POUR UNE STRATEGIE ANTI-IMPERIALISTE

Janvier 2006

je vais essayer d’être trés claire avec ce que je préconise. L’article dans Grand soir sur la Bourse du pétrole proposé par les Iraniens, selon moi donne un contexte réel à l’intervention de Chirac.Comme d’ailleurs l’annonce d’un ralentissement de la consommation nord-américaine parce que l’endettement des ménages est arrivé à son maximum et que cela n’a plus aucun rapport avec les revenus réels du travail… Ce qui est là -encore une situation comparable à la France. Ou encore le fait que malgré la croissance, le chômage, des jeunes ne cesse de croître.

Tout cela aboutit bien à l’analyse d’une crise du système, à la montée des résistances, mais aussi de véritables dictatures, doublées de manipulations.

Voilà ce qu’avait flairé la meute européenne

voilà la bonne odeur de pétrole qu’avait flairé la meute européenne et qui explique le ralliement au discours de Chirac…. Parce que je n’ai cessé de le souligner, ce discours apparaît comme un défi aux Etats-Unis, intervient positivement dans la crise iranienne, mais est la plus terrible doctrine impérialiste qui se puisse imaginer.

Donc en ce qui nous concerne nous Franà§ais, il s’agit d’abord de mesurer la nullité de ceux qui sont sensé nous représenter, de la gauche en particulier. Cette nullité basée au mieux sur une erreur stratégique : choisir « la conciliation »alors même qu’un impérialisme en crise qui non seulement renforce l’exploitation, crée une guerre généralisé, provoque de plus en plus de mécontentements et que les bases du rassemblement s’élargissent est une vision stupide… Elle nous met à la remorque d’un impérialisme local, qui s’il paraît agir plus intelligement au niveau international n’en a pas moins des caractéristiques semblables à  l’impérialisme nord-américain auquel il parait s’opposer.

Cet impérialisme local n’est plus celui de l’Etat-nation franà§ais gaullien, mais bien avec les privatisations, celui des multi-nationales locales et européennes qui ira toujours plus avant dans le néo-libéralisme. De surcroît, les citoyens franà§ais à qui cette politique de surarmement coûte très cher, sont privés de toute décision. Déja au moment de la Constitution, ont été complétement occultés les implications militaires du traité. C’est dommage. De surcroît la Constitution nous transforme en monarchie nucléaire. Le discours de J.Chirac annonce l’abandon de toute référence à la légalité internationale et une politique de surarmement généralisé face au pillage des ressources qui s’épuisent.

Il y a une conception dictatoriale, non démocratique contenue dans nos intitutions et agravé par l’intégration européenne. Le politico-médiatique qui occulte le fondamental, crée des leurres, monte la haine entre les peuples est bien un coup d’Etat permanent sur la démocratie.

Donc il faudrait non seulement dénoncer ce discours, mais organiser un grand mouvement contre la guerre, développer partout la conscience des enjeux et des faits. Ce serait le rôle des communistes, mais ceux-ci s’en montrent incapables tant ils sont coupés de la montée des résistances dans le monde avec leur stupide ni-ni, et leur ralliement à la conception de la démocratie des autres, la manière dont ils se sont coupés de leur base populaire et continuent en ce sens…

Il faudra un jour également s’interroger sur les échéances électorales que nous ne cessons de donner à nos analyses et qui visiblement dans l’état actuel deviennent de plus en plus des rituels vidés de sens, ce qui se traduit par une abstention massive et des compétitions internes sans autre contenu que des jeux politicien. Sur le politico-médiatique et le théâtre d’ombre privant le citoyen de sa responsabilité réelle… Non pour renoncer à la démocratie mais pour lui restituer un contenu réel.

Car il y a effectivement d’autres possibles que se rallier à un impérialisme local. Il y a le choix opéré par les peuples du sud .Face à la guerre totale et « rationnelle » à la Clauzwitz, les peuples du sud et ce singulièrement à  travers l’expérience cubaine, l’apport aujourd’hui du venezuela, se dessine une stratégie à la TZU ZU, gagner la guerre sans avoir à combattre.(1) Mais cela suppose l’unité dans le respect des diversités, dans la solidarité, la compréhension, la connaissance des peuples. De ce point de vue, je vous conseille de lire notre livre DE MAL EMPIRE et en particulier la dé-dollarisation cubaine et le cadre nouveau international dans lequel elle intervient. les choses n’ont pas changé et l’instauration par l’Iran d’une bourse du pétrole en euro va dans le même sens à la différence près que le choix iranien joue sur les concurrences inter-impérialistes, alors que les Cubains font la démonstration que l’on peut se passer du dollar grace à leur choix socialiste et la mobilisation consciente du peuple cubain.

sur le fond : Est-ce que la « gauche » arrêtera de se laisser manipuler pas des prétextes humanitaires ou « démocratiques » ? Reprenez les fondamentaux dans l’analyse de l’impérialisme… Et cherchez l’intérêt réel de tous ceux qui souffrent de ce système qui va dans le mur et nous y entraîne… Et ne choisissez même pas un « intérêt » national qui n’est pas celui de la patrie mais celui des marchands de canon… Danielle Bleitrach (1) c’est cette stratégie que met très concrètement en œuvre Fidel dans son discours à l’université paru sur ce site. Elle consiste non à tabler sur le surarmement mais sur l’élevation de la conscience d’un peuple, une conscience concrète de ce qu’il faut corriger dans le quotidien autant que des périls qui menacent l’humanité.

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