital et travail.. quelquesoit le niveau de profit, le capitalisme cherchera toujours à faire BAISSER les salaires ! Et les travailleurs ont toujours intérêt à se battre pour AUGMENTER les salaires ! Cela ne fait pas augmenter les prix, cela réduit la masse d’argent brulée dans les gachis financiers et le luxe !

Alors, travailler plus pour gagner plus ?

Supposons que les patrons acceptent de payer les heures supplémentaires alors qu’on sait que dans beaucoup de secteurs, les patrons imposent ces heures supplémentaires sans jamais les payer ! Mais si on travaille plus sans augmenter le salaire horaire, est-ce ce que ce surcroit de salaire va augmenter notre pouvoir d’achat ? Si on suit le raisonnement de Marx, pas du tout ! En travaillant plus, l’entreprise va augmenter son chiffre d’affaire, donc son profit. Ce profit plus facile va attirer les financiers pour augmenter leur rente, pour investir encore plus dans les marchés faciles, pour s’éloigner encore plus de la réponse aux besoins sociaux... Finalement, ce travail supplémentaire va augmenter les profits et les rentes et peser encore plus sur la part des salaires dans le PIB ! Les quelques heures supplémentaires payées seront bouffées rapidement par l’inflation des courses indispensables pendant que plus d’argent coulera dans les gachis financiers, les incendies boursiers et les consommations de luxe ! En résumé, quand un salarié travaille plus au même taux horaire, les profits augmentent, donc le capital est plus fort pour réduire encore le pouvoir d’achat !

Ce que nous propose Sarkozy est très simple...

Travaillez plus pour que les riches gagnent plus !

La réponse des salariés doit être partout de se battre pour augmenter les salaires ET réduire le temps de travail ET créer des emplois, ce qui revient en fait à récupérer les 180 milliards qui chaque année sont volés par les entreprise aux salaires depuis les années 1970, à pousser le capital à investir pour les besoins sociaux, pour le développement de la société !

Mais pour que ce soit possible, il faut affronter sans crainte les médias et les discours dominants, déjouer l’illusion du « compromis » possible avec Sarkozy, des négociations qui pourraient aboutir en dehors de la lutte. Seul le « blocage » du système peut faire céder la bourgeoisie ! Il ne se décrète pas dans de grandes déclarations médiatiques, mais se construit dans l’expérience militante du rassemblement populaire et du point de vue communiste !

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