VENINOV, face à un fonds de pension, puis au patronat, un redémarrage, c’est bien une victoire !

, par  pamillet , popularité : 3%

Un protocole de reprise de l’activité a enfin été signé par Windhager avec 20 embauches à temps partiels devant passer à temps complet avant d’autres créations de postes si l’activité le permet.

Mais trois délégués syndicaux sur 5 qui ont défendu plus de deux ans le site et contraint le repreneur autrichien à respecter en partie ses engagements, ont été exclus de ce redémarrage par ce patron qui voulait même exclure tous les délégués ! ! Montebourg avait parlé de la nécessité d’un accord "socialement satisfaisante". Visiblement, ça ne voulait pas dire "humainement équitable".

Certains continueront à dire que ceux qui ont lutté avaient tort, que la CGT aurait dû se faire plus conciliante, que c’est normal qu’un patron écarte ceux qui ont montré qu’ils étaient capables de s’organiser, que les communistes de la ville et leurs élus, maire et député en tête, en ont trop fait... En bref, ceux qui considéraient que c’était plié, que le site ne pouvait pas redémarrer, et qui ont regardé de loin les luttes des VENINOV continuent leurs commentaires quand le site redémarre !

Mais la vérité est claire car VENINOV est un exemple rare pour l’industrie
- un fonds de pension US a été obligé de lâcher sa proie
- un site industriel que le propriétaire avait décidé de fermer ne ferme finalement pas et de nouvelles machines vont arriver sur le site
- 20 emplois sur 87 sont recréés avec un engagement sur 2 ans
- l’état s’engage à ce que les salariés non repris « se voient proposer des offres d’emploi sérieuses et réalistes dans les meilleurs délais »

Certes, ce patron pourra se cacher demain derrière l’Euro, le coût du travail, le marché ou autre chose pour remettre en cause le site. Mais dans une période où se sont accumulés les fermetures complètes de Florange, PetroPlus, Aulnay, après les CONTI et tant d’autres, ce redémarrage est bien une victoire imprévue et qu’il faut défendre et valoriser.

Stéphane Navarro, délégué syndical CGT, résume bien la situation : « On n’a pas perdu, mais on aurait pu mieux gagner, on ne peut pas être satisfait à 100%, il va falloir que ça suive ». Car, si les salariés acceptent cette injustice qui met de coté 3 délégués, ils le font pour que le site redémarre, et sont donc contraints à "faire confiance" au préfet et à l’état qui ont de ce point de vue une réelle responsabilité de vérifier le respect de cet accord par Windhager...

C’est une leçon ancienne pour les travailleurs. Aucune victoire n’est complète et définitive, seul le changement de société, la sortie du capitalisme est porteur d’une réelle victoire pour le travail.
A l’heure ou nous écrivons ces lignes, l’accord signé doit encore être validé par le tribunal.

Karl Marx disait...

"Parfois, les ouvriers triomphent ; mais c’est un triomphe éphémère. Le résultat véritable de leurs luttes est moins le succès immédiat que l’union grandissante des travailleurs." Karl Marx, le Manifeste, 1848

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