L’éolien, c’est du vent !

Juin 2009

L’article de l’Humanité intitulé « L’éolien c’est du vent  » du 11 juin ( http://www.humanite.fr/2009-06-11_Politique_L-eolien-c-est-du-vent) contraste avec le suivisme adopté par le journal à l’égard des thèses écologistes. Oui, l’éolien, sans jeux de mot, c’est du vent ou plutôt une arnaque qui enrichit les affairistes au détriment de la collectivité.

L’éolien produit de l’énergie pendant 25 % du temps disponible (en dessous de 15 km/h de vent, les éoliennes de tournent pas et au dessus de 85 Km/h elles sont arrêtées). Elles occupent une surface gigantesque au regard de la faible production d’électricité fournie, la remarque est encore plus valable pour le photovoltaïque dont les rendements sont dérisoires. 77% de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire, 12% est d’origine hydroélectrique, 10 % est d’origine thermique (charbon, gaz, fioul). L’éolien c’est 1,5 % de cette production, et le photovoltaïque . L’éolien est condamné à rester confidentiel malgré des investissements colossaux. Son inefficacité engendre un prix de revient élevé qui oblige à subventionner massivement l’électricité produite. Il y a 2000 éoliennes de construites, avec le Grenelle de l’environnement elles seront 15 000 en 2020. Le coût complet de la construction d’une éolienne oscille entre 2 et 3 millions €, soit un coût total de 3 à 3,4 milliards € pour des machines qui ne fonctionnent pas pendant ¾ du temps alors que les centrales nucléaires et thermiques fonctionnent pendant presque 100 % du temps. Compte tenu du caractère imprévisible du vent ce sont les centrales thermiques qui régulent les écarts de production de l’éolien. Développer l’éolien c’est développer les centrales thermiques et accroitre la production de gaz à effet de serre ! C’est donc aller à l’encontre du but recherché.

Mais ce but n’est qu’un prétexte pour nous faire accepter le développement de nouveaux marchés et de nouvelles contraintes tarifaires au nom de la défense de l’environnement. Le Grenelle de l’environnement n’avait pas d’autres buts !

L’éolien c’est la dérégulation totale de la production d’énergie. C’est une manne financière considérable pour ses promoteurs. L’apport en capital est faible, les investissements sont payés par les banques, des prêtes à taux zéros, une garantie de l’Etat sur 15 ans, cela fait des rendements de 30%. Et en plus c’est défiscalisables. ! Je recommande vivement la lecture du livre de Jean Louis Brutré aux éditions du Toucan « Pourquoi l’éolien est un danger pour la France  »

L’article de l’Humanité du 11 juin prend à contrepied le programme pour les élections européennes du Front de gauche comme celui du GUE qui sont tous deux articulés sur le développement des énergies renouvelables et qui font l’impasse sur le nucléaire. Si l’éolien c’est du vent, les programmes du front de gauche et du GUE aussi !

Pour ces deux programmes 25 % de la production énergétique européenne doivent provenir des énergies renouvelables en 2020 et 80% en 2050 ! Après la venue médiatisée en Europe de l’affairiste Al Gore qui fait son business en revendant des droits à polluer, la commission européenne avait fixé à 20% en 2020 la part des énergies renouvelables. Cet objectif est totalement irréaliste, inaccessible pour les raisons développées plus haut. Alors les 25 puis 80 % du front de gauche et du GUE manquent totalement de sérieux. Ces chiffres traduisent le caractère opportuniste de ces programmes. 80% ! c’est une Europe couverte d’éoliennes et … de centrales thermiques ! Quant au nucléaire le PCF l’a visiblement mis de coté afin de faire alliance avec les antinucléaire du PG et du NPA.

L’écologisme est devenu l’idéologie intégratrice de la bourgeoisie. Le PCF qui n’ose même plus affronter les idéologies dominantes est conduit à les accompagner par électoralisme.

La visite du site web du PG est fort instructive quant à la philosophie de ce parti. En février il avait organisé un colloque ( http://www.lepartidegauche.fr/vie-du-pg/forum-ecologique/501-compte-rendu-du-forume-ecologique-du-parti-de-gauche-organiser-la-transition-vers-un-alterdeveloppement-la-planification-ecologique ) dont le titre se passe de commentaire. Le PCF n’était pas présent, sans doute n’avait il pas été invité, afin de ne pas le mettre en difficulté avec ses positions de principe sur le nucléaire. Le PG était invité avec le NPA au contre Grenelle début Mai organisé à Lyon par le parti de la décroissance (Paul Aries, Vincent Cheynet) ( http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/668-un-contre-grenelle-offensif- ). Ainsi, le discours du PG varie suivant l’auditoire. La décroissance d’un coté, les richesses pour les travailleurs de l’autre. Que d’opportunisme ! Et c’est avec un tel partenaire que le PCF est censé lutter contre la politique du pouvoir ? De qui se moque la Direction du parti. ? Ou va-t-elle avec cette politique d’alliance sans principe ? Si ce n’est à la disparition du Parti ! Car enfin décider avant le conseil national de continuer l’effacement du PCF derrière la liste unique du front de gauche pour les régionales n’est ce pas forcer la main aux communistes pour leur faire accepter la disparition de leur Parti ? A force de ne plus se présenter sous ses couleurs au nom du réalisme électoral, la Direction du Parti fait tout pour que l’OPA de Mélenchon réussisse. Si les problèmes de fond sont traités, l’alliance explose, comme l’alliance est un but et non un moyen, la Direction du PCF n’a plus d’opinion sur grand-chose.

Sur le site du Parti, O Dartigolles ( http://www.pcf.fr/spip.php?article3765#forum4488 ) enfonce le clou « Il existe dans l’opinion une vraie préoccupation écologique, une vraie prise en considération des périls qui menacent notre planète mais aussi sur les questions de production, de consommation. Je rappelle que nous avons beaucoup travaillé ces enjeux à notre dernier congrès. Nous proposons un nouveau type de développement humain et écologique, mais peut-être ne sommes-nous pas encore assez clairs. Cette question doit davantage nous identifier. Quand on parle des transformations, c’est aussi de cela dont il est question  ». Le PCF va dériver encore plus vers l’écologisme, sans se poser aucune question sur l’idéologie qui le sous tend et son bien fondé scientifique.

Toutes les forces politiques de ce pays sont calées sur le développement durable et le réchauffement climatique. Le développement durable est une tautologie inventée au début des années 1970 par la bourgeoisie occidentale pour intégrer les Pays en Voie de Développement qui n’avaient pas accepté le rapport « Halte à la croissance  » du club de Rome. Quant au réchauffement climatique, il n’y a aucun consensus scientifique sur son amplitude, sa durée et ses origines. Je le dis avec d’autant plus d’aise que j’ai été couvert d’opprobres il y a quelques années pour avoir défendu les OGM et dis ce que je pensais de l’individu J Bové. Le GIEC est une institution politique et non scientifique. Il est constitué de scientifiques, de fonctionnaires et … des inévitables ONG toujours les mêmes, Greenpeace, WWF ). Parmi les scientifiques, l’origine humaine du réchauffement climatique est très loin de faire l’unanimité, ce qui en soit n’a rien d’extraordinaire, la recherche se construit sur la base de la confrontation des idées. Le problème est qu’il n’y a aucun débat sur la question, aucun colloque, le pouvoir politique maitrise tout. Le CNRS est vassalisé. Je reviendrai en détail sur cette question plus tard. Concernant l’environnement je m’inscris en faux contre le catastrophisme dominant. Il y a des problèmes environnementaux qui sont dus à l’activité humaine et à la faà§on avec laquelle cette activité est gérée. Mais ces problèmes sont gérables.

Comme disent les américains, au sujet du green washing « green is gold, green is jobs, green is taxes  ». Le développement durable inventé par la bourgeoisie comme idéologie intégrative à ses choix de société a tout naturellement rencontré l’écologisme qui prône l’idéologie de la décroissance. Ainsi Yann Arthus Bertrand l’hélicologiste dont le film Home sponsorisé par FH Pinault héritier de la 3e fortune de France et tourné par Luc Besson dont le patrimoine est évalué à 141 millions d’euros déclarait dans Madame Figaro le 29 mai dernier “Il faut vivre mieux avec moins†. ( http://www.agriculture-environnement.fr/spip.php?article535, http://alerte-environnement.fr/?p=1933) Les idées dominantes étant celles de la classe dominante ? La bourgeoisie possédant les moyens de production mais aussi les moyens de diffusion des idées maitrise tout. Elle récupère toutes les idéologies qui ne remettent pas en cause son rapport social de domination. La défense légitime de la nature est recyclée pour pérenniser l’ordre social.

Sa stratégie d’alliance au sommet déconnectée des luttes conduit la Direction du PCF à abaisser la barre dans le contenu de ses alliances. Elle accompagne ainsi la stratégie de ses alliées qui n’ont pas d’autres ambitions que d’utiliser le mécontentement pour constituer des majorités de rechanges. Comme ses alliés sont des réformistes, contestataires certes, mais réformistes, ils n’ont pas l’intention de s’attaquer au système. Comme tout réformiste ils vont dans le sens des idées dominantes, pour en retirer le bénéfice électoral.

Le PCF ne peut être un parti comme les autres. A partir du moment où il s’insère dans la pensée dominante il s’engage dans un processus d’effacement et de disparition.

Est-ce que tous les membres du Conseil national sont prêts à accepter la création d’un parti de gauche dont les communistes seraient une des composantes ? Est-ce qu’ils sont tous prêts à enterrer 75 années d’histoire ? Est qu’ils sont tous prêts à sacrifier les intérêts du salariat ? Chacun est comptable du Parti. La majorité des adhérents du PCF est viscéralement attachée au Parti. Jusqu’à maintenant hormis une petite minorité, la grande majorité du conseil national a avalisé la stratégie d’effacement mais jusqu’ou est elle prête à aller. Le moment des choix décisifs approche.

Gilles Mercier Travailleur scientifique Syndiqué CGT PCF Vitry

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Un reportage de Capital (M6) du 7 juin 2009 portant le titre ronflant « Jardin : révélations sur le pesticide le plus vendu au monde » a été l’occasion tout à la fois d’une énième opération de désinformation sur le glyphosate en se faisant la caisse de résonance de Seralini et al. et d’une ixième opération de dénigrement du service public de l’expertise scientifique. En pièce attachée la réaction de L’AFSSA http://www.afssa.fr/PND201.htm.

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Vos réactions

  • gdm 15 juin 2009 18:17

    Je suis libéral. Je suis même « ultra-libéral ». J’ignore si un libéral est autorisé à exprimer son opinion sur votre site réservé aux communistes. Je ne vote pas et n’appartient à aucun parti ni aucun mouvement politique. Seul le débat des idées m’intéresse.

    Les ultra-libéraux considèrent, comme vous, que « l’éolien, c’est du vent ». Les subventions à l’énergie éolienne sont du pur gaspillage. Je vous invite a lire le livre de l’économiste libéral vaclav Klaus. « planète bleue et péril vert ». vaclav Klaus est aussi président de la république tchèque. Les ultra-libéraux sont opposés à une Europe politique. Les ultra-libéraux sont opposés à l’euro.

    Bien que les raisons différent, certaines oppositions sont communes aux ultra-libéraux et à certains communistes.

    • L’éolien, c’est du vent ! 21 juin 2009 23:26, par pam

      En gros, les ultra-libéraux sont les gauchistes de la droite… de droite, mais idéaliste !

      Clairement de droite, affirmant la primauté absolue du marché, qu’on doit libérer de toute entrave ou contrainte.. mais sans comprendre que la réalité du marché, c’est la domination des plus forts, et que cette domination a besoin de l’état, de la possibilité pour les plus forts de créer des entraves et des contraintes… aux moins forts, et surtout à la masse de ceux dont le travail est nécessaire au marché, bref de dominer le marché du travail pour contraindre ceux qui travaillent à accepter les conditions… du marché

      je ne suis pas sûr que ce commentaire soit utile sur ce site, voire même qu’il ne soit pas simplement une provo, mais le débat ne nous fait pas peur, même avec un ultra ! Alors prenons le cas de l’Euro. Nous ne le dénonà§ons pas pour retrouver un « marché monétaire » plus libre, mais au contraire pour tenter de construire la « paix monétaire » entre des peuples souverains, par exemple en renforà§ant comme le demande la chine, les DTS de l’ONU, afin de commencer à créer un monnaie d’échange mondiale qui ne soit pas dépendante des rapports de forces des puissances, donc du marché, qui ne puisse pas être utilisée pour servir une domination économique. Nous proposons des échanges internationaux basés sur l’intérêt réciproque, qui peuvent se définir au cas par cas dans des échanges non marchands, garantissant des conditions et des prix sur le long terme, coupant toute spéculation sur l’échange, toute manipulation possible, et transparente pour que les citoyens puissent vérifier le caractère équitable de l’échange..

      En bref, tout le contraire du marché !