Un dirigeant ouvrier historique de Berliet nous a quitté

Le décès de Louis Alloisio
27 février

Chers camarades,

nous avons appris avec tristesse le décès de Louis Alloisio, communiste et CGtiste historique de Berliet/RVI, adhérent ces dernières années à Vénissieux. Il était âgé de 92 ans et était le papa de notre camarade Béatrice Alloisio.

Rentré en 1947 chez Berliet, il est devenu délégué syndical en 1953, et a été un dirigeant historique des grandes luttes qu’a connu cette entreprise symbole. Notamment la grande grève de 57 qui avait conduit à la mise à pied de Louis avec d’autres dirigeants, mise à pied qui était devenu l’objet d’une lutte de réintégration qui a durée deux ans, avant leur réintégration au printemps 59.

La direction avait argué d’un molestage d’un huissier venu constater le mouvement. 27 ouvriers avaient été sanctionnés. Les délégués syndicaux n’avaient pas accepté. La bataille dura 510 jours et pendant un an et demi, c’est la solidarité des ouvriers, qui, se cotisant, leur permit de vivre, sans oublier le soutien de leur famille. La direction négocia avec la CGT : la réintégration put se faire contre la cessation des poursuites syndicales. Lors des événements de Mai-68, il fut un des patrons du service d’ordre pendant l’occupation de l’usine qui dura 33 jours.

Mais rebelote en 1979. Alors que Berliet avait été fusionné avec Saviem pour donner Renault véhicules industriels (RVI), Louis Alloisio devait connaître une deuxième mise à l’index. Les syndicats tentaient de négocier des augmentations. Cette lutte dura deux ans jusqu’à la réintégration en septembre 1981, après la loi d’amnistie votée par le nouveau gouvernement de gauche.

Louis, fils d’immigré italienne fut très jeune un des dirigeants de la gestion ouvrière en 1947, quand BERLIET était renommé LIBERTE ! Délégué syndical pendant 32 ans il a été après sa retraite en 1985 un des fondateurs la section des retraités RVI.

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